vendredi 21 novembre 2025 - par Jules Seyes

Le cas Pétain, chef-d’œuvre de mauvaise polémique

Nous avons eu, une fois de plus, un de ces pseudos débats dans lesquels chacun transforme l’histoire en champ clos pour mettre en valeur ses marqueurs idéologiques. Cette fois-ci au sujet d’une messe à la mémoire de Philippe Pétain.

 

Comme souvent avec les mémoires à vif, il se trouve moult individus pour semer du sel sur les plaies. La période 1940-1944 est propice à ces bagarres tant la France ne s’est pas remise de la défaite de 1940 qui a annulé le bénéfice de la victoire de 1914-1918.

Pétain traverse les trois sujets, faut-il s’étonner que cette mémoire soit difficile ?

Nous commencerons par la partie facile : la naissance du vieillard plein de ressentiment, celle d’avant Verdun. Pétain est un officier reconnu pour son intelligence, mais mal vu. Il souffre d’une insuffisance de soutien politique dans une république fragile (les textes d’organisation sont passés avec une marge extrêmement faible), qui redoute le retour d’un général Boulanger. Pétain reste colonel sans accéder à la reconnaissance des étoiles d’officier général. Cette discrimination réelle et injuste nouera la tragédie ultérieure.

Dans les premiers combats de 1914, la pensée tactique de Pétain, son fameux : « Le feu tue » s’avère adaptée aux enjeux de l’époque. Il combat, bien. Sa division, puis son corps d’armée ralentissent les Allemands par des combinaisons de feux efficaces. Sans le glorifier, on peut constater qu’il fait son travail correctement et qu’il avait bien analysé les enjeux de son temps.

Dans ces conditions, au moment où le limogeage de Joffre dégarnit les rangs des officiers généraux, Pétain est rapidement promu et jouit d’une réputation flatteuse.

Arrive Verdun, le général Hertz submergé, le général de Castelnau se charge de prendre les décisions d’urgence. Malgré la volonté du QG de préserver les réserves pour l’offensive à venir sur la Somme, de Castelnau décide d’engager le XXe corps l’un des meilleurs de l’armée française.

Il avait anticipé l’offensive et préparé les mesures pour commencer à structurer le secteur. De Castelnau impose Pétain et lui confie le capitaine Doumenc, le père de la voie sacrée. Grâce à cette noria automobile, la place de Verdun sera approvisionnée et il sera possible d’assurer la rotation des troupes vitale pour les rendre capables d’endurer la sévérité de l’offensive allemande.

Vite arrivé, Pétain est aussi vite parti et il demeure seulement deux mois à Verdun. Son pessimisme sera jugé insupportable par ses supérieurs lassés de ses constantes demandes de renforts au moment où l’armée prépare l’offensive de la Somme. Son successeur, Nivelle, se chargera de finir de stabiliser et d’organiser les contre-attaques.

La participation de Pétain à Verdun, si elle n’est pas totalement négligeable, reste cependant mineure. En 1917, pour les Français, le vainqueur de Verdun, c’est Nivelle et non Pétain.

Dès lors, pourquoi cette légende de Pétain, vainqueur de Verdun ? Il y a, bien sûr, l’échec de Nivelle au chemin des dames. Il fallait un front pur, ou du moins acceptable pour recevoir la couronne de Verdun a posteriori. Pétain la recevra, elle lui offre une légende bien utile au moment où il faut restructurer l’armée française fragilisée au point de subir des mutineries.

Second aspect, le gouvernement désire se débarrasser de Joffre. La presse est donc priée de faire briller des personnalités alternatives. Pétain, considéré comme acceptable, fit partie des candidats poussés par le monde politique. L’intrigue n’avait pas que des liens avec les résultats au front.

Là réside le ″mystère″ Pétain. La France a perdu un million et demi des siens au cours de cette guerre et, après la victoire, l’enjeu émotionnel fut immense. Rien ne devait compromettre l’image glorieuse et Pétain bénéficia de cet effet.

À cette gloire s’oppose l’infamie ! Celle de la capitulation et de la collaboration entre 1940 et 1944. Le vieillard de Sigmaringen, récupéré en Allemagne puis ramené en France pour être jugé et condamné. Son avocat, maître Isorni, pointa l’infamie d’un tribunal où, dans les emportements de la libération, un procès fut organisé. Pire, juges et procureurs avaient, sous Vichy, prêté serment à Pétain avant de le juger en violation de tous les principes d’impartialité. Eux aussi devaient faire oublier leur résistance à géométrie variable. Le chef de Vichy, tout comme son chef de gouvernement, formait ce que l’on nomme au sens girardien du terme des boucs émissaires parfait.

