lundi 24 août - par Marc Dugois

La question essentielle qu’aucun politique ne se pose

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D’où vient le décalage permanent en tous domaines entre le réel et le narratif ? Combien de temps va pouvoir durer ce monde où la communication qui a déjà remplacé l’action, tente maintenant de remplacer aussi la réflexion ? Qui peut croire qu’il est possible de ne vivre qu’en faisant des phrases comme le font les politiques, les acteurs, les chanteurs, les étudiants, les publicitaires, l’immense majorité des fonctionnaires, les journalistes, les universitaires et les « experts » de plateau quelle que soit leur « spécialité » ?

Si encore ces phrases étaient là pour réveiller ! Mais elles sont là, moitié pour endormir et moitié pour geindre et rabâcher que rien ne va sans jamais s’en demander la cause.

Si l’IA est le dernier clou du cercueil en voulant remplacer la réflexion par la communication sans penser un instant à l’énergie nécessaire, le clou le plus important a été le lent remplacement de l’action par la communication avec le narratif stupide mais bien implanté : « Nous sommes tellement intelligents que nous savons que tout a toujours existé sans jamais avoir été créé et que le monde entier va nous acheter une petite part de notre intelligence en fabriquant pour nous, tout ce dont nous avons besoin, ce qui nous permettra de vivre de mieux en mieux en travaillant de moins en moins ». Nous appellerons ça le progrès et nous nous bourrerons de tranquillisants et ferons de moins en moins d’enfants tellement nous aurons du mal à y croire.

L’invention récente (un demi-siècle) et stupide d’une économie mondiale incohérente nous a fait oublier que le revenu n’est que le passage à sens unique de la production vers la consommation et que dans tout système, équilibré par construction ou fermé par obligation ou décision, production, revenu et consommation sont mathématiquement globalement au même niveau et que c’est la production qui crée le revenu, et le revenu qui crée la consommation.

Nous avons manipulé le revenu par les deux bouts. D’un côté nous avons créé, pour nous croire riches, du revenu artificiel par le crédit, création monétaire permanente. De l’autre, en nous croyant riches, nous nous sommes offerts et nous offrons à qui le désire, une consommation sans production qui attire la Terre entière. Ce déséquilibre est évidemment intenable pendant que le système mondial obligatoirement fermé reste lui parfaitement cohérent avec une production, un revenu et une consommation mondialement au même niveau par obligation. Mais si les pays dit pauvres produisent pendant que les pays dit riches consomment, le revenu est majoritairement confisqué par ceux qui font circuler les hommes, les marchandises et les monnaies, ce qu’ils appellent le commerce international. Armateurs, banquiers et politiques, prennent la dîme qu’ils décident sur tout ce qui bouge. Tout le narratif actuel n’est là que pour faire tenir aussi longtemps que possible ce système scandaleux et intenable au profit d’une petite minorité qui joue sur les faiblesses de la majorité.

Ce narratif est intéressant dans sa complexité bien construite et apparemment cohérente même s’il est scandaleux. Il élimine consciencieusement toute critique du mondialisme et présente avec intelligence la rapine du revenu comme un élément du bien commun. Il utilise pour cela toutes les techniques de Bernays qui a bien expliqué que pour les peuples, ce ne sont pas les faits qui comptent mais leur perception des faits. Il suffit donc d’éclairer ou d’envelopper les faits pour les faire percevoir comme on le souhaite.

Pour éliminer toute critique du mondialisme, les oligarques utilisent l’argent que leurs banques fabriquent, prêtent et récupèrent avec intérêt tout en promettant dans leurs comptes qu’elles le paieront un jour. Cet argent faramineux constitue la plus grosse partie de la dette mondiale principalement financière et trop rarement étudiée. Il sert à la fois à désorganiser les structures antérieures cohérentes (communes, départements, nations) en les doublant de structures artificielles coûteuses et désorganisantes (communautés de communes, régions, union européenne) et à diffuser par leurs médias un narratif qui cache la réalité et en invente une autre. Il cache la baisse du niveau de vie par une dévaluation monétaire permanente, due à la création d’argent sans contrepartie préalablement existante et il invente une fausse réalité de création de richesse par la croissance qui va prétendument tout résoudre et augmenter le niveau de vie sans jamais évidemment expliquer comment.

