mercredi 6 janvier 2016 - par bruno

L’OTAN cherche la destruction de la Russie depuis 1949 Partie 3

Troisième et avant dernière partie de l'article de Gary Leupp. De l'Afghanistan au premier coup d'éclat d'un certain Vladimir Poutine. Les précédents épisodes se trouvent ici et ici.

Comment la Guerre Froide encouragea l'Islamisme Radical

Bien sûr les Etats-Unis- qui ont fait leurs valises et sont partis après le retrait soviétique, laissant les pakistanais avec un problème massif de réfugiés et l'Afghanistan dans le chaos, ont saigné les soviétiques et quiconque osant s'allier avec eux. Et sûrement cette expérience contribua à la réalisation du voeu le plus cher de Brzezinski : l'écroulement de l'Union Soviétique.

Mais elle a aussi produit le terrorisme islamiste, à grande échelle, alors que les Etats-Unis, ayant auparavant organisé le recrutement et l'entraînement de légions de djihadistes provenant de tout le monde musulman pour attaquer l'Union Soviétique, étaient et sont encore obligés d'en gérer les conséquences et leur réponse provoque invariablement plus de terrorisme.

N'est-il pas évident que les actions militaires américaines contre les différentes cibles terroristes dans le Moyen Orient « élargi », incluant l'Afghanistan, l'Irak, la Syrie, le Yemen et la Libye ont grandement gonflé les rangs d'Al Qaeda et de l'Etat Islamique ?

Et est ce que le cours des évènements en Afghanistan - où le gouvernement de Kaboul reste paralysé et stupide, les seigneurs de la guerre gouvernent les cités de province, la Cour suprême condamne des gens à mort pour des offenses religieuses, la plus grande partie de l'arrière pays est aux mains des talibans and les militants pénètrent vers le Nord - ne vous convainc pas que les Etats-Unis n'auraient pas dû s'allier aux djihadistes contre les forces laïques soutenues par les soviétiques il y a 35 ans ?

Dans une interview en 1998 publiée par le Nouvel Observateur, on demanda à Brzezinski s'il regrettait d'avoir donné des armes et des conseils aux futurs terroristes islamistes.

Brzezinski : Qu'est ce qui le plus important dans l'histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l'empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Q : Quelques musulmans agités ? Mais il a été dit et repété : Le fondamentalisme islamique représente une menace mondiales de nos jours.

Brzezinski : N’importe quoi ! Il a été dit que l'Occident avait une politique globale concernant l'Islam. C'est stupide. Il n'y a pas d'Islam global. Regardez l'Islam de façon rationnelle et sans démagogie ou émotion. C'est la religion dominante dans le monde avec 1.5 milliards de croyants. Mais qu'y a-t-il de commun entre les fondamentalistes saoudiens, les modérés marocains, les militaristes pakistanais, les pro-occidentaux égyptiens et le sécularisme d'Asie Centrale ? Rien de plus que ce qui unit les pays chrétiens.

En d'autres mots, gagner la compétition contre la Russie, la saigner jusqu'à l'effondrement, était plus important que le risque de promouvoir le fondamentalisme musulman militant. Il est évident que cette mentalité demeure, quand, dans le monde post 11 septembre, certains officiels du département d'Etat préfèreraient voir Damas tomber aux mains de l'EI plutôt que de la laisser défendre par les Russes en appui d'un régime laïque.

L'OTAN à la rescousse du monde post guerre froide.

Depuis la chute de l'Union Soviétique et la disparition du Pacte de Varsovie, qu'a manigancé l'OTAN ? Premièrement, elle a rempli un vide de pouvoir dans les Balkans. La Yougoslavie s'écroulait. Elle avait été neutre pendant la Guerre Froide, ni membre de l'OTAN ni du pacte de Varsovie. A mesure que les gouvernements tombaient en Europe de l'Est, les mouvements sécessionistes dans les républiques multi ethniques produisaient des conflits étendus. Le secrétaire d'Etat Baker s'inquiétait de ce que l'écroulement de la Yougoslavie ne provoquât une instabilité régionale et s'opposa à l'indépendance de la Slovénie.

