jeudi 19 janvier 2023 - par Cicéron Poincaré

La retraite à 64 ans, une arnaque intergénérationnelle

 

Résumé : Si le niveau de vie des retraités est aujourd’hui supérieur à celui de actifs, il baissera à long terme, selon le conseil d’orientation des retraites, pour atteindre un taux compris entre 90 et 95 % du niveau de vie de l'ensemble de la population à l'horizon 2040 puis entre 77 et 86 % en 2070. Comme le dit un rapport sénatorial : « Ce constat dresse une perspective…posant la question de l'équité-intergénérationnelle ». L’exécutif évite soigneusement la question par calcul politique. La réforme des retraites est présentée par ses partisans comme « courageuse ». La réalité est différente car elle exempte d’effort les retraités pour des considérations électorales : ils sont nombreux et ils s’abstiennent moins que les générations plus jeunes. Il y a eu implicitement un pacte cynique lors de l’élection présidentielle entre le Président de la République et les retraités : votez pour moi et je reporterai l’effort sur les autres générations même si vous avez été les gagnants de l’histoire économique grâce aux trente glorieuses. Le macronisme symbole d’une jeunesse dynamique selon les médias en 2017 s’achève aujourd’hui en gérontocratie et en ploutocratie car les revenus du capital ne sont pas davantage mis à contribution.

 

Un effort demandé aux seuls actifs

 

Le philosophe Jonas évoquait l’impératif de préparer des lendemains qui chantent pour les générations futures. En lisant les grands ouvrages classiques, on apprend que la grandeur consiste à penser à autre que soit et à plus grand que soit. Nous sommes loin de cet idéalisme car depuis le début des années 80, l’homo économicus se substitue à l’homo politicus. Plutôt que de s’intégrer dans une communauté d’intérêts, les électeurs comme les hommes politiques tentent trop souvent de maximiser leur fonction d’utilité. La récente réélection d’E. Macron en donne un exemple avec des retraités qui ont voté pour lui en masse notamment séduits par le recul de l’âge de départ à la retraite. Il ne faut pas faire de généralité car certains retraités contestent la réforme mais il convient de constater que beaucoup la soutiennent en souhaitant reporter les efforts sur les générations suivantes. Le système par répartition est fondé sur la solidarité entre les actifs et les inactifs. Le partage des efforts doit être équitablement partagé entre les générations et non pas léonin. Le projet de réforme du système par répartition des retraites du gouvernement mésestime le contrat intergénérationnel en faisant peser l’effort uniquement sur les actifs. Il oublie aussi la taxation des revenus du capital.

Un effort mieux réparti allègerait la contribution de chacun et il permettrait un report moins important de l’âge de départ à la retraite. Aujourd’hui, aucun parti politique ne propose une solution inspirée de la logique de la balance de Thémis. Il ne faut pas s’étonner de l’importance de l’abstention car on assiste trop souvent à une opposition entre différentes radicalités. Le projet de l’exécutif incarne aussi une radicalité, celle de l’extrême-centre pour reprendre la terminologie de Deneault. L’extrême centre met la société au service de l’économie. Pour accéder au pouvoir et s’y maintenir, il s’appuie désormais sur la cohorte des papys boomers.

Faire peser le poids de la réforme sur les seuls actifs est contestable car les retraités français ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs. Les personnes de plus de 65 ans avaient en 2016, en moyenne dans l’OCDE, un niveau de vie correspondant à 87,4 % de celui de l'ensemble de la population. En France, ce taux atteint 103,2 % et il est le plus élevé parmi les pays étudiés. On peut s’en féliciter car un pays s’honore à protéger les personnes âgées comme le souhaitait logiquement le programme du Conseil national de la résistance. Il ne faut pas le confondre avec le CNR (Conseil national de la refondation) créé à l’instigation d’E. Macron.

 

Une réforme favorable aux retraites par capitalisation

 

La refondation au sens d’E. Macron sape une partie de l’héritage du programme du Conseil national de la résistance au nom d’une soi-disant modernité. F. kessler, ancien vice-président du Medef et représentant du monde de l’assurance, avait déclaré dès 2007 sans circonlocution : « Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ». La réforme des retraites du gouvernement s’inscrit dans la logique de ce détricotage et il y a une forme de cynisme à utiliser le même acronyme CNR pour des projets politiques opposés. Dans une société où la communication politique se détache de la réalité, « les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité » comme le disait Kipling.

Le programme du Conseil national de la résistance visait à étendre la retraite par répartition dans une logique de solidarité entre les générations au service d’une collectivité conçue comme une communauté d’intérêts. Le projet d’E. Macron vise à substituer partiellement et subrepticement la retraite par capitalisation (une personne épargne pour financer sa retraite) à la retraite par répartition (les actifs financent les pensions des retraités). Il n’est pas illégitime selon nous d’ajouter la capitalisation à la répartition. En revanche, la substitution, même partielle, de la capitalisation à la répartition mérite un débat.

Il est évident que certaines personnes n’atteindront pas 64 ans ou les 43 annuités. Elles partiront avec une retraite amputée sauf si elles ont épargné pour leur retraite. C’est le message implicite du Gouvernement confirmé par la réforme de l’épargne retraite opérée par la loi Pacte du 22 mai 2019. Lorsque l’on passe d’un système de répartition à la capitalisation, même partiellement, il y a une génération qui est bernée car elle a cotisé pour les autres et elle doit aussi cotiser pour elle-même.

 

Une absence d’équité entre les générations

 

Egalement, la réforme du gouvernement vise à éviter un déficit du régime de base des retraites. On peut le comprendre mais il oublie de parler des déficits des années passées. En d’autres termes, on demande aux actifs de faire des efforts pour équilibrer le système mais ils récupèrent le poids des dettes des papy-boomers dont les retraites ont régulièrement généré des déficits depuis 2005. Les baby-boomers ont cotisé moins longtemps, avec un taux de cotisation inférieur et ils ont reçu de meilleures retraites (calcul en taux de remplacement). Où est l’équité intergénérationnelle ? Certains retraités répondent qu’ils n’étaient pas aux 35H. Rappelons que 35H est la durée légale et non pas la durée effective du travail en France. La durée habituelle du travail est 39H par semaine pour les salariés à temps plein. Avec les gains de productivité, en moyenne, un salarié aux 35H aujourd’hui produit plus qu’un salarié à 40H en 1980. Cela s’explique par le recours aux nouvelles technologies et à la pression sur les salariés. L’ambiance au travail était différente durant les trente glorieuses. Le management moderne au sein des entreprises et des administrations, qualifié de progressiste comme la réforme des retraites, mériterait d’être remis en cause. Certaines personnes semblent confondre le progrès et le regrès.

