jeudi 22 octobre - par Patrice Bravo

La nostalgie de la Wehrmacht et de la Gestapo de retour en Allemagne ?

Trente ans après la réunification de l'Allemagne, la nostalgie de la Wehrmacht et de la Gestapo serait de retour dans le pays et se trouverait dans ses structures de pouvoir, selon certains observateurs. Ce constat est étonnant du fait que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale des lois nazies existent toujours dans le droit allemand, que les services secrets allemands de la RFA (BND) ont été construits par d'anciens nazis et que la dénazification n'a pas réellement eu lieu. Les conditions actuelles permettent aux graines du nazisme de fleurir.

Officiellement, la société allemande a mis longtemps et de façon pénible à se débarrasser de l'héritage nazi. La rééducation des Allemands a eu lieu en RFA et en RDA sous deux systèmes politiques différents qui ont pourtant fonctionné sur des bases identiques, celles de paragraphes du droit nazi. On peut parler du service d'officiers de haut rang de la Wehrmacht dans la Bundeswehr ou des milliers de nazis qui n'ont pas reçu une punition adéquate, mais les Allemands, jusqu'à un certain point, portaient honnêtement sur leurs épaules le fardeau de la responsabilité collective des atrocités de la Seconde Guerre mondiale, du moins surtout en public.

Tout le monde n'est pas d'accord avec l'ampleur du repentir allemand. Il y aura, en effet, toujours et partout des éléments radicaux exigeant encore plus de représailles. Avec la chute du mur de Berlin, l'Allemagne a connu un tournant historique. Le slogan du pacifisme allemand a réellement commencé le 29 mars 1983 lors de la constitution du dixième Bundestag avec l'arrivée des 28 nouveaux parlementaires des Grünen qui sont entrés dans la salle plénière avec des tournesols. Avec le temps, l'intensité de l'éducation antifasciste a commencé à diminuer progressivement. Il semblait que les Allemands retourneraient à une vie démocratique libérale normale. Cependant, quelque part, un interrupteur s'est enclenché et l'ultradroite a soudainement repris du poil de la bête.

Le besoin d'une croissance économique constante, d'une main-d'œuvre bon marché et l'explication officielle des faibles taux de natalité des Allemands de souche ont poussé le gouvernement allemand à faire venir une large strate de travailleurs du tiers monde. La date historique est 2015 avec l'ouverture des frontières en violant le droit international. Avec cette politique pro-migrants voulue aussi par la CDU, des faits de société ont conduit à l'émergence d'admirateurs des traditions SS et de la Gestapo dans les structures de pouvoir de l'Allemagne.

Publicité

Pour l'allemand d'extrême droite, la manière de mettre en application son action politique est de servir dans la police ou dans l'armée. Au mois de septembre dernier, 29 policiers (dont 25 qui travaillaient à Essen) ont été suspendus en Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour des commentaires nazis dans les messageries et les réseaux sociaux. Des croix gammées, des photos d'Hiltler et des photos de migrants devant les chambres à gaz ont d'abord choqué les autorités, puis les média allemands. 

En 2017, les services de sécurité ont découvert la cellule Nordkreuz (« Croix du Nord ») dans l'Etat fédéral de Mecklenburg-Vorpommern qui comprenait plus de 50 responsables parmi la police et le personnel militaire. Ils n'ont pas seulement échangé des photos explicites sur WhatsApp, mais ont préparé une série de meurtres de volontaires impliqués dans l'aide aux réfugiés et planifié une tentative de coup d'Etat pour activer un régime où il n'y aurait plus de place pour les étrangers. Les cibles étaient le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, SPD, l'ancien président, Joachim Gauck, SPD, et la vice-présidente du Bundestag Claudia Roth (Grünen).

Le réseau a volé des armes et des munitions dans les entrepôts de la police criminelle locale, ce qui était suffisant pour l'entraînement au tir et pour préparer des attaques terroristes. Les dirigeants listaient de manière impressionnante avec précision plusieurs milliers de victimes. Avec la rigueur typique des Allemands, les extrémistes ont acheté 200 sacs pour les cadavres et plusieurs dizaines de sacs de chaux vive pour liquider leurs cibles.

Cette histoire a eu un grand écho, mais est loin d'être la dernière. A l'automne 2020, des réseaux entiers de policiers d'extrême droite ont été identifiés dans au moins trois des seize Etats fédéraux allemands. Et une étude spéciale du contre-espionnage militaire a identifié 319 suspects ayant de la sympathie avec le nazisme dans la police et 58 personnes pour les mêmes faits dans les services de sécurité. 

D'ailleurs, au printemps 2020, la ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, CDU, a dû dissoudre toute une unité des forces spéciales allemandes KSK (Kommando Spezialkräfte, forces spéciales), qui montrait des sympathies pour le nazisme. L'armée allemande avait donc également son propre Nordkreuz. Les commandos d'extrême droite ont volé des armes, des munitions et des explosifs de l'unité, dans, apparemment, l'intention de poursuivre les plans de leurs « collègues » de la police criminelle de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. 

