mardi 11 décembre 2007 - par Voris : compte fermé

La réparation et la réconciliation passent-elles nécessairement par la repentance ?

Nicolas Sarkozy a jugé le 5 décembre que la France devait « réparation » à « tous les harkis envers qui la France a une dette ». « Il faut réparer les fautes qui ont été commises ». Le 25 mars, en campagne électorale, le candidat Sarkozy déclarait : « Je veux qu’on arrête cette repentance systématique ». La réparation et la réconciliation sont-elles possibles sans la repentance ?

Il serait délicat d’aborder la question sans la resituer dans le contexte historique et géopolitique.

1 - Petit tour du monde de la repentance :

- Allemagne :

Le débat sur le devoir de mémoire est indissociable de la Shoah. Il s’est ouvert en 1946 avec Karl Jaspers dont les travaux abordèrent la question de la responsabilité allemande. Il examina la culpabilité de l’Allemagne comme une entité dans les atrocités perpétrées par le IIIe Reich, notamment dans son ouvrage Die Schuldfrage (La Question de la culpabilité), publié après la Seconde Guerre mondiale. Dans des cours dispensés en 1945-46, le philosophe opère une distinction entre culpabilité juridique, culpabilité politique, culpabilité morale et culpabilité métaphysique. Il insiste bien sur la nécessité de ne pas tout noyer dans la même condamnation morale, car c’est le meilleur moyen d’aller à l’inverse du but recherché : on banalise alors le mal. S’il alerte sur l’abus de la repentance qui deviendrait trop ordinaire, il met en garde aussi contre son utilisation perverse : "L’auteur de l’aveu cherche à se donner de la valeur, à augmenter son prestige aux yeux d’autrui. En plaidant coupable, il veut forcer les autres à avouer".

En Allemagne, il faut attendre le geste de Willy Brandt, s’agenouillant devant le monument dédié aux victimes du ghetto de Varsovie en 1970, pour qu’un chef du gouvernement allemand ébauche un début de repentance collective. Le geste est d’autant plus fort et apprécié qu’il émane d’un résistant authentique qui, à titre personnel, n’avait rien à se reprocher sur ces questions. C’est la culpabilité politique dont parlait Jaspers : "Chaque Allemand, en tant que citoyen, porte une part de responsabilité dans la façon dont il a été gouverné".

- Japon :

Les juristes japonais sont tous d’accord pour dire que les forces japonaises n’ont techniquement pas commis de violations du droit international. Par conséquent, le Japon s’appuie sur une distinction entre le point de vue juridique et le point de vue moral, pour considérer qu’il s’est exonéré de son obligation morale, puisqu’il a reconnu officiellement les souffrances causées par l’armée japonaise et formulé de nombreuses excuses.

Shinzo Abe, qui fut Premier ministre jusqu’au 25 septembre 2007, avait entamé une révision de l’Histoire. Il ne s’agissait pas de remettre en cause les excuses faites, mais de relativiser les fautes reprochées en disant que l’impérialisme et le colonialisme étaient, à l’époque de l’Empire, une chose courante et que le Japon subissait une menace. Et d’alléger la conscience nationale en gommant ou atténuant les aspects négatifs de l’histoire du pays. Certains négationnistes sont allés jusqu’à détourner l’appel de René Rémond "la liberté pour l’histoire", en feignant d’ignorer que ce texte défend précisément l’autonomie de la recherche historique face au politique.

- Etats-Unis :

Certains Etats de Etats-Unis ont exprimé des excuses solennelles aux descendants des esclaves. La résolution, votée à l’unanimité par les élus de l’Etat de Virginie le 24 février 2007, a marqué les consciences et amorcé une série : à leur tour, l’Alabama, le Maryland, la Caroline du Nord, l’Etat de New York, ont fait des excuses publiques. Mais la repentance de l’Etat fédéral n’est pas à l’ordre du jour. Toutefois, le département de la Justice a décidé de relancer les enquêtes sur les crimes racistes perpétrés dans les années 1950-60. Des inquiétudes se font jour désormais dans ce pays qui craint une surenchère. Certains y voient un danger d’avalanche de procès en dommages et intérêts.