La croissance est le « sésame ouvre-toi » du narratif où il devient impossible de savoir si ceux qui en parlent sont simplement incompétents en y croyant, ce qui est le cas de l’immense majorité, ou manipulateurs sans y croire car il en faut pour construire le narratif.

La croissance, la création de richesse chiffrée par le PIB, a une histoire et avait une réalité. Quand les nations avaient leur souveraineté et leur monnaie, elles avaient chacune l’équilibre qui est actuellement mondialisé entre la production, le revenu et la consommation. C’est en augmentant la production que l’on augmentait le revenu et la consommation et il y avait réellement création de richesse et croissance. L’augmentation parallèle de la production, du revenu et de la consommation, chiffrait alors en effet une création de richesse car, dans un pays donné, si la production, le revenu et la consommation augmentent ensemble, toujours du même montant, ce pays s’enrichit par la qualité de son travail. Mais c’était l’époque où l’argent ne venait quasiment que de la vente de la production et était lui-même une preuve physique d’un travail déjà effectué. Mais depuis que les monnaies ont été déconnectées de toute richesse reconnue et que les banques ont fabriqué 90% de l’argent actuellement en circulation sans aucun lien avec une richesse reconnue, la dépense d’argent qui était la preuve qu’une production avait été réalisée, n’est plus devenue qu’une dépense d’argent fabriqué pour cela.

Ce qui est stupéfiant c’est que l’INSEE continue à écrire en août 2026 dans ses définitions que le PIB se calcule indifféremment par la production, le revenu ou la consommation, ce qui était vrai à sa création. La malhonnêteté publique de l’INSEE apparait quand il continue à écrire que le PIB chiffre la création de richesse en ne le calculant plus que par la valeur ajoutée qui est pour toute entreprise la dépense de ses clients simplement diminuée de sa propre dépense à l’extérieur d’elle-même. Si c’est en effet une création de richesse pour l’entreprise, richesse qui est distribuée aux salariés, aux actionnaires et à l’État, la valeur ajoutée d’une entreprise n’est nullement une création de richesse nationale mais une dépense nationale. Et comme cette dépense est faite avec de l’argent uniquement créé pour être dépensé, il est aujourd’hui mensonger de parler de création de richesse quand on la chiffre par le PIB.

Pour justifier l’extorsion d’une partie du revenu mondial par les oligarques, le narratif rend incontournable le commerce international présenté comme le progrès dont seuls les petits esprits et les retardataires chafouins ne voient pas l’impérieuse nécessité. Que des bêtes soient élevés dans un pays pour être abattues dans un autre, découpées dans un troisième et vendues dans un quatrième est totalement négligé puisque c’est comme cela que les oligarques prennent leur dîme en prétendant que c’est plus économique.

Le plus extraordinaire est l’invention ex nihilo des « investisseurs » et des « marchés » que les médias et les politiques nous présentent comme des décideurs anonymes de bon sens qui nous jugent et décident des taux d’intérêt qu’ils nous infligent, alors que ce ne sont que des banques qui créent l’argent qu’elles prêtent en ne le payant généralement jamais puisque les dettes que les banques accumulent en ne payant pas l’argent qu’elles prêtent, se retrouvent dans la dette mondiale qui monte, qui monte, qui monte. Ce qui est fascinant, c’est l’enfantillage de Giscard et Pompidou qui ont fait voter en janvier 1973 une loi qui a interdit à la banque de France de prêter à l’État, ce qu’elle faisait sans intérêt, afin que, forcé d’emprunter avec intérêt à des banques privées, les politiques fassent des budgets serrés et non dépensiers. On connaît le résultat et l’impéritie des mêmes politiques qui ne changent pas et qui nous font peur avec une dette faramineuse d’un argent qui n’a jamais été gagné.

