mercredi 13 janvier 2016 - par Pierre

Le Chaos et le Néant

L’année une 2015 aura été l’année de tension internationale la plus dangereuse depuis la fin de l’URSS en 1991. 

2016 risque d’être encore pire. De nouvelles régions entrent en crise sans qu’aucun conflit en cours ne soit réglé. On peut citer la Corée du Nord, le différend entre l’Iran et l’Arabie saoudite, la grave crise entre la Russie et le gouvernement Erdogan ou le retour de l’Oncle Sam en Amérique du Sud.

Cette dernière année du mandat de Barack Obama ne lui permettra pas de rétablir la « Pax Americana » dans le monde, il y a trop de conflits, les désaccords sont trop profonds, les États-Unis n’ont plus la confiance ni de leurs alliés ni de leurs adversaires, des pays comme la Russie ou la Chine sont devenus des concurrents géostratégiques importants et, disons-le aussi, l’Occident est en crise et n’a plus les moyens de de ses ambitions.

 

Barack Obama laissera peut-être comme héritage les détentes avec l’Iran et avec Cuba mais là aussi, rien n’est encore définitivement garanti.

Comment en est-on arrivé là alors que son arrivée à la Présidence en 2009 avait suscité tant d’espoir après les années de bellicisme de son prédécesseur.

Le chaos. [1]

La stratégie du chaos est un concept néo-conservateur consistant à créer le chaos au nom des intérêts stratégiques des États-Unis dans des pays ne faisant pas partie de leur zone d’influence habituelle et qui échappent à leur contrôle.

Les guerres classiques sont coûteuses, impopulaires et finalement n’atteignent pas leur but comme en Afghanistan et en Irak. 

La guerre par procuration (War by proxy) remise au goût du jour par Zbigniew Brzezinski [2] ne tient pas ses promesses comme on peut le constater en Syrie où le Turc Recep Erdogan cherche plus à restaurer l’influence de son pays sur l’ancien Empire ottoman que de veiller aux intérêts impériaux des États-Unis qui passent par le nouvel ordre mondial.

L’Arabie saoudite, forte de ses 56,7 milliards de dollars de budget militaire en 2015, veut être la puissance régionale dominante face à la République islamique d’Iran.

Ses énormes capacités financières lui permettent aussi d’imposer son islam wahhabite comme l’islam de référence bien au-delà du Moyen-Orient. En Asie, en Afrique et en Europe, de plus en plus d’imans prêchent au nom de cet islam littéraliste dans des mosquées construites grâce au financement saoudien.

Barack Obama n’a plus une influence incontestée sur ses « proxies ». Même certaines institutions étasuniennes comme la CIA par exemple ou le Pentagone échappent parfois au contrôle présidentiel.

Le premier État victime du chaos fut la Somalie. Plus de vingt ans plus tard, ce pays n’est toujours pas redevenu un État digne de ce nom. Le gouvernement officiellement reconnu ne contrôle la capitale que grâce à l’appui de troupes mandatées par l’Union africaine.

Les alliances entre les groupes islamiques qui contrôlent le reste du pays se font et se défont au gré des intérêts particuliers ou des volontés de leurs soutiens financiers étrangers. 

Le pays ne dispense plus les services qui devraient lui incomber : plus d’enseignement, plus de services postaux, plus de ramassage des immondices, les égouts ne sont plus entretenus, les mairies sont fermées etc.

Les Somaliens qui ont fait des études ou qui ont de l’argent ont quitté le pays depuis longtemps et il n’y aura plus personne pour reconstruire le pays sans aide extérieure quand le jour venu sera venu. 

Le paisible islam soufi [3], traditionnel en Somalie, est remplacé par le wahhabisme qui impose de force ses lois qu’il va chercher dans des textes écrits il y a 1400 ans. 

Camps d'entainement d'Al Qaïda en Somalie.

Ce territoire de non-droit est devenu le lieu idéal pour héberger les pirates qui écument la mer d’Arabie. Les camps d’entrainement des terroristes d’Al Qaïda y trouvent aussi refuge

La situation somalienne ne résulte pas d’une intervention militaire occidentale mais cet exemple aurait dû recommander aux Occidentaux d’agir avec prudence en Libye. 

Suite aux campagnes de bombardements qui ont provoqué l’évanescence de l’armée de Mouammar Kadhafi, il n’y a plus d’administration ou de gouvernement national couvrant tout le pays. L’ordre dans l’essentiel du pays est maintenu par des dizaines de groupes combattants qui échappent au pouvoir politique qui ne contrôle que partiellement Benghazi pour le gouvernement internationalement reconnu (gouvernement de Tobrouk) et Tripoli pour le gouvernement dissident proche des Frères musulmans.

La Libye connait une situation proche de celle de la Somalie mais avec le danger pour l’Europe de se trouver à ses marches. 

 « Ordo ab chao ». [4]

« L’ordre nait du chaos ». Il n’est pas question ici d’accorder foi à la devise d’une quelconque secte ésotérique ou à promouvoir les Illuminati qui utilisent la même devise.

