vendredi 13 mai - par Taverne

La Matrice de la Liberté individuelle

JPEG

La liberté de conscience est la chose la mieux partagée chez tous les êtres humains car chacun est apte à faire l'expérience du cogito. Chacun peut dire et constater comme vraie la formule "je pense (donc) je suis", et chacun est donc nécessairement pourvu d'un esprit libre et pensant. Comment se fait-il alors que la liberté individuelle trouve autant d'obstacles et de difficultés à se réaliser effectivement ? S'agit-il d'un problème de méthode ? Le modèle que j'ai à proposer pour tenter de résoudre cette question se fonde sur les principes fondamentaux cartésiens et kantiens. C'est une méthode simple qui permet de dessiner le schéma de la liberté individuelle, d'en définir les termes et les conditions.

Ma proposition comprend trois niveaux successifs : le premier niveau est celui de la liberté métaphysique qui est posée par l'expérience du cogito : tout être pensant est pourvu d'une liberté de conscience. Le deuxième niveau qualifie la liberté individuelle ; il s'agit de la liberté au sens concret du terme, de la liberté de "je" dans le monde. Enfin, le troisième niveau concerne la liberté citoyenne, la liberté issue d'un contrat social et qui passe par des droits et devoirs.

Tout d'abord, voici le schéma tel quel. Une traduction sous forme de phrases suivra. J'expliquerai en troisième lieu les origines philosophiques de mes choix.

I - Le schéma de la liberté individuelle

1 - Liberté / Conscience 

2 - Pouvoir / Savoir

3 - Responsabilité / Autonomie

4 - Droits / Devoirs

Descriptif :

1er stade : La liberté découle de la conscience (cogito).

2ème stade : De la liberté et de la conscience naît le pouvoir. Mais la condition mise en oeuvre du pouvoir est le savoir. "Savoir, c'est pouvoir" est le principe ici. Il n'est pas de liberté possible sans la connaissance. L'individu tenu dans l'ignorance n'a pas de pouvoir. 

3ème stade : Tout pouvoir implique une responsabilité. Mais la condition essentielle de la responsabilité, c'est l'autonomie. On ne peut pas demander à un personne que privée d'autonomie de faire preuve de responsabilité ! 

4ème stade : L'autonomie une fois acquise prend la forme de droits et devoirs. Ces droits et devoirs sont ceux de sa conscience et les droits et devoirs issus du contra social. L'individu, qui est à la fois libre et autonome, est dit "citoyen" depuis la Révolution de 1789 et la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Ce stade est donc celui de la liberté citoyenne. Nous avons ainsi clos l'éventail qui va de la liberté purement philosophique à la liberté concrète et garantie par le Droit. 

Origine de cette hiérarchie de couples de notions 

La conscience est fondamentalement unie à la liberté, le pouvoir est indissociable du savoir, et ainsi de suite suivant le schéma.

C'est René Descartes qui a le mieux formalisé l'idée fondamentale du couple "Conscience / Liberté". Cogito ergo sum : je suis pourvu de la capacité de douter de tout y compris de ma propre existence. Cela prouve que je pense. Et, si je pense de façon autonome, alors je prouve que j'existe comme être autonome.

Pour ce qui est des autres niveaux, on en trouve un écho chez Emmanuel Kant, lequel pose trois questions fondamentales :

"Que puis-je savoir" (couple de notions "Pouvoir / Savoir").

Même si le désir de connaître est infini, il se heurte aux limites de notre pouvoir. Notre conscience et notamment incapable de concevoir la totalité du temps ou de l'espace. Nos capacités de de compréhension des choses et de mémorisation sont aussi limitées. Mais, peu importe, ce qui compte, c'est que pour prendre une décision nous ayons accès au savoir nécessaire pour que cette décision soit prise en toute connaissance de cause. C'est ce que résume la formule : savoir, c'est pouvoir.