Aucun politique n’en parle, les plus bêtes parce qu’ils n’y comprennent rien, les plus intelligents car ils ont trop envie d’aller pantoufler à Bruxelles et ont trop besoin de l’argent des banques pour financer leur campagne. C’est en ce sens que l’élection présidentielle de 2027 ne changera absolument rien puisque tous les candidats ont besoin de l’argent créé par les banques pour nous convaincre que tout va bien et que si nous pensons que tout va mal, c’est que nous sommes soit stupides, soit complotistes. Ils payent des sites spécialisés pour ça.

Comment sortir de notre incohérence alors que les Français ne se divisent quasiment qu’entre ceux qui ne voient pas l’incohérence générale et ceux qui pensent en sortir par la croissance ?

C’est pratiquement impossible tellement le narratif a enveloppé le réel qui n’intéresse plus personne. Chacun s’enferme dans son quotidien personnel et ses vacances en n’envisageant même plus le collectif dont il ne sait même plus lequel.

Il faudra pourtant, par l’intelligence avant que la violence ne le fasse, que soient remis sur le tapis toutes les fausses avancées du troisième quart du XXe siècle fondées exclusivement sur un argent imaginaire : l’inutilité du spirituel, le divorce, l’avortement, la suppression de la peine de mort, la consommation plutôt que la production, la jouissance plutôt que l’effort, l’université stupide et obligatoire, l’interdiction de la fessée qui apprenait que la violence fait mal, l’inversion des valeurs millénaires, une science sans conscience qui n’est que ruine de l’âme comme disait Rabelais au XVIe siècle.

Surtout ne rembourser qu’à l’État une dette dont le créancier ne démontre pas que l’argent prêté a été d’abord gagné, peu importe qu’il ait été ensuite acheté ou confié. La dette de l’État s’effondrera comme les impôts qu’elle génère mais les politiques n’auront plus de banques pour financer le bourrage de nos crânes qui préfèrent la servitude à la reconnaissance de l’erreur comme l’a développé en peu de pages La Boétie toujours au XVIe siècle.



24 réactions


  • sylvain sylvain 24 août 13:02

    Mais le jeu dans tout systeme capitaliste, c’est justemment de ne pas etre un producteur pour etre un concommateur, ou plus generalement un jouisseur.

    Dans la realite capitaliste, les producteurs ne sont jamais ceux qui profitent des productions du systeme.

    Vous parlez ici d’une societe qui devrait fonctionner selon le bon sens et la morale humaine. Mais le liberalisme en est l’exact inverse, et il a meme ose le theoriser comme tel

    D’autre part, le cycle actuel de mondialisation de l’economie n’a pas pas un demis siecle, mais plutot 4.


    • Marc Dugois Marc Dugois 24 août 14:14

      @sylvain

      Cela ne fait qu’un demi siècle que la débauche d’argent a rendu la mondialisation envahisante.

      Quant au capitalisme et au libéralisme, ils ont tellement de définitions presque contradictoires que j’évite d’utiliser ces mots que certains vénèrent ou abhorrent. Utiliser des mots simples est souvent plus compréhensible.


    • sylvain sylvain 24 août 19:12

      @Marc Dugois

      Si nous laissons de cote capitalisme et liberalisme, disons la societe industrielle occidentale.

      Je comprends bien qu’on cherche a la faire fonctionner de maniere plus humaine. Les grands mouvements sociaux de l’ere moderne visent tous a ca.

      Je soulignais que le fonctionnement normal de cette societe n’a pas grand chose a voir avec le bon sens ou la morale, qu’elle marche comme ca. Et notamment que celui qui produit et celui qui jouit de la production n’y sont en regle generale pas les meme personnes


  • Eric F Eric F 24 août 14:05

    Il y avait déjà eu en Europe deux périodes de de prépondérance de la finance sur l’activité réelle, l’empire romain et le 16ème siècle, où le surcroit de richesse profitait à quelques uns au détriment de la masse.