C’est une formule qui date de l’antiquité. Elle rappelle un des premiers versets de l’Ancien Testament : « des ténèbres jaillit la lumière ».

Cette formule dû plaire aux concepteurs néo-conservateurs étasuniens de cette théorie. Beaucoup d’entre eux sont membres d’Églises évangélistes et la notion de nouvelle naissance (born again) leur est familière.

Plus de 4 ans après la mort du « Frère Guide », il n’y a toujours pas d’ordre qui se profile à l’horizon en Libye. Les « proxies » soutiennent des camps rivaux. L’Égypte et les Émirats soutiennent le gouvernement de Tobrouk. La Turquie et le Qatar soutiennent le gouvernement de Tripoli. L’État islamique et les rebelles de Syrte ont fusionné.

La dégradation en Libye a maintenant des conséquences graves sur tous ses voisins qui craignent une contagion du chaos dans leur pays. La Libye est devenue un lieu de départ de migrants africains vers le sud de l’Europe d’où partent les vagues migratoires qui déferlent ensuite vers le Nord. 

Les groupes terroristes installés en Libye sont devenus une menace pour la sécurité européenne et mondiale. Syrte est une solide base de l’État-islamique quise lance à présent à la conquête des puits de pétrole libyens. 

La situation sur le terrain est actuellement tellement confuse qu’une expédition internationale sous commandement franco-étasunien est envisagée pour rétablir l’ordre dans ce pays. [5] 

Le chaos persiste et les Européens ne peuvent plus se permettre d’encore attendre que l’ordre finisse par apparaître. Des milliers de djihadistes internationaux reviennent vers la Libye. Les enjeux de sécurité sont trop sérieux et la Libye n’est située qu’à quelques centaines de kilomètres du sud de l’Europe. 

La question est de savoir qui va s’engager dans cette aventure et qui payera la facture.

Le même chaos a manqué d’apparaître en Syrie en 2013 quand la France et les États-Unis avaient envisagé le bombardement des sites militaires (et sans doute civils aussi) syriens. Un miracle nommé Poutine a pu empêcher cette catastrophe.

N’oublions pas que l’Ukraine peut dans un très court délai aussi sombrer dans le chaos. Les indicateurs sont dans le rouge et 2016 risque d’être l’année de l’effondrement de ce pays.

Tout cela m’amène à dire que cette théorie du chaos va coûter une somme astronomique d’euros à l’Union européenne.

L’idée de la théorie du chaos imaginée par les néo-conservateurs était qu’en l’absence d’autorité centrale, l’ordre reviendrait naturellement à partir du bas. Des ententes entre tribus formeraient des groupes plus important qui leur tour s’entendraient avec d’autres groupes pour finalement former à nouveau une unité nationale. 

« L’ordre nait du chaos » a été expérimenté en Somalie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Ukraine. Le taux d’échec est de 100 %.

Tout indique que partout où cette théorie est expérimentée, il n’y a pas le moindre espoir de reconstruction d’un État sans intervention extérieure. Cette théorie est une vaste fumisterie née de l’imagination de quelques théoriciens influents et elle n’amène que dévastation sans espoir.

Le néant. [6]

Et si le chaos engendrait encore plus de chaos ? Et si plus de chaos débouchait sur le néant ? Et si les groupes s’entredéchiraient jusqu’à la mort ? Et si l’apparition d’armes non conventionnelles provoquait des hécatombes dans tous les camps ?

Oui, l’expansion du wahhabisme mène à un nihilisme mortifère. Des milliers de militants islamistes ont sacrifié leur vie dans des attentats suicides au nom de leur « religion ». On peut se douter que si ce qu’on appelle des armes de destruction massive tombaient un jour entre leurs mains, ils n’hésiteraient pas une seconde à commettre les attentats les plus meurtriers possibles.

Heureusement que grâce à l’initiative de Vladimir Poutine, les armes chimiques ont été évacuées de Syrie et ensuite détruites. Les offensives des rebelles islamistes de l’été dernier leur auraient permis de mettre la main sur de nombreux stocks de ces armes. L’État islamique qui est en partie composée de soldats de l’armée irakienne de l’époque de Saddam Hussein a des techniciens capables de les exploiter.

L’absence d’existence de l’État a déjà été atteinte dans plusieurs pays. Des armes chimiques ont déjà été utilisées en Syrie. Le risque de leur utilisation dans d’autre pays n’est pas nul. Cela amènerait des régions entières à se vider de leurs habitants.  Cela doit être sérieusement évalué.

Le danger est cependant aussi ailleurs. Les présidents Obama, Poutine ou Hollande ont assez de sang froid pour ne pas atteindre un point de non-retour mais qu’en est-il des autres acteurs de cette tragédie humaine ?

Il y a un Recep Erdogan avec un ego surdimensionné. Il multiplie les provocations comme l’envoi de centaines de milliers de migrants vers l’Europe, le tir sur un avion SU-24 russe, le trafic de pétrole volé par l’État islamique ou le déploiement de troupes turques en Irak.

