vendredi 25 octobre 2013 - par Renaud Bouchard

La Liberté guidant le Peuple... et le laissant consterné : Allégorie (France)

La situation semble beaucoup plus grave qu'on ne pensait. Diagnostic réservé, dit la Faculté.

Osez, Monsieur le président ! Mais surtout, faites quelque chose, car à ce stade, il y a non assistance à personne en danger.

Tout porte à croire que nous n'avons pas encore tout vu et que le magasin à surprises recèle encore quelques stocks d'invendus. Lançons ici un appel : n'y aurait-il pas quelqu'un de charitable dans l'entourage de cette dame pour s'approcher d'elle en souriant, la prendre tranquillement par la main, lui parler doucement, l'emmener gentiment faire quelques petits pas au jardin, l'asseoir dans un fauteuil, lui donner un verre d'eau, veiller à ce qu'elle soit bien à l'abri du soleil, qu'elle ne perde pas son chapeau et la laisser ronfloter dans de doux rêves avec un sourire sur les lèvres ?

Peut-être devrait-on prévenir la famille ? Faire un signalement ?

Une malédiction planerait-elle sur le chef de l'Etat ? Aurait-il fait quelque chose de mal dans une autre existence pour endurer un tel karma en étant escorté de la sorte par une zélatrice de cette trempe ?

Après M. Arnaud Montebourg en marinière, et pour illustrer un entretien dans Le Parisien magazine consacré au courage en politique, voilà que l'ex-candidate à la présidentielle a en effet pris la pose en s'inspirant du célèbre tableau de Delacroix.

Voici le célèbre tableau et sa version moderne, beaucoup plus modeste, qui trahit à l'évidence un sérieux manque de souffle. La Critique est à ce propos unanime quant à la composition de l'allégorie. On sent en effet que l'artiste n'a pas su saisir l'atmosphère révolutionnaire, l'élan, la clameur populaire, les coups de fusil, le grondement du canon, l'odeur de la poudre et du sang. Avec un peu plus d'à-propos, gageons que l'on va très rapidement voir fleurir les montages photographiques...

http://www.lefigaro.fr/politique/2013/10/24/01002-20131024ARTFIG00302-segolene-royal-pose-en-liberte-guidant-le-peuple.php?m_i=RcORm8CWUiYy4YclsCqg5KRFn_5awqUUK1THmjbw7eZFy0VRX

"Tous les médecins de l'âme se sont posé la question de savoir si les troubles politiques jouaient un rôle dans l'éclosion du délire et dans l'apparition de la folie, écrit l'universitaire, historienne et psychanalyste Elisabeth Roudinesco. C'est dans cette perspective que les fondateurs français de la psychiatrie, Philippe Pinel (1745-1826) et Etienne Esquirol (1772-1840), tous deux héritiers des Lumières, de la Révolution, de l'Empire et de la Restauration, ont abordé cette question à travers leurs écrits et leur pratique clinique.

Laure Murat revisite cette problématique de façon résolument nouvelle dans L'Homme qui se prenait pour Napoléon, un essai fort bien documenté et appuyé sur des archives inédites. L'historienne compare en effet les élaborations théoriques et cliniques des deux aliénistes et de leurs successeurs avec les discours des aliénés, célèbres ou anonymes. D'un côté comme de l'autre, les paroles, les concepts, les diatribes, les engagements s'enchevêtrent. Les savants et les fous sont persuadés, les premiers que les troubles liés aux violences politiques de l'époque se retrouvent dans les délires, et les seconds que ces mêmes troubles sont à l'origine de leur destin glorieux ou malheureux."

Elisabeth Roudinesco, à propos de "L'Homme qui se prenait pour Napoléon", de Laure Murat : l'Histoire en délires. Le Monde des Livres, 13 octobre 2011.

LE MONDE DES LIVRES | 

13.10.2011

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/10/13/l-homme-qui-se-prenait-pour-napoleon-de-laure-murat_1586832_3260.html



43 réactions


  • La mouche du coche La mouche du coche 25 octobre 2013 09:06

    Tout le monde se trompe : ce n’est pas la Liberté mais Jeanne d’Arc. Elle est belle. smiley


  • le naif le naif 25 octobre 2013 09:30

    voilà que l’ex-candidate à la présidentielle a en effet pris la pose en s’inspirant du célèbre tableau de Delacroix.