Mais le ministre allemand des affaires étrangères, Hans Dietrich Genscher et le chancelier Helmut Kohl-grisés par la fierté de la réunification allemande et décidés à jouer un rôle plus important dans le monde - firent pression pour le démantèlement de la Yougoslavie. (Il y avait d'importants intérêts historiques allemands dans ce pays. Les Nazis avaient occupé la Slovénie de 1941 à 1945, établissant une garde slovène de 21'000 hommes et initiant des affaires économiques. L'Allemagne est maintenant de loin le premier partenaire commercial de la Slovénie. La position de Kohl prévalut.

La Yougoslavie, qui était un modèle d'harmonie interethnique,fut déchirée par des conflits ethniques dans les années 1990. En Croatie, les Croates combattirent les Serbes aidés par l'armée populaire yougoslave. En Bosnie Herzégovine, les bosniaques, les croates et les serbes se querellèrent sur la façon de diviser le pays. En Serbie, l'annulation de l'autonomie des provinces du Kosovo et de la Voïvodine provoqua la colère des Albanais. En 1995, les images d'hommes bosniaques émaciés dans des camps de prisonniers serbes furent largement diffusés dans les médias mondiaux alors que Bill Clinton était résolu à ne pas laisser un nouveau Rwanda (lisez génocide) se produire. Pas sous son mandat. L'Amérique allait sauver la situation.

Ou plutôt : L'OTAN allait sauver la situation. Loin d'avoir perdu son utilité après la guerre froide, déclara Clinton, l'OTAN était la seule force capable de relever ce genre de défi. Et donc, l'OTAN bombarda et bombarda , pour la première fois dans une vraie guerre, jusqu'à ce que les Serbes bosniaques implorent pitié. La configuration actuelle de la Bosnie herzégovine, une fédération dysfonctionnelle, incluant une mini république serbe, fut dictée par le secrétaire d'Etat Warren Christopher et son envoyé Richard Holbrooke au meeting de Dayton, Ohio en Novembre 1995.

La Russie, alliée traditionnelle des serbes, fut obligée de regarder passivement pendant que les Etats-Unis et l'OTAN redessinaient les cartes de l'ancienne Yougoslavie. La Russie était elle-même dans les années1990, sous la direction du bouffon alcoolique Boris Yeltsin, en piètre état. L'économie piquait du nez, le désespoir régnait, la longévité masculine avait dégringolé. La nouvelle politique était tout sauf stable. Pendant la crise constitutionnelle de septembre-octobre 1993, le président avait même ordonné à l'armée de bombarder le bâtiment du Parlement, pour forcer les législateurs à se soumettre à son décret de dissolution. Sous la poigne d'oligarques corrompus et du capitalisme sauvage occidental, les Russes étaient sans illusion et démoralisés.

Puis d'autres insultes arrivèrent de l'Occident. Durant la dernière année de Yeltsin, en Mars 1999, l’OTAN accueillit trois nations supplémentaires : la Tchécoslovaquie (plus tard la République tchèque et la Slovaquie), la Hongrie et la Pologne. Ce furent les 3 nations les plus puissantes du pacte de Varsovie, URSS et Allemagne de l'Est mise à part. Ceci était la première expansion de l'OTAN depuis 1982 (quand l'Espagne avait adhéré) et énerva le Kremlin, ce qui était compréhensible. Quelle peut bien être la raison pour l’expansion de l'OTAN à présent ? demandèrent les Russes, qui furent assurés que l'OTAN n'était dirigée contre personne.