Il y a un roi saoudien qui n’est capable de rester concentré que quelques heures par jour et qui délègue la conduite de deux guerres à son fils trentenaire [7]. Un fils d’ailleurs rempli d’ambitions qui veut se positionner pour être le premier Saoud de la troisième génération à régner sur le pays. 

Mohammad ben Salmane et François Hollande.

Il y a des nationalistes ukrainiens incontrôlables capables de déclencher un nouveau coup d’État en Ukraine et des oligarques protégés par leurs propres milices. Tout cela pouvant déboucher sur une guerre civile beaucoup plus large.

Il y a un État islamique dont on ne connait pas les intentions et dont on ne sait pas jusqu’où il est capable d’étendre son califat.

Les provocations de tous ces acteurs peuvent engendrer des ripostes musclées de l’une ou de l’autre puissance mondiale majeure engagée dans une de ces régions avec le danger lié au problème des alliances militaires.

Le néant prendrait alors une dimension qu’on n’ose même pas imaginer.

Conclusion.

Ce sont bien des dirigeants occidentaux et leurs « proxies » qui ont ouvert la boîte de Pandore. Il faudra la refermer en sachant qu’il faudra éradiquer un par un tous les maux qui s’en sont échappés.

Les pays qui comptent sur la planète, les pays occidentaux et les BRICS, ont le devoir de s’entendre pour remettre de l’ordre dans le monde. 

Barack Obama n’aura pas été le président qui aura renoncé au leadership américain. Il aura seulement tenté de mutualiser le fardeau du coût de sa politique avec ses alliées. Sauf s’il advenait une crise mondiale majeure dans les prochains mois, il serait illusoire de croire qu’il pourrait renoncer à ses convictions durant sa dernière année de présidence et il y a toutes les chances que ce soit son successeur qui devra gérer cet héritage.

John Kerry et Sergueï Lavrov peuvent continuer à maintenir un dialogue entre les États-Unis et la Russie, cela ne mènera pas à des solutions quant à l’éradication des maux qui gangrène le monde.

À mon avis, pour lutter contre ces maux, il faut commencer par les nommer et on pourrait commencer par citer :

  • Le sentiment qu’ont les dirigeants américains que les États-Unis sont un pays exceptionnel qui a vocation à imposer son « American way of life » au reste du monde. Renoncer à cela, ce serait aussi reconnaître la multipolarité du monde.
  • Le libéralisme qui dans son triomphe actuel est devenu inhumain. L’homme a certainement soif de liberté mais il demande aussi que la société le protège. Tout n’est pas libéralisable.
  • L’islam wahhabite et son principal exportateur saoudien qui sont en totale opposition avec les valeurs humanistes.
  • Les théories national-socialiste et racistes qu’on voit renaître de leurs cendres en Europe.
  • Les actes d’ingérence liés à la nostalgie de certains pays pour leur passé impérial.

La liste doit certainement être complétée mais rien que la prise de connaissance de ces cinq points nous donne un aperçu de l’ampleur de la tâche et de la quasi impossibilité de résoudre rapidement les crises qui ensanglantent la planète.

 

[1] Chaos est utilisé ici dans le sens de désordre ou d'absence de cohésion entre les éléments.  http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/chaos/14662

[2] Wikipedia. Guerre par procuration. https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_par_procuration

[3] Le soufisme en Afrique. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/04/le-soufisme-un-rempart-a-la-barbarie-des-extremistes_4587212_3212.html

[4] http://www.chaos-controle.com/archives/2015/11/27/32990839.html

[5] Préparatifs français pour une intervention en Libye. http://www.francetvinfo.fr/monde/libye/securite-la-libye-prochaine-cible-de-la-france_1243040.html

[6] Le mot "néant" est utilisé ici dans le sens d'absence d'existence. (Nothingness) http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/neant/

[7] http://www.lorientlejour.com/article/921749/mohammad-ben-salmane-lhomme-fort-de-larabie-saoudite-.html



55 réactions


  • Clark Kent M de Sourcessure 13 janvier 2016 09:41

    Certes, le tableau est sombre, et votre présentation n’a rien d’excessif.

    Mais, les cinq « maux » que vous énumérez en conclusion ont eux-mêmes des racines qu’il faudrait éradiquer si l’on ne veut pas voir des rejetons vigoureux se développer ultérieurement sur les souches.
    Et pour le premier de ces « maux », il me semble que la racine de l’impérialisme américain n’est pas dans la volonté de ce pays d’imposer son « standard » de vie. Leur territoire pourrait bien être clôturé entièrement comme la frontière mexicaine en Californie, pourvu qu’ils restent privilégiés.
    Le racine, c’est le mécanisme économique mis en place à Bretton Woods où les États-Unis s’étaient engagés à pouvoir convertir chaque dollar détenu à l’étranger en or, et au taux de 35$ par once d’or. Ce système reposait sur le fait que les américains détenaient plus de la moitié de l’or de la planète. Or, en 1971 ce n’était plus le cas, et Nixon a supprimé la parité dollar-or, mais tous les engagements pris sur l’utilisation du dollar comme étalon pour les échanges commerciaux, le pétrole en particulier, sont restés, et les Etats-Unis n’admettent pas qu’une autre monnaie ou un autre étalon (bancor ?) soit utilisé, car leur hégémonie serait terminée.
    Le « mal », ce n’est pas le « sentiment » de supériorité culturelle des américains, c’est la puissance éconimique (déclinante) que leur donne le rôle de leur monnaie dans les échanges financiers et commerciaux. 
    Toutes les dernières guerres sur la planète ont cette réalité comme origine.


