jeudi 19 septembre - par Florian Mazé

La nécessaire épuration de la magistrature : de la science-fiction ?

M. Jean-Yves Le Gallou a eu le mérite de rappeler récemment (dans les colonnes de Polémia) que l'épuration du corps judiciaire constituait une véritable priorité nationale, tant la justice française actuelle était corrompue, non par l'argent, mais par une idéologie d'inversion des valeurs digne des plus affreuses descriptions que Platon offre des démocraties décadentes dans le livre VIII de la République. Cela dit, cette épuration n'adviendra probablement que dans un après-demain futurologique plus ou moins éloigné. Voici pourquoi.

Tout d'abord, faisons l'état des lieux.

 

Comme le rappellent constamment les organes de la dissidence, Polémia et d'autres, la justice actuelle n'a pratiquement plus que deux fonctions : 1) envoyer les victimes d'agressions en prison dès qu'elles ont le mauvais goût de se défendre, ce qui transforme de facto la légitime défense en un véritable crime d’État ; 2) envoyer, de même, derrière les barreaux, ou les ruiner par des amendes, les patriotes qui osent critiquer, en paroles, en actes ou par écrits, le mondialisme immigrationniste et sans-frontiériste qui tient lieu actuellement de géopolitique à la plupart des pays occidentaux.

En dehors de ces deux « fonctions », éminemment perverses, le justice ne fait pratiquement plus rien, si ce n'est dorer la pilule, une fois de temps en temps, comme, par exemple, en immolant un Patrick Balkany pour se donner à bon compte les apparences du chevalier blanc qui aime les pauvres et déteste les riches.

 

L'inversion des valeurs donne à la délinquance et à la criminalité « ordinaire » (le terme est faible, puisqu'il s'agit en réalité d'ultra-violence) un véritable blanc-seing. La justice apparaît alors, du moins aux yeux des gens qui pensent, comme une sorte de mafia étatique au service de toutes les autres mafias, et à genoux devant elles. On n'est pas loin, je le répète, des descriptions tragi-comiques de Platon au IV siècle av. J.-C. : la démocratie est le régime où tout fonctionne à l'envers.

Mais, cet état des lieux étant dressé, peut-on espérer une prompte épuration du judiciaire avec son cortège impressionnant de révocations ? Il semble malheureusement que cette épuration n'adviendra – si elle advient jamais – que dans un futur assez éloigné.

 

Car l'impunité qui couvre actuellement la délinquance et le crime n'est pas seulement le produit des forfaitures du corps judiciaire. A la limite, le judiciaire n'est ni plus ni moins responsable que toutes les autres structures de l’État-zombi : école, police, organismes sociaux, politiciens, idéologues, etc. Et l’État-zombi lui-même ne fait en définitive que traduire les aspirations profondes des masses.

Contrairement à une croyance répandue, ce n'est pas l'élite qui pervertit la masse. C'est plutôt l'inverse. Les peuples ont toujours le gouvernement qu'ils méritent. Comme l'écrivait déjà Orwell, un peuple qui élit régulièrement des lâches, des corrompus et des renégats n'est pas victime : il est complice. L’État-zombi n'est qu'une cristallisation des aspirations profondes d'un peuple lui-même zombifié.

 

C'est alors qu'il convient de faire un second état des lieux, qui concerne non l'état du judiciaire cette fois-ci, mais l'état très général du populaire. Et – malheureusement – le résultat n'est pas beau à voir.

Traçons le portrait de l'homme-masse contemporain, celui qui vit en France en 2019.

 

Certes, il vit mal, son salaire est peu avantageux. Certes, il sait vaguement, ou pas, que la petite vieille de l'appartement d'à côté s'est fait dépecer et violer par une bande de « jeunes » pour le dérisoire butin d'un billet de 10 euros. Certes, il voit des images de délits, de crimes, et parfois d’attentats sanglants à la télévision. Certes, il entrevoit vaguement, avec beaucoup de peine, qu'il y a de l'impunité et qu'il est un peu le dindon de la farce.

 

Mais la vérité, la vérité pas bonne à dire, c'est qu'au bout du bout... il n'en a strictement rien à foutre !