Le Sénat a voté pour étendre l'adhésion à la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie en 1998. A l'époque, George Kennan, le fameux diplomate américain qui développa la stratégie d'isolement de l'URSS pendant la guerre froide fut interrogé :

"Je crois que c'est le début d'une nouvelle guerre froide, prévint Kennan, âgé de 94 ans. Je pense que les Russes vont réagir petit à petit et cela va affecter leur politique. Je crois que c'est une erreur tragique. Il n'y avait aucune raison. Cela démontre un manque de compréhension de l'histoire Russe et soviétique. Bien sûr que la Russie va réagir négativement et ensuite les avocats de l'extension de l'OTAN prétendront qu'ils avaient toujours dit que les Russes sont comme cela mais ceci est simplement faux"

L'OTAN contre la Serbie

Dans le même mois de Mars 1999, l'OTAN (y compris ses trois nouveaux membres) bombarda Belgrade, la capitale de la Serbie. C’était la première fois depuis la deuxième guerre mondiale qu'une capitale européenne était victime de bombardements. La raison officielle était que les forces de l'état Serbe persécutaient les albanais de la province du Kosovo. La diplomatie avait échoué et l'intervention de l'OTAN était nécessaire pour remettre les choses en place. Cette justification fut accompagnée de rapports très exagérés de forces serbes tuant des kosovars, perpétrant un génocide.

C'était des bêtises. Les Etats-Unis avaient demandé à la conférence de Rambouillet, France que la Serbie retire ses forces du Kosovo et restaure l'autonomie de la province. Le président Serbe Slobodan Milosevic avait accepté. Mais les Etats-Unis avaient aussi exigé que Belgrade accepte des forces de l'OTAN sur tout le territoire de la Yougoslavie, quelque chose qu'aucun leader d'un état souverain ne peut accepter. Belgrade refusa, soutenu par la Russie.

Un officiel haut placé du Département d'Etat (probablement la secrétaire d'Etat Madeleine Albright) se vanta à des reporters qu'à Rambouillet « Nous avions intentionnellement mis la barre trop haute pour que les Serbes acceptent. Les Serbes avaient besoin d'un petit bombardement pour être raisonnables ». Henry Kissinger, pas un pacifiste, déclara à la presse en juin : « Le texte de Rambouillet, qui appelait la Serbie à admettre des troupes de l'OTAN sur tout le territoire yougoslave, était une provocation et une excuse pour commencer à bombarder. Rambouillet n'est pas un document qu'un Serbe angélique aurait pu accepter. C'était un document diplomatique affreux qui n'aurait jamais du être présenté sous cette forme »

Les Etats-Unis avaient obtenu l'approbation de l'ONU pour les frappes de l'OTAN en Bosnie Herzegovine quatre ans plus tôt. Mais ils ne la cherchèrent pas cette fois, et n'essayèrent pas d'organiser une force des Nations Unis pour résoudre le problème du Kosovo. En effet, ils insistèrent pour que l'OTAN soit reconnue comme le représentant de la communauté internationale.

C'était outrageux. Mais l'opinion publique américaine était largement persuadée que les Serbes avaient refusé de négocier la paix de bonne foi et donc méritaient des bombardements applaudis par la presse, en particulier par la correspondante internationale de CNN Christiane Amanpour, qui avait ses entrées au département d'Etat et n'arrêtait pas de dire à ses spectateurs « Milosevic continue à faire des pieds de nez à la communauté internationale », parce qu'il refusait un ultimatum brutal de l'OTAN que même Kissinger avait qualifié de provocation.