    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 10:33

      @M de Sourcessure
      Merci pour votre commentaire. Ce qui me rend inquiet, c’est que 7 ans de présidence de Barack Obama ont rendu le monde plus dangereux qu’au départ. Avez-vous fait le compte des nouvelles crises qui se sont ajoutées à celles laissées par par W Bush. On peut citer la Libye et tout le Sahel, la Syrie, le Yémen, l’Ukraine, les tensions en mer de Chine ou les relations avec la Russie par exemple. La seule crise qui semble réglée est le différend avec l’Iran mais elle est remplacée par la crise irano-arabe. 

      Vous n’avez pas l’impression que petit à petit, les conflits se propagent à toute la planète ?
      Votre remarque sur l’« American Way of Life » est évidement pertinente. Je l’avais symbolisé ainsi mais il est clair pour moi que cela comprend tout ce que vous citez dans votre commentaire.
      Il me semble cependant que le sentiment des Américains d’appartenir à une nation exceptionnelle est un problème. Vladimir Poutine l’avait d’ailleurs très bien critiqué dans une tribune publiée dans le « New York Times » en 2013. 
      « Toutes les dernières guerres sur la planète ont cette réalité comme origine. » En filigrane peut-être mais il y a d’autres réalités aussi comme l’expansion du Wahhabisme ou des ambitions néo-coloniales ou impériales d’autres pays par exemple.

    • Clark Kent M de Sourcessure 13 janvier 2016 11:06

      @Pierre

      L’intention de mon commentaire visait seulement à distinguer les causes et les effets.

      Ce sentiment d’appartenir à un peuple exceptionnel était celui des Français et des Anglais vers 1900, quand leurs empires coloniaux leur procuraient des richesses et un bien-être dont leurs ancêtre n’avaient jamais disposé.

      Même si la morgue britannique et la xénophobie franchouillarde n’ont pas disparu, les postures ont changé en même temps que ces deux nations ont vu leurs « possessions » se muer en « dépendances » et qu’ne nouvelles puissance voulait lsa part du gâteau (qui est devenue la part du lion). 

      Il faut ajouter que ces « sentiments » sont fabriqués et entretenus par la propagande officielle, car ils sont le ferment du « patriotisme », c-à-d le consentement à être utilisé comme de la chair à canon.

      Je suis convaincu que les rapports économiques sont les fondements des idéologies et pas le contraire.

    • wesson wesson 18 janvier 2016 00:29

      @M de Sourcessure
      La puissance de l’Amérique ne provient pas de son Dollars, mais de ses 700 bases militaires dans le monde et à sa capacité à déstabiliser des pays entiers.


      Et c’est effectivement pour défendre le dollars et sa position dans le monde qu’il y a tout cela. Sans l’hégémonie du dollars garantie par leur puissance militaire, les USA passeraient en quelques années du statut de superpuissance à celui de pays du quart-monde. 

      Et je ne suis même pas certain que cela soit souhaitable. Lorsque en 1990 les Russes ont subi leur choc néolibéral, ils ont rassemblés le peu qu’il restait de leur état pour réagir, et ont su éviter toute catastrophe notamment avec les armes nucléaires. Si les USA devaient subir un choc d’amplitude comparable, je ne suis pas certain que la population se comporterait de manière aussi calme et civilisée que les Russes en 1990.

    • wesson wesson 18 janvier 2016 00:34

      @Pierre
      « La seule crise qui semble réglée est le différend avec l’Iran »


      Vous croyez ? 

      Aujourd’hui, les USA retirent les sanctions au nom de l’accord sur le nucléaire Iranien, mais mettent des sanctions au nom des missiles de croisières Iraniens. 

      Moi j’appelle ça un jeu de con !

    • Pierre Pierre 18 janvier 2016 03:22

      @wesson
      J’ai ajouté « rien n’est encore gagné ». Barack Obama est tiraillé entre les deux positions contradictoires de ses conseillers suivantes.

      - Avoir une vision à long terme qui fera que l’image des Etats-Unis évoluera en Iran et que ce pays redeviendra un pilier de stabilité régional sous influence étasunienne face à l’imprévisible Arabie saoudite. N’oublions pas que la jeunesse iranienne, surtout celle des villes, n’aspire qu’à vivre à l’occidentale et que c’est d’elle que sortiront les futurs dirigeants du pays.
      - Ne pas prendre le risque de voir la Chine s’implanter en Iran et continuer une politique de sanctions à courte vue qui risque de cantonner d’importants effectifs militaires dans la région alors que l’intérêt stratégique des Etats-Unis est le « pivot » vers l’Asie.
      A mon avis, Barack Obama va temporiser et ce sera son successeur qui tranchera... s’il en est encore temps.

