"Votre épargne a choisi de s’épanouir dans une mutuelle, elle."
C’est ce message arrogant et humiliant qui recouvre totalement comme un voile répugnant La Poste et surplombe le drapeau de la république française au 160, rue du Temple dans le troisième arrondissement de Paris.
Installée là depuis "la Belle époque", à l’angle de la rue du Temple et la rue Dupetit Thouars où l’on peut habituellement y admirer un relief singulier sous les toitures. Au même numéro y figure la "Propriété de la Société des Secours de Mutuels de Retraites, La France Prévoyante", fondée en 1886. Mais les architectes de l’époque Henri Senet et Lhéritier-L.Ansart ignoraient sans aucun doute que durant l’été 2010 leur oeuvre serait recouverte d’une publicité indiquant implicitement aux yeux à peine ébahis de la foule ensolleillée que le service public serait ainsi symboliquement insulté. Louant l’espace autour de 8000 euros par mois, le groupe privé Carac se permet donc le luxe de faire sa publicité en recouvrant tout bonnement d’une tenture de plusieurs dizaines de mètres de large La Poste de la rue du Temple. Rue où prolifèrent les mendiants à tous les carrefours.
La privatisation de ce service régalien n’est pas en soi une nouveauté, la sémantique de la Banque Postale soulignant bien à quelle inversion des valeurs les citoyens doivent faire face. Issue des ordres monastiques au Xe siècle, à savoir le principe de la rotula, parchemin assurant la circulation des informations entre les différentes structures religieuses, échange déjà accompagné par le concept de l’accusé de réception pratiqué allègrement par les moines dévolus à cette mission (rotuliger), la formation historique de La Poste passera par les diverses mutations du Moyen Âge, service de Messagerie des universités, chevaucheurs de saint Louis, maîtres de Poste ; Henri IV rendant ce principe de transmission du savoir accessible à tous. Au XVIIIe siècle surgit le cavalier postillon, qui fait parfois claquer son fouet un certain nombre de fois ou d’une certaine façon pour informer de la générosité ou de l’avarice de ses alentours.
Toute une série d’évolutions feront de cette entité inséparable de la République française ce qu’elle était jusqu’au démantèlement généralisé des services régaliens auquel nous assistons depuis des décennies. Si vous en avez le temps, allez jeter un oeil sur cette étrange devanture dont ne vous parleront pas les grands médias, plus obsédés à jouer le jeu des leurres et des diversions pour mieux dissimuler l’incendie de fond qui se prépare en France.
effectivement, l’article est un peu abscons, mais voici ce que j’en comprends.
Après sa privatisation, la poste qui pouvait se contenter d’un ROE (une marge) de l’ordre de 1-2% va devoir se mettre au standard des institutions financières privées, et cracher du 15-20%.
Et ce que on comprends parfaitement, c’est que c’est pas en vendant 3 timbres et 2 porte clé que la poste va y arriver.
Les « bijoux de famille » de la poste, c’est l’épargne de ses usagers - pardon, ses clients maintenant. Et donc la poste s’apprête à faire avec son épargne exactement tout ce que les autres ont fait : injecter tout ce pognon dans les produits les plus scabreux, les circuits financiers les plus opaques, bref mettre l’ensemble de l’épargne qu’elle as à gérer au service de la spéculation.
Pour le dire plus simplement, la poste d’aujourd’hui se prépare à être le natexis de demain. Ils vont essayer de fourguer à tout les épargnants, surtout les plus modestes, tout un tas de produits sulfureux avec des promesses de rendement extraordinaires, et 2-3 ans après tous ceux qui se seront fait embringuer là dedans ne retrouveront rien !
Voilà ce que cet article veut dire : c’est la 1ère étape de ce processus.
Encore une institution démocratique de base qui cède aux sirènes de la finance. Il faut dire qu’elle s’est mal adapté à la révolution des communications. Oubliant completement son role premier, ce n’est plus qu’une banque-assurance parmi d’autres. Une belle idée de jadis, bouffé par les pieuvres vénales du mercantilisme.
Salut Wald, tout le plaisir est pour moi. Je me fais rare, en effet, boulot-boulot, j’apprécie d’autant plus les moments où je peux me détendre et poster quelques impertinences sur AV et y lire quelques bons grains de l’intelligence noyés, hélas, dans les montagnes de l’ivraie.
L’autre jour, un site présentait le tableau des médailles de Budapest en présentant la France au premier rang devant la Russie. Or c’était la Russie en premier et la France en second.
Dans un commentaire, un internaute relevait l’erreur et accusait le site de faire le jeux de Sarkozy... C’est quoi le rapport ?
Et concernant votre message là aussi c’est quoi le rapport ? La poste est devenue ce qu’elle est en 1991 sous le gouvernement Rocard. Un gouvernement « citoyen » comme on dirait aujourd’hui. Ouuuarrrfff !!
Faut entamer d’urgence une cure de désintoxication anti sarkozyssiste.
Pour simplifier et synthétiser : un groupe privé placarde une immense affiche sur La Poste pour dire qu’elle épargne mal votre argent. C’est un fait unique en France.
La publicité comparative est légale. En voila un « patacaisse » pour une pub.
La poste serait-elle intouchable ? Au nom de quoi ses produits fournis seraient non comparable ?
Cette pub est sûrement arrogante, mais pas humiliante.
Rien n’empêche la poste de mettre une pub en face de cette société de placement concurrente.
Par ailleurs si j’étais de la poste je prendrai ce message avec fierté. C’est une preuve que la poste est un concurrent sérieux.
Allez vous arrêtez de vous plaindre a longueur de temps sur la fin des services public qui n’ont de public que le nom. La vente de produits financiers n’a rien de public. Nous sommes dans une économie de marché. Pouvez vous en prendre acte ! Et arrêtez de faire croire que quand c’est privé c’est moins bien.
Prenez la concurrence qui arrive à bras le corp, que la poste mette en avant ses avantages, et la transition à l’économie de marché se passera bien. Affrontez la concurrence et changez d’état d’esprit. On croirait « Caliméro ».
@Wesson, désolé mais vous n’avez rien compris au sens de cet article, La Poste concernée n’est en rien responsable de ce placardage insultant car l’immeuble est privé et elle subit donc la jungle de l’ultralibéralisme en l’occurrence.
"Mais pourquoi ? Pourquoi ? Parce que c’est la faute au biz !
Aux biftons, fiston. Ton vice est devenu dicton.
Ce millénaire est monétaire. Le peuple est impopulaire.
A croire que le Veau d’Or a une promo à l’échelle planétaire.
Il justifie la traîtrise. La fourberie.
L’économie c’est toujours plus de loups dans la bergerie." Mc solaar