 

Lui-même, cet homme-masse, est border-line, et ne se refuse pas quelques incivilités de temps en temps, mauvais voisin, mauvais père, mauvais fils, mauvais automobiliste, mauvais travailleur qu'il est. Et puis, il apprécie les codes vestimentaires de la « caillera », écoute du rap, parle en wesh-wesh à table, même à 55 ans passés. Les enfants de cet homme-masse sont encore pires. Tant que le frigo est plein (plein de surgelés et de hamburgers dégueulasses, mais qu'importe ?) et qu'on peut regarder Hanouna à la télé, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et puis un petit joint de temps en temps entre deux bières, même en famille pourquoi pas ? ça aide à vivre. Et puis, une petite série télé ultra-violente avec plein de gentils psychopathes qui tuent, pillent, violent et torturent, c'est tellement amusant pour passer la soirée ! Et puis l'instituteur qui a fait des reproches au petit dernier, eh bien, on va lui démonter sa race à ce bouffon ! Et puis, tiens ! on va téléphoner à la tante Philomène, celle qui a quatre-vingt-dix ans et plein de pognon, tout un magot ; si on peut lui taper un peu de fric pour les vacances…

 

Et pour le reste, le sens du collectif, la politique, on s'en fout, et la justice aussi d'ailleurs... D'autant que l'homme-masse d'aujourd'hui ne sait plus bien la différence entre un juge, un procureur, un avocat, un ministre, un préfet ou un député, incapable qu'il est de situer son pays sur une carte géographique ou même de se rappeler le nom du Premier ministre ! Pour penser le collectif, il faut déjà en maîtriser le vocabulaire. Mais l'homme-masse se fout autant du collectif que de la sémantique !

 

Bref : entre le crime caractérisé et l'homme-masse, on s'aperçoit que la différence est de degré plus que de nature. La « caillera » n'est que la caricature de l'homme-masse, l'expression la plus achevée de cette ingratitude généralisée dont le philosophe Ortega y Gasset faisait déjà le grand péché mortel des sociétés décadentes du 20° siècle. L'homme-masse est un zombi subalterne, la caillera n'est qu'un syndicat de zombis-chefs.

 

Il y aura donc une épuration de la magistrature, lorsque la société cessera, dans sa forte majorité, d'être criminophile, criminolâtre et criminocrate. Mais ces choses ne pourront advenir que lorsque les frigos seront vides et qu'on ne pourra plus regarder les pitreries d'Hanouna. Peut-être lorsque telle ou telle catastrophe majeure nous coupera l'eau et électricité, tout en nous redonnant des couilles... Demain ? Non. Après-demain, peut-être...

 

J'ai moi-même fait un livre où l'épuration du judiciaire est un thème important, mais l'action se passe… en 2193 !

 



28 réactions


  • eddofr eddofr 19 septembre 17:09

    L’épuration de la justice ne me semble pas la priorité.

    Bon an mal an, la justice fait ce qu’elle peut avec les faibles moyens dont elle dispose et quand on consent à faire appel à elle (je rappelle que les procureurs sont « aux ordres », ce n’est pas une déviance, c’est dans les statuts de leur fonction).

    L’épuration de la politique me semble la priorité.

    Mais elle est impossible, puisque comme vous le rappelez si bien, on n’a que les politiques que l’on mérite.

    Il faudrait peut-être épurer le peuple ?

    On bon génocide de masse, ou une bonne grosse catastrophe (accident nucléaire, désastre écologique, écroulement total du système bancaire, apocalypse Zombie ...) ?

    Sinon un « bonne » guerre mondiale, bête et méchante ... qui tue la moitié de la population, principalement les plus pauvres (ce sont souvent aussi les plus c.ns) et les plus au Sud (ils ne le méritent probablement pas, mais ce n’est pas eux qui ont les armes de destruction massive ...).


    • foufouille foufouille 19 septembre 17:44

      @eddofr

      Les juges ne sont pas aux ordres et pour ce qui est des moyens, toute les plaintes de style chant du coq des bourgeois sont acceptées.

