lundi 16 juin 2014 - par Didier Cozin

La lente déconfiture éducative de notre pays

Depuis des lustres, sans doute le milieu des années 70, notre pays se forme mal/ L'éducation et la formation deviennent des lamentations sans prise sur le réel mais une société qui n'a plus le goût de transmettre (ni donc d'apprendre) a-t-elle un avenir ?
Calés sur les années d’après guerre et les enjeux passés de la société industrielle les français ne sont-ils pas responsables de leur mal formation ?

La "mal formation" a ceci de redoutable qu’elle reste presqu’invisible (on ne meurt pas de faim en étant insuffisamment formé ou éduqué), lent poison qui dévore notre économie et notre social mais qui ne fait pas de vague, pas de grands remous dans un pays.

Nous avons atteint de tels gouffre d'ignorance et de non apprentissage que plusieurs générations seront peut-être nécessaires pour remettre le pays à niveau, reprendre pied dans cette société de la connaissance et de l’information où l’éducation et la formation sont devenues les premières (et parfois les seules) richesses.

Les chiffres de l’éducation en France sont atterrants, publics et connus de tous :

  • Un salarié français consacre en moyenne environ 1 minute par jour pour se former (mais plus de 3 heures de son temps libre sur des écrans)
    source INSEE
  • Près de 22 % des adultes en France présentent un niveau très faible de litteratie (capacité à comprendre un texte simple de quelques lignes rédigé en français). Ces personnes si elles perdent leur emploi ne pourront sans doute plus en retrouver
  • L’école française s’est malheureusement transformée en une méga-garderie nationale sans projet autre que social
  • La formation professionnelle pas plus que l’enseignement initial ne sont plus capables de former ou d’accompagner les travailleurs de notre pays
  • En Europe la France occupe le dernier rang pour le départ en formation des travailleurs (5 % de taux mensuel de départ en formation alors que les objectifs Européens sont de 15 % par mois)
  • Plus de 30 % des salariés ont des projets de reconversion professionnelle qu’ils ne pourront sans doute pas mettre en oeuvre faute de temps, d’argent ou de capacité d’organisation
  • Des sommes considérables sont mal utilisées en formation et dans l’éducation (notamment dans le secteur public qui draine 70 % des budgets sans résultats ou presque)
  • Les français enfin ne souhaitent pas « sacrifier » leur temps libre pour apprendre, évoluer ou comprendre une société et un monde économique qui changent très vite (et sans eux).

Nos retards, nos atermoiements, cette indifférence face aux enjeux éducatifs ne sont certes pas nouveaux. Depuis des siècles ce vieux pays rural a toujours pris son temps, refusé (au début) de changer, de s’adapter, de comprendre les autres civilisations, les autres pays, les nouveaux concepts ou techniques. Mais désormais le temps nous presse.

Le problème est que depuis 30 ans la planète a changé. La Chine était un pays du tiers Monde à la mort de Mao, c'est la seconde puissance mondiale aujourd'hui.

Le monde est entré dans une nouvelle ère, des temps post-industriel avec une course effrénée aux savoirs, à la connaissance, à l’innovation et donc à la compétence. Cette course mondiale s’est accélérée avec trois faits majeurs

  1. La numérisation du monde : désormais le savoir et toute la connaissance mondiale sont disponibles en tout point du globe sous forme numérique. Un passé glorieux, une histoire riche, des organisations anciennes deviennent des handicaps plutôt que des atouts. Ce n’est plus seulement une géographie avantageuse ou une organisation administrative conséquente qui peuvent assurer l’avenir social et économique
  2. La mondialisation et la globalisation. Le monde désormais est un réseau tel ce village planétaire décrit en 1964 par Marshall Mac Luhan, (« pour comprendre les médias ») et le fait que 2 (bientôt 3) milliards d’humains ont leur intelligence, leur cerveau et leurs savoirs reliés a des conséquences immenses pour l'humanité.
    Ce que les grandes religions monothéistes n’ont pu faire en plus de 2 000 ans, l’Internet est en train d’y parvenir en quelques années. Si les cerveaux de presque tous les humains sont ainsi reliés c’est pour le meilleur : mieux se connaître, mieux partager et collaborer mais aussi le plus dangereux pour les anciens pays riches (appelés désormais pays immergeants) :
    Etre en concurrence en tout lieux, à tout moment face à des millions d’autres humains qui peuvent par la ruse se servir dans votre portefeuille (numérique), vous prendre votre job (pourquoi le travail bien payé que vous faites dans un bureau ne serait-il pas confié à une autre personne à l’autre bout de la planète pour 10 fois moins cher ?) ou même vous faire perdre votre ressources, vos racines et vos repères, tout cela est nouveau, inédit depuis l'aube de l'humanité.
  3. La raréfaction des ressources naturelles sur la terre. Sur cette planète Terre aux ressources limitées la (sur)vie de 7 (bientôt 10) milliards de terriens ne peut se faire qu’au prix d’une excellente gestion des moyens matériels, d’une réflexion renouvelée sur l’utilisation des ressources (énergie, matières premières, biens alimentaires…).
    Si la société industrielle, née au XIX ème siècle, a consisté à mettre en coupe la nature, la contraindre, l’ordonner, la domestiquer, désormais il s’agit de réfléchir à chacun de nos actes de la vie pour en évaluer son impact, ses conséquences et sa soutenabilité.
    Pour vivre ainsi en pensant aux conséquences de chacun de nos gestes (acheter ou non de la viande, rouler ou non en voiture, faire ou non des enfants..) il faut solliciter sans cesse et sans aucune restriction un « muscle » insuffisamment exercé par certains de nos concitoyens : leur cerveau

