mercredi 5 avril - par Jeussey de Sourcesûre

La déclaration des droits du chien

Le mardi 16 février, le tribunal de Clermont-Ferrand a débouté une affaire dans laquelle deux voisins étaient impliqués. L’un des deux, propriétaire d’une chienne épagneule demandait réparation à l’autre pour les souffrances subies par sa chienne qui avait dû subir une ablation de l’utérus suite à la mise à bas d’une portée de chiots dont le père n’était autre que le chien de l’autre.

Le tribunal a estimé que la paternité n’était pas établie et que la date de procréation était floue.

De son côté l’avocat du propriétaire de la chienne s’appuyait sur la loi du16 février 2015 qui reconnaît que "les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité". Il a extrapolé et plaidé la cause sous la forme suivante : « Un animal peut-il être indemnisé de ses souffrances ? ».

 

On ignore les véritables relations affectives qui existent entre les deux tourtereaux et les véritables intentions du père présumé et personne ne s’est enquis de ces détails qui auraient pu éclairer les juges dans leur prise de décision. Mais peu importe, ce fait divers montre en fait les dérives susceptibles d’apparaître quand des professionnels de justice sont de mauvaise foi ou manquent de rigueur, en l’occurrence sur deux point :

  • Le premier point porte sur la notion de « responsabilité ». Supposons qu’il s’agisse de la fille et du fils des propriétaires et non de chiens. Ces deux chiens étant adultes, on peut aussi supposer que les enfants en question auraient été majeurs. Est-ce le père de la jeune maman qui aurait attaqué son voisin parcequ’il soupçonnait le fils d'icelui d’avoir engrossé sa fille (qui était peut-être consentente), ou bien la fille qui aurait demandé au fils du voisin d’assumer ses responsabilités, mais comment ? En l’épousant ou en l’indemnisant pour ses souffrances ? La deuxième réponse paraitrait incongrue. Le tribunal aurait donc dû condamner le chien à épouser la chienne, c’est tout ! Et s’il vous plait, ne venez pas mettre en avant la question de « race » ! Quand deux êtres s’aiment et veulent s’unir, pourquoi s’interposer dans une relation qui ne regarde qu’eux au nom d'une idéologie séparatiste ?
  •  
  • Le second point porte sur l’indemnisation. L’avocat a demandé que ce soit la chienne qui soit indemnisée et non pas le propriétaire. C’est logique, puisque ce n’est pas le propriétaire qui a souffert, mais cela pose un problème technique ardu. La chienne est-elle titulaire d’un compte en banque, et à quel montant estime-t-elle raisonnable d’évaluer sa souffrance ?

La morale de cette histoire est que certaines personnes sont prêtes à n’importe quelle argumentation fallacieuse pour récupérer quatre sous, et on souhaite qu’elles éprouvent autant d’émotion devant les souffrances des enfants du Yemen, de Syrie ou de Palestine…. La liste serait longue.

Mais c’est aussi que la cause juste de la souffrance animale, qui a connu une victoire encore incomplète mais positive par la loi en question, ne doit pas être dénaturée pour être utilisée à des fins procédurières, pas plus que la « déclaration des droits de l’homme » ne devrait servir de paravent à certaines ONG pas si neutres que ça pour accomplir des missions spéciales !



24 réactions


  • Etbendidon 5 avril 10:37

    OUAF OUAF ya pas grand chose à se mettre sous les crocs aujourdhui !
    AGORAVOX est en train de devenir l’almanach VERMOT
     smiley
    Tiens j’vas peut etre ben faire un nartic sur le merle de mon jardin qui chante comme une casserole
    l’est pas pret de niquer le piaf
     smiley


  • foufouille foufouille 5 avril 11:13

    la justice accepte n’importe quelle plainte tant que tu as du fric.


  • riff_r@ff.93 riff_r@ff.93 5 avril 11:17


    Je trouve que c’est bien. Moi mon chien je le responsabilise.  smiley


  • Clocel Clocel 5 avril 11:34

    Bravo !

    Le DSK canin ne connaîtra pas la paille humide de nos cachots surpeuplés...