Publicité

Actuellement, des questions se posent. Est-ce que le pays est dans un tel désordre que l'armée et la police ne peuvent pas suivre la sécurité des armes à feu et des explosifs ? Ou avons-nous à faire à un problème extrémiste devenu systémique et que le vol systématique ne serait-il pas encouragé de tout en haut « pour une bonne cause » ?

Philippe Rosenthal 

 Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2073



29 réactions


  • Étirév 22 octobre 09:58

    Entre « HITLER » et « JUDA », le monde « libre » a choisi JUDA.

    Retour sur l’histoire de JUDA, terme qui restera dans l’histoire comme un synonyme de trahison.


  • Septime Sévère 22 octobre 09:59

    des lois nazies existent toujours dans le droit allemand.

    .

    Peuh ! On a fait bien mieux ici : la loi wilhelminienne contre le blasphème a existé jusqu’en 2016 en Alsace.

    Si l’armée russe avait pu venir arranger ça, ç’aurait été bien. 

    Il va falloir qu’elle s’occupe du nazisme en Allemagne, c’est sûr. Que ferions-nous sans Vladounet. 


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 22 octobre 11:43

      @Septime Sévère

      Des lois anti-goyims existent toujours dans le Talmud.

      Des loi liberticides (Gayssot-Pleven-Fabius) existent toujours dans le droit français.


  • Clocel Clocel 22 octobre 10:12

    En Allemagne les bras, en France le modèle idéologique...

    L’Allemagne n’invente rien, elle ne sait qu’améliorer ce qui a déjà été fait, dans la rigueur et la discipline qui la caractérise...


    • Septime Sévère 22 octobre 11:03

      @Clocel
      .
      L’Allemagne n’invente rien
      .
      C’est exactement ce que disent mes revues datant de la guerre de 14, à propos des rayon X.
      La fille de Marie Curie allait au front enseigner aux médecins militaires l’usage des voitures d’ambulance équipées de radiographie, mais nos journaux s’empressaient de mettre les choses au point. 
      Le sieur Herr von Röntgen n’avait rien inventé, juste réuni par hasard plusieurs inventions étrangères dans son laboratoire. D’abord son générateur de rayons X était un tube de Crookes, un sujet de Sa Gracieuse Majesté. Ensuite son appareil marchait à l’électricité, une chose dont les Grecs avaient déjà plus ou moins connaissance ; etc. 
      En plus de cela la première radiographie jamais faite était celle du poignet brisé de Frau Röntgen, vraisemblablement victime de la brutalité de son époux, conformément aux moeurs des tribus germaniques, et ainsi de suite smiley
      .
      J’avoue : j’en ai ajouté un peu, mais sur une base existante. 


    • nono le simplet nono le simplet 22 octobre 11:38

      @Septime Sévère
      tu ne serais pas entrain de me dire que Von Braun, le papa de la NASA, n’est pas américain ?


    • Septime Sévère 22 octobre 12:25

      @nono le simplet
      .
      Ce « von » était noble, comte, de Harburg, le comte Harburg. 


    • nono le simplet nono le simplet 22 octobre 13:12

      @Septime Sévère
      ouais, contrairement à un autre « von » qui n’était que le mari de sa femme ...
      un autre « von » a pris le nom de sa femme, un sacré gugusse ...


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 octobre 10:23

    Wehrmacht et de la Gestapo

    officiers de haut rang de la Wehrmacht dans la Bundeswehr ou des milliers de nazis qui n’ont pas reçu une punition adéquate

    Wehrmacht et nazisme sont deux choses sans lien et plutôt antagonistes.

    L’armée nazie c’est la waffen SS. La Wehrmacht était de tradition aristocratique prussienne, et son état-major avait le plus grand mépris pour les nazis. Hitler était surnommé « le caporal bohémien »...

    Ils se sont affrontés dès avant la guerre d’ailleurs, les nazis fomentant des machinations pour compromettre les officiers les plus dérangeants.

    Ce seront ces officiers qui seront à l’origine de toutes les tentatives manquées d’attentat contre Hitler.

    Je m’inquiète de revoir cette confusion ici, c’est un des contresens récurrents (parmi tant d’autres) qui sont distillés dans les documentaires américains diffusés sur RMC notamment.


    • GoldoBlack 23 octobre 11:30

      @Opposition contrôlée
      Pas si antagonistes que ça.
      Relisez les classiques.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 23 octobre 12:07

      @GoldoBlack
      Quels classiques ?


    • GoldoBlack 24 octobre 09:52

      @Opposition contrôlée
      Commencez par ceux qui ne sont pas publiés par des maisons d’extrême droite.
      Le mythe d’une armée antinazie ou même non nazie est une tentative de dédouaner la Wehrmacht des massacres auxquels elle a largement participé, notamment sur le Front de l’Est ou dans les Balkans.
      Souvenez-vous de l’exposition en Allemagne de 1997, « Les crimes de la Wehrmacht ».
      Lisez, à tout hasard, Occupation et répression militaire allemandes, Gaël Eismann

      & Stefan Martens.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 octobre 12:13

      @GoldoBlack
      La brutalité de la répression sur les arrières est une « tradition » prussienne qui remonte aux guerres napoléoniennes. Il n’y a aucun doute que la Wehrmacht a appliqué des méthodes de terreur à l’Est. Il faut cependant noter que l’URSS n’était pas signataire des conventions de Genève, et que l’activité des partisans était très forte.
      Mais cela n’a aucun rapport avec le nazisme.