 Face à ces enjeux nouveaux et cruciaux, face à des erreurs et errements récurrents (croire que le monde entier nous admire nous et notre système économique et social) les français seront-ils capables de s’approprier le nouveau siècle ? Les risques encourus en cas de surplace, de nouveaux retards et d’échéances reportées, ces risques sont désormais considérables et peuvent être résumés assez simplement :

  • un pays perclus de dettes et perdant son indépendance,
  • un pays devenu incapable de produire et de vendre ses services et ses produits, trop chers ou inadaptés
  • un pays se barricadant derrière d'illusoires lignes maginot tout en se refermant sur ses propres frontières intellectuelles et géographiques

Ce pays pourrait-il éternellement importer ce que ses habitants, ivres de droits sociaux, de congés et RTT, ne savent ou ne veulent plus imaginer, concevoir et produire ?

Les écarts béants de compétences (pas pour tous les travailleurs évidemment) entre une fraction croissante de la population relevant de l’assistance permenante et une "élite" marginale de travailleurs hautement qualifiés, cette situation est-elle économiquement et socialement tenable  ?

Peut-on admettre encore que 20 % d’une classe d’âge sorte de l’école obligatoire sans savoir lire ni écrire correctement ? peut-on comprendre que 6 à 8 millions d’adultes ne puissent rédiger seuls un courrier ou comprendre un formulaire administratif ?

Peut-on enfin admettre que des millions de personnes soient privées d’emploi alors que partout des emplois ne sont pas pourvus, que notre règlementation sociale se durcit année après année, multipliant à l’infini les contraintes financières et règlementaires pour un travail qui fuit désormais le pays ?

Les avantages acquis que certains brandissent comme des étendards, participent de la volonté utopique et désastreuse d’arrêter le cours du temps, d’empêcher le cerveau des hommes de se mettre dans des situations nouvelles où ils pourraient s’adapter, apprendre de nouvelles règles et apprécier de changer.

Le XXIème siècle a 14 ans et nous avons que trop tardé à y entrer. Le confort idéologique de quelques un (surtout ne pas affronter ou reconsidérer ses rêves de jeunesse ) ne peuvent entraîner notre pays dans la régression, le repli identitaire ou la nostalgie d’un ex-grand pays devenant l'imbécile heureux de la mondialisation et de la société de la connaissance.

S’il était au final assez aisé en 1945 de relever économiquement et matériellement le pays à l’aide de fonds importants (le Plan Marshall), d’un grand projet social et économique (l’Europe) et d’une énergie laborieuse retrouvée, aujourd’hui les défis sont sans doute bien plus importants car la dette, les déficits infinis des régimes sociaux et du commerce extérieur, le travail insuffisant en terme de qualité et de quantité, une méconnaissance des mécanismes de l’économie, des langues et civilisations étrangères, de sa propre langue, tout cela forme un cocktail délétère et protifère pour uns société.

 

Ps : que les "grandes" sensibilités qui ne savent que vociférer ou insulter lors d'un débat, tentent pour une fois d'argumenter, ce serait intéressant (mais plus fatiguant que faire des copier-coller d'une prose idéologique dépassée).