Après que le massacre de masse des Kosovars est devenu une réalité (comme les bombes de l'OTAN commencèrent à tomber sur le Kosovo) et après deux mois et demi de bombardement sur Belgrade, un accord médié par les russes mit fin aux combats. Belgrade put éviter l'occupation de l'OTAN qu'il avait précédemment refusé ( en d'autres termes, l'OTAN n'était parvenu à rien de plus que ce que les Serbes avaient déjà concédé à Rambouillet)

Comme le cessez le feu entrait en vigueur le 21 juin, une colonne d'environ 30 véhicules blindés transportant 250 soldats russes fut déplacée de sa mission de maintien de la paix en Bosnie pour prendre le contrôle de l'aéroport de Pristina au Kosovo (Un petit rappel que la Russie aussi avait un rôle à jouer dans la région)

Ceci prit le commandant américain de l'OTAN Wesley Clark par surprise. Il ordonna que des parachutistes français et britanniques sautent sur l'aéroport mais le général britannique Sir Mike Jackson se déroba prudemment « Je ne vais pas faire commencer la troisième guerre mondiale par mes soldats » déclara-t-il.

Je pense que ce geste dramatique de dernière minute à l'aéroport a été décidé par l'étoile montante Vladimir Poutine, un conseiller d'Eltsin bientôt nommé Vice Président puis successeur d'Eltsine début décembre 1999. Poutine allait devenir un ennemi bien plus coriace pour l'OTAN que son embarrassant prédécesseur.



12 réactions


  • devphil30 devphil30 6 janvier 2016 09:37

    Merci pour vos articles.


    Ils illustrent bien l’attitude belliqueuse et arrogante des USA contribuant à des guerres dites régionales contribuant à des dizaines de milliers de morts pour le plus grand bénéfice des industries militaires américaines.

    Philippe 
     

  • César Castique César Castique 6 janvier 2016 11:11

    « La Yougoslavie, qui était un modèle d’harmonie interethnique... »



    Faut pas pousser ! Des gens qui incarnent un authentique modèle d’harmonie ethnique ne passent pas en quelques semaines, du barbecue pour tous à la grillade au lance-flammes. 


    Il y faut un sacré contentieux, peut-être bien séculaire, au départ, et des décennies de poings dans les poches.

    • bruno bruno 6 janvier 2016 19:06

      @César Castique
      J’ai dit que le texte était polémique pour certains aspects...Mais bon, il est toujours possible d’aider un brasier à s’allumer. Tout les ressortissants de l’ex yougoslavie que je connais décrivait une société où toutes les ethnies s’entendaient bien.


    • César Castique César Castique 6 janvier 2016 20:30

      @roman_garev et bruno

      « Jamais douté que le prétendu « barbecue » pouvait être enflammé du dehors ? »

      Jamais douté que le barbecue ne peut être enflammé que s’il est inflammable ?

      « …il est toujours possible d’aider un brasier à s’allumer. »

      Même réponse que ci-dessus : à condition qu’il soit composé de matières combustible.

      « Tout les ressortissants de l’ex yougoslavie que je connais décrivait une société où toutes les ethnies s’entendaient bien.  »

      Mais personne, j’imagine, n’allait jusqu’à prétendre qu’elles s’aimaient ?

      Or, que vit-on ?

      1. - Cette belle harmonie se déliter dès après que le couvercle communiste eut sauté, ce qui en a démontré l’épidermicité

      2. - De vieilles haines recuites, transmises souterrainement de génération en génération, retrouver toute leur vigueur pour déboucher sur des massacres que les bisounours tenaient pour proscrits à jamais.


    • bruno bruno 6 janvier 2016 20:52

      @César Castique
      Encore une fois, je ne suis pas spécialiste, Mais je pense plus à la flamme qu’à la volonté populaire spontanée de se massacrer. C’est sur qu’une fois la guerre commencée, les évènements s’enchainent.


    • César Castique César Castique 7 janvier 2016 11:50

      @bruno

      « Encore une fois, je ne suis pas spécialiste… »

      Moi non plus, mais ça n’empêche pas le bon sens

      « …je pense plus à la flamme qu’à la volonté populaire spontanée de se massacrer. »

      Il n’y a pas de « volonté populaire spontanée de se massacrer ». Il y a un enchaînement de circonstances – antérieur au déclenchement des hostilités – qui entraîne la réémergence de contentieux graves, plus ou moins anciens, de rancunes recuites, que personne n’a oubliés.