    • Marc Dugois Marc Dugois 24 août 14:23

      @Eric F

      Cela s’est produit chaque fois que la production, le revenu et la consommation n’ont plus eu de cadre commun les forçant à être au même niveau. L’empire romain était trop grand et le XVIe siècle a, comme aujourd’hui, inventé un faux revenu par l’or des Amériques comme nous aujourd’hui par le crédit.

      Mais jamais une communication mensongère comme actuellement, n’a essayé de faire croire que cela pouvait durer, entrainant aujourd’hui l’obligation absolue de n’avoir au pouvoir que des imbéciles et des salauds.


    • Eric F Eric F 24 août 17:15

      @Marc Dugois

      Il ne sont pas forcément tous imbéciles ou salauds, mais les gouvernements ont désormais qu’une faible d’emprise sur l’économie et les finances devenue mondialisées, un peu comme un batelier emporté par les rapides et s’efforçant au mieux d’éviter les récifs.


    • Marc Dugois Marc Dugois 24 août 18:34

      @Eric F

      L’économie et les finances ne sont devenues mondialisées que par les quelques uns qui tirent les ficelles. En sortant de l’UE et de l’euro, nous nous retrouverons en face de nous-mêmes avec la possibilité de retrouver une économie saine. Il est scandaleux que les partis politiques imposent le mensonge que les Français ne ne veulent pas sortir de l’UE alors que chacun voit bien que l’UE ne devient que le 4e reich. C’est L’UE allemande qui impose à EDF de vendre son électricité à perte et que les Français la paye cher car annexée au gaz que les Allemands utilisent.


    • Eric F Eric F 24 août 18:50

      @Marc Dugois

      Même en sortant de l’UE et de l’euro, on restera inséré dans le même système économique et financier mondialisé, et on n’a aucune richesse minière pour assurer une autonomie en terme de commerce extérieur.

      PS : On vend à l’Allemagne l’électricité au prix du marché et non pas à perte, et c’est justement ça qui tire les prix vers le haut y compris pour notre marché intérieur, dont je suis d’accord qu’il devrait être « favorisé » en matière tarifaire. Ce sont les « concurrents » sur le marché français qui ont des tarifs contractuels préférentiels, ce qui est un scandale car ils empochent la différence, ils devraient vendre exclusivement l’électricité qu’ils produisent.


  • Rinbeau Rinbeau 24 août 18:05

    Ils ont commencé avec des rails, des mines, des puits de pétrole et des banques. Ils s’appelaient Rockefeller, Carnegie, Morgan, Rothschild. On les admiraient comme des capitaines d’industrie mais on les maudissait comme des voleurs. Peu importe leur génie du mal, qui s’est propagé jusqu’à nos jours, il incarne la concentration du pouvoir et la construction de dépendances. De nos jours, les mêmes logiques dominent, sous d’autres formes. Les barons voleurs du 21ème siècle ne frappent plus les ouvriers à coup de matraque, ils gèrent notre vie avec un algorithme, un fond d’investissement ou un prêt bancaire. BlackRock, Vanguard, JP Morgan, Meta, Amazon. Ils ne possèdent plus le charbon ou l’acier mais ils possèdent la dette, l’information, les flux financiers et cognitifs. En un mot, ils possèdent le monde et les Etats. La domination des Barons voleurs, ou haute mafia, n’a jamais été aussi prégnante. Elle est systémique, insidieuse, invisible. Les banques dictent la politique des Etats au moyen de la dette et du financement. Les fonds d’investissement contrôlent les entreprises, les marchés et par extension, les décisions politiques. les géants du numérique organisent le réel entre ce que vous voyez, ce que vous pensez et ce que vous consommez.