    • wesson wesson 18 janvier 2016 10:54

      @Pierre
      « N’oublions pas que la jeunesse iranienne, surtout celle des villes, n’aspire qu’à vivre à l’occidentale [...] »


      Vous avez raison, et franchement c’est pareil partout dans le monde, ce qui dans un certain sens me navre.

      Un journaliste a demandé un jour à José Mujica (ex président de la république Uruguayen et figure incontestable et respectée de la gauche)

      Journaliste : « Pourquoi n’êtes vous pas allé plus loin dans le socialisme et l’ancrage à gauche de votre pays ? »

      Pepe Mujica : « Parce que nos jeunes préfèrent tous avoir des I-Phones »

      Sur le reste de votre propos (et votre article) je suis d’autant plus d’accord (même si j’arrive après la bataille là, en l’occurrence je suis très occupé ailleurs ces derniers temps). 

      J’ai pu effectivement lire quelque part que le roi Alzheimer risque bien d’abdiquer son trône en faveur du prince Captagon. Et c’est franchement très inquiétant, car ce nouveau monarque potentiel est réputé être à la fois arrogant, inexpérimenté et joueur. On le pense capable de dilapider l’ensemble des réserves Saoudiennes pour tenter de soumettre par la force les pays autour qui ne sont pas acquis au wahhabisme, sans avoir même le minimum de sagesse pour mettre quelques oeufs dans d’autres paniers.

      Au final, nous allons vendre donc plusieurs centrales nucléaires à un pays en train de dilapider tout l’argent qui aurait dû lui servir à former les gens capables de s’en servir et d’en faire l’entretient. 

    • Pierre Pierre 18 janvier 2016 11:48

      @wesson
      Bonjour Wesson,

      Cela fait toujours plaisir d’avoir votre avis sur mon article... même si c’est au moment où il entre dans les archives.
      On a parfois des divergences sur des points de détail mais j’ai toujours constaté que nous avons la même vision des événements mondiaux.
      J’ai été gentil avec Salman, je n’ai pas évoqué son problème de santé lié à sa démence sénile ou plus probablement à la maladie d’Alzheimer. Les secrets concernant l’état de santé des rois et des princes sont bien gardés dans le Royaume saoudite mais il est sûr qu’il a un problème.
      Le prince Captagon ! Celle-là, je n’y avais pas pensé. Dommage, je l’aurait placé dans l’article.
      J’entre dans une période de deux ou trois jours d’intenses travaux administratifs et je ne viendrai plus sur AgoraVox pendant ce temps. J’ai un article en préparation où ce problème de Captagon est évoqué mais ce n’est pas en rapport avec la famille royale saoudienne.

    • Pierre Pierre 18 janvier 2016 11:59

      @Pierre
      PS. Je pense (sans garantie de réussite) qu’un coup de palais n’est pas exclu en Arabie saoudite. Il y a le risque de voir le passage à la troisième génération des Saoud passer par une guerre civile. Mutaib ben Abdullah, le commandant de la garde nationale, a aussi l’ambition de devenir roi et si un prince de 30 ans le devient, la porte lui sera définitivement fermée.


  • Robert GIL Robert GIL 13 janvier 2016 09:59

    Un groupe comme Daech émerge de la barbarie dans laquelle s’enfoncent les sociétés du Moyen-Orient, comme résultat de la domination impérialiste et des dévastations qu’elle a engendrées.Cette région, avec ses détroits maritimes de première importance et ses gigantesques réserves de pétrole, a toujours été convoitée par les puissances impérialistes. À la fin de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman s’effondrant, les dirigeants anglais et français ont appliqué la devise «  diviser pour régner  », se partageant la région suivant des frontières tracées à leur convenance...lire la suite


    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 15:01

      @Robert GIL
      Bravo pour votre blog. Cet article est un bon résumé de l’histoire de l’islamisme combattant de sa genèse jusqu’à aujourd’hui et de la sournoise implication occidentale dans sa création et dans son développement.

      Il y manque peut-être la création du Hamas (contre l’OLP) avec les encouragements d’Israël.
      Pour Ben Laden, 14 ans après le 9/11, j’attends toujours la preuve de son implication directe dans l’attentat. Il me semble que vous restez vague !
      Pour la Syrie, vous semblez croire qu’il y a eu une révolte spontanée de la population alors que pour moi, il s’agit d’une manipulation des masses de musulmans pauvres par des mosquées salafistes.
      Je me suis demandé il y a quelque temps si une photo comme le « Baiser de l’Hôtel de Ville » pouvait encore devenir célèbre. Elle heurterait peut-être certaines minorités. Et puis, elle est trop hétéro pour intéresser les idéologues de la gauche mondialiste et « progressiste ». smiley

  • JMBerniolles 13 janvier 2016 10:04
    Merci pour cette vision globale très intéressante et malheureusement très sombre.