Les retraités papy-boomers ont été avantagé par l’histoire économique comme l’ont démontré les travaux précis de Louis Chauvel. Tant mieux pour eux mais ils doivent aussi participer à l’équilibre d’un système par répartition dont ils sont les grands bénéficiaires (pour s’en convaincre il suffit de comparer le ratio pensions de retraite reçues/ cotisations versées d’un papy-boomer au même ratio d’une personne qui part à la retraite en 2050). Les réformes de la retraite de base (Balladur, Fillon, Touraine et maintenant Macron) ont notablement dégradé les conditions d’octroi de la retraite de base de la sécurité sociale. Les retraités qui sont partis après les réformes de l’époque Mitterrand, favorables aux retraités, et avant l’application de la réforme Balladur (adoptée en 1993 mais applicable progressivement) ont profité de l’âge d’or de la retraite. Encore une fois, tant mieux pour eux mais pourquoi les exempter de tout effort ?

La réforme des retraites est présentée comme « courageuse » par l’exécutif. La réalité est différente car il exempte d’effort les retraités pour des considérations électorales : ils sont nombreux et ils s’abstiennent moins que les générations plus jeunes. Il y a eu implicitement un pacte cynique lors de l’élection présidentielle entre le Président de la République et les retraités : votez pour moi et je reporterai l’effort sur les autres générations même si vous avez été les gagnants de l’histoire économique grâce aux trente glorieuses. Il compte sur ce contrat implicite pour gagner des élections législatives en cas de dissolution.

 

Le conseil d’orientation des retraites avait déclaré avant la réforme : «  Par rapport aux générations qui partent actuellement à la retraite (nées au milieu des années 1950), les générations plus jeunes seraient pénalisées par des taux de cotisation plus élevés et un montant moyen de pension plus faible relativement au revenu d’activité moyen. En revanche, leur durée de carrière en proportion de leur durée de vie totale serait en moyenne un peu plus courte et leur durée de retraite relativement à la durée de vie totale, aurait tendance à progresser compte tenu des gains d’espérance de vie ». La réforme Macron réduit ce seul avantage que pouvait espérer les actifs à savoir une durée de retraite plus longue que leurs ainés. Ajoutons que le calcul de l’espérance de vie devient plus aléatoire avec la crise de la covid car les effets à long terme du virus, sur les personnes qui ont été contaminées, sont mal connus. « Plus rien ne sera comme avant » avait proclamé le chef de l’Etat pendant la crise sanitaire. Il se contredit aujourd’hui car il ne s’intéresse pas aux effets de la covid sur l’espérance de vie. Egalement, il continue à gouverner par la division. Il est trop souvent aujourd’hui le représentant de l’oligarchie (financière ou technocratique), de la petite bourgeoisie et des retraités. Le président de la République préfère demander uniquement aux actifs de payer la facture plutôt que de mettre en œuvre une taxe sur les superprofits, véritable serpent de mer désormais dans les eaux bruxelloises.

 

Propositions pour éviter une fracture entre les générations

 

Au surplus, les études économiques démontrent une concentration de plus en plus forte du patrimoine aux mains des personnes âgées depuis une vingtaine d’années. Egalement, comme le rappelle l’observatoire des inégalités : « ce patrimoine est réparti de manière extrêmement inégale. Les 10 % les plus fortunés en détiennent près de la moitié. Les 10 % les moins fortunés possèdent 0,1 % du total ». Le gouvernement pourrait augmenter sa flat tax sur les revenus du capital qui est aujourd’hui à 30% mais qui peut souvent descendre à 17,2% avec une ingénierie juridique rudimentaire.

On pourrait aussi demander aux retraités de payer une cotisation maladie. Ils n’en payent pas alors qu’ils consomment la majorité des soins médicaux et qu’ils ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs. Ce choix avait été fait à une époque où le niveau de vie des retraités était bien différent d’aujourd’hui. Cette cotisation maladie favoriserait le redressement des finances de l’hôpital public à la condition de le débarrasser aussi d’une technocratie asphyxiante. Autre solution, le taux de CSG pourrait être aligné sur celui des actifs. Le président de la République défendait cette logique lors de sa campagne électorale de 2017. Le taux de la CSG sur les pensions de retraites avait été porté de 6,6 % à 8,3 % en 2018. La même année, il est revenu à 6,6% pour beaucoup de retraités alors qu’il est de 9,2% pour les actifs. Le macronisme symbole d’une jeunesse dynamique selon les médias en 2017 s’achève aujourd’hui en ploutocratie et gérontocratie.

Ces mesures pourront être supprimées à l’avenir car si le niveau de vie des retraités est aujourd’hui supérieur à celui de actifs, il baissera à long terme, selon le conseil d’orientation des retraites, pour atteindre un taux compris entre 90 et 95 % du niveau de vie de l'ensemble de la population à l'horizon 2040 puis entre 77 et 86 % en 2070. Comme le dit un rapport sénatorial : « Ce constat dresse une perspective …posant la question de l'équité-intergénérationnelle ». Le Gouvernement évite soigneusement d’y répondre pour des raisons électoralistes.

 

A défaut de répartir équitablement les efforts, la France risque le conflit entre les générations. Une division de plus dont elle devrait pourtant se passer. En 2021, les verts avaient maladroitement incité les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales en les opposant aux boomers. La réforme des retraites aurait mérité un référendum sur le fondement de l’article 11 de la Constitution. Il s’agit d’une réforme technocratique qui en appelle d’autres car rappelons que l’un des probables futurs candidats à l’élection présidentielle de 2027, E. Philippe, autre représentant de l’extrême centre, a évoqué une retraite à 67 ans. Le pire est avenir pour les actifs.

par Cicéron Poincaré

 

Il est l’auteur du roman pamphlétaire « Mémoires d’un seigneur de la mondialisation ».

 



48 réactions


  • Doume65 19 janvier 2023 18:27

    « Il y a eu implicitement un pacte cynique lors de l’élection présidentielle entre le Président de la République et les retraités : votez pour moi et je reporterai l’effort sur les autres générations même si vous avez été les gagnants de l’histoire économique grâce aux trente glorieuses. Le macronisme symbole d’une jeunesse dynamique selon les médias en 2017 s’achève aujourd’hui en gérontocratie et en ploutocratie car les revenus du capital ne sont pas davantage mis à contribution. »

    Pacte mon cul ! J’en ai marre de lire des inepties dans le genre. Vous êtes allé à la manif, aujourd’hui ? Si oui, vous aurez remarqué que les retraités étaient très nombreux. Ne confondez pas les désires de Macron et la réalité, espèce de retraitéphobe !