2- Le cas de la France :

La théorie gaullienne refusant d’admettre la légalité du régime du maréchal Pétain, la France a longtemps considéré qu’elle n’était pas responsable des actes de Vichy. Il y a eu évolution : en 1993, le président Mitterrand a instauré une Journée nationale de commémoration des persécutions racistes et antisémites. Puis, le 16 juillet 1995, le président Chirac reconnaissait la responsabilité de l’État dans les persécutions anti-juives de la période 1940-1944. Le devoir de mémoire a été ensuite invoqué pour la traite négrière et l’esclavage (loi Taubira du 21 mai 2001). Cette loi a mené à instituer en 2006 une journée de commémoration de l’esclavage et de son abolition. Cette journée est fixée au 10 mai, date d’adoption de la loi.

Aujourd’hui, la France et l’Algérie n’ont pas réglé leur passif. Mais le contexte ne semble pas propice à le faire. L’Algérie voudrait des excuses unilatérales de la France pour ses erreurs, mais n’admet pas ses propres erreurs. Déjà, lors d’une visite officielle en juin 2000, le président Bouteflika demandait à la France de "confesser ses erreurs", évoquant une "lourde dette morale imprescriptible". Mais il passa sous silence les crimes commis par le FLN. Le même scénario s’est reproduit en 2007, mais dans un climat aggravé. A l’approche de la visite du président Sarkozy en Algérie, le ministre algérien des Anciens combattants, mohamed Chérif Abbas, a accusé Nicolas Sarkozy d’être soumis au "lobby juif" et de pratiquer une politique pro-israélienne, ce qui est insultant pour la France. Il semble que l’Algérie ait trouvé le moyen ici de combattre son démon intégriste en désignant un bouc émissaire (juif) à ses difficultés. Le préalable pour qu’un devoir de mémoire se fasse sereinement est l’apaisement des haines et la bonne foi de chacun.

On assiste depuis quelques années à une surenchère à propos du devoir de mémoire, comme si tous les faits historiques étaient comparables à la Shoah. Le risque, pointé par Jaspers, de rendre ordinaire et banal le devoir de mémoire, est réel. Le président Sarkozy a néanmoins fait un pas. Bien qu’ayant affiché son rejet de "la repentance systématique" lors de sa campagne présidentielle, il avait promis aux enfants de harkis une "discrimination doublement positive" sous la forme d’accès à la formation, à l’emploi ou au logement et de reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis en 1962. En cohérence avec ces déclarations, Nicolas Sarkozy a jugé le 5 décembre que la France devait "réparation" à "tous les harkis envers qui la France a une dette". "On ne peut tenir responsables les harkis d’avoir cru en la parole de la France." "Pour la France, il s’agit aujourd’hui d’une question d’honneur. Il faut réparer les fautes qui ont été commises."

Pour le reste, c’est insuffisant. Sarkozy a simplement déclaré : "Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité. Mais il est aussi juste de dire qu’à l’intérieur de ce système il y avait beaucoup d’hommes et de femmes qui ont aimé l’Algérie, avant de devoir la quitter. Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long de la guerre d’indépendance, qui a fait d’innombrables victimes des deux côtés". Le mot système ne désigne aucune pays et le devoir de mémoire de la France ici n’est donc pas engagé. L’Algérie reste sur sa faim, mais elle n’est pas étrangère à ce statu quo. Néanmoins, certains peuvent considérer que c’est à l’ancienne puissance coloniale de faire le premier pas.



33 réactions


  • tvargentine.com lerma 11 décembre 2007 10:05

    Les Français ont voté lors d’un référendum pour l’indépendance de l’Algérie !

    http://archives.cbc.ca/IDC-0-105-1365-8248/annees60/1961-02-15/clip3

    Il ne faut jamais oublier l’histoire au MODEM !!!!

    Repentance de quoi ???? d’avoir accordé l’indépendance à un pays dont les dirigeants sont des voleurs et n’ont pas voulu donner la liberté au peuple et développer avec les richesses du pays (Gaz,pétrole...) un pays pour que l’Algérie soit un pays développé et moderne

    La réparation et la réconciliation sont-elles possibles sans la repentance ?