      Ces contentieux sont le terreau des affrontements à venir, et s’ils n’existent pas, ou s’ils n’ont pas laissé de traces profondes, le conflit n’existe même pas en tant qu’hypothèse.

      Ainsi personne ne peut imaginer qu’une épuration ethnique soit, un jour, menée par les Alsaciens contre les Lorrains, par les Provençaux contre les Languedociens, par les Vénitiens contre les Lombards ou par les Bavarois contre les Wurtembergeois.


  • spearit 6 janvier 2016 13:55

    Arfff, les liens ne marchent pas
    Les précédents épisodes se trouvent ici et ici.


    • bruno bruno 6 janvier 2016 19:11

      @spearit
      Désolé... Les parties précédentes se trouvent sur mon blog, avec la quatrième et dernière partie du texte. Je vais la soumettre ce soir sur Agoravox


  • leypanou 6 janvier 2016 16:22

    Beaucoup à dire sur cet article, ne serait-ce que le raccourci sur la Yougoslavie, qui donne l’impression sur la cause qui serait sur les conflits inter-ethniques. Diana Johnstone a écrit un excellent livre qui en parle.

    Je relève ceci : La Russie était elle-même dans les années1990, sous la direction du bouffon alcoolique Boris Yeltsin, en piètre état.

    Qu’il ait été un bouffon et alcoolique, ce n’est pas le plus grave, même si cela a permis l’« Axe du Bien » de le soutenir au-delà de toute décence. Le plus grave, à mon avis, c’est qui dirigeait la Russie et au profit de qui à son époque. (lisez seulement la partie concernant l’équipe Yeltsin, vers le milieu de l’article)


  • Jelena 6 janvier 2016 17:57

    >> Et donc, l’OTAN bombarda et bombarda , pour la première fois dans une vraie guerre, jusqu’à ce que les Serbes bosniaques implorent pitié.
     
    C’est quoi un « serbe bosniaque » ? Un mutant ? ^^
     
    Concernant la conclusion de cette guerre, dire que « les serbes implorèrent pitié » me parait théâtral... Suite à l’agression de la RSK et la défaite militaire des bosniaques, on va dire que tout le monde s’était mis d’accord pour un cessez le feu.


  • eau-du-robinet eau-du-robinet 6 janvier 2016 20:16

    Bonjour,
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    Le conflit se focalise sur l’Ukraine, considérée par les géopoliticiens américains et les stratèges de l’Otan comme le dernier maillon à conquérir pour casser la puissance russe en Europe. Dans son livre le Grand Echiquier, paru en 1996 déjà, l’ancien conseiller de Jimmy Carter et de Hillary Clinton, Zbigniew Brzezinski, en a fait une obsession, partagée par ses amis du Project For a New American Century (Pnac) et John MacCain. Presque tous les experts, les dirigeants politiques et les médias qui dénigrent la Russie travaillent pour ou sont proches de l’Otan et des think tanks néoconservateurs américains. En matière de pluralité de l’information, il y a mieux.
    .
    Bien sûr, la France a connu des périodes de russophilie. Avec Voltaire, déjà cité, sous la IIIe République entre 1870 et 1914, quand il s’agissait de trouver un contrepoids à l’Empire allemand menaçant, et avec De Gaulle, partisan d’une construction européenne savamment équilibrée du Portugal à l’Oural. Mais, paradoxalement, alors même que la menace communiste avait disparu, elle a cru bon d’intégrer le commandement de l’Otan et de reprendre, à son compte, le discours antirusse en vogue dans les cercles militaristes de Washington.
    .
    Il serait temps de comprendre qu’en ostracisant la Russie, en la rejetant vers l’Asie, la France contribue à amputer l’Europe de toute une partie de son histoire et de sa culture et à déséquilibrer la construction européenne en donnant un poids excessif à l’Allemagne, à l’Europe de l’Est et aux Etats-Unis. Quel sens la construction européenne aurait-elle si elle se privait d’immense culture russe éminemment européenne depuis que Pierre le Grand a opéré la grande mutation de la Russie vers l’Europe ? Rejeter la Russie vers l’Asie, par une méfiance simpliste n’est pas une erreur, c’est une faute.
    Une faute grave !