      Pour ta justice, un sans dents n’a pas à avoir accès à l’ascenseur ...........


    • titi 21 septembre 23:58

      @eddofr

      C’est justement parce qu’elle ne fait pas son travail que la justice est débordée.

      C’est parce qu’elle n’incarcère pas que la justice est débordée par les multi récidivistes.

      J’ai autour de moi une personne qui devait être jugée... 5 audiences... 5 reports
      Une audience un Vendredi 12 novembre... donc entre le jeudi férié et le week end.. oups personne pour représenter le procureur...
      Une autre où il manquait un procès verbal oublié...

      Du foutage de gueule. Donc oui la justice est débordée par son inaction.


  • San Jose 19 septembre 17:13

    Un article qui par sa seule existence publique contredit son contenu ! 


  • Eric Havas Eric Havas 19 septembre 17:15

    En 40, à l’événement de Pétain, un seul magistrat a démissionné...

     

    Et oui...

     

    « Le mur des cons » est juste le « le mur de léchage de cul du système »

     

     


    • gardiole 19 septembre 17:32

      @Eric Havas
      Ce n’est pas ce qu’a fait Paul Didier, mais ce qu’il a fait était tout de même très courageux :
      http://histoire-et-genealogie.over-blog.com/2017/06/un-nom-un-resistant-paul-didier-magistrat-refus-serment-petain.html


    • gardiole 19 septembre 17:40

      @Eric Havas
      Un complément. Certains magistrats ont prêté serment, mais en croisant les doigts dans le dos :
      https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-justice-2013-2-page-7.htm#


    • CLOJAC CLOJAC 19 septembre 19:04

      @Eric Havas
      On sait que des juges, lors de la précédente occupation, ont condamné sans états d’âme des résistants jusqu’en juin 44... Ensuite, ils ont pris des vacances... Quand il est apparu que le débarquement avait réussi, ils ont condamné avec la même rigueur des collabos qui leur avaient livré naguère des « coupables ».
      Et ils ont été presque tous maintenus à la Libération parce que l’État a toujours besoin de juges pour donner une légitimité apparente à son autorité et pour intimider les dissidents.
      Même histoire avec d’autres mercenaires du pouvoir : le 10 mai 1981 jusqu’à 20 h, l’ensemble du corps préfectoral était giscardien. Le 11 mai au matin, ils ont fait savoir qu’ils avaient toujours été socialos. Un seul a démissionné : De Villiers.


    • Pere Plexe Pere Plexe 19 septembre 22:10

      @Eric Havas
      Alors que le courageux Le Gallou cité dans l’article et grand donneur de leçon à juste choisi d’être le gendre du Wafen SS robert Blanc.
      On imagine bien que né plus tôt et magistrat il aurait démissionné ! 


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 20 septembre 13:49

      @Pere Plexe

      On a bien compris que vous n’aviez pas de pensée personnelle mais que c’était votre beau-père qui s’exprimait à travers vos commentaires smiley


    • JulietFox 20 septembre 15:35

      @Eric Havas
      L’avènement de l’évènement ? Je dirai plutôt : cet avènement est un évènement !


  • Pere Plexe Pere Plexe 19 septembre 21:58

    C’est une manie ce besoin « d’épurer » chez les gens d’extrême droite...


  • ZenZoe ZenZoe 20 septembre 09:49

    La magistrature est en effet dangereuse, moins parce qu’elle ne fait pas de la justice sa priorité, mais parce qu’elle fait de la politique au lieu de faire du droit.

    Rappelons à tout hasard que la magistrature est là pour faire appliquer les lois votées par le peuple et ce, même si ces lois ne leur conviennent pas. Or la magistrature se veut calife à la place du calife, et entend imposer ses positions idéologiques avant tout, oubliant le devoir de neutralité.

    Alors oui, même si épurer est dans doute un mot maladroit et qui rappelle une période sombre etc., la magistrature a besoin d’être recadrée. Une justice indépendante ne veut pas dire un gouvernement bis.


    • lautrecote 20 septembre 13:40

      @ZenZoe
      Rappelons à tout hasard que la magistrature est là pour faire appliquer les lois votées par le peuple et ce, même si ces lois ne leur conviennent pas.

