vendredi 17 mai 2013 - par gruni

L’offense au chef de l’Etat autorisée ?

Le grand Charles s'est-il retourné dans sa tombe dans le cimetière de Colombey-les-deux-Eglises, lorsque mercredi les députés ont adopté l'amendement qui supprime le délit d'offense au chef de l'Etat. Lui qui par sept fois n'avait pas toléré l'insulte verrait comme d'ailleurs récemment, la France se faire condamner par la Cour européenne des droits de l'Homme, pour non respect de la liberté d'expression. Mais laissons le passé, nous vivons aujourd'hui selon l'amendement dans une démocratie moderne où le délit d'offense au Président de la République n'est plus justifié. La modernité quel progrès ! Quant à l'esclavage "moderne" il sera lui condamné. Mais qui sont donc ces esclavagistes modernes ? Vaste sujet !

Si vous aviez encore un petit espoir d'atteindre un soupçon de notoriété en publiant sur un blog, ou en brandissant une affichette "Casse-toi maintenant pov con" sur le parcours du chef de l'Etat, c'est fichu. Le progrès est en marche et rien dorénavant ne pourra l'arrêter. Enfin presque, car vous encourez toujours une punition de 12 000 euros, une broutille, pour insulte publique. Et puis n'oubliez pas que la protection rapprochée du Président veille sur vous, comme un poulet guette le lombric.

De toute façon cette dérogation au droit commun n'avait plus aucun sens, d'ailleurs la député PS Marietta Karamanli estime même qu'elle était "parfaitement contreproductive ... pour gagner le respect des citoyens" et pour la cote de popularité inexistante du président actuel aurait-elle pu ajouter. Faut-il rappeler que M. Hervé Eon qui risquait une amende de 45 000 euros après avoir affiché librement et avec un talent d'écrivain certain, son opinion sur Nicolas Sarkozy, avait écopé seulement d'une sanction symbolique de 30 euros avec sursis.

Mais ce n'est pas tout puisque les représentants du peuple (j'hésite toujours a employer ce mot de représentants pour désigner les parlementaires, il m'attire souvent des remarques sur ma naïveté) ont également pour s'adapter et s'aligner sur l'Union européenne voté un amendement créant un crime d'esclavage et servitude. Moi pauvre candide qui croyait dur comme le fer du boulet d'un prisonnier que l'abolition de l'esclavage la plus récente datait du 27 avril 1848. 

Mais rassurez-moi et dites-moi que l'esclavagisme n'existe plus en France, dans ce pays où les droits de l'homme sont l'obsession d'une nation qui promet la liberté, l'égalité et la fraternité pour tous. Bon quelque part en Europe je veux bien y croire, dans le reste du monde c'est certain, mais pas chez nous !

La prostitution, les violences faites aux femmes, l'exploitation des clandestins, pas chez nous ! Les inégalités salariales, le travail précaire, ne sont-ils pas aussi des servitudes ? S'il suffisait d'une loi pour régler le problème que la vie serait belle. Qui en France sera jeté en prison de 15 à 20 ans pour ces crimes ? Avant ce nouveau amendement n'y avait-il pas déjà des lois en France pour punir les exploiteurs de la misère humaine, que faisait M Guéant, ce fin connaisseur en tableaux, lors du précédent quinquennat et que fait M. Valls aujourd'hui pour réprimer des pratiques inacceptables. 



8 réactions


  • foufouille foufouille 17 mai 2013 16:04

    on peut demander une « inflation » a dati ?


  • Scual 17 mai 2013 17:32

    J’ai pas tout suivi, l’ANI, c’est pas le rétablissement de l’esclavage ? C’est la norme maintenant, non ?

    Sinon Hollande a pas la moindre idée de ce qui l’attends. Remarque, le terme qui me vient à chaque fois c’est traitre, tout simplement parce qu’il correspond à la définition alors je vais pas le changer simplement parce qu’il m’y autorise.

    L’accusation de traitrise est sensée être grave, mais maintenant ça va être noyé sous des flots d’insultes, dont on diabolisera les auteurs etc.

    En tout cas je vois déjà les insultes sur les pancartes, et j’imagine déjà la manière dont les JT feront passer les manifestants pour des brutes infamantes et vulgaires. 


    • gruni gruni 17 mai 2013 18:29

      Benoist Apparu avait dans un instant de lucidité employé l’expression de régression sociale à propos de la retraite à 62 ans. L’ANI c’est la cerise sur le gâteau du Medef avec la bénédiction de FH. Alors le mot traître est-il vraiment une insulte. Sinon insulter le président est déjà une pratique courante, mais faut-il s’en réjouir.


  • appoline appoline 17 mai 2013 19:24

    Ceci dit personne n’avait envie d’insulter le Grand Charles, il en imposait ; qu’on l’apprécie ou non, ce grand homme était respecté. Mais que voulez vous respecter un nabot comme Sarkosy ou un tout comme Hollande, piètres figures de la France, qui la déshonorent, la trahissent et la salissent. Donc, nous aurions plutôt envie de leur dire : « Cassez-vous pauvres cons »


  • ETTORE ETTORE 17 mai 2013 20:13

    L’esclavage en France existe toujours ne serais que par le poids de ce boulet que chaque citoyen traîne malgré lui et qui pèse sur sa vie .


    je parle bien évidemment du boulet que sont les politiques !

    de plus, tout au long de l’histoire de France, les rois étaient tous agrémentés d’un sobriquet
    leur valant pedigrée à vie .

    Les « derniers » ont su se bâtir un excellent état « civil » !


  • jef88 jef88 18 mai 2013 10:45

    Petit rappel !
    Certains insultaient le Grand Charles, d’autres lui balançaient des rafales d’armes automatiques .
    Remettons les choses dans leur contexte .......


  • Luc le Raz Luc le Raz 18 mai 2013 13:24

    « L’offense au chef de l’état autorisée ». Dans un premier temps j’avais cru voir « L’offense du chef de l’état autorisée ». Je ne vise personne, mais suivez mon regard. Donc ce n’est que du bon sens que de permettre la réciprocité.
    Quant à « l’esclavage », d’après ce que j’ai lu et vu, il existe bien. Allez regarder la construction de la nouvelle ligne TGV, l’EPR, etc... Combien de travailleurs des pays de l’Est d’Espagne et du Portugal, trimbale-t-on de km en km, logés dans des Algeco et payés à coups de lance pierre parce que sous contrat avec des sociétés, certaines, domiciliées au Luxembourg ? Sociétés ou marchands d’esclaves ? Aaaaah les entreprises citoyennes, comme disait l’autre, perdues corps et biens ?
    De même que le DRH, Directeur des Relations Humaines a été transformé en Directeur des Ressources Humaines, le coût de la main-d’oeuvre est devenue la variable d’ajustement. Quel progrès ou quel cynisme ?


  • MARMOR 18 mai 2013 14:09

    Pour être respecté il faut être respectable.


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