22 réactions


  • lsga lsga 16 juin 2014 11:19

    Article intéressant, mais qui ne propose pas d’abattre l’éducation sociale-nationale française et de la remplacer par « autre chose » de plus adapté à la réalité actuelle de l’appareil de production (cad : à une échelle au moins européenne, fortement décentralisé, fondé sur l’utilisation de l’informatique)

     

    • Remi 16 juin 2014 22:02

      Justement si, Isga, votre compagnon de route libéral propose tout cela ; Relisez-le, vous verrez. Sacré marxiste, va... !


  • baron 16 juin 2014 11:53

    Si la vérité est dite, ce sera la révolte.


    En vérité, une très grande partie de la population n’a ni les moyens intellectuels ni le niveau culturel pour faire des études supérieures.

    Allez expliquer a des parents que leur gosse sera un subalterne toute sa vie. Donc toute le monde ou presque fini diplomé du supérieur et ça tire les meilleurs vers le bas.
     D’ailleurs, beaucoup (40 000 par an ) dont une large part des meilleurs quittent le pays dès la fin de leurs études comme quoi le système scolaire français ne dégoutte pas les employeurs étrangers. 



    • Bergegoviers Bergegoviers 17 juin 2014 04:01

      Si la vérité n’est pas assez simple pour être facilement comprise par un enfant de dix ans, soyez sûr que ce n’est pas la vérité.


      Les études supérieures jamais ne vaudront un apprentissage sur le tas et tant que l’enseignement, appelé « éducation » en France (et ceci devrait vous mettre la pue à l’oreille), est pris en charge par l’Etat (ou l’Eglise, la Synagogue ou la Mosquée, c’est pareil) il ne servira qu’à former une population servile et à l’intelligence limitée.

  • baron 16 juin 2014 11:56

    Dommage qu’il ait des chiffres bruts donnés sans que cela soit sourcé, parce qui sont les millions de personnes que vous evoquez si elles existent ?


  • Spartacus Lequidam Spartacus 16 juin 2014 11:57

    Le texte a l’avantage d’être ouvert face a ce problème.


    Néanmoins on relève une erreur d’appréciation sur les « ressources naturelles ».

    En économie, les ressources ne sont pas jamais « naturelles » mais « crées » par l’homme ou les besoins économiques.

    Telle matière première clairement identifiée (le charbon, le pétrole, etc.) est évidemment limitée et donc épuisable. Mais qui décide qu’un matériau est une ressource ? L’homme. 

    L’économie est un flux qui s’adapte aux changements de ressources. La ressource du mammouth est épuisée depuis longtemps, même si elle a permis a des générations d’hommes de vivre. Le monde a régulièrement changé de ressources.

    On n’exploite même pas 0,1% des matériaux présents dans les profondeurs de la terre et des océans. Et l’espace, la lune, les astéroïdes n’ont jamais fait l’objet d’exploration.

    On vous rassure y’a de la marge avant la fin des ressources naturelles, quelques millions de générations. En plus depuis vingt ans de nouvelles richesses immatérielles de services, sont apparues et représente une création d’emploi sur 4 et qui n’exploitent pas de ressources élevées.


  • Micka FRENCH Micka FRENCH 16 juin 2014 15:37

    Des nouvelles de l’Ecossaise...


    Allez, on va déjà écrire « littératie » convenablement.

    Micka FRENCh, ex-prof de français et musicienne repentie sur le Web....

  • Ruut Ruut 16 juin 2014 16:11

    Personnellement, je n’ai a reprocher au système scolaire Français que 3 choses.
    1. Pas assez de Français et de Math. (sûrement voulu pour nous obliger a passer lentement a l’Anglais première langue)
    2. Pas de remplacement de profs absents (mauvaise gestion des professeurs de Réserve).
    3. Tops de grèves innutiles en instrumentalisant les étudiants pour ces dernières. (indirectement c’est dans ces classes a effectifs réduits avec des profs motivés que j’ai eu mes meilleurs cours).


    • mmbbb 16 juin 2014 19:26

      et bien oui j’ai connu ceci et n’ayant pas pu etre fils de notaire de ministre ou d’autres choses j’ai du sacrifier ma scolarite a la suite d’un changement de lyce en 4 eme les profs de francais et de math absent Le prof de math remplace apres 3 mois ; une veritable loque de la generation post 68 incapable de tenir une classe et de donner une lecon claire sur les equations parametriques La France est un pays de merde et j’espere que nous buvrons le bouillon puiqu’avant de donner la lecon au monde entier nous devrions etre un peu plus performant Ne me parlez plus d’egalite republicaine C’est une evidence biblique que si j’avais ete fils de ministre le proviseurr aurait ete appele directement et on lui aurait demande quelques explications


    • Remi 16 juin 2014 22:10

      Vous vous trompez sur les trois points.

