jeudi 30 juillet - par politzer

La Russie va gagner par KO ! Démonstation

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L’Union européenne face à la Russie : une impossibilité stratégique, militaire et sociopolitique

Analyse croisée des thèses de Steve Jermy et des dynamiques populaires européennes

 Introduction

Depuis 2022, une partie du discours politique européen évoque la possibilité d’un affrontement direct avec la Russie. Pour certains stratèges, l’Europe doit se préparer à une guerre de haute intensité. Pour d’autres, cette idée relève de la fiction.

Parmi les voix les plus critiques, l’ancien commodore britannique Steve Jermy affirme que l’UE ne pourrait pas résister à une riposte russe si elle engageait une opération militaire profonde contre la Russie. Son analyse est sévère, mais elle reste essentiellement militaire.

Or, un facteur décisif manque dans son raisonnement : les peuples européens eux mêmes. La défiance envers les dirigeants, la fatigue politique, et la perception ambivalente de la Russie rendent toute guerre non seulement difficile à gagner, mais impossible à soutenir.

Cette analyse combine donc :

  • la perspective militaire de Jermy,

  • et la dimension sociopolitique : les peuples européens ne suivraient pas.

I. Les limites militaires structurelles de l’Union européenne

Ce que dit Steve Jermy, et ce que confirment les milieux militaires occidentaux

a. Une défense anti missile insuffisante

L’UE ne dispose pas d’un système intégré capable d’arrêter :

  • les missiles balistiques russes,

  • les missiles hypersoniques,

  • les salves massives de drones longue portée.

Les bases aériennes, les ports, les infrastructures énergétiques seraient vulnérables dès les premières heures.

b. Une industrie militaire incapable de soutenir une guerre longue

La Russie produit aujourd’hui :

  • plus d’artillerie,

  • plus de munitions,

  • plus de drones,

  • plus de blindés que l’ensemble de l’UE.

Les armées européennes sont conçues pour des opérations expéditionnaires, pas pour une guerre totale.

c. Une dépendance totale aux États Unis

Sans les USA, l’UE manque :

  • de logistique,

  • de satellites militaires,

  • de capacités de transport stratégique,

  • de stocks de munitions,

  • de commandement intégré.

Jermy affirme que l’Europe ne peut pas mener une guerre de haute intensité seule. Les militaires européens, en privé, confirment ce diagnostic.

d. Une riposte russe serait massive et rapide

Dans le scénario de Jermy :

  • les infrastructures critiques européennes seraient frappées immédiatement,

  • les armées seraient désorganisées,

  • les capacités aériennes neutralisées,

  • les chaînes logistiques paralysées.

L’UE serait contrainte de négocier rapidement.

II. La dimension sociopolitique : le facteur que Jermy ne traite pas

Pourquoi les peuples européens rendent la guerre impossible avant même qu’elle commence

a. Une défiance populaire massive envers les dirigeants

Les enquêtes européennes montrent :

  • une confiance dans les gouvernements autour de 20–30 %,

  • une confiance dans les partis politiques autour de 10–15 %,

  • une défiance croissante envers les institutions européennes.

Une guerre exige un pouvoir légitime. L’UE ne l’a pas.

b. Une faible adhésion à l’idée d’un conflit contre la Russie

Les populations européennes :

  • ne veulent pas de conscription,

  • ne veulent pas de sacrifices économiques,

  • ne veulent pas de pertes massives,

  • ne veulent pas d’une escalade nucléaire.

Les dirigeants peuvent parler de “résilience”, mais les peuples n’en veulent pas.

c. Une perception ambivalente de la Russie et de Poutine

Ce point est sensible, mais réel :

  • une partie des classes populaires voit Poutine comme un dirigeant “fort”,

  • une partie de la droite radicale le voit comme un rempart contre le progressisme,

  • une partie de la gauche anti OTAN le voit comme un contre poids à l’hégémonie américaine.

Ce n’est pas une adhésion à la Russie, mais une projection politique.

Dans un conflit frontal, cette sympathie deviendrait un facteur de dissidence intérieure.

d. Une société européenne incapable de supporter une guerre totale

Une guerre de haute intensité provoquerait :

  • des coupures d’énergie,

  • des destructions d’infrastructures,

  • des pertes militaires importantes,

  • des ruptures économiques,

  • des tensions sociales majeures.

Les peuples européens n’accepteraient pas cela. La guerre serait perdue politiquement avant d’être perdue militairement.

