La fin de Vincent Lambert : le début des dangers ?
La fin de Vincent Lambert : le début des dangers ?
Ce 11 juillet 2019 Vincent Lambert est mort. Ceux qui disaient qu’il n’était pas vivant, viennent de subir un démenti cinglant à leurs assertions.
Pour provoquer la mort, on avait le choix : une balle dans la tête, l’injection d’un poison comme dans les prisons américaines pour mettre à exécution une sentence judiciaire, ou la privation d’eau et d’alimentation conduisant à ce même résultat. On a choisi la troisième solution.
A la place de l’intéressé. Lequel n’avait rien prescrit quand il était en forme, ou qui, s’il l’avait fait, n’était plus en état de le décider au moment où cela l’a été et fait à sa place.
Que l’on puisse se suicider, que l’on puisse souhaiter ne pas vivre un jour en situation de handicap doit être distingué des questions réelles :
- Mon voisin peut-il être inquiété s’il me met une balle dans la tête dans les termes que je lui ai indiqués ? Par exemple, lorsque je ne serai plus capable de monter sur un escabeau, et que je ne serai plus capable de me suicider. Oui ou non ?
- Une tierce personne peut-elle décider ma mort et me la faire administrer, si elle estime que, n’étant plus en capacité de me suicider, je ne suis plus dans l’état qu’elle considère, elle (ou tel comité), comme « normal » ? Oui ou non ?
Dans tous les cas, au delà des questions qui peuvent alimenter des débats sans fin sur ce que peut être la dignité d’un être vivant ou de son intérêt à vivre ou pas, et à trouver la mort "dans la dignité", se pose une question économique :
Le coût du maintien en vie, est-il justifié au regard de l’état de la personne, compte tenu de son âge et /ou compte tenu des connaissances médicales au regard de sa situation physique ?
Il est probable que si le suivi de Vincent Lambert avait pu s’effectuer au domicile et aux frais de ses parents, on n’aurait pas assisté à ce déballage d’arguments (parfois indécents) sur des questions périphériques.
Alors même que la situation de l’être vivant F. Lambert revêtait un aspect exceptionnel (1), la voie est désormais ouverte (2) à des décisions (que de nouvelles dispositions législatives organiseront à n’en pas douter) conduisant à ôter la vie à des individus, au motif réel que leur vie ne sert plus aux autres et / ou qu’elle coûte à ses derniers (3).
Dangers en perspective !!!
Marcel-M. MONIN
m. de conf. hon. des universités.
(1) des médecins font ce qu’il faut pour maintenir en vie un accidenté, puis se rendent compte qu’ils sont impuissants à lui faire recouvrer certaines de ses facultés.
(2) (pour l’histoire) : les juges de certaines formations de jugement y ayant pour leur part contribué.
(3) Avec des questions que l’on entend déjà poser aujourd’hui (allant dans la même logique) comme : est-ce que ça vaut le coup ( et le coût) de transporter telle personne à l’hôpital, alors que la pathologie ou l’âge de cette dernière lui laissent une espérance de vie en tout état de cause faible ?
Et avec, comme question suivante : faut-il continuer à rembourser à une personne atteinte d’une affection incurable en l’état des connaissances, / à prendre en charge / des médicaments hors de prix alors que son état ne fait que se dégrader ?