Difficile de prétendre à la vertu après une telle condamnation et le général de Gaulle décida, en conscience, de commuer la peine de mort en détention à perpétuité. Ce jugement, fondé sur une politique de collaboration souvent assumée avec l’occupant allemand, avait l’avantage de diluer les autres responsabilités. Les conditions permirent à certains nostalgiques d’un ordre nazi de trouver dans cette cause mal condamnée un drapeau presqu’utilisable pour s’en draper.

En réalité, il est difficile de juger. Oui, Vichy a flatté les Allemands, proclamé son adhésion aux principes de l’Europe allemande. Si c’était volontaire, Nuremberg le proclame, ces choix étaient moralement condamnables. Mais, la défaite avait créé une situation de fait où l’armée allemande détenait des millions de citoyens français en otage.

Difficile dans ces conditions où le consentement fut contraint de juger si oui ou non, Philippe Pétain fut coupable de grave faiblesse ou volontairement complice de crimes impardonnables. L’histoire sera un jour convoquée, mais même l’ouverture des archives sera incapable de sonder le cœur et les reins des acteurs. Le grand historien, Robert Paxton, a d’ailleurs été conduit à réviser son évaluation des contraintes et du degré de liberté de Vichy.

Ainsi, les polémiques sur l’action de Vichy, où des Français ont tiré sur d’autres Français, resteront à jamais insolubles. Il en restera les facilités matérielles qui ont réduit les difficultés d’occupation allemande et, plus grave : avoir été du côté des perdants de la Seconde Guerre mondiale. Vichy demeurera marqué d’infamie.

Infamie insuffisante pour fusiller Pétain au lendemain de la Seconde Guerre mondiale qui permet toutes les ambiguïtés.

 

Pourtant, inutile de se précipiter pour condamner. Nous avons le luxe de nous montrer stricts sur les exigences juridiques sur les preuves envers l’accusé. Si le vieillard Pétain pourrait, éventuellement, bénéficier d’une certaine clémence pour ses actes sous l’occupation, cette faiblesse se contente de masquer le véritable procès.

Ce vieillard triste, parvenu au pouvoir dans un moment de chaos, n’avait pas prévu d’être homme politique. Selon certains, Philippe Pétain, comme beaucoup de vichystes d’ailleurs, avaient porté l’uniforme durant une large partie de son existence.

Peut-être convient-il de juger l’individu à cette aune ? Entre notre première partie où nous l’avons laissé au cours de la Première Guerre mondiale et la seconde au cours de la Seconde Guerre mondiale, il s’est écoulé vingt ans !

Le sommeil artificiel n’ayant pas été inventé, Pétain ne s’est pas endormi le 11 novembre 1918 pour se réveiller le 10 juin 1940. Entre ces deux dates, il a exercé des responsabilités. Examinons-les en détail.

Après-guerre, Pétain accepte de mener la guerre du Rif à la place de Lyautey, mentionnons-le pour mémoire. Les procédés du général si humain ont juste laissé quelques mauvais souvenirs aux populations locales. Mais, reconnaissons-le, Pétain accomplit la mission fixée par le politique. Plus ennuyeux est son poste de vice-président du comité supérieur de la guerrei. Dirigé par le ministre de la Guerre, le vice-président est le véritable patron de l’armée française. Philippe Pétain occupe le poste de janvier 1920 à février 1931.

Il dirige donc l’armée française pendant la moitié de l’entre-deux-guerres. Pétain est donc l’homme de l’encroûtement de ce qui était en 1918 considéré comme la force de combat la plus moderne au monde. Il avait d’autres priorités : cet homme dont la trajectoire entière s'explique par l'humiliation initiale : colonel trop longtemps, promu trop tard, glorifié pour ce qu'il n'a pas vraiment accompli avait une revanche à prendre. En 1931, ayant utilisé les officiers de son état-major pour écrire des livres, envieux de Joffre, Pétain sera élu à l’Académie française. Nous devons à ces travaux faits sur les heures de bureau et payés par le contribuable, le livre de de Gaulle : vers l’armée de métier.