    Je me permettrai quelques remarques :

    La première qui concerne le fond du problème, est que notre monde est maintenant gouverné par des intérêts occultes : financiers, militaro industriels, transversaux comme le sionisme,....

    Les dirigeants politiques sont chargés de mettre en forme et en œuvre des politiques qui correspondent aux volontés de ces groupes dirigeants et de gérer les groupes de pressions.
    Globalement il n’ont pas le niveau ou la capacité pour cela (ou peut-être est ce impossible) :
    D’où les valses hésitations d’Obama qui est néanmoins plus agressif encore que Bush, ne parlons pas de François Hollande/Fabius dépassés, mal informés, dernière roue de la charrette....

    Le fait qu’au Moyen Orient il y ait des pays qui jouent double jeu : Turquie, Arabie saoudite, Israël n’arrange pas les choses.

    Notre monde a la chance d’avoir des dirigeants pondérés en Russie et en Chine, ainsi qu’en Iran qui évite de céder aux provocations de l’Arabie saoudite. Néanmoins nous frôlons toujours l’embrasement.

    En ce qui concerne la Corée du Nord, les USA n’ont jamais admis avoir perdu la guerre, ou du moins n’être pas parvenu à leurs fins. La Corée est ainsi coupée en deux et le Nord est asphyxié.

    La Corée du Nord a développé un missile intercontinental mis au point il y a deux ans à peu près. Il lui restait à miniaturiser la bombe atomique à hydrogène. Malgré ce que raconte les USA cela va venir bientôt. Dans mon esprit c’’est plutôt une arme de dissuasion destinée à imposer la négociation aux USA.

    Le problème n’est pas tant que ces missiles soientt efficaces ou non (ils le seront malgré les prétentions sur les boucliers anti missiles) mais que les intérêts trans nationaux qui gouvernent le monde se moque du peuple américain aussi bien que des autres.

    Le moteur de l’agressivité du système est en effet sa faillite totale qui peut déboucher d’un moment à l’autre sur un crash financier.

    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 11:28

      @JMBerniolles
      C’est évidement un bon commentaire qui va dans le même sens que l’article. Je voudrais juste ajouter que ce qui me rend aussi sombre, c’est qu’il n’y a pas de prise de conscience en Europe des dangers qui nous guettent. La crise des migrants commence à réveiller une partie des Européens. Espérons que ce sera le commencement du réveil. Je ne sais pas si vous l’avez lu mais le ministre allemand du développement a dit au magasine Bild que 8 à 10 millions de migrants sont en route pour l’Europe. (lien) Après les événements de Cologne, je me demande comment les Européens vont réagir. Il y a déjà un sursaut salutaire dans l’est de l’Europe. Je crois que l’été sera chaud dans l’ouest.

      Je suis d’accord. Obama, Hollande ou Fabius sont mal informés. Des intérêts occultes dictent les politiques et la démocratie occidentale n’est plus que formelle. Il y a le double jeu de la Turquie et de l’Arabie que j’évoque d’ailleurs dans l’article. Vladimir Poutine est un dirigeant pondéré voire mou pour les Russes. Voyez l’article de Roman Garev. (lien)
      La Corée du Nord est pour moi une grande interrogation. D’après la manière dont on nous présente ce pays, je ne voudrais pas y vivre mais la question que je me pose en voyant toute la désinformation qui circule sur d’autre pays est : est-ce que tout est aussi noir ou est-ce plus nuancé ? C’est une question que je me pose. A ce stade, je n’affirme rien.



    • Odin Odin 13 janvier 2016 13:25

      @Pierre

      Merci pour votre article qui est intéressant. Par contre, je

      suis en désaccord avec cette pensée :

       

      « Je suis d’accord. Obama, Hollande ou Fabius sont mal informés. »

       

      Ces personnes sont des marionnettes et ont toutes les informations

      nécessaires pour analyser les différentes situations. Même

      s’ils voulaient appliquer une autre politique, ils ne le pourraient

      pas. Ils ont été élus pour appliquer et non pour décider.  


    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 13:48

      @Odin
      Bonjour, 

      Pour moi, il n’y a pas de contradiction. Ils pourraient être mieux informé sans que pour cela il puisse prendre d’autres décisions. 

    • julius 1ER 14 janvier 2016 09:42

      La première qui concerne le fond du problème, est que notre monde est maintenant gouverné par des intérêts occultes : financiers, militaro industriels, transversaux comme le sionisme,....

      @JMBerniolles

      c’est une blague !!!! cela fait plus de cent ans que çà dure !!!!! 

      tu ne te rappelles pas cette sentence « on croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels »...

      à mon avis tu confonds encore « propagande et information » !!!!!!!!!!!!!


  • leypanou 13 janvier 2016 10:39

    Belle analyse surtout avec les 5 points de la conclusion.