      Les lois votées par le peuple ?
      Comment dire..... Il n’y a rien qui vous choque dans cette phrase ?


    • ZenZoe ZenZoe 20 septembre 17:49

      @lautrecote
      ...par les représentants du peuple.


  • ZenZoe ZenZoe 20 septembre 09:58

    Il faut entendre Evelyne Siré-Marin, ex présidente du syndicat de la magistrature (le mur des cons pour rappel), ex membre du think tank de gauche Copernic, de la fondation Attac, soutien actif et médiatique de Mélenchon etc.

    Partout sur tous les plateaux, elle n’hésite pas à exposer ses vues d’extrême-gauche et les mélanger à sa vision toute personnelle de la justice. Sur tous les sujets. Des magistrats comme elle, il y en a plein, et ils sont antidémocratiques.


    • leypanou 20 septembre 15:30

      @ZenZoe
      et les mélanger à sa vision toute personnelle de la justice. Sur tous les sujets. Des magistrats comme elle, il y en a plein, et ils sont antidémocratiques 

       : le syndicat de la magistrature est un syndicat minoritaire.

      Et ceux qui font du droit, ils sont plutôt en majorité de droite, mais cela doit échapper à votre perspicacité.


    • ZenZoe ZenZoe 20 septembre 18:00

      @leypanou
      Vous n’avez pas répondu à mon propos, à savoir la nécessaire impartialité des magistrats dans leur fonction. Après, comment ils votent en privé, c’est leur affaire.

      Sinon, de droite ou de gauche, ci-dessous l’extrait d’un article de journal :
      "Aux élections professionnelles de 2016, l’USM, apolitique, était largement majoritaire, avec 71 %. A l’inverse, l’Association professionnelle des magistrats (APM, droite) restait marginale. Quant au Syndicat de la magistrature (SM, gauche), il a obtenu 22 %."


    • leypanou 20 septembre 20:20

      @ZenZoe
      si vous me donnez un exemple de vue d’extrême-gauche, je vous répondrais.

      C’est vrai qu’Evelyne Sire-Marin passe de temps en temps à la télé, mais je ne pense pas qu’elle passe plus souvent que l’autre , du syndicat FO je crois, du nom quelque chose comme Brugère.
      Quant à qualifier le SM de gauche, c’est quoi être de gauche ?


    • ZenZoe ZenZoe 21 septembre 15:14

      @leypanou
      Que la dame en question passe à la télé ou pas n’est pas le problème, le problème est le mélange des genres. Elle entend fermement rendre la justice selon son bord politique, qui en l’occurence est fermement à gauche, mais elle serait à l’extrême droite que je dirais la même chose.


    • foufouille foufouille 21 septembre 15:30

      @ZenZoe

      Apolitique mon œil.

      De la bonne droite puante.


  • the clone the clone 20 septembre 10:51

    Comme quoi un magistral ne vaut pas plus qu’un citoyen lambda voire moins, de la racaille en robe noire ? ....


  • Albert123 20 septembre 11:34

    désignez les magistrats par une élection avec un vote du peuple et je peux vous assurer que la masse n’élira pas des magistrats aliénés par une idéologie de gauche permissive et aux valeurs inversées.

    D’ailleurs les seuls commentaires qui vous disent que tout va bien et qu’il y a bien plus urgent sont des gauchistes tout à fait heureux de la situation (et pour cause puisque la magistrature constitue pour eux le parfait auxiliaire de leur propre totalitarisme).


    • docdory docdory 20 septembre 14:20

      @Albert123
      Le problème des juges élus, c’est qu’ils voudront être réélus. Alors imaginons ce système dans une zone islamisée. Un juge officiant à Bobigny sera t-il réélu s’il prend des décisions contraires à l’idéologie mahométane ?


    • Albert123 20 septembre 16:04

      @docdory

      Les « zones islamisées » elles n’existent qu’en république luciférienne là où l’on cultive la haine de la France, de son héritage culturel chrétien et celle des blonds aux yeux bleus. 

       


    • docdory docdory 20 septembre 17:29

      @Albert123
       ????????????????


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