      1.La diminution des heures de cours est générale, et ne sert pas l’objectif que vous lui prêtez. Fabrique du crétin oblige.
      2.Si les « profs » (sic) absents ne sont pas remplacés, ou plutôt insuffisamment, c’est parce que le nombre total d’enseignants a diminué. Il est nécessaire que vous sachiez qu’il existe en principe un vivier de remplaçants (le terme "technique est TZR) qui ont la même qualification que les autres. Mais une large part de ceux-ci est désormais occupée sur des emplois fixes dès le début de l’année. N’accusez pas la gestion, accusez le gouvernement.
      3. Vision de petit bourgeois hermétique à la lutte de classes. Je passe mon tour. 


    • Remi 16 juin 2014 22:12

      « Nous buvrons le bouillon ».

      C’est fait, manifestement.


  • rotule 16 juin 2014 16:12

    Ce paragraphe aurait pu vous valoir un (-) , mais ce qui est avant a mérité un (+)
    > Peut-on enfin admettre que des millions de personnes soient privées d’emploi alors que partout des emplois ne sont pas pourvus, que notre règlementation sociale se durcit année après année, multipliant à l’infini les contraintes financières et règlementaires pour un travail qui fuit désormais le pays ?
    Sur la question des emplois, vous êtes à coté de la plaque, complètement. Ouvrez les yeux sur le néo-libéralisme, sur l’OMC, sur les raisons profondes des délocalisations. Ce n’est pas que les postes sont pas pourvus, ils sont partis en Chine et ailleurs !
    Cherchez vous même pourquoi, vous êtes suffisamment formé pour lire et réfléchir.


    • Remi 16 juin 2014 22:13

      « Cherchez vous même pourquoi, vous êtes suffisamment formé pour lire et réfléchir »

      Ah bon ?


    • pergolese 17 juin 2014 09:21

      @rotule

      Si je vous suis bien, vous êtes pour la préférence nationale...Comme le FN...

      Beaucoup de gauchistes ne s’en rendent pas compte, mais les délocalisations reviennent à octroyer nos emplois à des étrangers. Mais chez eux...Les délocalisations, c’est la préférence étrangère.

      Alors quand j’entends certains pousser des cris d’orfraie (et n’hésitent pas à nous traiter de raciste ou xénophobe lorsqu’il s’agit d’évoquer la préférence nationale (mais chez nous) il y a de quoi s’interroger.


  • foufouille foufouille 16 juin 2014 17:23

    "Peut-on enfin admettre que des millions de personnes soient privées d’emploi alors que partout des emplois ne sont pas pourvus, que notre règlementation sociale se durcit année après année, multipliant à l’infini les contraintes financières et règlementaires pour un travail qui fuit désormais le pays ?"

    alors que partout des emplois ne sont pas pourvus
     ?

    c’est dans quel pays esclavagiste ?
     smiley


  • bakerstreet bakerstreet 16 juin 2014 19:19

    L’utilisation des tablettes va surement arranger tous ces scores.....

    A moins qu’elle ne nous fassent plonger un peu plus. 
    Le livre est en danger, et la pensée avec. Je ne parle pas de cette pensée binaire qui suffit à programmer un ordinateur, et organiser un simili de vie !
    Cette époque est faite pour les killers, pas pour les poètes. 
    Comme toute espèce prédatrice, ils vont prendre toute la place. 
    Bienvenue pour la fin du monde, où ce qui lui ressemble.

  • Julien Julien 16 juin 2014 20:23

    @ l’auteur
    <<<
    Pour vivre ainsi en pensant aux conséquences de chacun de nos gestes (acheter ou
    non de la viande, rouler ou non en voiture, faire ou non des enfants..) il faut
    solliciter sans cesse et sans aucune restriction un « muscle » insuffisamment
    exercé par certains de nos concitoyens : leur cerveau

    >>>

    Merci de le préciser.

    <<<
    un pays perclus de dettes et perdant son indépendance,
    >>>

    Avant de parler de la dette, on ferait bien de parler dans les grands médias de la création monétaire.

    <<<
     Ce pays pourrait-il éternellement importer ce que ses habitants, ivres
    de droits sociaux, de congés et RTT, ne savent ou ne veulent plus imaginer,
    concevoir et produire ?

    >>>

    Au contraire, je pense qu’il faut des congés pour imaginer ce que le système d’organisation de la Recherche (le Big Science System) ou l’entreprise peine à imaginer.

    http://moire4.u-strasbg.fr/JHideas.htm

    Maintenant, si tous les congés sont passés à se la couler douce, c’est sûr que ça ne va pas avancer.