    Sauf qu’à y regarder de plus près la symbolique est totalement inversée...

    Dans le tableau de Delacroix, le drapeau français est brandi fièrement et le peuple est derrière Marianne.

    Là, Ségolène est seule, on a l’impression qu’elle va déposer notre drapeau définitivement aux pieds de l’UE.

    Curieux qu’elle n’ait pas dévoilé un sein histoire d’assurer le buzz.... Qu’avons nous fait pour mériter ça ?!?


    • La mouche du coche La mouche du coche 25 octobre 2013 09:57

      @ naif,


      Votre analyse sonne juste, sauf qu’on peut aussi voir qu’elle est en train de relever le drapeau tombé. Et de toute façon le simple fait de brandir le drapeau doit faire partir aux toilettes l’ensemble de la classe politique française, cette image est beaucoup plus révolutionnaire que vous ne l’imaginez

      Pour ma part, le point symbolique le plus grave est qu’elle soit tourné vers la gauche et non vers la droite, signe d’avenir, mais peut-être a-t-elle voulu nous signifier qu’il fallait de nous retourner vers notre histoire pour repartir en avant. Il faudrait lui demander.

    • le naif le naif 25 octobre 2013 12:31

      @ La mouche du coche 


      "cette image est beaucoup plus révolutionnaire que vous ne l’imaginez« 

      Il vous en faut peu... Ségolène révolutionnaire, c’est plutôt un oxymore


       »Pour ma part, le point symbolique le plus grave est qu’elle soit tourné vers la gauche et non vers la droite, signe d’avenir, mais peut-être a-t-elle voulu nous signifier qu’il fallait de nous retourner vers notre histoire pour repartir en avant. Il faudrait lui demander."

      Bonne chance...

    • Xenozoid 25 octobre 2013 12:38

      ,la mouche,tu sais pourquoi tous les grand peintre ne montraient que des gauchers,c’est un secret qui n’en n’est plus un


    • La mouche du coche La mouche du coche 25 octobre 2013 12:41

      Pour quelle raison ?


    • Xenozoid 25 octobre 2013 12:50

      ils avaient un secret,il capturait une scene avecun objectif dans une chambre noir, sut la toile et voila, tout était inversé,droite devenais gauche.....tout est relative,le genie c’est celui qui as decouvert le fillon, les autres y comprit le peintre sont comme dans un film


    • Xenozoid 25 octobre 2013 13:57

      ha puis j’avais oublier, elle etait en greve, le drapeau en berne, le journalist sans objectif,alors il a en toute horreur photoshoper tout le monde, les a tous virés, et a maintenant un conte en banque aux caiman,mouarfff,c’est pas une grenouille ,


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2013 09:45

    @ A quoi a-t-on échappé ! Et dire qu’il y en a encore quelques autres en liberté...


  • Abou Antoun Abou Antoun 25 octobre 2013 09:49

    Bah, c’est la politique spectacle qui continue.
    Demain, elle enlève le haut ?


  • Taverne Taverne 25 octobre 2013 09:55

    C’est quoi ? « La bravitude guidant le peuple » ou l’affiche du film « Osons François » de François Ozon ?

    De toute façon, la pose n’est pas conforme : l’original dévoile ses seins. Moi c’que j’en dis... smiley


  • Fergus Fergus 25 octobre 2013 10:12

    Bonjour, Renaud.

    Tout est dit dans la titre. Difficile décidément d’exister encore lorsqu’on a laissé passer sa chance.


  • Nestor 25 octobre 2013 10:25

    Salut ...

    Ben pour « paraboler » , à la question quel est le principal défaut du président Hollande, c’est qu’en plus de lui il a sa clique ... smiley ... Mais bon heureusement saint Pasto est là pour veiller sur eux ! smiley ... smiley ...


  • Kern Kern 25 octobre 2013 10:29

    Ils étaient ridicules : ils deviennent grotesques


    Car ne pensez pas un seul instant que ce soit une initiative personnelle de la part d’une illuminée

    Non : c’est voulu , calculé par des cerveaux paniqués

    Ca craque de partout : c’est la panique à bord , l’implosion et l’explosion guettent

    « Qu’est-ce qu’on fait ? on ramène Léonarda de force , on la kidnappe ?