"Que m'est-il permis de faire ?" (Couple de notions "Responsabilité / Autonomie)

L'enfant en grandissant prend, par degrés et par étapes, son autonomie par rapport à son milieu familial. Il se montre de plus en plus apte à prendre seul ses décisions. Par ce même processus, il grandit en esprit de responsabilité. La responsabilité, acquise par autonomie, fait que l'individu ​​intègre le devoir moral qui le conduit à limiter volontairement sa liberté pour ne pas nuire à autrui, voire pour venir en aide à autrui. On devient responsable dans toutes les étapes de la vie. Par exemple quand on devient parent, une nouvelle forme de responsabilité s'impose à nous. Quand nous exerçons un métier aussi. etc. 

"Que puis-je espérer ?" (couple de notions "Droits et devoirs"). 

Le devoir moral intégré par l'éducation est l'origine des droits et devoirs réciproques indispensables à une vie en société viable et supportable. Les droits et devoirs moraux et citoyens permettent une certaine vie en harmonie entres les gens. Il m'est permis ainsi d'espérer une vie garantie par la sécurité. Il m'est surtout permis d'espérer chercher par moi-même le sens de ma vie, voire de chercher le bonheur. Sans le respect des conditions précédentes, il ne me serait pas possible d'espérer autant. 

II – Comment mettre en œuvre ce schéma de la liberté individuelle ?

1°) Liberté / Conscience

La méthode cartésienne est la matrice de la conscience libre. La mise en œuvre du premier couple de conditions exige par conséquent de garder pour règle de vie que nous sommes des êtres pensants et libres, que la liberté ne peut pas être ôtée à une conscience libre. Chacun doit veiller à se respecter lui-même par référence à ce principe et doit aussi s’efforcer de respecter les autres selon le même principe d’union de la conscience et de la liberté.

La conscience libre est le bien le plus précieux avec la vie. Elle a besoin d’être assurée en permanence. Comme l’a montré Descartes (Montaigne, Saint-Augustin, Rousseau…) mais aussi d’autres philosophes, elle se retrouve dans la solitude de la retraite. Nous avons besoin de nous couper de temps en temps du bruit et de la fureur du monde pour nous retrancher en nous-même dans notre for intérieur apaisé et de "cultiver notre jardin". C’est ainsi seulement que nous pouvons nous ressourcer et faire le point, retrouver notre conscience libre fondamentale.

2°) Savoir / pouvoir

Faire le tri dans les informations.

Si nous voulons protéger notre pouvoir de juger avec discernement et de décider en toute connaissance de cause, nous avons besoin de faire un tri important dans le flot d’informations qui nous submerge. Une première attitude, il me semble, est de suivre la méthode de Descartes en opérant une séparation entre ce qui est clair et bien connu et ce qui est obscur. Seul ce qui est clair et distinct mérite d’être rangé dans la catégorie du savoir assuré. Il nous faut suspendre notre jugement pour ce qui est obscur. Cela suppose de faire faire preuve de patience car la vérité vient à son heure et non au gré de nos désirs. Cela suppose aussi de reconnaître les limites de notre pouvoir de connaissance, de faire preuve d’humilité et de nous en remettre à ceux qui savent mieux que nous.

Quand les informations nous parviennent, elles touchent telle ou telle partie de notre intelligence : la perception, l'émotion, l'imagination, la raison, la logique. Car notre intelligence n'est pas faite d'un bloc mais de plusiseurs "fonctions". Il faut nous accorder du temps pour permettre à notre discernement de faire la part des choses entre ce qui relève de l'émotion ou de la logique et ce qui est attesté par un savoir vérifié et sûr. Et ce n'est pas en restant planté sous un violent torrent d'informations que l'on pourra se mettre au sec et accomplir cette oeuvre salutaire. Le recul et l'investigation nous permettent d'y voir plus clair. On s'aperçoit qu'une qu'une information reçue comme vraie par notre système d'émotions se révèle après coup non démontrée voire fausse ou mensongère. Il convient d'unir nos formes d'intelligences pour éviter les points de vue parcellaires et précipités. 

Mieux vaut investiguer que subir.