    • Cicéron Poincaré 19 janvier 2023 19:42

      @Doume65
      Cher Monsieur,

      Au delà de quelques vociférations, avez-vous des arguments de fond à opposer aux éléments chiffrés qui sont dans l’article ?
      Vous raisonnez à l’envers car c’est l’absence d’équité qui générera un conflit entre les générations et il faut éviter ce conflit . Par ailleurs, voir ce jour un article dans Marianne sur la question du consentement des jeunes à payer les retraites.


    • Pierrot 20 janvier 2023 11:46

      @Cicéron Poincaré
      Pourquoi parlez-vous de chiffres ? Ce qu’on remet en cause, c’est votre allégation qu’il existerait un « pacte cynique », une complot ourdi par Macron et les retraités contre les jeunes.

      C’est plutôt vous qui devriez tenter d’apporter des preuves de ce que vous avancez.

      Car Macron n’est manifestement pas le président des retraités, mais celui des riches. Je vous invite d’ailleurs à reconsidérer le résultat de l’élection présidentielle sous cet angle, pour lequel les statistiques s’avèrent beaucoup plus probantes.

      Si les retraités étaient plus représentés que les jeunes parmi les quelques 35% (seulement !) de Français majeurs qui l’ont élu, cela s’explique surtout par la proportion forcément plus élevée de riches chez les premiers (qui ont eu une vie bien remplie) et, comme vous l’avez justement fait remarquer, par la plus forte abstention chez les seconds. (Sans compter la question insidieuse du barrage au fascisme allégué de Le Pen, auxquels les plus âgés ont été rendus plus sensibles.)

      Il n’en reste pas moins qu’en majorité, les retraités (incluant les abstentionnistes) n’ont pas voté pour Macron, très certainement parce que, contrairement à ce que vous suggérez, la politique de ce dernier ne ménage en rien leurs intérêts.

      L’arnaque dont il est question n’oppose donc pas des générations, mais des classes sociales. La répartition de l’effort demandé est bien moins à faire entre les vieux et les jeunes qu’entre les riches et les pauvres.

      En faussant l’analyse dès le départ, vous vous interdisez toute véritable solution. Pire, en accréditant une nature intergénérationnel du problème, vous suscitez ou exacerbez le conflit que vous prétendez vouloir éviter.


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 12:09

      @Pierrot
      1° Les retraités ont voté en masse pour E. macron 2) Il les dispense d’efforts lors de la réforme.
      Il s’agit de faits.

      Si vous considérez qu’il n’y a pas d’arrière pensée électorale dans les choix du président de la République, notamment en prévision d’une éventuelle dissolution, je vous recommande de lire Candide de Voltaire.

      Je suis d’accord avec votre remarque sur les classes sociales mais il y aussi une question intergénérationnelle qui s’ajoute au débat.

      Enfin, c’est l’égoisme de certains retraités qui suscitera le conflit intergénérationnel et non pas mon article (je ne m’octroie pas une telle importance !).


    • Pierrot 20 janvier 2023 12:25

      @Cicéron Poincaré
      Non, il s’agit de votre présentation fallacieuse de votre point de vue sur la situation.

      Votre soi-disant « masse » de retraités qui ont voté Macron ne constitue en réalité qu’une minorité d’entre eux. Il ne faut pas confondre le nombre de citoyens et le nombre de voix exprimées.

      C’est vous qui tenez absolument que les tous les retraités soient tenus de faire un effort dans cette réforme, et qui niez le fait qu’ils participent déjà cet effort.

      Je peux vous garantir que mes parents retraités ont vu leur niveau de vie baisser à cause des réformes de Macron et de ses prédécesseurs.

      C’est l’égoïsme des riches, y compris celui de certains jeunes, qui pose problème. Pour rappel, Macron a eu 60% des voix exprimées chez les 18-24 ans. En suivant votre raisonnement, pourquoi n’y voyez-vous pas aussi un signe de collusion ?


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 12:33

      @Pierrot
      Je parle d’éléments objectifs et donc des votants.
      Bien entendu que l’égoisme n’est pas propre à une génération mais les papys-boomers ont été avantagés par l’histoire économique comme le démontrent toutes les études économiques et beaucoup ont voté Macron. Le nier revient à dire que la terre est plate.


    • Pierrot 20 janvier 2023 13:55

      @Cicéron Poincaré
      « Beaucoup » ont voté Macron... hormis le fait qu’on estime que les deux tiers n’étaient pas favorables à sa politique (barrage anti-Le Pen notamment), et qu’ils étaient encore beaucoup plus nombreux à ne pas avoir voté pour lui.

      Vos éléments ne devraient pas seulement être objectifs, ils devraient aussi et surtout être significatifs. Ce n’est pas parce que le parking en face de chez vous est plat que la Terre tout entière est plate.

      D’autre part, le fait que notre économie ait connu une période faste n’a aucun rapport avec le soi-disant égoïsme dont vous accusez la génération des papys-boomers dans son ensemble, laquelle n’a pas rechigné à payer la retraite de ses vieux et continue aujourd’hui globalement à aider ses enfants en difficulté dans la mesure de ses moyens. Je me demande si l’on peut en dire autant des nouvelles générations imbues l’individualisme.

      En fait d’apporter des arguments à vos accusations,, vous usez juste de sophismes.


    • Doume65 20 janvier 2023 14:26

      @Cicéron Poincaré
      « beaucoup ont voté Macron »
      Voilà, on y est ! Vous ne parlez plus de « pacte ». On avance finalement, grâce à mes « vociférations ».
      Au fait, ne vous êtes-vous pas demandé si ceux des retraités qui ont voté pour Macron ne l’ont pas fait justement à cause de ses promesses de ne pas augmenter l’âge de la retraite ?


    • Pierrot 20 janvier 2023 14:29

      @tashrin
      Vous vous faites juste l’écho du point de vue fallacieux présenté par l’auteur de l’article. Ça ne rend pas ses conclusions moins inexactes, particulièrement s’agissant de l’allégation d’un complot de Macron et des retraités contre les jeunes.

      Comme lui, vous partez du postulat que les retraités seraient un ensemble homogène dans leur niveau de vie, leurs ressources et leurs opinions politiques. Or, rien n’est plus faux. Faire des amalgames permet de rendre des mensonges plus crédibles, mais certainement pas d’analyser correctement une situation.

      À ce propos, vous devriez éviter de prendre comme référence la propagande gouvernementale, notoirement biaisée, diffusée notamment par France Info.

      Dans un monde en décroissance et de plus en plus favorable aux plus riches, les choses ne vont forcément pas s’améliorer pour les plus défavorisés, y compris pour les retraités qui, contrairement à ce que vous suggérez, sont très loin d’être tous des privilégiés ni d’être épargnés par les réformes actuelles.

