L’URSS et la Russie en mode Légitime Défense
L'URSS et la Russie en Légitime Défense : Réponses aux Provocations Américaines en Afghanistan et en Ukraine
D’après D. N Gibbs historien americain diplômé du MIT
Dans le paysage complexe des relations internationales, les invasions soviétique de l'Afghanistan en 1979 et russe de l'Ukraine en 2022 sont souvent dépeintes comme des actes d'agression impérialiste.
Cependant, une analyse approfondie des faits historiques et des documents déclassifiés révèle un autre narratif : ces interventions peuvent être vues comme des réactions défensives légitimes face à des offensives américaines délibérées. En s'appuyant sur des témoignages clés, comme celui de Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale sous Jimmy Carter, et sur des dynamiques géopolitiques persistantes, cet article explore comment les États-Unis ont créé des conditions propices à ces conflits, forçant l'URSS puis la Russie à intervenir pour protéger leurs intérêts sécuritaires vitaux.
Cette perspective, défendue par des historiens comme David N. Gibbs, met en lumière un pattern de provocation américaine masquée sous des justifications humanitaires ou démocratiques.
L'Afghanistan : L'Invasion Soviétique de 1979 comme Réponse à un Piège Américain
L'invasion de l'Afghanistan par l'Union soviétique le 24 décembre 1979 est traditionnellement présentée comme le début d'une guerre d'expansion communiste. Pourtant, des preuves indiquent que cette action était une mesure défensive contre une déstabilisation orchestrée par les États-Unis, visant à attirer l'URSS dans un conflit prolongé.
Dès les années 1970, les États-Unis, sous l'administration Nixon puis Carter, ont perçu l'Afghanistan comme un levier pour affaiblir l'URSS. Bien que le pays soit décrit dans des rapports américains comme un "vaste désert inutile" sans intérêt stratégique majeur, Washington a initié des interventions clandestines pour rompre les liens stables entre Kaboul et Moscou.
L'URSS fournissait une aide économique et militaire à l'Afghanistan depuis des décennies, sans ingérence excessive, et partageait une frontière commune, rendant toute instabilité une menace directe pour sa sécurité. NB la liberté des femmes promue par le pouvoir pro soviétique.
Le point tournant survient en 1973, lorsque les USA collaborent avec l'Iran et le Pakistan pour fomenter une rébellion islamiste contre le gouvernement afghan pro-soviétique. Cela escalade en 1979 avec une guerre civile entre le Parti démocratique populaire d'Afghanistan (PDPA, communiste) et les moudjahidines. Le 3 juillet 1979, six mois avant l'invasion soviétique, Jimmy Carter signe une directive autorisant une aide non létale de la CIA aux rebelles islamistes.
Zbigniew Brzezinski, dans une interview célèbre publiée en 1998 dans *Le Nouvel Observateur*, admet explicitement que l'objectif était d'"induire une intervention militaire soviétique". Il déclare : "Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent." Brzezinski va plus loin en affirmant que cette aide a été conçue pour créer un "piège afghan", transformant l'Afghanistan en un Vietnam soviétique.
Des documents déclassifiés soviétiques, tels que des discussions du Politburo en mars 1979, montrent que l'URSS était réticente à envahir et préférait des solutions diplomatiques. Cependant, l'aide américaine accrue a suscité une paranoïa sécuritaire, forçant Moscou à intervenir pour stabiliser un allié frontalier menacé par des forces soutenues par l'Occident.
Cette invasion, bien que coûteuse (menant à une guerre de dix ans jusqu’ à la chute de l'URSS), peut ainsi être interprétée comme une défense légitime contre une agression indirecte américaine, qui a profité au complexe militaro-industriel US en boostant les budgets de défense.
L'Ukraine : L'Intervention Russe de 2022 comme Réaction à l'Expansion de l'OTAN
De manière similaire, l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022 est souvent condamnée comme une agression non provoquée. Pourtant, des analyses géopolitiques soulignent que cette action s'inscrit dans une logique de défense préventive face à l'expansion de l'OTAN, perçue par Moscou comme une menace existentielle.
Depuis la fin de la Guerre froide, les États-Unis ont promis à Mikhaïl Gorbatchev, en 1990, que l'OTAN ne s'étendrait pas "d'un pouce vers l'Est" en échange de la réunification allemande.
Des documents déclassifiés de 2017 confirment ces assurances verbales, données par des figures comme James Baker. Malgré cela, l'OTAN s'est élargie à 14 nouveaux membres entre 1999 et 2020, approchant les frontières russes et intégrant d'anciens États soviétiques. Cette expansion a été vue par la Russie comme une violation de la sécurité mutuelle, créant un encerclement stratégique.
Le contexte ukrainien s'aggrave après 2014 : le coup d'État soutenu par l'Occident contre Viktor Yanoukovytch (pro-russe) mène à une guerre civile dans le Donbass et à l'annexion de la Crimée ( russophone à 80%)par la Russie en réponse. Les aspirations de l'Ukraine à rejoindre l'OTAN, renforcées par des exercices militaires conjoints et des aides américaines massives (plus de 5 milliards de dollars entre 2014 et 2022), exacerbent les tensions. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, a admis que cette expansion a contribué aux frictions, tandis que Vladimir Poutine a invoqué une "menace directe" à la sécurité russe, comparable à la paranoïa soviétique en 1979.
Des experts, comme l’intellectuel américain John Mearsheimer , arguent que l'invasion russe est une "guerre préventive" pour contrer une potentielle base OTAN en Ukraine, qui pourrait menacer la Russie nucléairement.
Documents et discours russes présentant l'OTAN comme une agression occidentale soutiennent cette vue : Moscou a proposé des traités de sécurité en décembre 2021, rejetés par l'Occident, forçant une intervention pour neutraliser une menace perçue. Bien que controversée, cette action peut être légitimée comme une défense contre une provocation américaine prolongée, masquée sous le voile de la "promotion de la démocratie".
Conclusion : Un Pattern de Provocation et ses Implications
Les cas afghan et ukrainien révèlent un schéma récurrent : les États-Unis, via des aides clandestines ou des expansions militaires, créent des instabilités qui forcent des rivaux à intervenir en légitime défense. L'URSS en 1979 et la Russie en 2022 ont réagi à des menaces frontalières réelles, amplifiées par des stratégies américaines visant à affaiblir des adversaires géopolitiques.
Ce narratif, étayé par des aveux comme ceux de Brzezinski et des documents déclassifiés, invite à une réévaluation critique des conflits modernes, où les justifications humanitaires cachent des agendas hégémoniques perpétuant un cycle de violence, au détriment de la paix mondiale