Si nous nous contentons d’être le réceptacle d’informations qui envahissent notre conscience, cette conscience perd ses marges de manœuvre d'action pour la recherche de vérité. Il faut alors couper le robinet ou réduire drastiquement le débit des informations pour donner des temps de respiration à notre conscience. Ainsi, au lieu de toujours être en position de recevoir, la conscience reprend un rôle actif et va elle-même chercher ce dont elle a besoin là où elle juge utile et pertinent d’aller trouver le savoir dont elle estime avoir besoin.

Propagande n’est pas vérité.

Nul ne peut dire, pour toutes choses, où se trouve la vérité ni la définir avec certitude. Le plus souvent, nous sommes tiraillés entre deux versions qui nous sont livrées à dessein de nous convaincre. L’important est de comprendre que la vérité ne réside pas dans le fait de choisir entre deux propagandes ou entre deux témoignages, deux théories. La vérité est un pari ! La conscience parie sur telle ou telle présentation des faits pour la déclarer vraie. C’est un biais naturel auquel nous cédons car nous avons besoin de certitudes, de sens et de stabilité.

Mais, la liberté la plus pure est celle de Dieu, dit Descartes : c’est la liberté d’indifférence. L’indifférence ici ne veut pas dire que l’on s’en fiche. Le pouvoir d’indifférence est la faculté de neutralité et de ne pas être soumis à une volonté (fut-elle la sienne propre) d’aller vers telle ou telle direction. La vérité ne se laisse pas orienter. La conscience libre n’admet pas qu’on lui impose une direction.

Savoir moins mais savoir juste.

La course à l’information la plus récente, l’accumulation des connaissances superficiellement traitées ne renforcent en rien le savoir au sens des philosophes humanistes. Ces derniers avaient une notion que nous n’employons plus guère, celle de l’honnête homme. Pour les humanistes comme Montaigne, par exemple, l’honnête homme est celui qui cherche à savoir ce qui est essentiel et ce qui lui est utile. Il ne s’encombre pas de toutes les formes de connaissances. Un bon savoir est un savoir sur mesure, digne d’un honnête homme, d’un homme de son temps, libre, autonome et responsable. Le savoir de l’honnête homme est un savoir volontairement circonscrit. Il donne de la joie à celui qui le possède. C’est une quête permanente mais pas forcément toujours de nouveauté, à la fois étendu et délimité. C’est aussi la redécouverte d’auteurs que l’on a déjà lus, des notes que l’on a prises en marge de nos lectures, etc. Le consommateur d’aujourd’hui a l’impression de perdre son temps s’il n’apprend pas une quantité de choses nouvelles chaque jour. L’humaniste avait le sens du temps retrouvé, du temps employé à consolider et enrichir son véritable savoir en revenant régulièrement à des choses essentielles qu’il sait déjà mais qu’il approfondir.

Conclusion

Je laisse au lecteur le loisir de découvrir par lui-même les meilleurs moyens et méthodes de mieux exercer les autres conditions de la liberté citoyenne, à savoir celles qui découlent des couples « autonomie / responsabilité » et « droits / devoirs ». Je ferai simplement observer que ce site offre un exemple intéressant avec la charte qu'il a édictée. Le simple respect de cette charte permet aux contributeurs, qu'ils soient rédacteurs ou commentateurs, de se comporter en citoyens libres.



28 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 mai 16:48

    Je connaissais un sociologue qui avait fait une étude de terrain sur la notion de « temps libre ».

    Dans un village de vacances, il avait accordé à chacun des volontaires un crédit des 24h par jour qu’il pouvait dépenser à sa guise, et il leur avait demandé d’nregistrer leur timing sur une grille qu’il avait fournie.

    Les résultats ont été probants : pour 90% de l’échantillon, la plus grosse partie des 24h était consacrée au sommeil, aux repas, à la toilette et à la participation au programme d’animations. Et comme ils n’avaient pas à travailler pour boucher les trous (puisqu’ils étaient en vacances), ils faisaient durer chacune de ces opérations aussi longtemps qu’il fallait pour que sa fin coïncide avec le début de la suivante.