    http://www.liberation.fr/planete/2015/07/23/faut-il-detester-la-russie_1352757
    .
    Brezinski descend d’une famille juive Frankiste convertis au catholicisme dixit les historiens Gershom Scholem et Charles Novak .
    Le Frankisme ( à ne pas confondre avec le franquisme | Histoire de l’Espagne !!! ) porte son nom selon Jacob Frank (1726 - 1791) qui se considère comme la réincarnation de Sabbataï Tsvi et veut parachever sa mission. Il développe une théologie cabalistique très proche de celle de la Trinité chrétienne. Ses disciples firent sécession avec le judaïsme, et créèrent un mouvement religieux avec quelques emprunts de façade au christianisme, le frankisme.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacob_Frank
    .
    Brzezinski est issu d’un milieu familial appartenant à la noblesse polonaise, ce qui explique pourquoi il déteste tellement la Russie, et a essayé de pousser les politiques agressives contre la Russie tout au long de sa vie.
    .
    Lisez Zbigniew Brzeziński [34] (conseiller pour la sécurité nationale de Carter) et vous aurez la réponse : il se vante, notamment, d’avoir fait tomber l’Union Soviétique grâce aux légions islamistes d’Al- Qaeda en Afghanistan dans les années 80. L’Occident a inventé et instrumentalisé le ‘choc des civilisations’ qui est sensé mettre en opposition l’Occident avec le monde musulman depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de l’ennemi communiste. Ce choc des civilisations n’est en fait qu’une justification idéologique commode pour masquer la guerre menée par les élites oligarchiques occidentales (et leurs alliés wahhabites) contre tous les peuples de la terre, les valeurs démocratiques et la paix. Parce que la paix n’est pas assez capitaliste, parce que la paix contrarie les rêves de grandeur d’une élite paranoïaque dont les citoyens n’ont manifestement jamais la possibilité de se débarrasser, que ce soit ici en Occident ou en Orient, les États-Unis cherchent à précipiter le monde dans une guerre permanente et généralisée, dont la Syrie, après la Libye et avant le Liban et l’Iran, n’est que la préfiguration accablante de ce qui nous attend : un monde où l’Empire règne sur le chaos, car « il vaut mieux dominer des ruines que ne pas dominer du tout ».
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    Pour Abd Allah Yahya Darolles, vice-président de l’Institut des hautes études islamiques, « ce que les médias et certaines personnalités appellent islam radical n’est tout simplement ... pas l’islam » mais « une instrumentalisation de la religion à des fins idéologiques, que leurs visées soient politiques, nationalistes ou encore économiques  ».
    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/180914/l-islam-l-e-preuve-de-ses-contrefac-ons
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    La maîtrise d’espaces bien spécifiques, essentiels à leur développement, représente pour les puissances économiques une véritable nécessité dans le système actuel. Force est de constater que les lieux de tensions, les lieux de conflits, de déstabilisation ne sont pas situés n’importe où géographiquement. Deux espaces peuvent être définis :
    .
    Le Général Gallois explique l’acharnement à punir Belgrade et à favoriser l’irrédentisme islamique en ex-Yougoslavie par le désir de diviser le monde orthodoxe et l’Europe de l’Ouest au moyen d’abcès de fixation islamiques. «  Les Serbes, comme les Irakiens, ajoute Alexandre Del Valle, paient le prix de l’extension de l’OTAN et de la politique étrangère américaine de l’après-guerre froide. »
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    Les nouvelles enclaves musulmanes, « Israël islamique » au cœur de l’Europe, justifient la domination militaire et politique des Etats Unis, qui se font ainsi, en outre, pardonner leur présence en Arabie et leur soutien à l’Etat d’Israël, et leur permettent de tester la dilution identitaire de l’Europe, qui apparaît désormais, par ses abandons de souveraineté, comme sortie de l’histoire. Ces communautés musulmanes d’Europe, dont les premiers pourvoyeurs d’armes ont été, pour la Bosnie l’Iran et pour le Kosovo la Turquie, constituent l’embryon d’une future société européenne islamisée, modèles pour les communautés immigrées d’Europe de l’Ouest, que « le levier légitimateur de l’anti-racisme  » interdit de maîtriser. Compte tenu de son implosion démographique, l’Europe de l’Ouest apparaît, selon le général Gallois, comme le « continent complémentaire », et la Bosnie comme « l’antichambre de l’eldorado ».
    http://www.homocoques.com/ax050601_instrmentalisation_islam.htm
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    Le livre de Zbigniew Brzezinski, « Le grand échiquier : La suprématie américaine et ses impératifs géostratégiques », fourmille d’informations attestant de la poursuite systématique de cette stratégie au travers des crises successives.
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    Comme l’avouera Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain, des milliers de djihadistes sont recrutés, souvent entraînés aux États-Unis. Parmi eux, un certain Oussama Ben Laden… De son côté, l’Arabie saoudite diffuse des centaines de milliers d’ouvrages religieux inspirés de son idéologie wahhabite (dont une branche n’est autre que celle dont se revendique l’« État islamique »).
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    En sous-sol, du pétrole. En surface, des antagonismes et des alliances à géométrie variable. L’Iran du shah, allié des Occidentaux et d’Israël, disparu, renversé en 1979 par une révolution populaire avant qu’elle ne soit captée et détournée par les religieux, devient l’ennemi à abattre.
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    Les groupes islamistes sont armés par l’Arabie saoudite et le Qatar

