mardi 27 mars 2012 - par CHALOT

La solidarité avec nos aînés : un enjeu social et humain

« Le vieux espère, il a encore le droit de rêver qu'il va être respecté et écouté, que ses cheveux blancs seront honorés, sa marche aidée, ses douleurs soulagées. C'est le devoir des suivants. »

Voici une phrase forte tirée du livre « Le syndrome du glissement ».

Il reste encore beaucoup à faire : transformer totalement les maisons de retraites, les rendre toutes humaines et accessibles, créer les conditions pour que les personnes âgées soient accompagnées et qu'elles puissent le plus longtemps possible vivre chez elles et disposer d'un environnement social et humain permettant d'éviter leur isolement.

L'autonomie c'est un droit ! C'est ce qu'affirme le CLIC, centre social d'information et de coordination. Les familles informées peuvent demander l'intervention de professionnels, aidants et TISF , infirmiers....

Parallèlement à l'intervention de professionnels formés, des bénévoles peuvent, eux aussi mener des actions de solidarité comme le transport solidaire ou le parrainage des anciens.

Comme me l'a bien expliqué un bénévole qui agit sur ma commune, à Vaux le Pénil : « Ce n'est pas moi qui apporte, les relations nouées avec les personnes âgées sont pleines de promesses tenues avec des moments forts partagés.

Les bouches commencent à s'ouvrir sur les détresses de certaines personnes âgées et le monde bouge, pas assez mais il bouge.

Il y a tellement à faire ! Oui eh bien faisons le !

Le livre d'Elisabeth Laureau Doll constitue une contribution majeure pour notre réflexion.

 

« Le syndrome de glissement »

roman d’Élisabeth Laureau-Daull

Éditions Arléa

185 pages

18 €

janvier 2012


 

Émouvant et tellement authentique

C'est le premier roman de cette écrivaine...Pour un coup d'essai c'est un coup de maître.

Le lecteur ne sort pas indemne et d'ailleurs, s'il est comme moi il ne peut pas interrompre sa lecture.

Julienne qui vient de « fêter » ses quatre vingts cinq ans dans la maison de retraite qu'elle a rejointe, se remémore son existence et s'interroge sur ce glissement, cette salle d'attente.

Les pensionnaires de cette maison de « retraite » ne sont pas physiquement maltraités.... L'inacceptable, l'intolérable ce n'est pas seulement les violences physiques qui ont défrayé la chronique mais les petites violences psychologiques de tous les jours.

Le vieux qui perd son identité, qui est devenu la mémé, qui doit manger à 18 heures du soir et qu'on colle devant la télévision.

Julienne cherche à rencontrer et à faire parler ses « collègues ». Chacune et chacun se raconte dans le cadre de groupes de paroles ou de mensonges, mais qu'importe. Elles n'ont plus 80, 90 ans ou plus jusqu'au moment où, interrompues par la « surveillante », elles sont dégrisées... »Elles ont réintégré leurs corps de vieille ».

Tout est réglé, contrôlé au millimètre dans ces maisons et gare au contrevenant qui bouge l'ordre établi

Les vieux sont là pour glisser tout doucement, pour perdre leurs repères, oublier leur toilette... C'est vraiment cela que la société réserve à ses aînés !.

Le roman vous prend aux tripes et avec une finesse d'écriture, l'auteure nous fait partager son inquiétude, sa colère ….

C'est la vérité qui sort de la bouche de ces anciens qui livrent leur réflexion sur la vie et leur regard :

« Je ne reconnais pas mes enfants....Ils sont ridés, bedonnants et blanchis. Moi j'ai fait des bébés ronds et roses, je vous le garantis. Le pire de la vieillesse, c’est ça, c'est la décrépitude de ses enfants. »

Accrochez vous s'il le faut mais lisez ce livre qui traite d'une question essentielle pour nous, nos proches, pour tous, celle du sort que la société réserve encore à ses aînés.

Oui, je sais on a fait des progrès mais ne doit-on pas encore réfléchir et agir afin de faire que le quatrième, voire le cinquième âge se passe le mieux possible pour ceux qu'on a aimé et qu'on aime tant !
 

Jean-François Chalot
 



13 réactions



  • chalot...chalut

    le mot solidarité a été effacé de la langue francaise...par nos gouvernants jacobins...

    il est dorénavant remplacé par « intéret » ou « apa » ou encore« cynisme »

    solidarité dans leurs partis de MAFIEUX COMME A L UMP...OUI ............................................
     DES CHAROGNARDS (VOIR TOULOUSE....°)


  • cevennevive cevennevive 27 mars 2012 10:17

    Crépuscule...