Ridicule petitesse, vaniteuse revanche d’un individu vieillissant occupé à prendre sa revanche sur les humiliations subies des décennies plus tôt. On pourrait en rire, mais Pétain manque l’après-guerre : au moment où la Reichwehr révise l’intégralité des armes et des tactiques, Pétain est en charge de l’armée française.

Qu’en fait-il ? Nous en avons une estimation par le procès de Riom, voulu par Pétain pour ″démontrer″ la ″culpabilité″ des civils. Démarré en 1942, ce procès tournera l’accusateur en ridicule et le montrera incapable de se défendre contre les accusations portées par Léon Blum le 11 mars :
« Messieurs, vous nous reprochez de n’avoir pas su préparer la guerre.

Mais qui, pendant vingt ans, a dirigé l’armée française ? Qui a imposé la doctrine du combat méthodique, du feu tue, de la défensive absolue ? Qui a freiné la motorisation, qui a refusé les divisions blindées autonomes, qui a laissé l’aviation française se faire distancer ? Ce n’est pas nous, messieurs.

C’est l’homme qui siège aujourd’hui à la tête de l’État français. C’est le maréchal Pétain. Et si vous voulez un responsable, il est là. Il est parmi vous. »

La salle est pétrifiée. Les juges sont gênés. Acquis à Vichy, le tribunal propose à cet homme, honoré et couvert d’un immense prestige à ce moment, de venir s’expliquer à la barre.

La réponse de Pétain ?

Rien ce jour-là, cinq jours plus tard, il envoie une lettre :
« Je n’ai pas à me justifier devant des subordonnés. »

Démission, indignité, incapacité d’un homme qui fut le chef de l’armée française à apporter la contradiction face au président du conseil accusé de la faillite de la France.

L’arrêt du procès, le refus de Pétain d’argumenter pour se défendre devant un auditoire acquis à sa cause constituent le plus terrible des réquisitoires. Pire, le Front populaire de Blum n’est resté au pouvoir que quelques mois, alors que Pétain traverse l’ensemble de l’entre deux guerre et commande, en titre pendant plus de dix ans. Ces éléments crédibilisent l’argumentaire de Blum.

 

Il manque les exercices, la remise en cause systématique et, si tous les débats ne sont pas manqués, la génération Pétain s’avérera incapable de prendre la moindre décision en 1940. Marc Bloch raconte qu’un officier belge avait demandé au Français s’ils voulaient les cuves de sa ville pleines ou vides, personne ne fut capable d’une décision claire. À la fin des années 30, les premiers de Saint-Cyr s’orientent vers l’intendance, symptôme d’une armée dont le chef ignore l’art de prendre une décision. Joffre dira que Pétain manque de caractèreii.

Clémenceau dira qu’il a conduit Pétain à la victoire à coup de pied au cul et en 1918, durant Kaiserschlacht, Foch impose l’engagement des réserves françaises. Ce manque de caractère transparaît dans l’entre-deux-guerres, seulement, les officiers qui cadraient Pétain pour en utiliser les qualités ont disparu et ce vieillard aigri se retrouve en position de commandement.

Pire, portée par les journaux, la troupe voue un culte à Pétain et, fort du soutien des associations d’anciens combattants, l’homme commence à s’intéresser à la politique. Bref, dans un monde où les progrès rapides des technologies mettent tout en mouvement, Pétain est une ancre, un facteur d’immobilisme.

Ses zélateurs tenteront de sauver le soldat Pétain qui aurait réclamé des milliers de chars. Exact, mais l’accusation de Blum diffère : Pétain refusait les divisions blindées autonomes, il cloue ses chars à l’infanterie en leur interdisant de s’éloigner de plus de 1000m. Les chars ne suffisent pas et le tragique exemple de l’engagement de nos DCR constitue le plus cinglant des actes d’accusation :
Faute d’exercice de transport ferroviaire, on découvre en pleine offensive de Sedan qu’il faudra neuf jours pour transporter l’une de nos divisions blindées… Au moment où les Allemands avancent de plusieurs dizaines de kilomètres par jour.

L’offensive de Montcornet de de Gaulle le démontrera aussi : les chars avancent, bousculent le dispositif allemand. Seulement, conçus pour l’accompagnement de l’infanterie, il leur manque l’autonomie pour avancer en profondeur et couper la cisaille allemande. Les chars passent leur temps à attendre l’essence ou doivent se replier pour ravitailler.