    J’ajoute que si on arrive à convaincre nos dirigeants de ne pas s’immiscer dans les affaires des autres pays, le dernier point de la conclusion, ce serait déjà pas mal. Cette auto-autorisation d’intervenir partout, avec un prétexte public humanitaire, mais toujours pour des raisons cachées impérialistes -changement de régime qui déplait, main basse sur les ressources minières ou pétrolières-, a comme l’une des conséquences, le retour de bâton du 13 novembre, entre autres, en ce qui nous concerne.

    On n’aura jamais fini d’entendre parler des conséquences du fameux R2P, Responsibility To Protect, accepté à l’ONU et promu entre autres par Bernard Kouchner et Koffi Annan, Koffi Annan probablement l’un des pires Secrétaire général que l’ONU ait jamais connu.

    Sur ce sujet, Le débat trompeur sur ce qui est la cause du terrorisme contre l’Occident de Glenn Greenwald vaut la peine d’être lu.


    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 12:23

      @leypanou
      Merci pour votre appréciation. J’avais écrit un article sur le désastre du concept R2P il y a deux ans. (lien) Il y a encore des crétins qui y croient.

      L’article de Glenn Greenwald confirme bien ce que je dis depuis longtemps. Notre système démocratique est purement formel. On peut changer les dirigeants mais le système est solidement cadenassé par un establishment politico-médiatique.

  • Jelena 13 janvier 2016 10:57

    >> Les théories national-socialiste (...) qu’on voit renaître de leurs cendres en Europe.
     
    Histoire de confirmer, je rappelle (ou j’informe) qu’en Pologne c’est le PIS qui a gagné la présidentielle ET les législatives. Le PIS c’est euroscepticisme, nationalisme et religion.
     
    Et quelque chose me dit qu’on risque de beaucoup entendre parler de la Pologne dans les mois à venir.


    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 12:35

      @Jelena
      Effectivement. Ce nationalisme polonais est d’autant plus dangereux qu’il fait référence à l’histoire du pays et à la période de gloire de l’union Pologne -Lituanie des XVIe et XVIIe siècles.

      Ce qui est rassurant, c’est qu’il arrive en concurrence avec les intérêts allemands. Il va y avoir du télescopage dans l’air. smiley

    • Jelena 13 janvier 2016 12:55

      @Pierre C’est comme ça que je vois la chose...
       
      Pas plus tard que la semaine dernière le président a déclaré un truc du genre : « Mon père fut un résistant et aujourd’hui je refuse que mon pays soit sous domination de l’Allemagne ».
       
      Ca va être chaud entre Berlin et Varsovie. smiley


  • Thorgal 13 janvier 2016 16:40

    @L’auteur


    Le chaos n’est pas ce que vous décrivez. Il a des « règles » physiques (processus dynamiques) précises : https://en.wikipedia.org/wiki/Chaos_theory

    Si on adopte une vue systémique de la globalisation, nous voyons que sa complexité est en fait sa faiblesse car des tensions régionales tendent à se répercuter dans le système entier. Ces faiblesses intrinsèques peuvent très bien pousser à la fracture complète du système jusqu’à son effondrement. Du désordre renaîtront d’autres ordres locaux mais toujours aussi métastables. C’est ainsi avec des systèmes fondamentalement chaotiques dans le sens vrai du terme : la (pseudo)stabilité n’est que temporaire et les sociétés humaines ne font pas exception, i.e. aucun empire ne dure.

    En ce qui concerne la « surface des choses » (géopolitique principalement), il est intéressant de lire la dernière mouture de Thierry Meyssan sur l’Arabie saoudite : http://www.voltairenet.org/article189835.html

    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 18:35

      @Thorgal

      Je viens de lire l’article de Thierry Meyssan. Cela corrobore tout-à-fait ce que j’ai écrit plus bas. Il faut rappeler à tous que les articles de Thierry Meyssan sont devenus des analyses de grande qualité.
      Pour le chaos, vous avez évidement raison mais il ne s’agit pas ici de physique. 
      Dans l’article, je me réfère à des idéologues étasuniens qui considèrent le chaos du point de vue philosophique (contemporain). 

    • Thorgal 13 janvier 2016 18:44

      @Pierre

      J’avais bien compris la sémantique du chaos dans votre article. Je voulais juste dire que lorsque l’on regarde les événements d’un point-de-vue systémique, on remarque que quels que soient les moyens, actions et effets humains, cela engendrent des perturbations qui fragilisent le système de la globalisation d’inspiration amerloque. Et c’est là que l’on voit comment ce système est réellement chaotique d’un point de vue physique ! Les événements des dernières décennies le montrent très bien. Et si l’on pousse le raisonnement plus loin, lorsque l’on sait comment un système chaotique peut transiter d’un état à un autre de manière dramatique, ça fout les jetons car nous sommes définitivement entrés dans une transition du système ...


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 13 janvier 2016 16:54

    @ l’auteur

     

    Oui, la liste finale de votre conclusion doit être complétée. Le point 3 dit ceci :


    - L’islam wahhabite et son principal exportateur saoudien sont en totale opposition avec les valeurs humanistes.