    Mais la question ne se pose même pas sur le sujet des décolonisations françaises,car il suffit de regarder le Vietnam pour voir un pays qui se développe très bien sans personne ni « repentance »


    • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 10:13

      Tiens, Lerma ! Quelle surprise... Ce n’est pas en vociférant des mots de haine et en se bouchant les oreilles pour ne pas entendre les griefs des autres que l’on pourra progresser. La bonne entente, la réconciliation sur certains points, sont toujours à rechercher et pas seulement avec les dictateurs ex-terroristes. Il reste à définir quand et comment.


    • Gazi BORAT 11 décembre 2007 18:17

      @ lerma

      « Vietnam & repentance »

      La colonisation du Vietnam par la France, si elle ne fut pas une période paradisiaque pour les Vietnamiens.. est incomparable avec la situation de l’Algérie française..

      Le Vietnam ne fut pas une colonie de peuplement et son statut administratif très différent : seule la Cochinchine (Saïgon) fut une colonie.

      Le Tonkin (Hanoï) et l’Annam (Hué) furent des protectorats et conservèrent leurs autorités nationales traditionnelles.

      De plus, le régime d’Ho Chi Minh, communiste orthodoxe, tira de la colonisation française une autre lecture que celle qu’en firent les gouvernements algériens d’après l’indépendance socialistes d’apparence (pour bénéficier de l’aide soviétique) mais étroitement nationalistes..

      Pour le régime d’Hanoï, dans une logique strictement marxiste, la France permit au Vietnam de sortir du cadre féodal pour entrer dans une la modernité par la constitution d’un prolétariat industriel (cimenterie d’Haïphong, charbonnages) que permit l’exploitation française des ressources nationales et l’apparition d’une classe bourgeoise « nationale » vietnamienne (qualifiée par les Marxistes de « compradore ») dans les deux régions sous protectorat.

      Par contre, le gouvernement vietnamien attend et relance régulièrement les Etats Unis pour l’empoisonnement de leurs terres par toutes les « saloperies » chimiques (merci Dow Chemichal et Monsanto !) balancées sur la forêt tout au long de la piste Ho Chi Minh.. sans oublier le tonnage de bombes (1,5 fois le tonnage total de la seconde guerre sur tous les théatres d’opérations) que reçut ce tout petit territoire..

      Il existe à Hanoï un musée édifiant sur les dommages passés et encore actuels (des enfants naissent encore malformés dans les régions les plus infestées)..

      Cependant, les Etats Unis ne font pas plus sur ce sujet de « devoirs de mémoire » qu’ils ne payent de réparations pour les préjudices subis par le peuple vietnamien..

      D’ailleurs, l’ont-il fait à l’égard des populations indiennes de leurs territoires auxquelles ils ont fait subir un nettoyage ethnique sans équivalent dans l’histoire.. tout pour bâtir une « démocratie » autoproclamée exemplaire ?

      gAZi bORAt


    • Lil_Pims 11 décembre 2007 21:11

      au diable le self control

      je ne supporte pas de voir un analphabete parler a plusieurs reprises d’un sujet qu’il ne connait pas.

      Je vous prierais de bien vouloir enlever le Vietnam de votre pensee orduriere et atardee.

      La decolonisation dont vous parlez au Vietnam n’a pas eu lieu, les francais ont ete chasses par un peuple insoumis ayant survecu aux tentatives d’invasions successives du Japon, de la Chine, de la France et des Etats-Unis avec toutes les consequences dramatiques que cela implique tant au niveau humain, economique et culturel.

      Pour ce qui est de savoir si le Vietnam s’en sort mieux ou pas, vous ne savez vraisemblablement pas de quoi vous parlez ! je ne tenterais meme pas de « dialoguer » avec un etre aussi obtus que vous a ce sujet car cela serait peine perdue.

      Cela etant dit vous ne m’empecherez pas non plus de penser que pour comparer comme vous le faites depuis quelques jours l’Algerie au Vietnam vous devez etre une sacree truffe et que je perds mon temps et mon energie a parler a une huitre.


