L’indépendance n’est pas une vieille lune…
Les organisations syndicales ouvrières ont toujours dû défendre leur indépendance par rapport à l’Etat ou par rapport aux partis politiques.
Les confédérations ouvrières ou syndicats qui viennent de la CGT unifiée d’avant la scission confédérale de 1947, se réfèrent à la charte d’Amiens…..
Il ne suffit pas de se référer à cette charte, il faut la respecter.
Pendant des dizaines d’années, la CGT de l’après scission a été contrôlée par le Parti Communiste Français… Aujourd’hui cette centrale est indépendante de tout parti….
C’est le produit de l’histoire et de l’action de dirigeants et de militants CGT qui en avaient assez de voir leur syndicat rester la courroie de transmission du PC.
La Confédération Force Ouvrière, parfois taxée de réformiste a toujours défendu son indépendance par rapport à l’Etat et par rapport aux partis politiques… C’est une ligne qu’elle a suivie fidèlement.
J’ai toujours pensé que l’argumentation de ceux qui séparent les syndicats en deux tronçons, l’un réformiste et l’autre révolutionnaire était erroné : d’ailleurs on a vu des syndicats passer très vite d’une orientation à l’autre.
La CFDT, née d’une scission de la CFTC, fille aînée de l’Eglise, est déconfessionnalisée, certes, mais aujourd’hui apparaît comme une annexe de Matignon.
Aujourd’hui la CGT et FO, longtemps opposés se retrouvent pour défendre une orientation générale forte découlant de leur indépendance vis-à-vis de l’Etat… Ces deux confédérations ne veulent pas être les courroies de transmission de qui que ce soit.
On pourrait à juste titre leur reprocher de ne pas montrer aussi ferme sur les principes en ce qui concerne l’Union Européenne …….
La question de l’indépendance n’est pas secondaire, elle est principielle.
Elle concerne les syndicats mais aussi de nombreuses associations.
La baisse massive des subventions publiques peut conduire des associations à renoncer à une partie de leur libre arbitre pour survivre.
Elles rentrent alors dans les dispositifs afin d’obtenir des financements.
La logique change : l’association n’a plus un projet et des actions qui découlent de son projet, elle court après des financements.
Des associations défendent jalousement leur indépendance par rapport à l’Etat et par rapport aux partis politiques qui, influents peuvent chercher à « prendre » les postes, à les garder et à contrôler l’organisation.
Ces associations restent de masse parce qu’elles refusent toute instrumentalisation….
Si demain un parti politique, quel qu’il soit, essaye de confisquer la direction à son profit, et d’introduire dans l’association des querelles externes, il risque de se déqualifier et de conduire l’association bien implantée à se diviser, voire à exploser.
Jean-François Chalot