    Mais ils pensaient…


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:52

      @Séraphin Lampion
       Bravo. Exactement. smiley
        J’ai eu un job qui demandait d’être fainéant comme option d’en faire de moins en moins. A créer des automatismes pour ne plus avoir à le refaire ensuite, il faut évidemment quelques idées précises du « comment faire » qui ne sortent pas d’un sabot d’un cheval. 


  • Albert123 13 mai 17:25

    Pour parler de liberté rien de pire qu’un macroniste qui vient de passer 2 mois à agiter le drapeau ukrainien pour le seul bénéfice des USA.


    • Taverne Taverne 13 mai 19:20

      @Albert123

      Je dirai plutôt que la pire des libertés c’est de dire n’importe quoi. 


    • voxa 14 mai 08:06

      « Je dirai plutôt que la pire des libertés c’est de dire n’importe quoi. »

      Donc sans censure, il ne peut y avoir de liberté.
      C’est le crédo de la propagande.

      C’est tout de même un souci de décider qui va trier le n’importe quoi...

      ...


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:25

      @Albert123
       Et, oui, il vous faudra choisir votre clan entre deux manière de vivre comme le chante Jean Ferrat « Dans la jungle ou le zoo ». 
       Perso, j’ai choisi depuis longtemps, mais voyez-vous, j’ai travaillé pendant près de 30 ans avec et pour des Américains. J’ai été sur place aussi pour voir de l’intérieur comment cela se passait dans la vie de tous les jours. 


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:29

      « Le rêve américain vit-il encore ? » un billet qui date d’exactement dix ans.
      N’oubliez pas que lorsque le mur de Berlin a été ouvert, la majorité des gens a été de l’Est vers l’Ouest et pas l’inverse.


    • mmbbb 14 mai 11:43

      @Taverne on sent poindre un zeste d intolérance  !


    • Taverne Taverne 14 mai 11:55

      @mmbbb

      En effet, il y a bien de l’intolérance dans la phrase : « Pour parler de liberté rien de pire qu’un macroniste... »

      En ce qui me concerne, je débats avec les gens, qu’ils soient macronistes ou non macronistes (comme moi qui ai voté pour Fabien Roussel et me suis abstenu au second tour). 


  • André 13 mai 23:36

    @ Taverne

    Vous avez bien copié les points du schéma de la liberté individuelle, mais je suis sûr que chacun des termes du point de vue philosophique est vide pour vous… et pas du tout parce que tout dans la réalité qui nous entoure est relatif.
    En lisant votre carte de visite ici, vos commentaires, ou vos articles publiés, je suis convaincu que vous voulez booster votre ego ici... et tout ce que vous faites est pour le spectacle et avec une fausseté évidente - sans aucun rapport avec la philosophie ou votre sensibilité. En un mot... vous n’êtes qu’un pauvre type de cet endroit, et vous faites tout ce que vous pouvez pour ne pas l’être.


    • Taverne Taverne 13 mai 23:52

      @André

      « Cet auteur n’a pas encore renseigné sa description »

        Je ne parle pas aux fermes à trolls. 


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 08:37

      @Taverne
       Bonjour Paul,
       On se connait depuis plusieurs années.
       Pour moi, l’individu est beaucoup plus d’importance que toutes organisations de groupe social.
        Dès qu’un homme se met en groupe avec d’autres, il n’est plus le même.
        Ma chanson fétiche est « Il est libre Max » de Hervé Christiani 
       smiley
        
       


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 08:51

      @André bonjour,
       Et oui, booster son égo, si vous n’avez pas encore compris que c’est comme ça que vous sortez de l’ombre.
       J’ai compris cela très jeune qu’il faut se faire un nom dans un monde de brutes et si vous n’avez pas encore compris cela vous êtes vraiment un pauvre type qui ne réussira jamais dans la vie. Désolé de devoir vous le dire.
       Regardez autour de vous et vous comprendrez.
       Ce qu’il vous faut pour réussir c’est quelqu’un qui soit avec vous ; un espèce de mécène qui croit en vous.
       Hier, il était question d’Eddy Barclay dans le documentaire « Archives secrètes » Les copains d’abord. Il était question de personnalités populaires qui ont su tisser un lien fort avec le public.  
       L’égocentrisme n’est pas une tare, c’est une obligation aujourd’hui de connaitre ses capacités et parfois de les vendre.