    • Lil_Pims 11 décembre 2007 21:29

      a Gazi Borat

      Merci de retablir des faits meme si on ne peut s’attendre a ce qu’il veuille entendre ces mots.

      A tous ceux que ca interesse et qui ne savent pas ce qu’est l’Agent Orange.(espece de super dioxine utilise par les ricains a penetre le sol apres le passage du napalm et d’une duree de vie de 50 000 ans..)

      http://infos.samizdat.net/article462.html ou n’importe quel article sur wikipedia et autre, les preuves/articles/photo ne manquent pas


  • ZEN ZEN 11 décembre 2007 10:14

    La repentance est une attitude religieuse à exclure dans le domaine de l’histoire...

    Seulement établir les faits sans passions , de la manière la plus objective possible, et les reconnaître équitablement. Travail de l’intelligence historienne , qui exclut la passion et le ressentiment, l’instrumentalisation du passé.

    Marc Ferro en a bien parlé, dimanche soir, dans l’émission « Riposte » sur la 5...


    • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 10:27

      Un point pour Zen ! Le mot « repentance » a une connotation passionnée et religieuse. Sarkozy aurait chargé des historiens de faire le point sur la question de notre dette morale envers l’Algérie. Si c’est le cas, cela me semble aller dans la bonne direction.


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 11 décembre 2007 11:42

    Marrant la repentance c’est toujours pour les blancs, jamais les autres.

    Comme si on était les seuls à avoir commis des « crimes » tout au long de l’histoire.

    Quoi que, je frappe un non blanc, c’est du racisme et je devrais faire repentance de mon geste, un non-blanc me frappe, c’est de ma faute car je l’ai exclue de la société et je l’ai poussé à faire cela, je devrais faire repentance.

    Ce n’est pas parce que mes ancêtres ont fait des conneries (et encore cela n’en était pas à l’époque) que je devrais me flageller pour eux. Je me débrouillerais pour ne pas les refaire, c’est tout !


    • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 12:07

      On ne parle pas ici de la violence ordinaire, comme la délinquance, mais des crimes d’envergure, des atteintes graves aux droits de l’homme, aux droits de l’humain : génocide, holocauste, tortures...L’esclavage des Noirs a existé à grande échelle. La « solution finale » appliquée aux Juifs aussi.

      Si je gifle un noir ou un arabe dans la rue, il ne pourra pas invoquer le devoir de mémoire et de repentance ! Juste une réparation judiciaire normale.


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 11 décembre 2007 11:42

    Marrant la repentance c’est toujours pour les blancs, jamais les autres.

    Comme si on était les seuls à avoir commis des « crimes » tout au long de l’histoire.

    Quoi que, je frappe un non blanc, c’est du racisme et je devrais faire repentance de mon geste, un non-blanc me frappe, c’est de ma faute car je l’ai exclue de la société et je l’ai poussé à faire cela, je devrais faire repentance.

    Ce n’est pas parce que mes ancêtres ont fait des conneries (et encore cela n’en était pas à l’époque) que je devrais me flageller pour eux. Je me débrouillerais pour ne pas les refaire, c’est tout !


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 11 décembre 2007 11:45

      Doublon.

      Quand est-ce que l’on pourra enfin agir sur ses messages, quand on se rend compte qu’on a commis une erreur après publication ?


  • Citrouille belkacem olivier 11 décembre 2007 12:19

    Maintenant, c’est plus clair. Je comprends le fond de l’analyse. Sans mépris, je souhaite simplement apporter une petite précision à toute cette présentation. L’ethnocentrisme est une notion qui n’a pas encore été assez développée depuis Pierre Clastres et Levy Strauss. Il semble néammoins que l’histoire de la guerre d’Algérie n’ait jamais été abordée sérieusement, puisqu’elle elle a été prise été en otage dès le commencement par des voleurs encore au pouvoir. Disons que l’historiographie concernant l’Algérie n’en est même pas à ses débuts et les voitures continueront de brûler tant qu’on n’aura pas fixé une identité flottante de jeune sans pays, ni d’origine, ni d’accueil. Encore une fois, je ne cherche pas la polémique, simplement à défiler la pelote car les mots que j’aligne auraient pu devenir des allumettes jetée dans des voitures si je n’avais pas eu de chance, un parmi d’autres.


  • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 12:31

    Deux attentats commis aujourd’hui à Alger vient de faire au moins 47 morts et pourrait atteindre 60, apprend-on de source proche des forces de sécurité. (Alger Reuters) Sarkozy a dénoncé ces « actes barbares ».

    A quand la repentance des terroristes ?

    Ma sympathie aux Algériens.


  • Hakim I. 11 décembre 2007 13:16

    Juste une question...

    Comment se fait-il que lorsqu’il s’agit de se remettre en question vis à vis de l’Histoire, on parle de « devoir de mémoire » pour un sujet et de « repentance » pour d’autres ?

    J’ai une petite idée sur la réponse, mais bon, mon prénom est à priori révélateur de ma partialité ... donc irrecevable par nature...


  • Saï 11 décembre 2007 17:07

    Exemples aussi médiocres que typiques de la société de culpabilisation permanente, décidée à ne rien assumer et prête à toutes les platitudes pour gagner un semblant de crédit, dans sa frousse de l’hostilité latente émanant de cultures différentes. L’exigence de repentance ou quand les bons sentiments servent de paillasson à la couardise.

    Qu’y a-t-il derrière ces Français qui exigent de leur pays qu’il se repente de ses méfaits ? Qu’a donc a leur apporter cet agenouillement officiel qu’ils réclament ? L’harmonie et l’égalité entre les peuples, la fraternité, répondront-ils sournoisement. Certains iront même jusqu’à évoquer la notion de justice !

    Mais au fait, qui va tirer un quelconque profit moral de ce genre d’expression ? Les peuples bafoués ? Sûrement, ça ira tout de suite mieux quand le président français se sera aplati pour prononcer les plus plates excuses de l’ensemble du pays. D’un coup, on se sentira davantage en harmonie, tiens. Ca va certainement faciliter le travail aux corps diplomatiques...

    Alors dans ce cas, qui ? Personne. C’est une question de sentiment nationaliste de domination, au nom duquel ces excuses sont exigées de générations étrangères au système colonial. La caution qui y est apportée, en France, ne provient que de ceux qui dans leur médiocrité, ressentent cette peur diffuse des changements de l’Histoire, et de la possibilité d’une inversion des forces qu’ils perçoivent comme potentiellement défavorable pour eux. L’expression publique de regrets ne modifie pas l’Histoire et ses conséquences. Le petit-fils n’est pas le grand-père et n’entend pas payer les actes de son ancêtre, qu’ils fussent considérés comme bons ou mauvais.

    L’Histoire retient que la France a colonisé de nombreux pays. L’évolution de la société mondiale a fait la preuve de l’iniquité du système colonial, désormais abandonné au profit de l’indépendance des contrées anciennement sous tutelle. La réconciliation est à ce titre importante au nom de l’entente entre les peuples. La repentance elle, implique le rejet en bloc des actes de conquête territoriale. Et ces actes, pour nocifs qu’ils purent être à plus d’un titre, sont aussi une part de la constitution d’une civilisation, d’une culture et de son histoire. Le développement des différentes civilisations repose aussi sur leur expansion.

    Rejeter le tout implique donc davantage que de simples formules diplomatiques de circonstance pour satisfaire les susceptibilités des uns et la couardise des autres. Il s’agit d’une remise en question des fondements mêmes de la diversité, de la richesse culturelle d’un pays.

    La réconciliation inclut dans sa signification, au nom de la réalité du passé, de l’avènement des générations du présent et des espoirs de l’avenir, les notions nécessaires à une progression commune et constructive. La repentance n’est tournée que vers le passé, réclame une considération tout à fait différente, ouvre la voie aux sanctions et ne possède pas les mêmes implications. En faire un prérequis ne traduit qu’une veulerie simpliste.