     

    Nous aurons des matins de trop vive lumière

    Que nous cacherons de la main

    Le soleil au levant n’y paraîtra demain

    Que si nous lui faisons prière.

    Les midis seront clairs, bien trop clairs à nos yeux,

    Sur eux, tirerons les volets,

    Enfermant nos envies. C’est cela être vieux,

    Ne vibrer qu’aux couleurs du passé.

    Et les paupières closes, revivrons tous ces jours

    De jeunes corps, de fraîche haleine.

    Referons à l’envers les chemins de l’amour,

    Disant la joie, taisant la peine.

    Tous ces après-midi à l’orée du sommeil,

    A cheval sur le temps présent,

    Avec seul mouvement le tic-tac du réveil,

    Nous mèneront au soir des ans.

    Nos yeux n’auront plus mal sous la vive lumière,

    Quand nous irons sur le chemin.

    Le soleil, au couchant, malgré notre prière,

    Ne nous reviendra pas demain..

    Et là, n’aurons plus peur de la nuit et des heures,

    En cheminant sur le chemin.

    Plus rien n’existera, ni bonheur, ni malheur

    Ni te temps, ni les lendemains...

    Danielle POLGE - 1989

    -------------------------

    Bonjour Chalot,

    Nous oublions tous que nous serons vieux un jour... Merci de nous le rappeler.

    Cordialement.


  • iris 27 mars 2012 10:24

    avec l’allongement des trimestres de retraites- du chomage et de l’accroissement de la mobilité on ne peut mème pas accompagner la vieillesse de ses parents !!
    et l’hopital et maisons de retraite n’ont pas assez de personnel et traitent souvent la peronne comme un objet-on ne dit rien à la famille-aucune humanité et renseignements donnés -il faut prendre rv etcc toute une procédure lourde et hiérarchisée....
    et c’est tout un patacaisse pour que l’offre d’aide et déplacement soient vraiment adapté aux personnes agées -et pourtant il ya assistantes sociales conseillers etcc..
    peut etre passent tils + de tps à remplir formulaires et sur internet que sur le terrain-peut etre sont t ils pas assez nombreux aussi-
    en tout cas c’est dur d’etre vieux à notre époque !!


  • PascalR 27 mars 2012 10:36

    Il ne faudrait quand même pas forcer l’exagération, car la France n’est pas dernière en matière de social, loin s’en faut.
    N’oublions pas aussi que nos vieux font l’objet d’un immonde business, et que le quotidien de nombre d’entre nous ne nous motive pas toujours à nous occuper de nos parents vieillisants, faute de moyens, de temps et de courage.
    Déjà, si les maisons de retraite n’étaient pas une manne pour les requins de la finance (effectivement, c’est un placement très rentable), mais simplement gérées de façon raisonnée par des associations, des communes ou autre système solidaire, comme cela existe parfois en France, les choses s’amélioreraient nettement.
    Et n’oublions pas également combien de nos vieux sont artificiellement maintenus en vie par un bourrage de médicaments ou toutes sortes d’opérations médicales, pour le plus grand bonheur de la mafia pharmaceutiques et médicale, mais avec l’aimable complicité de nos vieux et de nous-mêmes qui avons si peur de basculer un jour de l’autre côté.
    Alors que faire ?


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 27 mars 2012 10:53

      Exact : les vieux font l’objet d’un immonde business. Et les jeunes ? Et les enfants ? Et les clients solvables auxquels on propose un tas de gadgets plus ou moins utiles ?


      Mais laisser mourir les vieux sans les soigner au prétexte de ne pas enrichir les labos pharmaceutiques, cela rappelle l’eugénisme d’Alexis Carrell et d’Adolf, grand ami des chiens...

    • foufouille foufouille 27 mars 2012 11:03

      "Mais laisser mourir les vieux sans les soigner au prétexte de ne pas enrichir les labos pharmaceutiques, cela rappelle l’eugénisme d’Alexis Carrell et d’Adolf, grand ami des chiens..."
      ouais
      ensuite on passe a l’etape suivante ........


    • cevennevive cevennevive 27 mars 2012 11:16

      Oui Monsieur Mourot,

      Les maisons de retraite sont parfois des mouroirs. Mais pas toutes...

      Et puis, ne peut-on imaginer que les vieux puissent rester dans leur maison jusqu’au bout ? Ne serait-ce pas cela le bien vivre et le bien mourir ?