III. Synthèse : une guerre impossible à gagner, impossible à soutenir

a. Militairement : l’UE ne peut pas vaincre la Russie

Selon Jermy :

  • capacités insuffisantes,

  • vulnérabilité structurelle,

  • dépendance aux USA,

  • absence de défense anti missile.

b. Sociopolitiquement : l’UE ne peut pas entrer en guerre

Selon l'analyse socio-politique :

  • les peuples ne suivraient pas,

  • les dirigeants sont délégitimés,

  • la société est fracturée,

  • la perception de la Russie est ambivalente.

IV. Conclusion générale

Même si l’UE avait les moyens militaires (ce qu’elle n’a pas), elle n’aurait pas la cohésion sociale, ni la légitimité politique, ni l’adhésion populaire nécessaires pour mener une guerre totale.

L’Europe ne peut ni gagner la guerre, ni même l’ouvrir.

 Conclusion

L’analyse de Steve Jermy est sévère, mais elle reste militaire, s y ajoute la dimension sociopolitique, qui est décisive.

En combinant les deux, on obtient une conclusion claire : une guerre profonde entre l’UE et la Russie est une impossibilité stratégique totale.

 



15 réactions


  • sylvain sylvain 30 juillet 18:40

    C’est juste pas d’actualite, l’Ukraine semble pas avoir besoin de l’UE pour s’en sortir. Ils reprennent du terrain, isolent la Crimee, defoncent la flotte russe et frappe son territoire, et notamment ses structures industrielles, en profondeur. Autant pour la demonstation


    • Krokodilo Krokodilo 30 juillet 20:00

      @sylvain

      sans le soutien occidental massif, le régime de Kiev s’effondrerait rapidement. Ils bénéficient de la formation, du financement des affaires courantes de l’Etat, du financement des munitions, des armes de tous types, de Starlink, de la formation, du ciblage (repérage et coordonnées des cibles), d’un Etat-major conjoint en Pologne qui participe à la stratégie, de partenariats d’entreprises d’armement, des sanctions occidentales contre la Russie et, au cas par cas, des autorisations de tirs de missiles longue portée. Excusez du peu !


    • pemile pemile 30 juillet 20:07

      @Krokodilo «  et, au cas par cas, des autorisations de tirs de missiles longue portée »

      Les seuls missiles longue portée tirés par l’Ukraine sont fabriqués en Ukraine.


    • sylvain sylvain 30 juillet 21:12

      @Krokodilo

      C’est sur. En meme temps, sans la Chine la Russie se serait aussi effondree economiquement


    • berry 31 juillet 05:47

      @sylvain

      En retour, les russes ont bombardé les navires et les ports ukrainiens de la Mer Noire et l’Ukraine n’a plus d’accès à la mer. La Russie a aussi détruit des centaines de stations services dans l’Est du pays.

      Il reste à voir qui craquera le premier.


    • mursili mursili 31 juillet 08:31

      @sylvain

      Vous prenez vos désirs pour des réalités. Entre deux délires poutinophobes prenez le temps de vous renseigner sur la conscription forcée (busification, Бусифікація) et sur la résistance de la population ukrainienne à ces pratiques. Les Ukrainiens ont de moins en moins envie de mourir pour Zelensky dans une guerre évidemment perdue.


  • Goldo Du Goldo Du 30 juillet 19:22

    Les rouges bruns tremblent et font de leurs désirs devenus tellement improbables des réalités !


  • Krokodilo Krokodilo 30 juillet 19:55

    « L’Europe ne peut ni gagner la guerre, ni même l’ouvrir. » En somme, quand on peut pas ouvrir une guerre, on ferme sa gueule...


    • Fergus Fergus 31 juillet 08:33

      Bonjour, Krokodilo

      Même chose pour la Russie qui encourait un effondrement dont elle mettrait des décennies à se remettre !


    • Fergus Fergus 31 juillet 08:40

      Ajoutons qu’aux plans militaire et économique, il y aurait beaucoup plus de cibles à toucher, et à fortiori à détruire, dans l’UE par les Russes qu’en Russie par les Européens.

      Et comme l’a souligné un intervenant, sans le soutien de la Chine, la Russie serait en grande difficulté.

      La réalité est que l’on ne voit pas la Chine suivre la Russie en cas de confrontation avec l’UE. D’autant moins qu’une débâcle de la Russie lui permettrait d’étendre son influence sur les états asiatiques de la Fédération.


