La Montée des BRICS et le Déclin de l’Impérialisme Américain

Une Guerre par Proxies
Dans un monde en pleine mutation multipolaire, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, intensifient leurs efforts pour contenir la montée en puissance des BRICS+.
Ce bloc économique et géopolitique, élargi à une dizaine de membres depuis 2024 (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis, Indonésie et Arabie saoudite), représente désormais près de 45 % du PIB mondial en parité de pouvoir d'achat.
Face à cette réalité, Washington opte pour une stratégie guerrière :
Frapper les alliés périphériques des "porte-drapeaux" russo-chinois, comme le Venezuela, l'Iran et bientôt Cuba, sans affronter directement Pékin ou Moscou.
Cette approche, qui rappelle la célèbre formule de Clausewitz – "la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens" – reflète des intérêts économiques profonds : maintenir l'hégémonie du dollar, sécuriser les ressources énergétiques et freiner la dédollarisation accélérée par les BRICS.
Les Assauts Américains contre les Proxies des BRICS
Depuis le début de 2026, les actions américaines se succèdent avec une précision chirurgicale. En janvier, l'opération "Absolute Resolve" a conduit à la capture de Nicolás Maduro au Venezuela, un allié historique de la Russie et de la Chine. Ce régime change forcé n'est pas seulement une victoire tactique ; il coupe les flux pétroliers vers Cuba et perturbe les approvisionnements énergétiques chinois, qui dépendaient en grande partie du brut vénézuélien à prix réduit.
Le Venezuela, candidat partenaire des BRICS, est ainsi "détaché" de facto du bloc, illustrant comment Washington cible les maillons faibles pour isoler les puissances centrales.
Fin février, c'est l'Iran – membre plein des BRICS depuis 2024 – qui a subi des frappes massives américano-israéliennes. Sites nucléaires, bases balistiques et commandements des Gardiens de la Révolution ont été visés, culminant avec l'élimination du Guide suprême Ali Khamenei.
Cette offensive, qualifiée de "guerre" par de nombreux observateurs, affaiblit un pilier énergétique du bloc : l'Iran fournissait jusqu'à 90 % de son pétrole à la Chine. Bien que Téhéran reste formellement dans les BRICS, sa capacité à participer à des exercices conjoints ou à exporter massivement est compromise, forçant Pékin à chercher des alternatives plus coûteuses.
Cuba, partenaire associé des BRICS, semble être la prochaine cible. L'embargo pétrolier renforcé par un décret exécutif de janvier asphyxie l'île : blackouts quotidiens de 18 à 22 heures, pénuries alimentaires et médicales, effondrement économique.
Trump évoque un "friendly takeover" – une prise de contrôle amicale via négociations backchannel menées par le secrétaire d'État Marco Rubio.
Sans invasion directe (trop risquée), Washington mise sur un effondrement interne ou un deal négocié, qui démantèlerait le régime castriste et priverait les BRICS d'un symbole anti-impérialiste en Amérique latine.
La Colombie pourrait suivre :
Menaces d'opérations contre les cartels, sanctions contre le président Gustavo Petro, et pressions pour une coopération accrue sur la drogue et la migration. Bien que Bogota soit un allié historique des États-Unis, ces intimidations visent à aligner le pays et à couper tout soutien logistique aux proxies BRICS dans la région.
Ces actions ne sont pas gratuites ; elles découlent d'intérêts économiques vitaux. Les États-Unis, confrontés à une dette dépassant 38 billions de dollars et à une perte d'influence, cherchent à contrer la dédollarisation promue par les BRICS (via BRICS Pay et des échanges en yuan ou roupies).
Faute de vaincre directement la Russie et la Chine – trop risqué militairement et économiquement suicidaire –, Washington mène une guerre par procuration, frappant les vulnérables pour tester la résolution du bloc multipolaire.
L'Engagement Occidental Prudent et les Contraintes Internes
Cependant, l'engagement occidental dans ces conflits reste prudent, particulièrement en Europe. L'Union européenne (UE), qui abrite des masses musulmanes importantes – estimées à plus de 25 millions de personnes (environ 5 % de la population totale, avec des concentrations élevées en France, en Allemagne et au Royaume-Uni) – hésite à s'impliquer pleinement dans des opérations comme celles contre l'Iran. Les frappes américano-israéliennes ont déclenché des manifestations massives dans plusieurs capitales européennes, où les communautés musulmanes expriment une solidarité avec Téhéran et critiquent l'"agression impérialiste". Des leaders comme Emmanuel Macron et Olaf Scholz ont condamné les actions unilatérales américaines, appelant à une "désescalade" pour éviter des troubles domestiques. Cette prudence reflète une réalité démographique : les tensions au Moyen-Orient pourraient enflammer les banlieues européennes, comme lors des crises passées (Gaza 2023-2024), menaçant la cohésion sociale et politique de l'UE. Ainsi, tandis que les États-Unis poussent pour une alliance solide, les Européens optent pour un soutien minimal – aide humanitaire ou sanctions symboliques – plutôt qu'une implication militaire directe.
