L’offense au chef de l’Etat autorisée ?
Le grand Charles s'est-il retourné dans sa tombe dans le cimetière de Colombey-les-deux-Eglises, lorsque mercredi les députés ont adopté l'amendement qui supprime le délit d'offense au chef de l'Etat. Lui qui par sept fois n'avait pas toléré l'insulte verrait comme d'ailleurs récemment, la France se faire condamner par la Cour européenne des droits de l'Homme, pour non respect de la liberté d'expression. Mais laissons le passé, nous vivons aujourd'hui selon l'amendement dans une démocratie moderne où le délit d'offense au Président de la République n'est plus justifié. La modernité quel progrès ! Quant à l'esclavage "moderne" il sera lui condamné. Mais qui sont donc ces esclavagistes modernes ? Vaste sujet !
Si vous aviez encore un petit espoir d'atteindre un soupçon de notoriété en publiant sur un blog, ou en brandissant une affichette "Casse-toi maintenant pov con" sur le parcours du chef de l'Etat, c'est fichu. Le progrès est en marche et rien dorénavant ne pourra l'arrêter. Enfin presque, car vous encourez toujours une punition de 12 000 euros, une broutille, pour insulte publique. Et puis n'oubliez pas que la protection rapprochée du Président veille sur vous, comme un poulet guette le lombric.
De toute façon cette dérogation au droit commun n'avait plus aucun sens, d'ailleurs la député PS Marietta Karamanli estime même qu'elle était "parfaitement contreproductive ... pour gagner le respect des citoyens" et pour la cote de popularité inexistante du président actuel aurait-elle pu ajouter. Faut-il rappeler que M. Hervé Eon qui risquait une amende de 45 000 euros après avoir affiché librement et avec un talent d'écrivain certain, son opinion sur Nicolas Sarkozy, avait écopé seulement d'une sanction symbolique de 30 euros avec sursis.
Mais ce n'est pas tout puisque les représentants du peuple (j'hésite toujours a employer ce mot de représentants pour désigner les parlementaires, il m'attire souvent des remarques sur ma naïveté) ont également pour s'adapter et s'aligner sur l'Union européenne voté un amendement créant un crime d'esclavage et servitude. Moi pauvre candide qui croyait dur comme le fer du boulet d'un prisonnier que l'abolition de l'esclavage la plus récente datait du 27 avril 1848.
Mais rassurez-moi et dites-moi que l'esclavagisme n'existe plus en France, dans ce pays où les droits de l'homme sont l'obsession d'une nation qui promet la liberté, l'égalité et la fraternité pour tous. Bon quelque part en Europe je veux bien y croire, dans le reste du monde c'est certain, mais pas chez nous !
La prostitution, les violences faites aux femmes, l'exploitation des clandestins, pas chez nous ! Les inégalités salariales, le travail précaire, ne sont-ils pas aussi des servitudes ? S'il suffisait d'une loi pour régler le problème que la vie serait belle. Qui en France sera jeté en prison de 15 à 20 ans pour ces crimes ? Avant ce nouveau amendement n'y avait-il pas déjà des lois en France pour punir les exploiteurs de la misère humaine, que faisait M Guéant, ce fin connaisseur en tableaux, lors du précédent quinquennat et que fait M. Valls aujourd'hui pour réprimer des pratiques inacceptables.

