samedi 2 septembre - par rosemar

La traverse Mistral !

La traverse Mistral ! Ce seul nom fait rêver, un nom du sud, forcément, un nom désignant un vent tempétueux qui souffle sur la Provence, emporte tout sur son passage, un vent qui chasse les nuages et fait un ciel lumineux...
 
Dans le petit village de l'Estaque, cette rue portait bien son nom : elle était raide, abrupte, elle montait vivement vers les collines environnantes, elle se hissait vers des hauteurs, elle promettait des découvertes...
 
Il faut imaginer une ruelle étroite, coincée entre deux murs, des passages obscurs, des escaliers qui ponctuaient la montée...
 
La traverse Mistral était le lieu de tous les mystères, coincée entre deux murailles, elle offrait aux passants discrétion et secret.
Lieu de rendez-vous des enfants qui jouaient à se cacher, la traverse Mistral permettait de vivre des aventures : on aimait son obscurité, on la redoutait, aussi...
 
On pouvait imaginer toutes sortes de défis dans ce lieu pentu qui offrait ses escarpements.


 
Des amoureux s'y retrouvaient pour vivre leurs premiers émois, ils suscitaient la curiosité des enfants, avides de sensations et d'histoires croustillantes.
 
La forte pente de la rue permettait une vue magnifique sur la mer, un belvédère promis à tous ceux qui en faisaient l'ascension.
 
On avait, alors, sous les yeux, toute la baie de l'Estaque, les toits des maisons aux teintes éclatantes, la Méditerranée et ses replis de vagues infinis, le viaduc et ses arches harmonieuses.
 
La rue serpente encore entre les murs des jardins : elle est restée intacte, elle a été préservée telle qu'elle était autrefois, avec ses recoins, ses mystères.
Il est, ainsi, des lieux qui restent immuables, des lieux cachés, souvent, que la modernité n'atteint pas.
 
La traverse Mistral évoque, pour moi, des lieux de mon enfance : le nom me parle du sud, il me fait entendre l'accent de Marseille, des mots savoureux, aux sonorités chantantes, le parler de Provence...

 
Je revois le port de l'Estaque, les pointus, les pêcheurs qui s'affairaient sur le port, je m'enivre de senteurs marines, je goûte au bonheur d'une promenade sur le bord de mer...
 
La traverse Mistral a des tonalités pleines de poésie : elle suggère un chemin de traverse, des tempêtes de vents, des mugissements impétueux...
 
Le mot "mistral" lui-même résonne d'éclats : labiale "m", sifflante "s", dentale "t", gutturale "r", il nous fait entendre les échos du vent qui siffle dans les branches, qui s'engouffre dans les ruelles.
 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2017/08/la-traverse-mistral.html
 
Photos : Christelle



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