    <<<
     Les français enfin ne souhaitent pas « sacrifier » leur temps libre pour
    apprendre, évoluer ou comprendre une société et un monde économique qui changent très vite (et sans eux).

    >>>

    Les français sont peut-être surtout moins attirés par l’argent que les habitants d’autres pays.
    Quoi qu’il en soit, même dans le milieu de l’entreprise et la Recherche l’heure n’est plus à la formation. Mon ancien chef, qui occupe un poste relativement important dans la recherche appliquée, m’a dit une fois : « C’était dans le temps que les chercheurs pouvaient lire des livres au boulot. Maintenant, c’est fini, ils n’ont plus le temps ».

    Bref, maintenant que je suis dans le privé, j’ai appris plus de choses nouvelles que dans la recherche appliquée (il ne faut néanmoins pas en faire une généralité). Mais là où j’ai appris le plus de choses, c’est par moi-même, via la lecture d’ouvrages. Mais comme cela prend du temps, la majorité de l’effort a été fait sur mon temps libre. Etant donné que ça sert au boulot pour la boîte (multinationale, maintenant), c’est quand même un peu dommage.

    @ Mika French
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    Allez, on va déjà écrire « littératie » convenablement.
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    Personne ne prétend faire zéro faute de français. On cherche juste à améliorer le niveau global. Et à mon humble avis, surtout dans les matières scientifiques si l’on veut résoudre nos problèmes écologiques. On est mal barrés, vu la tendance actuelle !

    @Spartacus
    <<<
    On vous rassure y’a de la marge avant la fin des ressources naturelles, quelques millions de générations.
    >>>

    Source ?
    Comment on peut être aveugle comme cela ?


    • Remi 16 juin 2014 22:17

      « Personne ne prétend faire zéro faute de français »
      Certes pas. Mais de la part de l’auteur qui n’hésite à avoir recours à un ton péremptoire pour dénoncer les « français » (sic) paresseux et leurs acquis sociaux, c’est assez piquant.


  • Remi 16 juin 2014 22:01

    Un ton quelque peu exalté pour affirmer bon nombre de platitudes, avec un champ lexical approximatif, hésitant entre l’outrance (les français (sic) ceci, les français cela) et le creux (mal formation, non apprentissage).

    L’idéologie favorable à la mondialisation capitaliste est fortement sous-jacente. Le terme « archaïque » nous est cette fois épargné, mais quand même ces acquis sociaux sont insupportables, n’est-ce pas.

    Pour quelqu’un se posant en expert de la formation, la copie est à revoir.


  • diverna diverna 16 juin 2014 22:02

    Je dirais plutôt article atypique qui pose les questions de société en envisageant une perspective individuelle : l’individu, de son village du monde relié à Internet cherche sa place, et le statut du groupe géographique autour de lui devient comme flouté.
    On évoque une élite et 20% d’exclus et une sorte de lien de l’apprentissage : limité à cela un pays comme la France a peu de raison de durer. Alors, de la connaissance oui, mais comme de nombreuses réactions l’ont pointé, le drame c’est le départ vers un ailleurs plus pauvre des métiers peu qualifiés que les 20% d’exclus sont devenus des cas sociaux. Ils ne sont pas victimes d’un savoir supérieur ailleurs, juste d’un niveau de vie approprié à une élite et qui ne leur permet plus de faire moins cher que ces inconnus de ce grand village que vous sembler accepter comme tel. Ce n’est pas une fatalité et une meilleure oraganisation du grand village aurait évité ce massacre.
    Maitenant, ce que je redoute, moi, et les nouveaux programmes en cours en Maths Sup (classe préparatoires) me le confirment, c’est une disparition de nos élites scientifiques, ce qui pose la question d’un élitisme : je crois que dans ce grand village nous avons besoin de champions ET d’un lien social qui ne laissent pas 20% autour dans un état de mort sociale. C’est un peu court comme projet politique mais c’est un peu mieux que le chacun pour soi.


    • Remi 16 juin 2014 22:20

      La disparition des élites ne se limite pas aux domaines scientifiques. Ce n’est pas une perspective, c’est le processus actuel. Lisez des copies d’étudiants, ou d’élèves...


  • diverna diverna 16 juin 2014 23:22

    Je suis d’accord. Je fais une place prioritaire au scientifique par formation et parce que je pense que nous devons restaurer une place internationale. Il n’est pas trop tard.


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