Grave erreur de l’homme qui, le jour où les rapports indiqueront au début des années trente les faiblesses du secteur de Sedan, déclarera avec négligence :
″si les Allemands passent par les Ardennes, on les pincera à la sortieiii.″

On a vu, comme prévu dès 1932, les Allemands sont passés et le secteur s’est effondré en deux jours. Seulement, nous n’avons pas eu les quinze jours nécessaires pour reconstituer notre front.

La défaite de 1940 puise ses sources dans ce commandement qui se contente de gérer les stocks issus de la guerre, néglige les exercices et la planification industrielle. Je sais, c’est communiste, mais, justement, la planification soviétique produira des T34 qui nous manqueront en 1940 !

D’ailleurs, là encore, la responsabilité du commandement est écrasante. En 1919 les commandes militaires cessent en quelques mois. Les fabricants sont brutalement contraints de se retourner vers le civil. Les compétences bâties durant la guerre sont perdues ou dispersées. Jamais le commandement ne se soucie de préserver un noyau de compétences industrielles.

Faute d’investissements, de visibilité sur les commandes, les ouvriers français se battent une main dans le dos. Pétain sera un vif critique de la loi sur les quarante heures, symbole pour son camp de la ″paresse″ de l’ouvrier français. Un concept tout relatif, où sont les machines-transferts qui permettraient d’économiser de la main d’œuvres ? Pourquoi l’ouvrier français porte-t-il les pièces là où les chaînes de montage américaines apportent le produit ? Sûrement la faute aux congés payés ? Pétain aurait eu l’autorité pour au moins demander la constitution d’un parc de moyens industriels capables de répondre en urgence aux besoins d’une montée en cadence. Il n’en a rien fait !

Résultat, en 1940, la France aligne 3 000 chars modernes… mais il manque les camions-citernes, les trains blindés et les ateliers mobiles pour les faire avancer plus de 48 heures.

 

Là est la faillite, celle du régime, fut de laisser sévir un homme au-delà du principe de Peters et d’abandonner nos alliances.

Seulement, ce procès militaire ne fut jamais fait à cette vieille baderne.
Dommage, nous aurions pu appliquer, cette fois à juste titre, la sentence que Mauras voulait pour Blum : un homme à fusiller dans le dos ! La bonne médecine, pour la mauvaise cible, je prends sur moi de corriger !

La France d’aujourd’hui s’enferrerait moins dans un débat sur le pseudofascisme, si cette cause de la défaite avait été nommée et explicitement condamnée !

 

 

Note de l’auteur : Tout au long de ce texte, le nom « Pétain » ou « Philippe Pétain » sont délibérément employés, jamais le titre de « maréchal ».

Cette dignité lui a légalement été retirée par l’arrêt de la Haute Cour de justice du 15 août 1945, qui l’a déchu de toutes ses dignités, grades et titres militaires ne saurait être employé dans son cas. Depuis cette date, il n’existe donc plus, aux yeux de la loi française, qu’un monsieur Philippe Pétain.

 

iii Phrase prononcée par Pétain en 1934 ou 1935 lors d’une séance du Conseil supérieur de la guerre, quand on évoque le risque d’une percée allemande dans les Ardennes.

 



22 réactions


  • beo111 beo111 21 novembre 2025 13:05

    Éclairant.


    • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 03:14

      @beo111

      sans oublier François Mitterrand, le chef de l’Union de la Gauche et qui fleurit fidèlement la tombe de Pétain chaque année...

      de plus en plus éclairant.


    • beo111 beo111 22 novembre 2025 09:08

      @La Bête du Gévaudan

      Il a eu besoin de ses voix pour mettre le Général en ballotage lors de la première présidentielle au SU direct.


  • titi titi 21 novembre 2025 13:18

    Pétain est un exutoire bien arrangeant.

    Il en avait conscience : ses discours au moment de sa prise de fonction, et au moment de l’entrevue de montoire, l’indiquent.


  • Francis Francis 21 novembre 2025 13:35

    édifiant


  • Octave Lebel Octave Lebel 21 novembre 2025 14:09

    La personne de Pétain est trop utilisée dans les propagandes en prenant évidemment souvent trop de place et en nous éloignant de sujets plus gênants. Qu’a tenté d’autre ce pauvre Zemmour et compagnie avec l’aide d’un Bolloré ?