      La « fracture générationnelle » fait justement partie des inventions du régime actuel pour continuer de justifier la démolition de nos systèmes de protection sociale. L’arnaque, elle est là, et elle s’appuie notamment sur la jalousie qu’on tente de susciter chez les plus jeunes envers ceux qui ont vécu une période certes meilleure (encore qu’elle n’était pas forcément meilleure pour eux, individuellement parlant), mais qui est aujourd’hui révolue.


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 14:34

      @Pierrot
       Vous faites une projection de votre propre stratégie. Vous suscitez un nuage de fumée pour ne pas répondre à la question suivante : Où est l’équité intergénérationnelle ?

      Les baby-boomers ont cotisé moins longtemps, avec un taux de cotisation inférieur et ils ont reçu de meilleures retraites (calcul en taux de remplacement).


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 20:39

      @Doume65
      J’aime votre humour. Je parle de l’élection de 2022 et E. Macron n’a pas arrêté de parler de reporter l’âge de départ à la retraite. Par ailleurs, les études d’opinion ont démontré que les retraités sont davantage favorables à cette idée que les actifs. 


    • Pierrot 20 janvier 2023 23:22

      @Cicéron Poincaré
      Il paraît nécessaire qu’on vous rappelle l’Histoire sociale de ce siècle passé, et notamment les raisons de l’évolution du système de retraite. Mais je doute que vous soyez enclin à l’entendre...

      Si pour vous l’équité était véritablement le nœud du problème, on se demande pourquoi vous faites mine d’ignorer qu’il réside principalement dans l’absence totale d’équité entre les classes sociales qui, elle, surpasse de loin les petites différences intergénérationnelles créées par les circonstances.

      Ce qui transparaît dans le conspirationnisme à deux balles de votre article et la mauvaise foi de vos commentaires, c’est surtout une haine des baby-boomers, voire une jalousie mal placée. Faut-il vous croire quand vous prétendez vouloir éviter une crise intergénérationnelle, alors que vous faites tout pour la susciter ?


    • Cicéron Poincaré 21 janvier 2023 11:50

      @voxa
      Vous n’avez toujours aucun argument pour expliquer que les retraités qui ont en moyenne un niveau de vie supérieur à celui des actifs soient dispensés d’efforts.
      Vous défendez l’injustice et l’égoisme. Assumez !


    • Cicéron Poincaré 21 janvier 2023 11:55

      @Pierrot
      Votre stratégie rhétorique est grossière : accuser l’accusateur pour ne pas répondre à la question posée.
      Pourquoi un retraité ne paie pas le même taux de CSG qu’un actif pour un revenu similaire ?
      Je vous laisse dans votre dogmatisme, vos illusions et votre égoisme. Adieu.


    • Cicéron Poincaré 21 janvier 2023 16:56

      @voxa
      Vous n’avez toujours aucun argument pour expliquer que les retraités qui ont en moyenne un niveau de vie supérieur à celui des actifs soient dispensés d’efforts.

      A défaut vous sombrez dans une polémique enfantine. Adieu et n’hésitez pas à grandir.


    • Cicéron Poincaré 22 juin 2023 17:11

      @Cicéron Poincaré
      Un article intéressant analyse derechef la question de l’inéquité entre les générations en France. Voir https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-reforme-des-retraites-va-t-elle-alimenter-un-conflit-de-generations-955629.html#awaitingComment2295341


    • Cicéron Poincaré 6 octobre 2023 18:18

      Une tribune collective d’économistes publiée dans Les Echos du 5 octobre 2023 dénonce la hausse des pensions de retraite en la considérant comme « une aberration économique et sociale ». Ils terminent l’article ainsi : « Elle implique de choisir son horizon politique, de donner la priorité à la prochaine élection ou à la prochaine génération ».

      Ils valident, à juste titre, l’idée d’un contrat implicite entre E. Macron et beaucoup de retraités : report des efforts sur les générations suivantes en contrepartie d’un vote macroniste.

      C’était l’un des thèmes de mon article sous commentaire et certains l’ont contesté en atteignant l’Himalaya de la mauvaise foi. Je les remercie de m’avoir fait rire car une journée où l’on n’a pas ri est une journée perdu comme l’a dit un philosophe.


    • Cicéron Poincaré 17 décembre 2023 15:14

      Un autre sondage valide la thèse de l’article. La tranche d’âge des 70 ans et plus est en rupture avec le reste des Français en matière d’intentions de vote pour les européennes en soutenant la majorité présidentielle à hauteur de 37 %.

      @Cicéron Poincaré


    • Cicéron Poincaré 14 janvier 2024 13:25

      @Cicéron Poincaré
      Dans un article relatif à la nomination de G. Attal, le journaliste et économiste F. Dedieu affirme : « Gabriel Attal paraphe et parachève le mini-pacte faustien passé entre Emmanuel Macron et les seniors en quête depuis la fac d’immortalité et de visage sans rides : pour ne pas voir leurs intérêts vieillir, ils rajeunissent leurs représentants. » 


  • lecoindubonsens lecoindubonsens 19 janvier 2023 19:19

    L’avis d’un retraité (donc désintéressé par rapport à la réforme actuelle)

    Objectif annoncé du gouvernement = limiter le budget global des retraites à 14% du PIB (pour 17 millions de retraités sur 68 millions de français = 25% de la population)
    Seulement 14% de la richesse nationale pour 25% de la population, qui est défavorisé ?

    Autre objectif annoncé du gouvernement

    = 5% de chômeurs (ce qu’il appelle le plein emploi), donc « vieux au boulot, jeunes au chomage », cherchez l’erreur !

    Encore un autre objectif, une 3ème erreur : faire appel à l’immigration pour « les métiers en tension ». Et si l’on revoyait les conditions de travail (dont rémunérations, mais pas que ...) pour rendre ces métiers plus attractifs.

    Et un , et 2, et 3 ... erreurs.

    Nos décideurs ont tout faux !

    L’erreur n’est-elle pas qu’ils soient aux manettes ?!

    Mais qui donc a pu permettre leurs élections ?

    Une erreur des inscrits sur les listes électorales.

    Qui a dit que ce sont les retraités qui soutiennent tout cela !


  • charlyposte charlyposte 19 janvier 2023 19:27

    Dans cinq ans la retraite sera à 66 ans via le mandat de sieur Édouard smiley


  • sirocco sirocco 19 janvier 2023 20:52

    « La réforme des retraites est présentée comme « courageuse » par l’exécutif. »

    Et si la réforme des retraites n’était qu’une manœuvre de la macronie mafieuse pour faire main basse sur une cagnotte de dizaines de milliards d’euros ?...