    • PascalDemoriane 14 mai 09:02

      @Réflexions du Miroir & @ M.Taverne

      phrase étrange qui boucle sur elle-même :

      « Dès qu’un homme se met en groupe avec d’autres, il n’est plus le même. »

      Le même que quoi ? Plus un homme ? Plus cet homme ? Plus lui-même ?
      existe il cet homme tombé du ciel ex nihilo qui ne soit pas le produit d’un groupe ?

      Cher M.Taverne, muni de votre schéma, comment expliquez vous cet énoncé ?
      Ce prima donné à « l’individu » théorique, tendance égotique très contemporaine.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:14

      @PascalDemoriane
       Le même de quoi ?
       Regardez ce qui se passe dans un parti, un homme n’est plus le même, il est influençable et ne réfléchit plus.
       Ecoutez ce podcast qui parle de la pénurie de pétrole et ce qui se passerait jamais un jour, il disparaissait.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:16

      @PascalDemoriane,
       Il y a un verbe que je n’utilise plus « croire ».
       Utilement remplacé par « penser ».


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:19

      @André
      J’oubliais cette constatation « « Cet auteur n’a pas encore renseigné sa description » »
      Je n’ai jamais compris comment Avox permettait de s’y inscrire sans ajouter son « à propos » pour dire qui il est.. 


    • Taverne Taverne 14 mai 09:47

      @Réflexions du Miroir

      Salut Guy,

      Ces intervenants sont utiles car ce sont des illustrations parfaites de ma théorie : ils sont l’exact contrepied de ce que doit être un citoyen libre. Ils sont reclus dans un monde étroit de certitudes et d’idées reçues et ne tolèrent pas la moindre ouverture ni contradiction. 

      Aigris de ne pas pouvoir faire partie des individus librement pensants (par paresse intellectuelle), ils balancent leurs injures et petites méchancetés de très bas étage.

      Mon article ne s’adresse pas à eux mais à tous les autres : les gens ordinaires comme moi qui ont l’amour de la vérité et sont toujours en quête de mieux comprendre les choses. 


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 09:56

      @Taverne
       Je n’ai écrit qu’un billet important sur ma manière de penser au sujet de l’invasion russe en Ukraine : « Les utopies idéologiques ».
       l n’est pas passé sur cette antenne parce que je m’attendais à des commentaires « héroïques » qui allaient suivre. 


    • André 14 mai 11:42

      @Taverne

      Suivez gratuitement mon conseil aujourd’hui : il vaut mieux ne rien écrire et faire semblant d’être stupide, que d’écrire et de prouver que vous êtes un idiot ! Vous n’êtes pas d’accord avec moi ?


    • mmbbb 14 mai 11:52

      @Taverne je suis plus prosaique, les notions de libertes de libre ect de citoyens de droits ect , j ai appris sur les bancs de l ecole
      mais in fine on est dans un monde ou le nerf de la guerre est l argent
      Pour faire valoir ses droits par exemple , si vous avez du fluzz , vous pouvez vous payer un bon avocat , avoir les bonnes portes ouvertes pour avoir une bonne carrière ect
      et surtout de se payer un havre de paix et d eviter de subir les bourrins

      Le reste n est que littérature


    • Taverne Taverne 14 mai 11:59

      @André

      Selon votre propre règle, vous devriez vous retenir de vous exprimer...

      Je vous laisse apporter la « preuve » que je suis un idiot ! bonne chance. Et surtout, soyez prudent car il me semble que vous êtes du genre à sous-estimer l’adversaire. 