    Il y a bien eu malheureusement en France un fascisme d’état avec son appareil. Un fascisme de seconde main. La création de l’Etat Français se substituant à la République. Avec des lois scélérates, un encadrement de la population avec intimidation et persécution des récalcitrants, une tentative de  prise en main idéologique de la jeunesse, un racisme assumé, affiché, mis en pratique, le culte de la personne et de la soumission. La suppression de la liberté de la presse, une propagande intensive, la surveillance et le contrôle de l’opinion publique avec un encouragement à la délation. La création d’une Légion Française des combattants devenue la Milice, fer de lance de la Révolution Nationale. Des français travaillant ou faisant la guerre sous l’uniforme allemand. Des collusions de l’administration, de la police, de la justice avec l’occupant. Des élites économiques et culturelles se faisant les complices tacites ou porte-voix de cette pauvre idéologie. Une pègre opportuniste et pécuniairement intéressée au service de la violence politique. Une hiérarchie catholique vacillante dans ses convictions chrétiennes, le général remettant au pape en 1945, en audience au Vatican,  une liste d’évêques devenus indésirables dans leur fonction. Mais, chez nous, ce fut un fascisme de seconde main, de déjà lâches et soumis. Celui de nos élites qui disaient « plutôt Hitler que le Front Populaire » en pensant à leurs intérêts matériels quand il fallait réfléchir et préparer l’avenir d’un pays. Un fascisme de perdants, d’opportunistes et de suiveurs, venus au pouvoir à l’ombre d’une armée d’occupation faute d’avoir voulu se préparer à temps pour  la guerre. Incapables de la mener, de résister puis de prendre leurs responsabilités dans un gouvernement d’exil. En s’appuyant comme le signalait le général de Gaulle dans son Appel  sur les forces de l’empire français de l’époque et ses alliés. Avec la double chance historique pour nous d’avoir eu encore une droite authentiquement républicaine dans la personne d’un De Gaulle inscrit dans la lignée d’un Clemenceau, intelligente, honnête, courageuse et patriote. Et un peuple de  gauche tout aussi républicain et patriote, attaché à la liberté et à la justice sociale. Les deux composantes étant en réalité peu nombreuses mais tellement déterminées et courageuses qu’elles firent la différence, chèrement payée, en nous mettant du bon côté de l’histoire. Par la restauration de la République sous l’autorité d’un De Gaulle alors qu’un Roosevelt avait songé à une occupation de la France en recherchant une connivence avec l’Etat Français et qu’un Truman, réclamant la libération de Pétain proposa de lui accorder l’asile politique aux États-Unis en 1946. Après le débarquement, Eisenhower salua l’action décisive de la Résistance d’avoir paralysé pour l’essentiel les  mouvements de troupes allemandes par les sabotages des voies de communication. Elle fut amalgamée ensuite (50 000 combattants) avec des troupes venues des colonies pour participer sous l’autorité de De Gaulle à la victoire finale, nous valant une zone d’occupation en Allemagne et une place au Conseil de sécurité de l’ONU. Un fascisme caché en réalité sous le crêpe gris de la nécessité de remettre sans délai au travail un pays et un peuple afin qu’il se reconstruise une fierté et  un avenir autonome dans un monde dangereux en bouleversement.


    • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 03:22

      Contrairement à vos idoles collabos ou déserteurs (Mitterrand, Marchais, Sartre, Thorez, etc.), les oncles Bolloré ont débarqué le 6 juin 1944 dans le Commando Kieffer... 

      Mitterrand fleurissait la tombe de Pétain, alors que Bolloré se trimbale avec une lettre de De Gaulle à son père dans son portefeuille. 

      Vous me direz qu’un père ne fait pas un fils. Certes. Mais dans ce cas, abstenez-vous également de pseudo références à des lignages supposés.

      Car, celui qui revendique en toute connaissance de cause un lignage avec l’ordure Mitterrand, c’est Mélenchon. 

      C’est un documentaire de vos amis du service public : « quand la gauche collaborait »... ça vous remettra les idées en place, et un peu de subtilité. La majorité des ministres de Vichy provenaient de la gauche. 

      https://www.youtube.com/watch?v=QuIX0LtM52M


  • ZenZoe ZenZoe 21 novembre 2025 14:40

    Article bien écrit, intéressant, mesuré surtout.