  • Mohammed MADJOUR (Dit Arezki MADJOUR) Mohammed 11 décembre 2007 17:32

    Arrêtez l’amalgame, le colonialisme (il est plus juste de dire l’occupation des territoires étrangers) est mort depuis longtemps ce mot est utilisé à tord et à travers par tout le monde pour embrouiller les pistes !

    L’auteur parle de l’Allemagne, du Japon et des USA pour noyer la vérité dans l’absurde !

    Le cas « algéro-français » est unique il s’ensuit que le cas des Harkis est unique, que le cas des déracinés (rapatriés) suite au complot OAS est unique et d’une façon générale la question de « l’occupation française de l’Afrique du Nord est unique » !

    Pourquoi donc les historiens sont muets et les Politiciens tellement hypocrites...

    Les médias ont passé plusieurs années à peser le pour et le contre (le bien et le mal) de la colonisation (encore une fois il est préférable de dire agression puis occupation des territoires étrangers) sans avancer en aucune manière dans la résolution du problème ! Les journalistes avaient ainsi essayé de contourner la vérité mais c’est raté pour eux !

    Monsieur Chirac a abrogé inutilement un article inutile d’une loi inutile pour croit-il appaiser les esprits !

    LE PROBLEME EST CELUI-CI : LE RESULTAT DU DEBORDEMENT EUROPEEN SUR LES AUTRES CONTINENTS, AGRESSION PUIS LONGUE OCCUPATION DES PAYS ET DES TERRITOIRES ETRANGERS, EST TOUT SIMPLEMENT LE COMPORTEMENT ACTUEL DES INDIVIDUS DE CES PAYS OU DE CES TERRITOIRES !

    POUR COMPRENDRE, IL FAUT SIMPLEMENT CONSIDERER QUI A FAIT QUOI, OU, AVEC QUI ET EN COMBIEN DE TEMPS ?

    EN CLAIR, L’INTERACTION ENTRE L’OCCUPANT ET L’OCCUPE A DONNE DANS CHAQUE CAS UN RESULTAT !

    L’OCCUPATION ETAIT-ELLE UNE BONNE CHOSE, UNE MAUVAISE CHOSE POUR L’AGRESSEUR OU POUR LE VAINCU...BAVARDONS HONNETEMENT ET QU’ON EN FINISSE AVEC CELA !

    MOHAMMED.


    • Gazi BORAT 11 décembre 2007 18:20

      @ mohamed

      « ...AGRESSION PUIS LONGUE OCCUPATION DES PAYS ET DES TERRITOIRES ETRANGERS, EST TOUT SIMPLEMENT LE COMPORTEMENT ACTUEL DES INDIVIDUS DE CES PAYS OU DE CES TERRITOIRES.. »

      Vous devriez vendre votre prose à « Présent » ou « National Hebdo »..

      Elle y aurait un succès fou..

      gAZi bORAt


  • fouadraiden fouadraiden 11 décembre 2007 17:44

    le rappel historique d’ autrs cas est salutaire.

    mais il y a une chose que je ne comprends pas ,Taverne, qd vs dites que les algeriens ne souhaitent pas non plus reconnaitre leurs erreurs,de quels erreurs s’agit- il,qui concernent -elle et à qui les algeriens ,si de tels erreurs étaient avérées ,devraient -ils adresser leurs excuses ?

    qt au derniers mots dits par la bouche de Sarko en Algerie, c’est encore une subtile façon de distinguer la France coloniale du système colonial qui aurait été le contraire de sa véritable essence.

    en gros ,c’est une logique d’imbécile qui consite à dire que lorsque la Frrance fait le B ien ,c’est la seule vraie France mais qd celle-ci tue et exploite ce ne peut etre la France éternelle.


    • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 17:58

      Je trouvais particulièrement stupide et mal venu pour la France de parler des « bienfaits de la colonisation » avant d’avoir reconnu ses erreurs et ses fautes. De la même façon, je trouve mal venue la demande de Bouteflika d’excuses unilatérales de la France. Au préalable, il faut que l’Algérie examine son histoire de manière plus rigoureuse et objective et qu’elle apaise sa relation avec Israël,qu’elle affronte aussi ses démons (un certain antisémitisme). C’est à mon avis à la puissance coloniale de faire le premier pas mais elle ne peut le faire dans ce mauvais contexte...