  • Rinbeau Rinbeau 31 juillet 01:07

    Ce qui garantissait la toute puissance de l’occident.. C’était la création monétaire illimitée de la dynastie Rothschild imposée à la planète entière.. Après la livre sterling, ces banquiers ont choisi le dollars comme monnaie prédatrice.. Aujourd’hui plusieurs pays leur conteste ce privilège absolu dont la Russie sur laquelle les Anglo-Saxons Rothschild se cassent les dents depuis 1917.. Pour dissuader la montée en puissance de toute autre monnaie concurrente cette ploutocratie bancaire Anglo-Saxonne utilise depuis toujours la force.. Mais dans le cas présent elle ne peut plus le faire directement sans prendre le risque d’une apocalypse nucléaire.. Elle utilise donc l’Ukraine comme proxy.. En désespoir de cause.. Tout en sachant au fond que la partie ce coup-ci est perdue.. Car une haine profonde s’élève de partout contre cette puissance déchue.


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 31 juillet 07:12

    LA Russie n’a aucun choix, L’Iran non plus, nous non plus en fait, certains disent que sans Poutine le très modéré et un peu européiste l’affaire serait déjà dans le sac...

    je pense que oui.

    Dans la vie courante quand on rencontre un tel « bully » , les usionistes ( L’UE est leur propriété) la confrontation jusqu’au bout est inévitable, sinon c’est soumission, violence, meurtres de masse comme à gaza , Liban etc et tout un tas de saloperies envers sa propre personne.

    Mème chose en plus grand pour un large groupe , un état etc

    LA Russie ne peut pas perdre au vu de son arsenal, elle essaye de ne pas aller trop loin..

    mais si l’option nucléaire qui me semble inévitable arrive, ce sera sous peu, et bien nous serons la xieme civilisation à être éliminé..

    ce qui en même temps est le but non perçu de chacun d’entre nous qui en voulant plus donc la compétition donc le combat entre tous , la compétition élimine, rendons tout ceci non seulement possible pais certains, but finale de toute compétition

    il en reste un seul qui règne sur les décombres..

    l’humain est un parfait crétin, une erreur auto créé par choix..il y a des milliers d’années.

    Dommage, vivre est le seul miracle mais nous ne le sommes pas , vivant, juste zombifiés. mon fils handicapé me dit tous les jours : j’adore la vie, mais il ne parle pas de la vie des humains, de la Vie elle même.

    il voit juste..

    mes respects ..


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 31 juillet 07:22

      @Julian Dalrimple-sikes

      Mais oui votre titre semble juste, non pas par partisanerie mais factuellement, même chose en Iran puis partout, le règne des esclavagistes se finit ..ils ont eu leur temps.. quand je pense que pour eux il suffisait que ils continuent à se cacher de la masse qui ne comprends rien, pour continuer à nous voler avec notre accord, mais dans cette démarche même dans le plus du plus ne sera jamais suffisante car il s’agit de démence profonde, donc même en possédant tout ils continueraient, puis s’ auto détruiraient entre eux..

      démence qui s’appuie, entre autre, sur le refus que naître = mourir..or c’est un absolu..

      quel projet de mort n’est t’il pas ?

      l’humain, nous, est dans une explosion destruction atomique lente..

      rien ne dit de la suite si survivants il y aura, car la masse comme le truand au sommet ne comprend quasiment rien du tout au fond, qui ramène à chacun or chacun aux yeux du même chacun est parfait donc rien à changer , c’est tout qui doit changer sauf moi, pour me servir MOA bien surpas plus que les truands au sommet..


  • Phil 31 juillet 08:41

    bonjour, Intéressant, merci, en complément si je puis me permettre : https://lesakerfrancophone.fr/pleure-plus-et-plus-fort-un-audit-de-laffirmation-la-russie-est-en-train-de-perdre

    Extrait : "La Russie ne peut pas perdre par des moyens conventionnels contre la coalition occidentale actuelle. La trajectoire du champ de bataille est russo-positive.

    La comparaison des forces militaires favorise la Russie en termes de capacité de combat déployable. La comparaison économique favorise la Russie dans la durabilité de l’effort de guerre.

    Le facteur chinois rend l’annihilation russe stratégiquement intolérable pour le partenaire multipolaire principal qui a les ressources pour l’empêcher.

    Ce que la Russie peut encore perdre, c’est la position stratégique à moyen terme par rapport au réarmement européen, si la patience russe continue d’absorber l’escalade occidentale plutôt que d’imposer des coûts à la base de la production occidentale.

    C’est l’incertitude honnête de l’analyse. La Russie ne peut pas être anéantie. Mais la Russie peut être progressivement dégradée si elle n’impose pas des coûts, comme le fait l’Iran, qui est l’élément manquant de la posture stratégique russe. La détermination dépend de choix russes qui n’ont pas encore été faits."


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