  • Octave Lebel Octave Lebel 21 novembre 2025 15:09

    Par ailleurs, il va sans dire que le fascisme contemporain, déjà présent en germes vigoureux et sans oublier celui du futur qui vient si on n’y prend garde, même s’ils prennent leurs racines dans celui du passé , ont commencé d’inventer et inventeront de nouvelles formes en raison de la puissance des technologies de surveillance et de contrôle de masse où se confondent de nouveaux besoins créés avec d’autres indispensables à la vie courante et devenus quasi inaccessibles sous d’autres formes. Un fascisme en mutation restant fidèles aux phantasmes totalitaires de puissance, de supériorité, de domination, de violence, de provocation, de jouissance de la peur comme nous l’ont signalés depuis longtemps les artistes, les auteurs de science-fiction, les philosophes, les psychiatres et les sociologues. Soyons donc vigilants et sur nos gardes. 

    Des technologies pilotées par des algorithmes dont seuls ceux qui ont réussi à bénéficier d’une concentration de richesses inouïe ont en réalité le contrôle et la maîtrise et le choix des pistes de développement. Servie par une logique de provocations et débats de diversion que leurs agents suscitent et des lois qu’ils inspirent. Des technologies régulées toujours avec un temps de retard une fois l’essentiel imposé. Une concentration de richesses allant de pair avec la  concentration des moyens de fabrication de l’opinion publique que sont les médias d’information et instituts d’opinion et thing tanks, la montée en puissance de la publicité à la fois comme puissance financière et puissance de modelage du champ social, celle de sociétés internationales d’investissement gestionnaire d’actifs institutionnels et de gestion des risques et de revenu comme Blackrock , la privatisation grandissante des organismes de sécurité (50 % de la présence des forces américaines après la seconde guerre d’Irak), l’ investissement du champ culturel et de loisir de plus en plus. Une menace d’une ampleur jamais connue contre la possibilité d’une démocratie de citoyens avec la perversité de s’abriter derrière le paravent de la démocratie représentative et du libéralisme pour avancer plus ou moins masqué par l’attrait de nouveaux produits et fonctionnalités nous valorisant, nous distinguant voire nous opposant artificiellement. Censés rendre nos vies meilleures, imposés en réalité par le suivisme organisé et la désinformation du plus grand nombre en toute opacité. 

     

    → Le techno-féodalisme, une critique de l’économie numérique avec Cédric Durand

    https://institutlaboetie.fr/faut-il-se-passer-du-numerique-pour-sauver-la-planete-livre-de-cedric-durand

    L’originalité de cet ouvrage réside aussi dans le fait qu’il défend un usage progressiste du numérique. Sans ignorer la critique écologique des technologies de l’information et de la communication, l’auteur tente de dessiner les contours de ce qu’il qualifie lui-même comme une « voie étroite » : le « cyber-écosocialisme ».

    → Colloque (1h10) L’intelligence artificielle, un nouveau champ de batailles – « Les réseaux sociaux peuvent-ils échapper aux milliardaires ? Rendre les réseaux sociaux à la société »

     https://institutlaboetie.fr/colloque-intelligence-artificielle-rendre-reseaux-sociaux-a-la-societe-20250329

    → Recension de l’ouvrage de Vincent Tiberj, «  La droitisation française. Mythe et réalités », Paris, Éditions PUF, Septembre 2024.

    https://institutlaboetie.fr/recension-droitisation-tiberj

     

     


  • toto toto 21 novembre 2025 15:43

    Bon,la messe est dite..(sic)

    Et voila que tu chasses sur les terres de Josèphe...

    Déjà l’article séditieux que tu nous commis hier et qui m’a rappelé les heures sombres ou AD sévissait.

    Tu ne vas pas te faire que des amis...

    Mais je reconnais ton talent,et comme disent les chinois,c’est au nombre de ses ennemis que l’on juge de la valeur d’un homme.


  • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 03:37

    Contrairement à ce que vous laissez entendre, Blum fut autant que Pétain responsable du désarmement et du refus de l’armée mécanisée. Quand De Gaulle a publié « Vers l’armée de métier », il a été conspué par toute la gauche qui criait au « général factieux » et au « militarisme ». Eh oui, la république avait peur d’une armée moderne (professionnelle et mécanisée) qu’elle supposait capable de se retourner contre le régime. En outre, le pacifisme (largement représenté à gauche), refusait l’idée d’un outil militaire offensif. Ce qui, De Gaulle l’explique très bien, revenait à laisser aux Allemands toute l’initiative. 