      D’autre part, en creusant sur ces sujets, on voit très bien l’énorme déformation due au fait que les vainqueurs écrivent l’histoire. L’armée américaine a charrié dans son sillage des centaines de milliers de viols, et un pillage systématique des zones conquises, autant en France qu’en Allemagne. Ce sont ces mêmes américains qui ont violé toutes les lois écrites ou non écrites de la guerre.

      Je vous laisse avec quelqu’un que vous ne pourrez pas caricaturer comme un agent de l’ennemi, qui a bien connu la période et qui parle très précisément du comportement américain (il faut regarder 3 minutes)


  • Bombe Bombe 22 octobre 14:39

    «  »un régime où il n’y aurait plus de place pour les étrangers.«  »

    On appelle ça une décolonisation


  • sylvain sylvain 22 octobre 15:05

    On peut parler du service d’officiers de haut rang de la Wehrmacht dans la Bundeswehr ou des milliers de nazis qui n’ont pas reçu une punition adéquate


    Quand on regarde, en pratique, l’attitude des alliés face à l’organisation nazie après sa défaite on voit plus de fascination, tout au moins d’intéret, que de quoi que ce soit d’autre . A ma connaissance aucun des acteurs des quelques mouvements de résistance allemand au nazisme n’ont été associés par les alliés au nouveaux dirigeants allemands, et la quasi totalité des dirigeants affiliés au nazisme sont restés en poste . Les résistants ayant eu des problèmes judiciaires des suites de leurs actions ont été condamnés après guerre par les mêmes qu’ils comptaient combattre


    Les autres ont bien souvent été transfugés par les américains sur tel ou tel de leur projet ou ont été rejoindre les élites arabes et sud américaines . D’une certaine manière, la défaite nazie ressemble à un essaimage

    De toutes façons, à leur manière, les nazis ont présentés une sorte de quintessence des idées et des nouveaux modes de fonctionnement de l’époque  : le racialisme, le travail à la chaine, la rationalisation de la société, l’élevage industriel... Sur la base idéologique qui a toujours été celle de l’élite : la supériorité intrinsèque d’un groupe humain sur le reste


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 22 octobre 15:19

      @sylvain

      Bien plus qu’a Staline, c’est à Hitler que revient le mérite d’avoir donné le ton au siècle. Il est important, moins par lui-même que par ce qu’il annonce, ébauche de notre avenir, héraut d’un sombre avènement et d’une hystérie cosmique, précurseur de ce despote à l’échelle des continents, qui réussira l’unification du monde par la science, destinée, non point à nous délivrer, mais à nous asservir.

      Cioran, Histoire et utopie

      (PS : ça pique les yeux l’italique)


    • sylvain sylvain 22 octobre 16:01

      @Opposition contrôlée
      Un anneau pour les gouverner tous ....
      Pour l’italique je fais pas exprès, elle apparait quand je publie mon commentaire, et pas toujours . Pas compris pourquoi, désolé.


  • sylvain sylvain 22 octobre 15:13

    Le « renouveaux » du nazisme allemands ressemble beaucoup à la montée en puissance des mouvements identitaires ou nationalistes français, russes, arabes, chinois.... 

    C’ est une mise en pratique de l’idéologie du peuple élu, d’une manière active en quelque sorte, qui est commune à tellement de mouvements ( religieux mais pas que) qu’il semble ridicule d’en faire une quintessence du mal . L’idéologie nazie est des plus commune


    • sylvain sylvain 22 octobre 16:04

      @sylvain
      d’ailleurs, si ce type d’idéologie est reconnue comme mauvaise, cela ferait des juifs en général un peuple mauvais, car peu de religions pratiquent l’idéologie du peuple élu avec une telle ferveur . Or si les nazis sont mauvais, les juifs sont forcément bons.


  • Xenozoid Xenozoid 22 octobre 20:22

    la wermarcht militaire et la gestapo civile ?


  • jakem jakem 22 octobre 20:59

    Pourquoi reproduire entièrement cet article de P. Rosenthal au lieu de le citer parmi d’autres sources faisant état de la même résurgence néo-nazie ?

    Si c’est vrai, c’est grave pour l’Allemagne. J’espère qu’il n’en est rien et que l’auteur a exagéré l’ampleur. 

    Mais le dixième de ce qui est annoncé et supputé est déjà intolérable.


  • simplesanstete 23 octobre 12:19

    Encore une histoire juive à la mords moi le prépuce & malgré tout ce qu’ils ont subi les racines de la Kulture allemande sont encore là,le rationnel, le communisme s’est bien écroulé après 70 ans. RAS. Sieg Heil.


Réagir