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 14 mai 13:35

      @mmbbb,
       Vous avez raison.
       Le monde vivant est mené par deux choses naturelles : le pouvoir et le sexe.
       Les humains ont trouvé autre chose pour se faire respecter : l’argent.
       Celui-ci n’est pas seulement le nerf de la guerre, il est aussi le sang de la vie.
       Ils auraient pu faire autrement. 
       Faire du troc. Un service contre un autre. Un objet contre un autre. Une nourriture contre une autre.
       Le problème, c’est qu’ainsi les autorités étatiques n’auraient pas leur dimes. 
       La liberté se gagne ou se perd en fonction de ses potentiels manuels ou intellectuels sur les bancs de l’école qu’il ne faut pas déserter trop jeune.
       C’est un conseil d’ami.


    • voxa 14 mai 14:47

      @Taverne

      « Ils sont reclus dans un monde étroit de certitudes et d’idées reçues et ne tolèrent pas la moindre ouverture ni contradiction. »

      Venant de vous, c’est assez surprenant...


  • Taverne Taverne 14 mai 14:13

    La voie de la liberté est le plus souvent un petit chemin cabossé, aussi cabossé que le panneau mis en illustration de cet article.

    Ceux qui nous promettent un glorieux boulevard de liberté sont des marchands de chansons.

    Ce petit chemin cabossé de la liberté, on l’emprunte avec des souliers crottés. La liberté propre et immaculée n’est qu’un mythe que veulent nous faire avaler les utopistes. 

    Cet article est l’expression de ma liberté. Je l’ai écrit pour moi-même, comme un viatique pour me guider, et pour le partage avec les quelques lecteurs qui y trouveront des idées ou du soutien. 

    Le schéma de la liberté tel que je l’ai conçu est de création de ma part. Il me semble bien coller avec les conceptions des philosophes que j’ai cités. J’ai la faiblesse de penser qu’il peut aussi être utile à qui saura prendre la peine d’en mesurer la portée.

    Pour éclairer le lecteur, je rappelle le schéma (faite de notions qui vont par couples) avec des exemples concrets, comme on dit « sociétaux » : 

    1 - Liberté / Conscience 
    2 - Pouvoir / Savoir
    3 - Responsabilité / Autonomie
    4 - Droits / Devoirs

    Point 1 :

    Je ne démontre pas davantage car tous les philosophes sont d’accord pour dire que liberté et conscience sont liés et que la preuve est faite notamment par le cogito. 

    Point 2 :

    Il est montré depuis longtemps que le pouvoir se réservait le savoir. L’écriture et la lecture n’étaient pas permis à tout le monde. Dans certains pays, l’éducation est refusée aux femmes. Or, savoir c’est pouvoir. La logique est implacable et cynique : le savoir réservé place le pouvoir dans les mains une catégorie de citoyens ou d’une caste.

    Point 3 :

    Quand l’Autorité veut mettre « bon ordre », elle rappelle les gens à leur responsabilité, voire elle les traite d’irresponsables pour les culpabiliser et les humilier.

    Mais cette même autorité est responsable du fait que l’éducation est défaillante et que les citoyens n’ont pas l’autonomie qu’ils devraient avoir (autant du point de vu matériel que du point de vue de la démocratie active). L’Autorité renverse ainsi les choses : irresponsable, elle traite les citoyens d’irresponsables. On l’a vu pour les manifestations des « fins de mois » et pour la politique du covid.

    L’Autorité est également à l’origine du manque d’autonomie des citoyens et fait tout pour les maintenir dans cette autonomie au rabais en préférant accorder des subsides que des revenus décents et honorables. 

    Point 4 :

    Ici non plus, ne soyons pas dupes. Quand le pouvoir nous rappelle à nos devoirs, c’est pour mieux nous faire oublier qu’il méprise nos droits. La Déclaration de 1789 insiste sur les droits bien plus que sur les devoirs parce que les Révolutionnaires savaient que l’Etat autoritaire ou partisan des classes les plus favorisées est toujours prêt à réduire les doits des citoyens

    Respectez nos droits et nous remplirons nos devoirs ! 

    Cet exposé n’est qu’un point de vue, le mien. Un point de vue peut toujours être contredit par un autre point de vue quand il fait avancer la discussion. 


Réagir