    Vous omettez également de signaler que Pétain était un officier républicain et même assez moderne dans ses idées politiques. Agnostique et jouisseur, ce fut l’un des « maréchaux de la république ». Vous soulignez d’ailleurs qu’il a été promu par l’échelon politique. Cette peur de la république vis-à-vis des officiers catholiques et monarchistes (tels que De Gaulle) fut l’une des cause de la stagnation de l’armée française. 

    Staline a massacré son état-major par ses purges paranoïaques et stupides. Les Russes ont payé très cher la paranoïa débile du régime communiste. En outre, non, il n’est absolument pas nécessaire d’avoir une dictature communiste pour prévoir des chars : il suffit de ne pas avoir une gauche stupidement pacifiste. 

    Quand à cette lamentable polémique, elle ne peut faire oublier que c’est François Mitterrand, le chef de la gauche, qui rendait un hommage (politique, celui-là) à Pétain. 


    • Jules Seyes Jules Seyes 22 novembre 2025 10:52

      @La Bête du Gévaudan
      Blum est reté moins d’un an président du conseil.
      Il en a de l’effet.

      Vous omettez également de signaler que Pétain était un officier républicain 

      On a vu à Vichy son républicanisme.
      Je n’ai que mépris pour cette passion francaise de l’étiquette qui aligne les gens sur un parti sans examiner leurs valeurs. Je sais parfaitement que Pétain a aidé à neutraliser Lyautey qui était royaliste. Ca n’empêche pas que sa vision de la république était si autoritaire que dans son cas, j’ai du mal à parler de république.

       François Mitterrand, le chef de la gauche,

      Encore une étiquette. Le récipiendaire de la Francisque retrouvait ses amours de Jeunesse.


    • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 15:00

      J’entends ce que vous dites sur la « passion de l’étiquetage »... mais c’est une passion largement propagée par la gauche elle-même, souvent pour éviter de débattre sur le fond... et qui se retourne souvent contre elle, pour finir ! La gauche voit des « vichystes ultra-conservateurs » partout, mais omet de voir que son chef à l’Elysée est un vichyste ! Admettez qu’il y a matière à raillerie... 

      Je pense que Tonton-la-francisque n’est pas spécialement « revenu à ses amours de jeunesse »... il ne les a jamais quittées... car le vichysme est largement autant de gauche que de droite... Corporatisme, socialo-proudhonisme, pacifisme, défaitisme, déclinisme, européisme, constructivisme, anti-patriotisme, antisémitisme, anti-américanisme, anti-chrisitianisme, étatisme, etc. Vichy répondait à de nombreuses aspirations (parfois contradictoires entres elles) de la gauche. Et ce n’est pas par hasard que la majorité des ministres de Vichy provenait de la gauche. C’est ce que refusent d’admettre les gauchistes quand des gens comme moi rappellent que le fascisme est largement de gauche. C’est un refus de la complexité de l’histoire et des idées. Je vous invite sincèrement à visionner le documentaire « Quand la gauche collaborait » réalisé par le service public, que j’ai mis en lien plus haut. 

      La république socialo-maçonnique a trouvé le moyen de donner le nom de Mitterrand à la bibliothèque nationale en toute connaissance de son vichysme impénitent. Je trouve cela assez « éclairant », sans mauvais jeu-de-mots ! D’ailleurs, on se retrouvera probablement sur un point : nous n’aimons guère le pétainisme ! Et d’ailleurs, la résistance fut précisément cette alliance de gens venus de tous horizons.


    • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 15:12

      @Jules Seyes

      Il est d’ailleurs assez comique que la république ait été sauvée par De Gaulle, l’officier catholique monarchiste qui s’était exilé en Belgique pour suivre sa scolarité chez les Jésuites bannis par la république ! 

      La gauche choisit de monter en épingle des sujets clivants et, au fond, délibérément stériles... actuellement c’est : anti-capitalisme, antisionisme, anti-france, anti-christianisme, anti-américanisme, anti-occidentalisme, anti-libéralisme, écologie radicale, européisme, wokisme, islamisme, racialisme, etc. Pour être bien certaine que l’union populaire ne se fera jamais ! 

      La stratégie de l’union de la gauche demeure l’union avec la bourgeoisie d’extrême-centre. La stratégie Mélenchon est « alliance au centre contre le RN ». L’exact inverse de ce qu’il aurait fallu faire. 