    - Non : j’ai mieux ; faut rappeler Ségolène , qu’on la déguise en Jeanne d’Arc

    - Banco : Sérillon occupe-t-en... » 

    - Allo Ségoléne ?

    - J’ai compris : j’arrive « 

    Voilà ; vous savez tout : la suite au prochain épisode de la série » Le début de la fin de ce que furent les socialos "  smiley  smiley   smiley 

    • Patrick Samba Patrick Samba 25 octobre 2013 11:27

      Bonjour,

      en effet c’est grotesque, et on comprend mieux à contempler cette « descente aux enfers » qu’elle ait pu apporter son soutien à son ex dans sa calamiteuse gestion de l’affaire Léonarda.

      Mais les deux questions qu’on est amené ainsi à pouvoir se poser sont :
      1) Objectivement Marine Le Pen pourrait-elle se prêter à ce genre de show, elle qui est allée valser à Vienne ?
      A l’évidence : oui !

      2) Et tout aussi objectivement peut-on imaginer Jean-Luc Mélenchon se prêter à un tel spectacle ?
      Selon une même évidence, bien sûr que non !

      Et ça fait déjà une sacrée différence...
      Mais ça étonnerait qui ? Sinon justement les bien crédules, aveugles, ou à l’inverse manipulateurs lepénistes...


    • le naif le naif 25 octobre 2013 12:27

      Merci Patrick Semba pour ce commentaire éclairant, je viens de réaliser à quel point j’étais dans l’erreur, je vais de ce pas me rallier au FdG, j’ai toujours préféré la Samba à la valse


    • Patrick Samba Patrick Samba 25 octobre 2013 13:24

      Sérieusement Le naïf, vous vouliez faire de l’humour ?
      Si oui, vous avez encore un tout petit peu de progrès à faire...


    • Christian Labrune Christian Labrune 25 octobre 2013 14:27

      « Et tout aussi objectivement peut-on imaginer Jean-Luc Mélenchon se prêter à un tel spectacle ?
      Selon une même évidence, bien sûr que non ! »

      @Patrick Samba

      Mélenchon n’a besoin d’aucune mise en scène particulière. Il est naturellement et grossièrement ridicule à chacune de ses apparitions. Il le serait encore, et même peut-être plus, si on coupait le son. Avec un doublage en langue allemande de ses furieuses imprécations, ce serait irrésistible.


    • Patrick Samba Patrick Samba 25 octobre 2013 14:51

      Je retiens l’essentiel : « Mélenchon n’a besoin d’aucune mise en scène particulière » smiley

      (Mais dites-moi : pourquoi tant de haine ?)


    • Pepe de Bienvenida (alternatif) 25 octobre 2013 15:34

      Tes préférences on samba smiley


    • Patrick Samba Patrick Samba 25 octobre 2013 15:53

      Très grande finesse... Vraiment bravo !

      Nouveau troll sur AV ? (faut voir la profondeur et le charpentage de ses commentaires sur son tableau de bord...) Et qui pour exister n’affiche que ses diplômes...
      Bienvenue !


  • ZenZoe ZenZoe 25 octobre 2013 10:55

    Bah, le concept est plutôt rigolo et l’image amusante. Un peu d’humour, même si le populisme est juste derrière, ne fait jamais de mal.
    Personnellement, je pose que le message subliminal est tout autre : loin de guider le peuple dont elle se moque autant que les autres, Ségolène rêve plutôt d’embrocher son ex, qui ne l’a nommée à aucun poste et l’a bel et bien oubliée. Le drapeau est en vrai une baïonnette.
     smiley


  • juluch juluch 25 octobre 2013 11:00

    Excellent votre article !!


    la pauvre.................comme vous dites « a quoi on a échappé »......... !!!

    Je l’a verrai bien Premier Ministre cette bonne dame.................... smiley

  • Abou Antoun Abou Antoun 25 octobre 2013 13:49

    Avec son drapeau, elle a l’air d’une poule qui vient de trouver un couteau.


