vendredi 31 juillet - par politzer

La Guerre et le Temps

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La Guerre et le Temps

Elle est toujours déjà là : conventionnelle.

Bientôt nucléaire ?

L’impérialisme est en guerre depuis son apparition.

Ira-t-il jusqu’au nucléaire — qui a déjà été employé ?

 

En 1939, on croyait la ligne Maginot imprenable.

En 2026, beaucoup croient encore la Russie faible.

 

Cette erreur de jugement n’est pas anodine. Elle ressemble à celle qui a précédé la Seconde Guerre mondiale, lorsque certains cercles occidentaux espéraient que nazis et bolcheviks s’entre-détruisent. Aujourd’hui, le même calcul semble à l’œuvre : laisser s’user deux concurrents stratégiques tout en enrichissant les complexes militaro-industriels (plus PIB ; emplois)

Pourquoi on n’envahit pas la Russie

On n’envahit pas la Russie pour une raison simple et froide :

une invasion directe serait trop dangereuse, trop coûteuse et trop risquée.

Elle ouvrirait immédiatement la porte à une escalade nucléaire.

La stratégie choisie est donc différente :

ne pas conquérir le territoire russe, mais le ruiner progressivement par une guerre d’usure menée par procuration.

On épuise ses réserves humaines, économiques et morales jusqu’à ce que la population, à bout, finisse par faire basculer le régime.

C’est une stratégie de « mort par mille coupures ».

La « nécessité » de cette guerre

Cette guerre n’est pas un accident. Elle répond à plusieurs objectifs structurels :

Défendre le dollar

La Russie participe à l’élan de dédollarisation. L’affaiblir permet de freiner ce mouvement.

Une partie des élites européennes y trouve aussi son compte : leur capital est largement placé aux États-Unis.

Abattre un concurrent militaire

N’ayant pas réussi à vaincre la Russie économiquement malgré les sanctions, on tente de la terrasser militairement par l’usure.

Affaiblir un allié de la Chine et les BRICS

La Russie est un partenaire stratégique de Pékin. L’affaiblir, c’est réduire la capacité de résistance collective face à l’hégémonie américaine.

Maintenir l’ordre américain sur le monde

Il s’agit de préserver un système dans lequel les États-Unis restent le centre de décision politique, militaire et monétaire.

 

Qui tire vraiment les marrons du feu ?

Les peuples européens tirent les marrons du feu pour les banquiers américains et occidentaux. Ce sont eux qui paient le prix de la guerre (énergie, inflation, budgets militaires, austérité), pendant que certains spéculent sur une victoire rapide sur la Russie… avant de pouvoir s’attaquer ensuite à la Chine.

 

 La Guerre et le Temps

 

Mais le temps est la variable décisive.

Une guerre longue change tout.

Plus elle s’éternise, plus le coût devient insupportable pour l’Europe, plus les ressources américaines sont dispersées, et plus la Chine gagne du temps pour se renforcer.

 

Nucléaire ou conventionnelle ?

Une guerre nucléaire totale n’aura très probablement pas lieu.

Une utilisation massive d’armes tactiques non plus.

Au mieux, une frappe limitée de part et d’autre pourrait servir à forcer un arrêt temporaire et des négociations.

La voie principale reste donc conventionnelle, longue, et menée par procuration.

Mais la Russie n’est pas isolée.

Chine, Corée du Nord, Iran, certains États africains et des mouvements anti-impérialistes en Occident ont intérêt à empêcher son effondrement total.

Et en Russie même, la conscience nationale reste forte : beaucoup refusent catégoriquement de revenir au chaos des années 1990.

Celui qui perdra sur le champ de bataille ukrainien aura peut-être, paradoxalement, gagné du temps.

Et ce temps perdu, ce sont d’abord les États-Unis — et l’Europe — qui le paieront.

La guerre est déjà là.

Elle est conventionnelle.

La question n’est plus de savoir si elle aura lieu, mais jusqu’où elle ira… et qui aura réellement le temps de son côté : l'impérialisme ou les brics et le mouvement populaire ?

 




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