      Je vous laisse tirer les conclusions sur ce qu’il faut penser de l’orientation profonde d’une gauche, Mélenchon en tête, qui n’a nullement renié sa filiation mitterrandienne. 

      Si j’ose une prédiction (sans me prendre pour madame Irma) : lorsque l’heure sera grave, on verra les blocs actuels exploser et se reconfigurer sur les véritables valeurs. Comme entre vichystes et résistants. En attendant, il est assez pénible de voir la débauche d’efforts des gauchistes pour nous atomiser la gueule. 


    • Jules Seyes Jules Seyes 22 novembre 2025 17:35

      @La Bête du Gévaudan
      J’entends votre propos : mais c’est une passion largement propagée par la gauche elle-même,

      J’apprécierais juste de ne pas être pollué par ce qui aujourd’hui se prétends la gauche.
      Chateaubriand prétendait qu’il ne fallait dispenser son mépris qu’avec parcimonie en raison du grand nombre de necessiteux.
      Industriel, je penses qu’il faut simplement produire beaucoup de mépris, mais ce qui se fait appeller gauche sur les plateaux télé est pourtant un véritable défi de production.

      Comme vous le voyez, je n’ai pas besoin de conseils dans ce domaine.
      Si on doit se prétendre de gauche, il faut revenir à, au moins, Jaurés, Marx, Bakounine. Ca fait longtemps que l’on a plus vu un gauchiste.
      Quand à Blum, il est dans cette veine socialiste, que l’on trouve aujourd’hui. Le critiquer pour cela n’empêche pas de constater qu’à Riom, il s’est formidablement défendu et que son impact sur le réarmement fut très court. Donc, qu’il ne pouvait pas avoir l’influence délétère que lui attribuent ses adversaires.


    • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 19:57

      @Jules Seyes

      j’entends bien...


  • Gérard Luçon Gérard Luçon 22 novembre 2025 08:30

    Blum, celui qui, pour ne pas perdre son poste, a refusé que la France aide militairement les républicains espagnols ... une référence !

    Un peu comme Mendès « France » qui a offert l’Indochine aux USA ...

    Quand à Pétain : la coupure de notre pays en 2 zones a permis à la zone sud d’évacuer nombre de juifs, notamment vers l’Espagne ...

    Sinon, comme l’a écrit Régis de Castenau (je cite de mémoire) Pétain aurait été fusillé comme Brasillach, cela ne m’aurait pas choqué ...


    • Jules Seyes Jules Seyes 22 novembre 2025 10:54

      @Gérard Luçon
      Oui et non,on aurait fusillé Pétain pour son échec militaire, nous n’aurions plus d’objections. Au contraire, Vichy se sauvera toujours avec l’argument de la contrainte que ce soit avec ou sans mauvaise foi. 


    • Gérard Luçon Gérard Luçon 22 novembre 2025 13:40

      @Jules Seyes
      je ne comprends pas la réponse ... l’échec militaire n’est (je pense) pas à imputer à Pétain, nous avions suffisamment de généraux et politiciens félons, à l’époque ...


    • La Bête du Gévaudan 22 novembre 2025 15:42

      @Gérard Luçon

      Les « républicains » espagnols se sont discrédités eux-mêmes en passant alliance avec l’extrême-gauche communiste et totalitaire... C’est précisément la dérive anti-démocratique et sanguinaire de la « république » espagnole qui a ouvert la voie à la réaction franquiste. 

      L’extrême-gauche se drape dans la république libérale bonasse pour en réalité promouvoir sa république communiste sanguinaire et autoritaire. Il y a donc maldonne, et la réalité finit toujours par éclater à la figure des gens. 

      Pour finir, c’est l’URSS marxiste qui a passé alliance avec le Reich nazi et non pas le régime de Franco... à méditer, donc. 


    • Jules Seyes Jules Seyes 22 novembre 2025 17:37

      @Gérard Luçon
       l’échec militaire n’est (je pense) pas à imputer à Pétain,

      il se trouve que pour moi, je considére que Pétain seul pèse au moins 60% de l’échec militaire. Son incompétence dans les années 20 fut dévastatrice. Surtout après la phrase de Foch : Ce n’est pas une paix, c’est un armistice pour 20 ans.
      Ca n’empéche, pas les un peu moins de 40%


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