  • Christian Labrune Christian Labrune 25 octobre 2013 14:17

    On avait vu récemment François Hollande serrer la main de Rohani à Montoire ; on l’a vu ensuite s’occuper particulièrement du destin d’une jeune fille qui jugerait bientôt qu’il ne lisait pas les dossiers et qu’il ne « faisait pas bien son travail ». Et maintenant, ça.
    Sur le Titanic en train de couler, les musiciens jouaient « Plus près de toi mon Dieu ». C’était un peu défaitiste et pas bien gai. Dans la France en train de couler, on fait ce qu’on peut pour rendre aux Français la vie - et la mort ! - plus agréables, et pour leur changer les idées : le changement, c’est vraiment maintenant. « Faut rigoler, pour empêcher le ciel de tomber » chantait un fantaisiste, au siècle passé. Je ne suis pas certain quel les efforts méritoires de Madame Royal puissent empêcher le ciel noir de la crise de nous écrabouiller à la fin, mais au moins elle nous fait bien rire. C’est beau, cette image, « comme la rencontre, sur une table de dissection, d’une machine à coudre et d’un parapluie ».
    Vive le PS, premier Parti Surréaliste !


    • Xenozoid 25 octobre 2013 14:29

      christian tu . t, égares,tu va a droite a gauche,tu prend ici et la, mais tu pige pas,c’est consternant l’habileté intellectuelle, les mecs sont dans les tranché, mais le con avec le sifflet,parle de machine a coudre et parapluie,tu abuses pas un peu ?ou t ’u siffle dans les 2 camps si camps il y a chez eux,c’est deriere qu’il faut regardé jetter sa haine,tu vois la laisse ?,vas plus loin


    • Nestor 25 octobre 2013 14:54

      Salut Xenozoid ...

      Dis moi, t’as laisser tomber tes incantations magiques ? smiley ... smiley ...


    • Christian Labrune Christian Labrune 26 octobre 2013 00:57

      Xenozoid

      La Grande Galerie de l’Evolution, c’est au 36 de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, dans le 5e. Je peux même vous donner le téléphone : 0140795479.
      Le mieux, ce serait que vous preniez un taxi en donnant cette adresse. Cela dit, il y a quand même déjà un certain temps que je vous vois errer comme une âme en peine entre les pages d’AgoraVox ; il serait peut-être tout à fait urgent que vous puissiez retrouver la longue série de vos petits camarades.
      Pour les pompiers, en cas d’urgence, c’est le 18.
      Les urgences de l’hôpital Sainte-Anne, on les trouve en consultant ce lien :
      http://www.ch-sainte-anne.fr/Offres-de-soins/Urgences/Centre-psychiatrique-d-orientation-et-d-accueil




    • Xenozoid 26 octobre 2013 13:04

      merci ,pour le cote charitable de ta démarche,j’aime bien marché seul,j’aime pas les fausse notes


  • Xenozoid 25 octobre 2013 15:08

    nestor ?t á déja vu un peuple se faire démonter par un parapluie ? smiley


  • Pepe de Bienvenida (alternatif) 25 octobre 2013 15:29

    La Ségo fait la promotion des produits régionaux : elle a le melon... charentais.


  • antonio 25 octobre 2013 16:49

    J’en reste coite...c’est-y pas malheureux qu’une telle donzelle « fasse le buzz » !


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2013 19:58

    @ tous les contributeurs et lecteurs de ce billet que je remercie ici, permettez-moi de vous suggérer la lecture (très brève, rassurez-vous) de cette notice parue ce jour dans le quotidien L’Opinion, sous la plume d’Alexandre Jardin. http://www.lopinion.fr/24-octobre-2013/non-president-a-l-elysee-5425


    Intitulée « Un non-président à l’Elysée », ce texte fait écho à tout ce que chacun d’entre-nous peut voir, écouter, entendre chaque jour, tous ces événements qui vous montrent que notre pays, la France, qui rencontre des difficultés majeures, n’a plus personne à sa tête, ni pour le présider, et encore moins pour le gouverner.
    Les pitreries qui nous sont infligées n’ont qu’un temps.
    Permettez-moi, voulez-vous, de vous donner rendez-vous sur cette tribune dans quelques jours pour vous faire part de ce qui mûrit depuis des années et qui est destiné à se concrétiser dans une invitation à contribuer à une véritable Alternative qui aura pour effet de conduire notre pays à un véritable réarmement - économique, politique, social - qui renverra le Solferino Magic Circus et toute la clique politique qui rêve de lui succéder - sur tout l’arc politique actuel - à la poubelle de l’Histoire.