    • Marc Dugois Marc Dugois 24 août 18:25

      @Rinbeau

      C’est Pompidou et Giscard qui ont fait voter en janvier 73 par le parlement français bien avant l’existence de l’UE que dorénavant nous empruntrions au privé avec intérêts ce que nous empruntions sans intérêt à la banque de France. Sortons de l’UE et de l’euro et retrouvons l’équilibre du bon sens en annulant la loi de 73. Le problème sera que le franc s’effondrera si nous continuons à consommer sans produire. En gardant l’euro et l’UE, ce sera pire mais plus tard. C’est ce que souhaitent les politiques qui pourront en accuser les suivants.


    • Eric F Eric F 24 août 18:58

      @Marc Dugois

      pfff, encore les clichés sur la loi de 73, qui n’a fait que formaliser et encadrer ce qui existait auparavant. Le recours aux avances de la BdF ont été poursuivis dans les plans de relance d’près la crise pétrolière, jusqu’au début des années 80, mais ça conduisait à inflation et dévaluation. Les gouvernements successifs ont eu des budgets de plus en plus déficitaires (alors qu’ils ont été à l’équilibre sous de Gaulle et Pompidou)et les deficits dépassaient les plafonds finançables par la BdF
      cf https://shs.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2018-2-page-79?lang=fr


    • Marc Dugois Marc Dugois 24 août 19:06

      @Eric F

      Bien sûr qu’emprunter sans intérêt entraine inflation et dévaluation. Mais emprunter avec intérêts ne fait que reporter l’inflation et la dévaluation en enrichissant indument ceux qui prêtent avec intérêts un argent qui n’existe pas et qu’ils créent. Cela existait en effet avant la loi de 73 mais n’était absolument pas appliqué.


    • Mustik E-Z 2027 25 août 08:50

      @Marc Dugois

      En 1978 déjà, Ray Barre P.M de Giscard avait déclaré :

      « LA FRANCE VIT AU-DESSUS DE SES MOYENS » => (popularité en chute libre)

      malheureusement il est des vérités que trop de gens de tous bords ne veulent jamais entendre !

      La fête - la fête - la fête

      Consommer ( de la merde) - consommer - consommer

      etc, etc, etc

      On est des champions ( bis )

      on est (bis)

      on est des champions

      A l’arrivée :

      2 millions de drogués,

      des dizaines de milliers de refus obtempérer

      et des milliers de policiers blessés annuellement


    • Buzzcocks 25 août 14:23

      @Mustik E-Z 2027

      https://www.leparisien.fr/faits-divers/les-mysterieux-millions-de-raymond-barre-caches-en-suisse-03-07-2019-8109147.php

      Barre aussi vivait au dessus de ses moyens, il a cassé la pipe sans dépenser tout l’argent qu’il nous avait arnaqué... laissant ses fils se débrouiller avec le magot.


  • pemile pemile 24 août 18:12

    @Marc Dugois « Si l’IA est le dernier clou du cercueil en voulant remplacer la réflexion par la communication sans penser un instant à l’énergie nécessaire »

    Une étude hyper détaillée et hyper sourcée :

    https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/ia-le-grand-enfumage-9782228941235


  • Rinbeau Rinbeau 24 août 18:30

    Le 21ème siècle a perfectionné le modèle des Barons voleurs en leur accordant une totale impunité. Qui aura le courage de briser leur système et de payer le prix du changement ? Aucun empire n’est éternel. Des trusts furent démantelés, les suffrages élargis, la réglementation appliquée.. Mais jamais par la vertu ou la morale. Les barons cèderont que lorsque leur système deviendra trop instable. Même si la régulation est une illusion puisque les grandes banques écrivent toujours les règles qu’elles respectent, en capturant les régulateurs et en déplaçant leurs activités là où elles n’ont aucun compte à rendre. La loi est devenue leur alibi, le marché leur instrument et la complexité leur bouclier. C’est la raison pour laquelle casser cette domination exige des mesures structurelles et courageuses. Pour y arriver, il faudrait commencer par pratiquer une déconcentration radicale des monopoles financiers, technologiques et fonciers. Renationaliser la monnaie et le crédit, pour remettre les Etats au centre du pouvoir économique. Mais il faudrait aussi responsabiliser socialement les fonds d’investissement, pour que posséder ne rime plus avec décider sans subir. Tout en accédant à la souveraineté numérique et au contrôle des algorithmes, pour reprendre le pouvoir sur l’information et donc la perception du monde, puisqu’il est impératif de briser cette résignation collective. En réalité, la vraie force des Barons voleurs est idéologique, en nous faisant croire que rien ne peut changer.