Le Renforcement Militaire Occidental :
inoppinement la guerre us permet la justification de la relance militaire faute d industrie du bien être en déclin.
« Du beurre ou des canons »
Parallèlement, les puissances occidentales priorisent un renforcement militaire massif au détriment de la production destinée à la population civile. Ce choix économique, illustre le trade-off (compromis) classique entre défense et bien-être social.
Face aux menaces perçues de la Russie (en Ukraine) et de la Chine (à Taïwan), les pays NATO ont augmenté leurs budgets défense : les États-Unis à plus de 900 milliards de dollars annuels, et l'UE vise collectivement 300 milliards en 2026, avec plusieurs membres dépassant les 2 % du PIB recommandés. Cette réallocation des ressources – usines converties à la production d'armements (munitions, drones, missiles) – se fait au prix d'investissements moindres dans l'éducation, la santé et les infrastructures civiles. Aux États-Unis, des programmes sociaux sont gelés pour financer des frappes en Iran ; en Europe, des coupes budgétaires touchent les aides sociales pour booster les arsenaux.
Ce virage militariste, motivé par la peur d'un monde multipolaire dominé par les BRICS, accentue les inégalités internes et pourrait alimenter un backlash populaire, affaiblissant paradoxalement l'Occident à long terme.
La Résilience des BRICS et la Montée en Puissance Multipolaire
Malgré ces agressions, les BRICS+ ne montrent pas de signes de démoralisation. Au contraire, leur force économique devient écrasante : projections pour 2030 les voient approcher 50-55 % du PIB mondial, avec la Chine en tête comme première économie en PPA.
La stratégie chinoise de "double circulation" – recentrage sur la demande interne et l'autonomie technologique – réduit la dépendance au marché américain. Les exportations vers les États-Unis ont chuté de 20 % en 2025, réorientées vers l'ASEAN, l'Afrique et l'UE. Pékin investit dans l'énergie verte, les semi-conducteurs et l'IA, transformant sa production pour satisfaire d'abord ses 1,4 milliard de citoyens.
La Russie, malgré l'usure en Ukraine, maintient son rôle de pivot énergétique et militaire.
L'Inde, sous Modi, équilibre habilement entre Quad (avec les USA) et BRICS, tout en accélérant ses achats d'armes russes. Exercices navals conjoints en janvier 2026 (impliquant Chine, Russie, Iran et Afrique du Sud) démontrent une unité croissante, sans confrontation directe.
Le Sud global perçoit les États-Unis comme la principale source de danger :
agressions impérialistes nues, sanctions unilatérales et « hybrid warfare ».
La Russie et la Chine, en revanche, sont vues comme des partenaires pragmatiques, offrant investissements sans conditions (via la Belt and Road) et un contre-pouvoir à l'hégémonie occidentale.
Vers un Deal Forcé : Le Rôle des Militaires et l'Avenir
Cette confrontation s'étendra sur des années, avec une nuisance américaine persistante – ops proxy, tarifs chaotiques, risques d'escalade en Indo-Pacifique ou au Moyen-Orient.
Mais le déclin impérialiste est inexorable : perte d'alliés, dette explosive, croissance atone face aux 4-4,5 % projetés pour la Chine en 2026.
À terme, les militaires pourraient calmer les politiques faucons. Aux États-Unis, les Joint Chiefs freinent déjà les aventures trop risquées de Trump. Cela pourrait forcer un "grand bargain" – un Yalta 2.0 – reconnaissant la multipolarité : accords sur le commerce, l'énergie et les zones d'influence, en échange de concessions mutuelles.
En conclusion,
l'impérialisme américain périra sous le poids de ses contradictions, mais sa phase agonisante reste dangereuse. Les BRICS+, portés par une force économique et démographique irrésistible, émergent comme l'alternative viable. Le monde multipolaire n'est plus une aspiration ; il est en train de s'imposer, transformant les guerres par procuration en négociations inévitables.