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 5 avril 11:48

      @Clocel

      Il a ses habitudes au Sofitel et au Carlton de Clermont-Ferrand : il aime bien lever la patte sur la voiture de Dédé la Saumure quand il est là !

    • Clocel Clocel 5 avril 11:56

      @Jeussey de Sourcesûre

      Pourquoi Clermont-Ferrand ???

      A cause des volcans ou du caoutchouc vulcanisé ? smiley

      Il peut pas aller niquer dans les Formule 1 comme tout le monde ?

      Au moins là, il sera pas emmerdé par le personnel...


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 5 avril 11:59

      @Clocel

      Clermont-Ferrand parce que c’est là que son « maître » lui assure le gîte et le couvert (et que le tribunal a tranché) !
      Il parait qu’il a aussi ses habitudes à Chamalières, mais ceci ne nous regarde pas !

  • sarcastelle sarcastelle 5 avril 11:49

    Le législateur et la justice sont très soucieux du bien-être animal. Depuis 2004 la souffrance éventuellement ressentie par une animale désignée partenaire sexuelle par un monsieur un peu en manque, justifie que le monsieur soit condamné au pénal. 

    .
    Non pas condamné pour viol, car le législateur n’a pas encore décidé d’en tomber là, mais condamné pour mauvais traitements. 
    .
    A noter que le pénal pour zoophilie avait disparu de la loi depuis la Révolution. Napoléon en proclamant son code pénal en 1810 ne l’avait pas repris non plus. Sans doute pensait-il que ce ne serait pas faire honneur aux tribunaux que les forcer à statuer sur de telles questions. 
    .
    Mais les temps changent et l’indifférence de Napoléon à la souffrance animale n’est plus de mise. On se souvient comment ce boucher n’a pas hésité à faire massacrer au moins cinq cent mille chevaux sur les champs de bataille pour sa gloire personnelle. L’animal à présent est en bonne voie d’être reconnu comme un être aussi sensible que la femme, par exemple. Les lois modernes heureusement nous éloignent du moyen-âge que nous connaissions il y a peu encore. 
    .
    Mauvais traitement ! Comme quoi il ne faut pas aimer un être qui n’est pas en mesure de déposer en signant qu’il a éventuellement jugé au contraire les traitements très bons !

    Et si l’animale est une jument ? Le législateur n’a sans doute pas vu e diamètre de la flèche d’un étalon en action, car la loi vaut aussi pour l’amoureux d’une jument : mauvais traitements. 

    « On vit une époque formidable » (Philippe Meyer)

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 5 avril 11:55

      @sarcastelle

      Merci, Maître, pour votre plaidoirie.
      Ainsi, le chien accusé d’avoir occasionné des souffrances à sa partenaire d’un soir serait, selon vous, zoophile ?
      Espérons que la chienne, elle, ne soit pas anthropophile, car l’accusation pourrait bien changer de camp.

    • posteriori 5 avril 19:30

      500000 chevaux ? Il y avait pas des hommes dessus ?*La justice de vulcania manque juste d’imagination, un rapprochement familial au scotch et une garde alternée de la partie saillante par les protagonistes homoïdes est tout à fait envisageable.


  • Leonard Leonard 5 avril 15:50

    En même temps... C’était une chienne ?

    Elle a pas eu ce qu’elle méritait ?

    MDR


  • Jeekes Jeekes 5 avril 16:03

    Ben on y est pas encore, mais faut garder espoir :

    Demain les chiens.
    (Clifford D. Simak)


  • Le Panda Le Panda 5 avril 16:35

    @L’auteur

    Bonjour,

    Une lecture des plus saine au milieu de cette faune de choix politiques, il me semble que je vais prendre un abonnement. Merci de votre passage qui m’a instruit  smiley smiley

    A quant Rantanplan ?

    Cdt


  • LE CHAT LE CHAT 5 avril 20:31

    Le chien de Fillon n’a pas eu droit a la gamelle ,comme les autres membres de la famille. C’est odieux ! Honte pour cette discrimination qui nous ramene aux heures les plus sombres de notre histoire !


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