jeudi 2 avril 2015 - par Dwaabala

La prostitution du langage au service d’un texte sur la prostitution

Le projet de loi de la majorité sur la prostitution a été repoussé par le Sénat pour repasser devant l'Assemblée nationale qui l'adoptera. Il ne s'agit pas ici d'entrer dans le détail, ni de prendre parti (quand même, si, un peu, à la fin) mais de s'interroger sur ce qu'on a dans la tête quand on s'exprime sur le sujet de la prostitution.

«  Aboli bibelot d'inanité sonore » (Sonnet enYX, Stéphane Mallarmé)

« Le PCF appelle les féministes et les progressistes du pays à se mobiliser largement pour que la proposition de loi soit votée, en deuxième lecture, avec l’abrogation du délit de racolage et la responsabilisation des clients. »

Bien ; mais plus haut, dans sa déclaration, émise à la suite du vote du Sénat il énonce : « Cette orientation [celle du Sénat] est un renoncement de fait à la perspective d'abolir la prostitution... »

Ce qui appelle à réflexion sur le degré de confusion (qu'il faudrait elle aussi sans doute « abolir ») qui règne quand il s'agit de cette question.

La prostitution n'est pas une institution légale ; la législation est floue, comme par hasard elle aussi, puisque l'acte lui-même, le fait de vendre son corps n'est pas un délit, mais tout ce qui l'entoure, si ; alors comment peut-on parler de « la perspective d'abolir la prostitution » ?

Certes, des coutumes peuvent être abolies, mais la question de la prostitution peut-elle être envisagée sous l'angle de la « coutume » ? Est-ce aussi léger que cela ?

Abolir la prostitution ce n'est pas comme abolir la peine de mort qui, elle, était une « violence » inscrite dans la loi.

Il suffisait d'abroger la loi pour abolir la peine de mort. Et pourquoi ne pas s'en aller clamer maintenant sur « la perspective d'abolir le crime » ?

De même, si l'on peut abroger les lois répressives relatives à l'usage des stupéfiants, ou les détourner avec les salles de « shoot », comment envisager « d'abolir l'usage des stupéfiants » ?

Pour ouvrir « la perspective d'abolir la prostitution » dans l'état actuel de la société, il faut envisager de rétablir la guillotine en tant que coupe-cigare, et la ceinture de chasteté.

Parce que, sinon, ne pas inscrire dans la loi l'interdiction de l'acte de prostitution lui-même, l'acte de vendre son corps, mais au lieu de cela pénaliser le client, l'acte d'acheter un corps, c'est hypocritement tourner autour du pot.



7 réactions


  • Bruce Baron Bruce Baron 2 avril 2015 21:39

    Pénalisation ni des client, ni des prostituées. Rouvrons les bordels et arrêtons de nous tordre dans tous les sens sur ce sujet. On admire les footballeurs professionnels qui utilisent leur corps pour gagner de l’argent, alors pourquoi cracher sur les putes ?


  • Antoine 2 avril 2015 23:28

       De toute façon les curetons et bonnes soeurs de gauche et de droite vont se prendre une claque du Conseil Constitutionnel puisqu’il n’est pas possible de sanctionner les clients d’une activité légale, CQFD !


  • Le p’tit Charles 3 avril 2015 07:38

    Quand je pense que tous ces jambons élus se tapent des prostitués en douce... ?

    Encore la morale à deux balles du PS dont le président pense avec sa braguette...

  •  C BARRATIER C BARRATIER 3 avril 2015 18:39

    Il y a là une inégalité entre les hommes et les femmes.
    Je suis pour la sanction vis à vis des profiteurs exploiteurs payeurs
    En table des news, tous les articles Femmes..etc. dont

    Femmes : Obsessions et union sacrée de religions contre elles

     

    /chessy2008.free.fr/news/news.php?id=229">http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=229



  • yvesduc 4 avril 2015 14:41
    Deux points me semblent importants :
    1. Les mesures prises contre la prostitution en général, font-elles reculer la prostitution forcée, la prostitution pour motifs économiques (librement consentie) ou les deux ?
    2. Les prostituées, une fois qu’elles n’ont plus de clients, vivent-elles mieux ?

    (Je n’ai pas la réponse à ces questions)

  •  C BARRATIER C BARRATIER 5 avril 2015 17:43

    yves je pense que oui, un tout petit peu. Les prostituées vivront autrement, mieux est subjectif.


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