      Il y a toute un choix de commodités pour assister, aider au quotidien. Malheureusement, les institutions préfèrent rassembler les vieux dans des établissements. C’est plus « commode », moins onéreux, et plus « gratifiant » pour l’égo. On dit « là au moins, il (le vieux) est soigné, lavé, surveillé... »

      Et il devient comptablement un lit, une chambre, un malade, avec tant de draps, tant de couches, tant de nourriture, tant de médicaments... Que reste-t-il de la personne, de son passé, de ses souvenirs ?

      De plus, médicaliser la vieillesse à outrance est une bêtise si la seule maladie de la personne est justement la vieillesse... L’on ne médicalise que s’il y a réellement maladie ou souffrance.

      Cordialement.

       


  • PascalR 27 mars 2012 11:12

    Décidément, vous avez l’art de détourner les mots vers des extrêmes que je n’ai même pas envisagés.
    Eugénisme vous dites ?
    Alors jusqu’à la découverte de la pénicilline, l’humanité pratiquait l’eugénisme laissant les vieux mourir de leur belle mort.
    De la poule ou de l’oeuf, qui engendre l’autre ?
    Je ne dis pas qu’il ne faut pas soigner les vieux, mais de là à les mettre en survie chimiquement, où est la frontière ?
    Et demain on découvre la substance de l’éternité, imaginez le merdier que deviendra notre monde ...


    • foufouille foufouille 27 mars 2012 11:48

      « Et demain on découvre la substance de l’éternité, imaginez le merdier que deviendra notre monde ... »
      faut pas rever
      ca serait reserve aux plus riches


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 27 mars 2012 15:19

    « médicaliser la vieillesse à outrance est une bêtise »

    Tout à fait d’accord, mais il ne fallait pas écrire :
    « Et n’oublions pas également combien de nos vieux sont artificiellement maintenus en vie par un bourrage de médicaments ou toutes sortes d’opérations médicales, pour le plus grand bonheur de la mafia pharmaceutiques et médicale, mais avec l’aimable complicité de nos vieux et de nous-mêmes »

    Il faut bannir l’acharnement thérapeutique et l’abrutissement des vieillards par les calmants pour la tranquillité du personnel d’encadrement... Mais il est vrai que les « vieux » coutent cher ! Heureusement que l’on n’a pas encore mis sur le marché une pilule de vie éternelle, remboursée par la Sécu !


  • CHALOT CHALOT 27 mars 2012 16:42

    Il y a aussi une question importante c’est l’inégalité entre les personnes âgées informées et soutenues et les autres...
    Beaucoup de familles ne savent qu’existent des dispositifs d’aides et d’accompagnement à domicile.
    Su r ce que tu as écrit Jean et qui recoupe d’ailleurs ce qu’on trouve dans le livre : comment peut-on tolérer que pour être tranquilles on puisse mettre des couches à des personnes qui ne sont pas incontinentes. C’est ce qui se passe lors des hospitalisations et dans des maisons de retraite.
    C’est ainsi que l’on accélère le glissement .


  • lulupipistrelle 27 mars 2012 23:44

    Un peu de lumière , sur ce sujet grave, mais pas désespéré... puisqu’au moins on en parle :


    - à Nice le foyer Saint Dominique, qui est mi une maison de convalescence, mi une maison de retraite, organise toutes les semaines des sorties pour ses pensionnaires qui sont emmenés en bus au Conservatoire pour assister aux concerts gratuits de la Fondation Kosma... Et voilà comment des personnes simples découvrent la Musique, et deviennent avec le temps un public de connaisseurs... 

    D’autres maisons de retraites ont emboîté le pas... et tous les Lundi, voilà des gens qui se retrouvent très à l’avance dans le grand hall du Conservatoire, pour discuter, s’informer... 


    Les enfants, qui connaissent de vue ce public assidu, finissent par nouer des relations avec...

    Il parait que maintenant la ville organise aussi des matinées théatrales... 

    Ce foyer n’est pas une structure de luxe... J’ignore son organigramme exact, mais il fait quasiment partie du service public... des Associations (par exemple l’Albatros=accompagnement aux personne en fin de vie) y ont leur siège...

    • lulupipistrelle 28 mars 2012 02:18

      PS : c’est ma fille de 13 ans qui m’a raconté tout ça... Preuve que les enfants ne sont pas indifférents aux personnes âgées ...


      Je ne suis pas absolument certaine que la maison de retraite...soit réellement celle concernée... on peut imaginer que c’est un souhait inconscient de ma fille, parce que le foyer en question est l’institution la plus visible dans le voisinage...

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