    • Gazi BORAT 11 décembre 2007 18:23

      @ fouadraiden

      "...lorsque la Frrance fait le Bien ,c’est la seule vraie France mais qd celle-ci tue et exploite ce ne peut etre la France éternelle...

      Il existe aussi le même phénomène en Allemagne où l’on oppose parfois le pays de Goethe et celui d’Hitler.. mais tout ceci n’est que réthorique politicienne..

      gAZi bORAt


    • fouadraiden fouadraiden 11 décembre 2007 18:30

      qd on voit ce que sont les dirigeants arabes actuels et l’etat des sociétés maghrébines ,il y a malheureusement peu d’espoirs de voir votre point de vue défendu.

      je suis d’accord avec vous sauf au sujet de l’antisémitisme et des rapports entre les pays arabes et Israel. LE propos antisémite du ministre algerien fut de la part des dirigeants algériens un provocation à l’égard de l’opinion française ,vas savez les rapports qu’entretiennent les arabes avec les juifs relevent, à mon avis, d’une logique differente de l’antisemtisme classique.

      qt à l’histoire objective....c’est un voeu pieux.

      l’Algérie a d’autres défis bien plus important à relever que passer son tmps à convaincre la France que son entreprise fut criminelle....enfin c’est ce que je pense et les attentats de ce matin le (re)(re)(re)reconfirment.


    • fouadraiden fouadraiden 11 décembre 2007 18:38

      Borat,

      cela va de soi.

      ceci avait été admirablment expliqué par Sartre qd il écrit son texte contre la torture qui commencait par :

      « En Algérie Nous tourturons..... »

      raisonnement aussi valable pour ceux d’en face ...les criminels nous représentent aussi.


  • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 18:16

    Khadafi est venu en France dire que le Darfour il s’en foutait ainsi que des droits de l’homme ! Il est venu aussi légitimer le terrorisme en disant que le terrorisme se justifie et en ne condamnant pas l’acte abject commis ce jour en Algérie !

    Sarkozy couvre tout cela et flatte le dictateur. Nos enfants auront beaucoup de repentance sur les épaules...


  • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 18:43

    Khadafi a dit aujourd’hui en substance que les droits de l’homme et le Darfour il s’en fout ! Il dit n’avoir pas entendu Sarkozy lui parler du dossier des droits de l’homme l’autre jour et il s’oppose à l’« internationalisation » du drame du Darfour (façon de dire : qu’il crève !)

    Demain nous serons peut-être jugés complices des attentats commis en Algérie aujourd’hui par le terrorisme que Khadafi soutient au moins moralement. Nos enfants devront faire repentance...

    Oui, c’est une honte pour la France comme l’a dit Rama Yade !


  • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 20:35

    N’attendons pas la repentance, prenons les devants en rejetant les dictateurs qui viennent jusqu’à notre Assemblée nationale le point levé en vainqueur des Droits de l’Hommme dont nous sommes les créateurs.


    • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 20:37

      Sauvons au moins notre Assemblée nationale, symbole de notre Révolution, de cette abjection !


    • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 20:48

      Chantons la Marseillaise car notre hymne est un point brandi contre la tyrannie !

      - Tremblez, tyrans et vous perfides
      - L’opprobre de tous les partis
      - Tremblez ! vos projets parricides
      - Vont enfin recevoir leurs prix !
      - Tout est soldat pour vous combattre
      - S’ils tombent, nos jeunes héros
      - La France en produit de nouveaux,
      - Contre vous tout prêts à se battre.

      - Français, en guerriers magnanimes
      - Portez ou retenez vos coups !
      - Épargnez ces tristes victimes
      - À regret s’armant contre nous
      - Mais ces despotes sanguinaires
      - Mais ces complices de Bouillé
      - Tous ces tigres qui, sans pitié
      - Déchirent le sein de leur mère !


  • tvargentine.com lerma 11 décembre 2007 21:22

    Non il est au MODEM smiley


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