    • Francis Francis 24 août 18:46

      @Rinbeau


      Les barons cèderont que lorsque leur système deviendra trop instable.


      Non. Le vrai pouvoir ne cède jamais.

      « Le roi ne lâche que quand le peuple arrache  » Victor Hugo, Notre Dame de Paris


    • Rinbeau Rinbeau 24 août 18:57

      @Francis

      Malheureusement.. Ce coup ci nous n’avons pas à faire à un roi sur son trône.. Mais à des fantômes en bande organisée et dématérialisés sur l’ensemble de la planète et dont nous ne comprenons pas la totalité du fonctionnement. Arracher sera difficile..


    • Marc Dugois Marc Dugois 24 août 19:07

      @Rinbeau

      C’est pour cela que la sortie de l’UE et de l’euro est vitale.


    • Francis Francis 24 août 19:16

      @Rinbeau


      Arracher sera difficile..


      Mais oui ! Vous croyez que depuis qu’on a coupé des têtes les remplaçants sont demeurés les bras croisés ? Ils se sont employés à tout faire pour que ça ne se reproduise plus. Ils ont toujours un coup d’avance, ils n’ont que ça à faire.


    • Rinbeau Rinbeau 24 août 19:33

      @Marc Dugois

      Oui.. En anticipant dores et déjà la réaction des Barons voleurs Anglo-Saxons (qui sera différente que celle du BREXIT puisque l’Angleterre est le perchoir des Rothschild) et Allemands et Français qui ont toutes les manettes pour attaquer notre monnaie.. Il faut se préparer à subir le sort de tous les pays qui ont essayé de s’émanciper des Barons voleurs.. Voire la possibilité d’une guerre. Je suis prêt ! Qu’en est-il du reste du peuple de France ?


    • Mustik E-Z 2027 25 août 08:43

      @Rinbeau

      « des fantômes en bande organisée et dématérialisés sur l’ensemble... »

      C’est pour cela qu’il sont délocalisé le pouvoir vers Bruxelles !

      Sarkoze-le-Persécuté mérite la guillotine comme jadis


  • Jules Seyes Jules Seyes 24 août 19:42

    Robespierre et Saint Just disaient que la démocratie exige la vertue. Nous avons la démocratie sans la vertue. Dés lors, les banques financent des politiques pour leur maintenir leur droit de seigneuriage. Oui, ca fera mal à l’heure des comptes, mais rappellez-vous : Dieu avait promis d’épargner Sodome s’il y trouvait dix juste, Sodome fut détruite !


  • Mustik E-Z 2027 25 août 08:40

    Excellente leçon d’économie politique. A porter à la connaissance du plus grand nombre de gens sérieusement soucieux de réalités sociales !

    « ce ne sont que des banques qui créent l’argent qu’elles prêtent en ne le payant généralement jamais »

    je m’interroge sur la proportion d’individus qui savent cette réalité :

    l’artisan reçoit de la monnaie en contre partie de son produit...

    Les Banques privés ( jadis, centrales ) avancent une monnaie fabriquée en contre partie d’une...

    simple écriture dans un livre !

    Pas évident pour les millions de profanes de s’y retrouver dans le calcul du bilan national ( balance commerciale étrangère, emprunt bancaire, création ou destruction de monnaie... ).

    A part ça les politiques excellent à embrouiller l’électorat :

    - dramatisation annuelle récurrente autour du Vote du Budget,

    - éventualité de non-remboursement de la dette extérieure ( comme l’Islande après 2008 ).

    Comme le poisson pourrit par la tête dit-on... on n’est pas tirés d’affaire !


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