    Regardez cette courte vidéo et faites-vous votre opinion :

    https://www.profession-gendarme.com/en-2-minutes-cet-economiste-detruit-tous-les-bobards-sur-le-financement-des-retraites/


  • Décroissant 19 janvier 2023 22:06

    Pensum passablement alambiqué qui a pour mission de nous vendre la petite musique social-libérale qui monte (Nouvel Obs, Fondation Terra Nova, cimetière des éléphants hollandais…) : il faudrait faire contribuer les retraités car leur niveau de vie (notion aux contours flous) serait supérieur « en moyenne » à celui des actifs.

    Il n’échappe à personne « qu’en moyenne » ne signifie pas grand-chose, surtout quand les hauts salaires s’envolent et que les salaires de base restent bloqués très longtemps à leur valeur d’embauche.

    Dans une comparaison, il y a deux termes, et bizarrement (vous avez dit bizarre…) on occulte rapidement la faible progression des salaires, considérée comme naturelle, pour focaliser sur la hauteur des retraites qui pourtant décrochent très fortement depuis qu’elles ne sont plus indexées sur les salaires mais partiellement sur l’inflation, qu’elles ont été bloquées sous le quinquennat Hollande, et rabotées par l’augmentation de la csg en 2017.

    Cqfd, pas touche aux salaires, il convient de diminuer les retraites !

    En somme, il est urgent d’organiser un combat de pauvres sous l’œil goguenard des bénéficiaires de la rente qui viennent de se partager 80 milliards de dividendes en 2022 !

    Que les 150 ou 175 milliards d’euros distribués chaque année aux entreprises (1er source de dépenses de l’ Etat) ne soient pas assortis d’une demande d’un meilleur partage de la valeur ajoutée ne trouble personne ;

    Que incendiaires qui suppriment les cotisations sur les bas salaires et préconisent des primes elles-mêmes dépourvues de cotisations plutôt qu’une augmentation salariale, et ce faisant assèchent les caisses sociales, seraient aussi ceux qui crient au feu en dénonçant les déficits à venir, aucun problème ;

    Que le Fonds de réserve pour les retraites créé par Jospin en 1999 qui devrait apporter la bagatelle de 150 milliards en 2030 ait été en grande partie dilapidé par Sarkozy n’embarrasse pas la majorité sénatoriale RPR, on le comprend aisément !

    On peut aussi, et c’est heureux, partager d’autres visions :

    https://blogs.mediapart.fr/thibault-mercier/blog/130123/faut-il-baisser-les-retraites-actuelles-0

    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/180123/moi-retraite

    https://www.youtube.com/watch?v=ylLmXRz5eTM



    • Cicéron Poincaré 19 janvier 2023 23:43

      @Décroissant
      Il vous a échappé que l’article évoque aussi une augmentation de la taxation des revenus du capital.
      Vous confondez le mot « alambiqué » avec le mot « équilibré ». L’idée de l’article est de demander un partage équilibré de l’effort.
      Ensuite, le niveau de vie n’est pas pas un calcul sorti du chapeau (notamment avec une prise en considération des unités de consommation). Je vous renvoie aux études de l’INSEE sur le sujet.


    • Décroissant 20 janvier 2023 17:08

      @Cicéron Poincaré

      J’ai surtout noté factuellement la disproportion (nombre de lignes) entre la place accordée à la taxation des revenus du capital (à peine esquissée) et celle consacrée à l’égoïsme supposé des retraités, tous mis dans le même sac. On sent bien que votre sujet sociétal n’était pas de changer de paradigme mais d’aménager celui-ci pour qu’il se perpétue. C’est un choix.

      Selon Wikipédia : Le niveau de vie fait référence à la qualité et quantité des biens et services qu’une personne ou une population entière peut s’approprier et est en lien avec ses revenus et son patrimoine.

      Je préfère cette définition à l’agrégat statistique de l’Insee (forcément arbitraire) qui fait l’impasse sur le patrimoine. Ayant passé ma vie professionnelle à manier des chiffres, j’ai appris à connaître l’importance prise par leur mise en valeur (ombre et lumière). A ce titre, la comparaison avec les autres systèmes européens, basés sur des équilibres différents, m’apparaît non significative : on ne peut à la fois s’enorgueillir d’un système de protection sociale à nul autre pareil, et déplorer sa spécificité, même si cela irrite Bruxelles qui n’a de cesse via les Gopé d’exiger que la France rentre dans le rang.

      A partir des déclarations provocatrices de Denis Kessler, agissant à la manière d’une prophétie autoréalisatrice, il est aussi permis de regimber et d’imaginer d’autres modes de financement que celui institué à l’origine, sachant que la robotisation, le numérique vont profondément modifier les conditions du travail de demain et ses équilibres financiers. Préempter la résolution des questions budgétaires de l’avenir avec les solutions d’hier apparaît peu imaginatif et peut-être prématuré.


      Face aux 600 milliards de dettes de la présidence Sarkozy et à un montant équivalent pour le « quoi qu’il en coûte » dû à la gestion du Covid et le bouclier tarifaire énergétique sous Macron, le déficit prévisionnel du régime des retraites n’appelle pas une telle urgence à légiférer, moins en tout cas que la dégradation catastrophique du système de santé ou du système éducatif, pour ne citer qu’eux.



    • Décroissant 20 janvier 2023 18:41

      Sur la rumeur qui court et se propage :

      - Edito sinueux de Serge Raffy qui s’appuie sur Marc Ferracci (député renaissance des Français de l’étranger/Suisse et Liechtenstein) grand bourgeois devant l’éternel et (Thierry Pech) Terra Nova pour instiller la suggestion d’un « juste partage de l’effort entre les générations » sans remettre en cause d’un iota le dogme  libéral :

      https://www.nouvelobs.com/chroniques/20230117.OBS68425/macron-l-homme-qui-aimait-les-vieux.html

      - Bis repetita avec Cecile Prieur qui avec le critère du niveau de vie « moyen » (quand nous faisons mieux que les autres en Europe, il convient impérativement de régresser) et en pointant le pourcentage du vote des retraités aux présidentielles, entonne la même antienne :

      https://www.nouvelobs.com/edito/20230118.OBS68467/une-retraite-decente-pour-tous.html

      - l’article de Jérémie Peltier / Fondation Jean Jaurès dans Marianne qui tente d’interpréter la difficulté des jeunes de se projeter dans l’avenir en un possible délitement du consentement à cotiser pour leurs aînés :

      https://www.marianne.net/agora/humeurs/reforme-des-retraites-vers-la-fin-du-consentement-des-jeunes-a-payer-pour-les-plus-ages

      Soit dans un cadre néo ou ultralibéral qu’il ne s’agit pas de remettre en question, sur le thème d’éviter une fracture générationnelle en devenir, la continuation d’une triangulation qui consiste à fracturer, diviser, opposer les uns aux autres pour mieux protéger une situation qui via les flux financiers voit les très riches s’enrichir toujours plus tandis que les classes moyennes s’appauvrissent (le ruissellement version Macron).