    La vie est parfois étrange. Samedi dernier, François Hollande a, pour des raisons énigmatiques, décidé de ne plus être président. Soyons plus précis : ne l’ayant en fait jamais été, ce pauvre homme a décidé de l’avouer publiquement. Avec une déconcertante spontanéité. Face à une caméra qui n’en revient toujours pas, nous l’avons vu saisir le prétexte d’une Leonarda au sort blessé pour dissoudre d’un coup son autorité devant le peuple français. Il ne parlait pas de cette malheureuse ou d’immigration mais bien de lui, de sa non-présidentiabilité ; et c’est ce que nous avons tous compris devant nos écrans plats. Un autre eut évoqué le sujet dont il était alors question, rameuté des principes, convoqué l’Histoire de France, incarné une idée vaste de la République. Lui, en ce 19 octobre (qui restera son 11 septembre personnel), n’a été que monsieur François Hollande, un citoyen qui, se croyant habile, se révèle totalement dépassé. Moment extraordinaire où la réalité minuscule d’un personnage apparaît par-delà les apparences sociales, par-delà son titre ronflant de successeur de Charles de Gaulle. La réalité est rarement vraie. Ce jour-là, l’hyper-vrai a jailli par la télévision, a ratifié les craintes sourdes de la nation. Ce déconnecté de lui-même déblatérait en oubliant que pour les gens normaux, ceux qui habitent le vrai monde, les enfants vivent avec leurs parents. Ses paroles surréalistes n’avaient donc ni sens politique, ni sens juridique ni sens humain ; et, comble du comble, il ne s’en rendait même pas compte. Le brave François oubliait au vu et au su de chacun que sa mission première est de garantir le fonctionnement régulier des institutions, pas d’annuler des décisions de justice à la bonne franquette. Ce qui fait beaucoup pour un chef de l’Etat, même apparent.

    Dès lors, l’impensable par la gauche française (sans doute désespérée à l’idée de le penser) devenait pour tous une évidence angoissante : ce type plutôt sympathique n’arrive pas à être président, pas même à se déguiser en chef de l’Etat. Il est ce que l’on pourrait appeler avec effroi un non-président. La logique des partis, si souvent stigmatisée par Charles (de G.), a abouti à l’élection de cette aberration : un authentique non-président. Malek Boutih - qui lui est un homme qui sait viser haut et se tenir droit, avec un évident charlisme - eut le désarroi de le dire avec ses mots sincères, immédiatement suivi par l’ensemble d’une classe politique saisie de commotion. Le constat avait de quoi paniquer : l’abracadabra du suffrage universel ne parvient plus à changer un falot qui tient son pouvoir de sa fonction en un d’Artagnan qui donnerait sa vitalité à sa fonction. Tout à coup, la vérité anxiogène se voyait à l’oeil nu, éclaboussait les écrans, consternait la banlieue, liguait les consternations rurales, estomaquait les bistrots. Brusquement, il ne devenait plus possible de se persuader que le type qui use les tapis de l’Elysée est à sa place. Avait-on bousculé l’ahuri, lui avait-on tendu quelque piège ? Non, le cynique s’est auto-détruit sous les yeux médusés de la nation et de ses ultimes partisans.

    Dès lors, notre déboussolé a déboussolé la nation qui, fidèle aux institutions de Charles, se demande avec anxiété comment elle va pouvoir vivre avec un non-président pendant trois ans. Une absence à l’Elysée, cela nous fait sortir, l’air de rien, de la Ve République. Le bateau a de la gîte et il fait déjà gros temps. Difficile, dans ce contexte noir, de perpétuer un mariage qui n’a plus guère de sens, de s’obliger à coucher avec un partenaire qu’on ne hait pas mais qui, soudain, paraît dérisoire. Un partenaire si désespérément ridicule qu’on ne lui en veut même pas. Difficile surtout de traverser les immenses jacqueries qui fermentent dans nos départements. Notre Louis XVI, à défaut de savoir trancher, peut être démis d’un instant à l’autre par l’événement. Qui peut imaginer que cet homme prompt à se néantiser lui-même peut encore être un rempart pour la République ? Nous avons sur les bras un non-président entièrement soumis à ses peurs : devant des lycéens poings-leveurs, face aux mouvements sociaux qui ne manqueront pas de se dresser, aux paysans qui dès à présent le menacent, etc. Manifestement, sa joie de ne le gouverne pas. Seule la trouille pilote son cerveau subalterne.