    Guerre encore en Libye, cette fois. Sous prétexte de sauver les populations d’un massacre, la France, alors présidée par Sarkozy qui sera soutenu par François Hollande, intervient en 2011. Le résultat est terrible. Le dirigeant libyen est assassiné et le pays éclate à son tour, divisé entre tribus et groupes islamiques (projet de remodélisation du proche et moyen orient). Le cancer gagne le Sahel, les armes et les groupes armés se répandent, au Niger, au Mali.
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    Guerre toujours, en Syrie cette fois. La volonté populaire syrienne d’en finir avec un régime népotiste est détournée par les puissances régionales et internationales. Les groupes islamistes sont armés par l’Arabie saoudite et le Qatar notamment. La France, au lieu de soutenir les mouvements les plus progressistes, appuie un Conseil national syrien (CNS), sans grande représentativité, manipulé en réalité par les Frères musulmans qui jouent la carte sunnite.
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    Au Moyen-Orient, les peuples souffrent toujours plus et les guerres n’ont fait qu’ajouter à leur désespoir. Quant aux Palestiniens, soumis à l’occupation et à la répression d’Israël, ils meurent à petit feu, sans que les pays occidentaux, si soucieux du droit international, ne daignent réagir.
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    Sans pour autant considérer que l’on est en présence d’un complot mondial, -une vue simpliste, réductionniste et forcément inexacte des situations-, la série de déstabilisations que connaît l’Afrique n’est pas le fruit du hasard. Si l’on considère la stratégie des grandes puissances, leur intérêt se focalise sur des espaces précis riches en matières premières dans lesquels elles n’hésitent pas à déclencher des conflits et des guerres pour s’en assurer le contrôle.


    • Shaw42 6 janvier 2016 20:21

      @eau-du-robinet

      Allez mets nous directement Guerre et paix pour barbouiller totalement les derniers commentaires au profit de Papa François, ça ira plus vite smiley smiley


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