      Salauds de retraités !


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 20:17

      @Décroissant
      Merci pour le procès d’intention lié au nombre de lignes. C’est digne du procès de Moscou. J’ai cité les deux pistes en choisissant de développer celle qui est la moins évoquée. Ni plus, ni moins.
      Nous sommes d’accord sur certains points : il n’y avait pas d’urgence à légiférer+ il faut élargir l’assiette du financement de la branche vieillesse.
      Votre propos sur le niveau de vie vire au relativisme qui ne permet pas de raisonnements rigoureux.


    • Décroissant 21 janvier 2023 18:55

      @Cicéron Poincaré

      Stalinien, comme vous y allez ! En général on inventorie toutes les pistes de solutions avant éventuellement de s’attarder sur celles qui sont les moins évoquées.

      Ici, vous avez choisi de développer presque exclusivement une solution qualifiée d’équilibre qui rejoint celle prônée par Terra Nova (qui naguère préconisa l’abandon des classes populaires pour conquérir le pouvoir), soit un jeu à somme nulle (déshabiller Pierre pour habiller Paul) : on ne va pas demander à des énarques de sortir du cadre, la déshérence de nombreux secteurs publics comme le décrochage de l’économie française sont là pour en témoigner.

      J’ai effectivement une méfiance viscérale envers les indices composites qui ont été établis en pondérant certaines de leurs composantes, et plus encore envers la manière dont ils sont instrumentalisés.
      Rappelez-vous, en 2017, pour justifier l’augmentation de la csg sur les pensions de retraite, on a déjà invoqué sentencieusement ce différentiel de niveau de vie entre retraités et actifs : est-ce que ce prélèvement déjà présenté à l’époque comme une mesure de « justice sociale » a servi à augmenter celui des actifs, que nenni !

      Quelques chiffres à mettre en vis à vis : selon la Dress, la pension de retraite nette moyenne s’établissait à 1.393 euros en 2019 pour un salaire net moyen des actifs de 2.424 euros (selon l’Insee), soit un rapport de 57 %. Le seuil de pauvreté s’établissait à 1.026 euros alors que les Français estimaient qu’une personne seule devait disposer d’un revenu minimum de 1.760 euros pour vivre (https://www.lefigaro.fr/conjoncture/les-francais-estiment-qu-il-faut-1760-euros-par-mois-pour-vivre-20190906).


      Avant d’acquiescer implicitement aux préconisations du MEDEF -qui entend comme Elisabeth Borne maintenir les salaires (et les cotisations) au plus bas- comme les rats de laboratoire affolés de « Mon oncle d’Amérique », il me semble salubre d’essayer de s’extraire des schémas préconçus et de songer à refonder et à innover plutôt qu’à rafistoler.


    • Cicéron Poincaré 21 janvier 2023 22:12

      @Décroissant
      Si vous avez le temps, consultez « Mémoires d’un seigneur de la mondialisation » et vous verrez que je n’ai pas d’appétence pour le système économique actuel qui est parfois qualifié d’ultra libéral. Le libéralisme au sens d’A. Smith a l’intérêt de favoriser la responsabilité des individus. En ce sens, le système actuel n’est pas libéral mais oligarchique et de connivence (voir la gouvernance de certaines multinationales par exemple).


    • Décroissant 22 janvier 2023 13:20

      @Cicéron Poincaré
      Sur ce point nous nous accordons pleinement. Pour alléger, un ironique dictionnaire orwellien de la réforme des retraites : https://blogs.mediapart.fr/marugil/blog/210123/dictionnaire-de-la-reforme-des-retraites


  • LeMerou 20 janvier 2023 07:07

    @Cicéron Poincaré

    Bonjour,

    Violente diatribe envers les retraités et les vieux je trouve.

    « Un effort demandé aux seuls actif »
    C’est le principe même du système mis en place, Le jeune retraité que je suis, à « Payer » pendant plus de 42 ans ce système, qui si il peut paraître « injuste », ne le paraît plus une fois la barrière franchie. Ayant le sentiment d’avoir pleinement respecté ses devoirs et acquis ses droits. Qu’il a vu fondre au fur et à mesure des réformes qu’il a vécu pendant sa période de cotisation, alors que ces cotisations augmentaient pendant sa période d’activité.

    « Une absence d’équité entre les générations  »
    Je veux bien croire que c’est difficilement « entendable » parfois pour les actifs, l’ayant moi même vécu, Alors que le système en place est tout simplement extraordinaire et beaucoup nous l’envie, mais ne sont pas prêt à l’effort consenti. Pour ma part à 30 ans l’idée même de la retraite était à des années lumières de mes préoccupations.

    « Retraite par capitalisation »
    C’est un danger absolu, qui défavorisera les classes moyennes et populaires, aux carrières dorénavant hachées, qui auront vécues dans une sorte de « souffrance » financière toute leur vie, avec comme perspective une « retraite » encore plus dramatique.

    Votre diatribe véhicule aussi avec exagération moult idées reçues, notamment sur les cotisations des dits retraités, qui les acquittent plus ou moins en fonction de leur revenus. Nul doute qu’à partir d’un âge certain, le retraité commence à coûter à la société en frais de santé ! C’est ainsi. Rien ne m’agace plus que cet espèce d’adage « L’espérance de vie augmente » Oui, mais dans quel état ?

    « Les retraités papy-boomers ont été avantagé par l’histoire économique comme l’ont démontré les travaux précis de Louis Chauvel »
    Encore une personne qui voit ça de sa fenêtre, du fait de sa catégorie socio-professionnelle aisée. C’est très loin d’être le cas pour le monde « ouvrier », ce n’est pas parce qu’ils peuvent s’acheter une télé ou avoir une voiture, qu’ils sont avantagés par rapports aux générations d’avant.

    « Faire participer les retraités »
    Incroyable que l’ont puisse penser ça, cela va non seulement à l’encontre du système, mais serait la double peine pour les retraités actuels, ayant cotisés non pas pour eux, mais pour ceux qui étaient en retraite, et ils devraient « payer » pour ceux qui vont l’être ? Ces propos sont tenus par des gens d’un égoïsme outrancier, et machiavélique en plus.

    De toute façon une réforme des retraites, est toujours mal perçue et engendre des mouvements sociaux. Celle ci comme les autres.
    Pour ma part, je trouve qu’elle est « déviante » par rapport à l’idée initiale, d’un seul et unique régime, que l’ont soit dans le public ou non, cela m’aurait paru véritablement équitable. Tout le monde à la même enseigne si je puis dire, ça c’est de l’équité.
    L’Âge de départ à toujours été le point phare des contestations. Il aurait été souhaitable et plus compréhensible de « parler » uniquement de durée de cotisations, et de conditions de départ anticipé dû à la fameuse pénibilité uniquement physique. 

