vendredi 25 juillet 2025 - par politzer

La guerre en approche I

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Introduction : Du Capital Financier Léniniste à la Financiarisation Contemporaine

Le concept de capital financier, théorisé par Lénine en 1916 dans L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, désigne la fusion entre le capital bancaire et industriel, menant à des monopoles et à une domination oligarchique.

Ce stade marque un saut qualitatif du capitalisme concurrentiel vers un monopolisme impérialiste, où l'export de capitaux contrerait la baisse tendancielle du taux de profit.

Cependant, l'avènement de la financiarisation post-léniniste – particulièrement après les années 1980 – représente une évolution diachronique plus profonde : une domination spéculative et rentière de la finance, détachée de la production réelle.

 Cet article retrace chronologiquement cette transformation, tout en analysant diachroniquement ses contradictions structurelles, des crises industrielles des années 1970 aux délocalisations contemporaines vers la Chine.

Phase 1 : Les Crises Industrielles et la Baisse du Taux de Profit (Années 1960-1970)

Chronologiquement, l'histoire commence avec la maturité industrielle occidentale post-1945. Dans les années 1960-1970, le taux de profit industriel chute drastiquement – de 10 % à 4,4 % aux États-Unis en 1974 – due à une suraccumulation de capital fixe, une surcapacité productive et une stagnation des marchés.

Cette crise, théorisée par Marx comme une baisse tendancielle du taux de profit, expose les contradictions internes : l'accumulation dépasse les débouchés, aggravée par des luttes ouvrières et des salaires élevés keynésiens.

Diachroniquement, cela signale la fin d'un cycle productif léninien : le capital financier fusionné (banques-industrie) ne suffit plus à maintenir les profits sans une restructuration globale.

 L'effondrement de Bretton Woods en 1971 libère les flux de capitaux, posant les bases d'une finance plus spéculative.

Phase 2 : Le Tournant Néolibéral et la Domination Financière (Années 1980-1990)

Chronologiquement, Ronald Reagan (1981-1989) et Margaret Thatcher (1979-1990) marquent le pivot. Les "Reaganomics" incluent la déréglementation financière (loi Garn-St. Germain 1982), des baisses fiscales sur les gains en capital (à 20 %) et une politique monétaire anti-inflationniste (Volcker shock). Thatcher complète avec le "Big Bang" de 1986, libéralisant la City de Londres et privatisant des actifs publics (British Telecom, utilities). La dette nationale US triple, et les profits financiers passent de 15 % à 40 % du PIB d'ici 2000.

Diachroniquement, cela représente un saut qualitatif post-léniniste : la finance se détache de l'industrie, dominant via spéculation, dette et bulles (dérivés, titrisation).

Contrairement à la fusion monopoliste léninienne, cette financiarisation crée une élite rentière – les 1 % captant des revenus passifs via intérêts et dividendes – et inverse la définancialisation keynésienne (1945-1973).

 C'est un capital financier "fictif", parasitaire, aggravant les inégalités et la stagnation productive.

Phase 3 : Mondialisation, Délocalisations et Restauration des Profits (Années 1990-2010)

Chronologiquement, les délocalisations vers la Chine s'accélèrent après l'ouverture de Deng Xiaoping (1978) et l'entrée à l'OMC (2001). Les IDE explosent – multipliés par 20 entre 1980 et 2000, atteignant 180 milliards USD en 2022 – , transférant emplois et technologies.

 Cela restaure le taux de profit occidental (de 5 % en 1980 à 10 % en 2000), via une exploitation bon marché en Chine (salaires 10-20 fois inférieurs).

Diachroniquement, les IDE intègrent une contre-tendance à la baisse du taux de profit : quantitativement (flux massifs d'exploitation globale), qualitativement (chaînes de valeur globalisées, financées par la déréglementation néolibérale). Contrairement à l'impérialisme léninien (export pour monopoles coloniaux), c'est une domination financiarisée : l'Occident extrait des superprofits sans réinvestir localement, "vendant la corde" technologique à la Chine, qui absorbe ces flux sans conquêtes territoriales ou bases militaires massives (seulement trois, contre des centaines pour les États-Unis).

Phase 4 : Impacts Contemporains et Contradictions Post-Léninistes (Années 2010-2025)

Chronologiquement, les crises (2008, 2020) révèlent les limites : tensions US-Chine (guerre commerciale depuis 2018), reshoring partiel (Inflation Reduction Act US 2022), et IDE vers la Chine à 163 milliards USD en 2024 (baisse de 20 % due à la démondialisation).

 En 2025, le taux de profit chinois baisse (de 25 % en 2000 à 12 %), signalant une suraccumulation locale.

Diachroniquement, cela approfondit le stade post-léniniste : une élite rentière captant 20-25 % des revenus via rentes, aggravant les inégalités et la stagnation.

Les impacts sociaux – immigration comme armée de réserve, divisant les ouvriers– perpétuent les contradictions, avec des clivages civilisationnels (droits des femmes, influences religieuses) exploités par le capital.

Figures comme Macron ("porte-flingue" de la finance Rothschild) démantèlent l'État social, tandis que des réponses comme le RN cherchent une souveraineté sélective.

Conclusion : Une Évolution Diachronique Post-Léniniste

L'avènement de la financiarisation post-léniniste marque un saut qualitatif : d'une fusion monopoliste (Lénine) à une domination spéculative et rentière, restaurée par délocalisations et IDE vers la Chine.

 Chronologiquement, cela suit une séquence de crises et réformes ; diachroniquement, cela révèle un capitalisme parasitaire, vendant sa propre "corde" ( ils nous vendront la corde pour les pendre « Lénine »)pour des profits éphémères. Ces contradictions préparent des ruptures ouvrières, au-delà des divisions imposées.



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