La guerre en approche II
Après l'échec de la contre revolution dérégulatrice, la guerre ?
Après les politiques de dérégulation reaganiennes comme intensification du capital financier léninien, l'échec de cette "contre-révolution dérégulatrice" (souvent vue comme la restauration néolibérale face aux régulations keynésiennes post-1945) conduit à la guerre. (la guerre comme continuation de la politique par d autres moyens "Clausewitz).
Dans une perspective marxiste-léniniste, cette idée n'est pas nouvelle : elle s'ancre directement dans l'analyse de Lénine sur l'impérialisme comme stade suprême du capitalisme, où les crises internes du système, incapables d'être résolues par des réformes ou des ajustements économiques, débouchent sur des conflits armés pour repartager les marchés, les ressources et les sphères d'influence.
Explorons cela de manière nuancée, en distinguant théorie, histoire et conjoncture actuelle (jusqu'à juillet 2025).
L'échec" de la contre-révolution dérégulatrice : un constat partagé ?
D'abord, qualifier la dérégulation néolibérale (inaugurée par Reagan et Thatcher dans les années 1980) de "contre-révolution" est courant dans les analyses marxistes : elle représente une offensive du capital financier contre les acquis sociaux du XXe siècle (État-providence, syndicalisme fort, régulations financières). Cet échec est perçu non comme une disparition du néolibéralisme, mais comme l'aggravation de ses contradictions internes :
Financiarisation excessive : Les baisses d'impôts, la libéralisation des flux de capitaux et la dérégulation bancaire ont accru les inégalités (les 1 % captent une part croissante des richesses mondiales) et multiplié les crises (2008, dette souveraine en Europe, inflation post-COVID).
Stagnation productive : L'économie réelle stagne face à la spéculation (bulles immobilières, crypto-monnaies), avec une croissance mondiale molle depuis les années 2010, accentuée par la pandémie et les disruptions géopolitiques.
Crises écologiques et sociales : Le néolibéralisme a exacerbé le changement climatique et les migrations, sans solutions structurelles, menant à des soulèvements (Gilets jaunes en France, Occupy Wall Street, protestations en Amérique latine).
Des théoriciens marxistes contemporains, comme David Harvey dans A Brief History of Neoliberalism (2005), voient cela comme un "échec relatif" : le néolibéralisme a réussi à restaurer les profits des élites, mais au prix d'une instabilité systémique, confirmant la "décadence" léninienne du capitalisme monopoliste. Cependant, ce n'est pas un effondrement total ; c'est une phase de "crise organique" (au sens gramscien), où le vieux ordre persiste malgré son épuisement.
La guerre comme issue aux crises impérialistes : la thèse léninienne.
Lénine, dans L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), argue que le capital financier, en fusionnant monopoles industriels et bancaires, pousse à l'exportation de capitaux et à la division impérialiste du monde. Lorsque les marchés saturent et que les contradictions internes s'aiguisent (surproduction, chute des taux de profit), la guerre devient un moyen de :
Détruire les forces productives excédentaires (comme lors des deux guerres mondiales).
Repartager les colonies, ressources et zones d'influence.
Relancer l'accumulation via la reconstruction et les industries militaires.
Lénine l'illustre par la Première Guerre mondiale : non une "guerre pour la démocratie", mais un conflit inter-impérialiste entre puissances (Allemagne, France, Royaume-Uni, etc.) pour dominer les marchés. Il écrit : "La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens" (empruntant à Clausewitz), mais dans un cadre capitaliste, elle est inévitable sans révolution prolétarienne.
Une citation emblématique de Lénine en 1917 souligne : "Si le socialisme ne triomphe pas, la paix entre les États capitalistes ne sera qu'un armistice, une trêve, la préparation d'une nouvelle boucherie entre les peuples."
Cela implique que, face à l'échec des réformes (comme la dérégulation pour "relancer" le capitalisme), le système recourt à la violence externe pour survivre.Historiquement, cela s'est vérifié :
Après la Grande Dépression (échec des politiques libérales des années 1920), la Seconde Guerre mondiale a "résolu" la crise via la destruction massive et la reconstruction (Plan Marshall).
Dans les années 1970-1980, la stagflation a mené à la dérégulation reaganienne, mais ses limites ont coïncidé avec des interventions impérialistes (guerres du Golfe, Afghanistan).
Et aujourd'hui ? La guerre comme prolongement des crises néolibéralesEn 2025, avec l'"échec" apparent du néolibéralisme (croissance mondiale à 3 % environ, inégalités records, dette globale à 300 % du PIB), les tensions géopolitiques s'intensifient, alignées sur la logique léninienne :
Guerre en Ukraine (depuis 2022)
La dérégulation énergétique (libéralisation des marchés gaziers) a exacerbé les vulnérabilités, et la guerre sert à relancer l'industrie militaire (budgets OTAN en hausse). Des critiques soulignent que cela prolonge l'hégémonie du dollar et des multinationales occidentales, tout en masquant les crises internes (inflation, austérité).
Tensions USA-Chine : La "nouvelle guerre froide" autour de Taïwan et de la mer de Chine méridionale reflète la rivalité pour les chaînes d'approvisionnement (semi-conducteurs, terres rares), accentuée par la déglobalisation post-COVID. Le néolibéralisme a favorisé l'ascension chinoise, mais son "échec" (désindustrialisation occidentale) pousse à des postures belliqueuses.
Moyen-Orient et Afrique : Conflits en Syrie, Yemen ou Sahel comme luttes pour les ressources (pétrole, minerais), où les monopoles financiers (armes, énergie) profitent.
Cependant, ce n'est pas une fatalité mécanique. Lénine insistait sur le rôle des masses : la guerre peut accélérer les révolutions (comme en 1917 en Russie). Aujourd'hui, des mouvements anti-guerre (protestations contre l'armement en Ukraine) ou écologiques pourraient contrer cela. Des libéraux critiques, comme dans certains posts publics, voient la guerre comme un piège étatique augmentant les impôts et les libertés restreintes, sans résoudre les crises sous-jacentes.
Par ailleurs, la militarisation (hausse des budgets défense mondiaux à 2 200 milliards de dollars en 2024) sert déjà de "stimulus" keynésien déguisé, prolongeant le système sans rupture.
En résumé, dans une optique léniniste, la guerre peut être vue comme une issue "logique" après l'échec relatif de la contre-révolution dérégulatrice, car elle permet au capital financier de surmonter ses crises par la violence et la reconstruction. Mais cela reste une tendance, pas une prédiction inéluctable : l'histoire montre que les interventions humaines (révolutions, diplomaties) peuvent altérer le cours. La conjoncture de 2025, avec des conflits persistants mais pas une guerre mondiale généralisée, illustre cette phase de "trêve armée" que Lénine décrivait, où les contradictions s'accumulent sans explosion immédiate.