    Il n’est pas mis en exergue que ceux qui travaillent dans cette sorte de souffrance pénible malgré les progrès, sont ceux qui cotisent et n’en profite pas, du moins pas longtemps. Il est sûr que cela ne favoriserai pas le recrutement, qui irait dans ces métiers, sachant que votre fameuse « espérance de vie » n’est qu’une illusion mathématique.
    Tout ces gens, et ils sont nombreux auront cotisés toute leur vie professionnelle, certes peu, car ce sont les emplois les moins bien rémunérés, n’auront pas le retour sur investissement qu’ils sont en droit d’attendre, si je peux dire. 

    Il est à noter tout de même qu’elle apporte quelques progrès notables pour certains.

     Bon, il est clair aussi que dans cette réforme, des avantages de la « fonction publique » disparaissent, d’ou leur présence comme d’habitude dans les rues. Il est toujours amusant et navrant aussi de les entendre dire qu’ils combattent pour le privé, qui lui sera certes affecté, mais ne bénéficiant pas des mêmes « avantages », n’ayons pas peur de le dire. 


    • Lynwec 20 janvier 2023 08:40

      @LeMerou

      Vous insistez à raison sur les dangers de la retraite par capitalisation, porte ouverte sur les arnaques qui verront la retraite capitalisée espérée et réalisée avec efforts s’envoler en fumée car les dirigeants du fonds de pension auront un peu trop joué en bourse, ou disparaître dans un compte offshore quand au lieu de boursicoter, ils se barreront avec la caisse .

      Ajoutons à cette mise en garde justifiée des points qui font de cet article une embrouille à destination des distraits :

      -mettre tous les retraités, quel que soit le niveau de leur pension, dans le même sac des « nantis » .

      -laisser croire qu’ils ne font actuellement aucun effort alors que leurs pensions ont déjà été grignotées par l’inflation réelle (pas le bobard gouvernemental) et les différentes contributions sociales .

      -ressortir la tarte à la crème covidiste avec l’incertitude que les conséquences à long terme du covid (mais pas des injections expérimentales, hein, là, aucun risque...) laisserait planer sur l’équilibre des recettes .

      -se garder prudemment d’évoquer toute taxe sur les transactions financières alors qu’on sait pertinemment combien elles généreraient de financements pour ces fameuses retraites des « bouches inutiles »...

      Alors, effectivement, on peut penser en lisant l’article à une tentative de nous vendre u̶n̶ ̶p̶a̶n̶t̶a̶l̶o̶n̶ ̶à̶ ̶u̶n̶e̶ ̶j̶a̶m̶b̶e̶ une nouvelle forme de vampirisation venant s’ajouter à celles qui existent déjà et pressurent toujours les mêmes ...
      On notera qu’une fois encore, on nous assaisonne à la sauce « pour votre bien » (pour éviter les fractures...), bah oui, nous, les sans dents, nous ne sommes pas capables de juger de ce qui est notre bien...


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 11:35

      @LeMerou
      Bonjour,

      Je vous renvoie à un rapport du conseil des prélévements obligatoires qui précise que les retraités ont un régime fiscal avantageux.
      Plus généralement, votre réponse n’explique pas pourquoi des retraités qui ont un niveau de vie supérieur aux actifs sont dispensés d’efforts.
      Le débat est désormais mis sur la table :https://www.francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/vrai-ou-fake-reforme-des-retraites-les-baby-boomers-touchent-ils-deux-fois-plus-qu-ils-n-ont-cotise-pendant-leur-vie-active_5598344.html 


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 11:51

      @Lynwec
      Vous avez mal lu, l’article évoque une augmentation de la taxation des revenus du capital. 
      Au delà, votre stratégie est : la meilleure défense est l’attaque.
      Aucune réponse de votre part sur la question essentielle : pourquoi des retraités dont le niveau de vie est supérieur à celui des actifs sont dispensés d’efforts. Comme je l’ai dit dans une précédente réponse, les grands médias évoquent encore aujourd’hui la question : https://www.francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/vrai-ou-fake-reforme-des-retraites-les-baby-boomers-touchent-ils-deux-fois-plus-qu-ils-n-ont-cotise-pendant-leur-vie-active_5598344.html
      N’en déplaise à des personnes qui veulent laisser leurs dettes aux générations futures avec des arguments qui masquent mal leur égoisme.


    • Pierrot 20 janvier 2023 12:06

      @Cicéron Poincaré
      La question n’est pas le montant des prélèvements, mais l’argent qui reste pour vivre, alors que les pensions de retraite sont moins élevées que les salaires antérieurs.

      Le problème, c’est que vous mettez tous les retraités dans le même sac et les actifs désavantagés dans un autre, et que cela fausse complètement votre appréciation de la situation.

      Pour donner un exemple, mes parents à la retraite ont du mal à joindre les deux bouts et, contrairement à moi qui suis encore actif et en pleine capacité de gagner de l’argent, l’« avantage » fiscal dont ils bénéficient n’a absolument rien de superflu. Mais à vos yeux, cela doit forcément les faire passer pour des salauds de retraités privilégiés.


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 12:24

      @Pierrot
      Le moyennes permettent de dégager une tendance même si ensuite il faut affiner.
      Les retraités d’aujourd’hui ont un pouvoir d’achat supérieur à celui des retraités de demain (voir les rapports du COR) et à celui des actifs. Que proposez-vous sur le sujet sinon une inaction qui est une injustice.


    • Décroissant 20 janvier 2023 13:40

      @tashrin

      Il serait équitable de citer Lionel Ragot, co-auteur de l’article de 2016, qui introduit bon nombre de bémols a la punchline en citant les biais dont celui-ci :

      « Ces analyses ont toutefois un angle mort. Elles se basent sur des moyennes qui cachent des situations très disparates au sein d’une même classe d’âge, notamment des différences dues à la classe sociale. A 62 ans, 25% des 5% des hommes les plus pauvres sont déjà décédés. Ces personnes, aux revenus par définition très modestes, ont payé des cotisations durant leur vie active, mais ne pourront jamais profiter d’une retraite ».

      D’autant que les Boomers (terme détestable car la génération n’est pas homogène) sont en voie de disparition accélérée, et que tirer une loi générale d’un phénomène transitoire est une démarche quelque peu bancale.

      Il est à noter que depuis cette date (2016), les différentes mesures prises (blocage des pensions, indexation partielle sur l’inflation et augmentation de la csg) ont déjà opéré un rabotage quasi indifférencié sur l’ensemble des pensions. La mise a contribution des retraités les plus aisés évoquée n’est pas de mise dans une logique néolibérale !