    Ma crainte est que ce monsieur bombe à présent son petit torse, qu’il veuille surjouer le président en faisant acte d’autorité. Sous la IVe République, cela conduisit le transparent et humaniste Guy Mollet à faire tirer sur la foule à Alger. Alors que Charles qui, lui, entretenait d’excellentes relations avec son autorité, ne fit jamais couler le sang en mai 68. Les non-président peuvent à tout instant perdre les pédales, n’écouter que leur démence quand l’événement déboule. C’est très exactement ce qui est arrivé samedi dernier. Pris en tenaille par les circonstances, l’illuminé de la rue Saint-Honoré n’a écouté aucun de ses conseillers. Un journaliste de TF1 m’a raconté que l’intervention éventuelle du (non)président samedi dernier - improbable pendant la matinée - fut annulée à 12h10 pour être à nouveau décidée dans une spectaculaire précipitation à... 12h50, soit dix minutes avant les JT des chaînes généralistes. Il n’y avait alors pas de caméra à l’Elysée. Le matériel de TF1 - chaîne de garde ce jour-là - avait été remballé. La Najat Vallaud-Belkacem a dû traverser en courant la rue Saint-Honoré pour rattraper l’unique caméra encore dans les parages, au ministère de l’Intérieur. N’ayant pas de trépieds, le cameraman fut contraint d’en improviser un en posant vaille que vaille sa caméra pour enregistrer le présidentiel suicide. Le non-président voulait de toute urgence causer dans le poste, délivrer son message inspiré ! Avec le résultat grandiose que l’on sait. Nous avons donc un vrai risque à l’Elysée, un risque en la personne de ce haut-fonctionnaire têtu. A un moment ou à un autre, le nul est toujours tenté de ne pas le paraître.

    Alors que ferons-nous, les uns et les autres, pour compenser son inconsistance face à l’inattendu de la vie ? Dans le drame qui s’annonce, sous l’oeil matois du FN embusqué, nous n’avons plus depuis samedi de vrai président à Paris. La semaine prochaine examinons ici, avec passion, qui existe encore en France.

    Alexandre Jardin 


    • ddacoudre ddacoudre 26 octobre 2013 00:12

      bonjour bouchard

      un article railleur très intéressant, particulièrement la partie traitant de la psychiatrie, il est exact que parfois l’on s’interroge, un psychiatre me disait c’est incroyable à quel point les hommes politique croient ce qu’ils disent sans l’ombre d’un doute.
      le billet est dur, et il devient difficile e trouver une ligne politique en dehors de la soumission aux comptes de la nation sous la surveillance de UE.
      cordialement.http://ddacoudre.over-blog.com/article-le-capitalisme-est-la-marque-de-l-homme-prehistorique-120716748.html.


    • Abou Antoun Abou Antoun 28 octobre 2013 12:01

      Ma crainte est que ce monsieur bombe à présent son petit torse, qu’il veuille surjouer le président en faisant acte d’autorité.
      Le risque est réel et passera sans doute par l’activation ou la réactivation d’une guerre coloniale. Nous venons de le voir avec la Syrie. Quelques avions bombardant des populations civiles avec l’aide de la logistique américaine, voilà bien les faits d’armes des lâches. Notre pseudo-président n’a jamais été applaudi qu’au Mali à la suite d’une opération dont on peut douter de l’opportunité et surtout de l’efficacité. S’il lui en souvient, faute de briller à domicile il peut être tenté de redorer son blason dans des plans foireux comme ceux-là. Le danger est réel pour la France qui n’a rien à gagner diplomatiquement dans ces aventures.


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 25 octobre 2013 20:00

    § Intitulé


  • simplesanstete 25 octobre 2013 21:17

    Est ce bien nunuche habillée par Pierre Berger dans la pièce désirs d’avenir ? Produisent il aussi un CDRom spécial Léonarda Di Capricio !


Réagir