    • zygzornifle zygzornifle 20 janvier 2023 14:15

      @tashrin

      11 millions de sous le seuil de pauvreté et dedans il y a énormément de retraités ....
      C’est vrai que quand on compte les retraites des anciens présidents, des députés, sénateurs, préfets, ambassadeurs et autres haut fonctionnaires la on peut le dire ....


    • lecoindubonsens lecoindubonsens 20 janvier 2023 14:25

      @Cicéron Poincaré
      « retraités qui ont un niveau de vie supérieur aux actifs »
      merci d’expliquer cette affirmation quand les retraités, qui pèsent 25% de la population (17M / 68M) ne se partagent que 14% de la richesse nationale (14% du PIB).


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 14:40

      @Décroissant
      Vous parlez de l’exception et l’on parle de la tendance générale.
      Par ailleurs votre argument renvoie à un autre sujet qui est l’inégalité sociale.
      Pour information, les différences de revenus sont moins importantes chez les retraités que chez les actifs.


    • Cicéron Poincaré 20 janvier 2023 14:44

      @zygzornifle
      Pour information le taux de pauvreté est plus important chez les jeunes que chez les retraités. Voir les chiffres de l’INSEE.


    • lecoindubonsens lecoindubonsens 20 janvier 2023 19:31

      @tashrin. Merci pour le débat, mais je pense que vous vous trompez de cible. Au lieu de combattre les « plus agés que vous », construisons ensemble vers un système équitable.
      Vous écrivez
      « les salaires sont ridiculement bas par rapport à ceux dont vous avez bénéficié »
      dans les années 60, nous devions consacrer 35% de nos salaires juste pour manger. Maintenant, vous consacrez 2 fois moins. Tout est relatif !
      https://www.europe1.fr/societe/quelle-part-de-leur-budget-les-francais-consacrent-ils-a-leur-alimentation-3393533

      Vous écrivez

      « cout de logement puisque vos maisons ont été payées par l’inflation et un immobilier accessible ». Vous oubliez que dans les années 70, les taux d’intéret pour acheter nos maisons étaient de plus de 12% annuel, récemment vos taux étaient proches de zéro. Avec des prix de l’immobilier qui grimpaient en flèche : adieu veaux vaches cochons si vous comptiez sur vos économies pour acheter quelque chose ...

      Vous écrivez

      que la forte inflation a été une chance pour nous, mais la même forte inflation qui vient une catastrophe pour vous ? Quelle est votre logique ? Tous les jeunes qui se sont endettés a taux « presque zéro » ces dernières années vont « se faire des c...es en or » avec l’inflation qui arrive

      Vous écrivez

      « salaires de misère » : ok sur ce point, certains (mais pas tous) ont effectivement un salaire insuffisant. OK pour revoir les grilles.

      Vous écrivez

      « cotisations démentielles ». La vraie répartition, c’est voir que seulement 24 millions de français produisent pour 68 millions de consommateurs. Ce n’est pas un problème en soi si ce nombre est suffisant pour produire assez, avec des conditions de travail acceptables. Mais effectivement, cela veut dire que chaque actif partage/donne une part de plus en plus grande de sa production. L’alternative c’est que les bébés produisent leur biberons, les lycéens/étudiants travaillent pour payer leur période d’études et que les seniors travaillent jusqu’à leur mort, est ce votre projet ?

      Vous écrivez

      « pas d’emploi » : ok avec vous, il faut mieux partager le travail entre français, alléger la charge de ceux qui sont en burn out et laisser travailler ceux qui sont au chomage. A vous de jouer, ce n’est pas un problème de retraités.

      Vous écrivez

      « les voitures neuves, c’est pas les actifs qui les achetent » : retraité, comme vous, je les trouve aussi excessivement chères, sans les acheter.

      Vous écrivez

      « Les plus fortes inégalités sont liées au patrimoine ». quoi de plus normal dans le fait qu’un « vieux » qui a travaillé bien plus longtemps qu’un jeune ait pu acquérir « un patrimoine », en échange de son travail. Que revendiquez vous ? le même patrimoine sans travailler, sans contrepartie vers les autres ?

      Allez réfléchissez et cohabitons dans le calme.


  • charlyposte charlyposte 20 janvier 2023 12:02

    Je propose un grand débat national 24 heures non-stop pour expliquer aux veaux de France, pourquoi vous la mettre est si important pour mon égo démesuré !!! hum smiley


  • charlyposte charlyposte 20 janvier 2023 12:26

    Je propose de taxer ceux qui ont moins de 40 ans et qui sont au R.S.A. smiley


  • zygzornifle zygzornifle 20 janvier 2023 14:11

    Le gouvernement veut faire travailler le mougeon contestataire plus longtemps, qu’il y ait de l’argent ou pas ils s’en fiche, travailler plus longtemps est une revanche des riches sur les pauvres ..... 


    • charlyposte charlyposte 20 janvier 2023 16:27

      @zygzornifle
      Les riches ne supportent plus de voir des prolos avec des BMW, des MERCÉDES et des KAWASAKI  smiley sans oublier les vacances à BORA BORA. en mode V.I.P...........etc..........


  • Caton 21 janvier 2023 07:49

    Très bon article

    Evidemment que cette réforme obéit à des motivations politiques. Sans le vote massif des séniors et encore plus massif des séniors aisés Macron n’aurait jamais été élu. Evidemment qu’en retour Macron cherche à faire passer un message et à sécuriser cet électorat.

    Bien entendu qu’il y a un problème : voici des salariés à qui on va demander de toujours plus travailler alors même que les carrières longues deviennent de plus en plus difficiles notamment dans l’industrie et avec des perspectives de montants de retraite toujours diminués. Et en plus comme l’a bien montré F. De Closets tout ceci est aussi la conséquence des choix politiques effectués par les boomers qui ont favorisé des politiques de la rente plutôt que celles du travail. (merci aux soixante-huitards). Bref on est les dindons d’une très mauvaise farce et oui il y a des générations qui vont être sacrifiées au seul bénéfice d’autres !


    • lecoindubonsens lecoindubonsens 21 janvier 2023 08:47

      @Caton
      Je peux sans doute me classer dans les soixante-huitards séniors aisés

      et NON
      pas voté pour E. Macron
      pas favorisé des politiques de la rente plutôt que celles du travail

       : au contraire, pour la suppression des dividendes et pour que le travail soit la seule source de revenus (mais bien sur que les travailleurs partagent équitablement la contrepartie de leur travail avec les jeunes (qu’ils ont été) et les seniors (qu’ils seront) = simple décalage du revenu dans le temps, donc normalement acceptable.
      Alors marre de lire ce type de critique, attention aux amalgames et aux généralisations inadaptées.


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