    A la suite de ce point 3, qui est juste, le quatrième devrait être celui-ci :

     

    - L’islam wahhabite et son principal exportateur saoudien sont en totale conformité avec les « valeurs » islamiques.


    • Thorgal 13 janvier 2016 17:04

      @Pierre Régnier

      Le gouv. de l’Arabie Saoudite est une grosse bande de malfaisants psychopathes mais vue l’incompétence du roi et de son fils le prince héritier, on devrait assister à un sacré bazar sous peu. 

    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 17:44

      @Pierre Régnier


      « L’islam wahhabite et son principal exportateur saoudien sont en totale conformité avec les « valeurs » islamiques ».
      Avez-vous vu cette vidéo de Jean-Michel Vernochet. (lien) 
      On peu difficilement reconnaître que le wahhabisme est représentatif des valeurs de l’islam. Grâce au rouleau compresseur saoudien, il écrase toutes les autres formes de l’islam mais il sera immanquablement éradiqué et sans doute avant que les puits de pétrole du Golfe ne soient taris. L’islam a survécu 14 siècles dans des formes modérées. Damas, Bagdad ou Grenade ont été parmi les plus grands centres de la civilisation. Cela n’aurait pas été possible avec le wahhabisme qui est issu de superstitions bédouines. Cet islam sert à abêtir les peuples pour ensuite mieux les manipuler. Il s’adresse surtout aux plus pauvres et il arrive à les attirer grâce à des aides sociales distribuées avec de l’argent saoudien.
      Pour moi, c’est comme si un vieil ermite débile avait commencé une lecture littéraliste de l’Ancien Testament et qu’il avait fini par convaincre des pays que la loi de Moïse (Lévitique) doit être la source du droit.

    • Pierre Pierre 13 janvier 2016 18:17

      @Thorgal
      Je ne peux que vous approuver. Le roi Salmane est atteint d’une forme de sénilité précoce et il ne peut rester concentré que quelques heures par jour grâce à des traitements médicaux. Son fils, Muhhamad est un mégalomane ambitieux et incompétent qui gère les affaires du royaume. Ils restent en place parce que ils font partie du puissant camps des Soudayri et que suivant des accords entre les membres de la famille royale, c’est à leur tour de régner.

      Mitab, le fils du roi Abdallah qui fait partie d’un autre camps tout aussi puissant, les Chamar, est le chef de la Garde nationale. Une armée aussi forte que l’armée régulière et qui est en partie composée des fanatiques Ikwan.
      Mitab attend en embuscade le faux pas de Muhhamad et je ne voudrais pas me trouver en Arabie quand cela va péter. D’ailleurs, les Américains l’ont bien compris, ce n’est pas pour rien qu’ils se mettent en retrait. 

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 13 janvier 2016 18:29

      @Pierre l’auteur
      (et à Thorgal)

      Durant les siècles qui ont précédé le wahhabisme, et même avant la rédaction définitive du Coran, l’islam a commencé à faire les dizaines de millions de morts dont il s’est rendu coupable en appliquant les appels à tuer de son prophète Mohamed.

      Ne vous enfermez pas dans le raisonnement hémiplégique actuel, celui de nombreux intellectuels qui font commencer l’Histoire de l’islam à celle de leur époque, le nez collé sur les dernières infos présentées par la télé, ce qui les conduit à ne voir que le jeu contemporain des grandes puissances appliquant l’économisme mondialisé comme seule cause de la barbarie islamique - et pas seulement islamiste - alors que l’autre cause, la cause théologique, est et reste, depuis plus de 13 siècles, la principale.

      Il est plus indispensable que jamais d’étudier la violence religieuse monothéiste sur la totalité de son histoire depuis 3000 ans.


    • Thorgal 13 janvier 2016 18:36

      @Pierre Régnier

      Salut !

      Vous lisez l’anglais ? Ça devrait vous intéresser :

      http://chersonandmolschky.com/2014/04/28/islamophobic-muslims-leave-islam-reading-quran/


  • Tzecoatl Gandalf 13 janvier 2016 19:34

    Apparemment, l’éta saoudien serait plus sur le hahabisme et la couleur des super-cordes.


  • JMBerniolles 14 janvier 2016 09:08
    Deux événements, depuis l’écriture de cet article, sont révélateurs de l’état réel des mouvements d’agression et d’une de leurs causes....

    *La première est selon la présentation réellement comique du Monde, la « dérive » de deux embarcations militaires dans les eaux iraniennes. C’est plus de la provocation que de l’espionnage, quand on précise que le Charles de Gaulle (quelle manière honteuse de mêler De Gaulle à ces magouilles dangereuses) et un porte avion américain se trouvaient dans la zone. L’Iran gère très calmement toutes ces provocations. Il y a aussi le survol de la Corée du Nord par un bombardier américain chargé d’ogives nucléaires.

    *La deuxième est le discours d’Obama sur l’état de l’union. Une tartufferie qui a du mal à passer aux USA. Obama affirme que les USA sont la Fédération la plus forte (militairement surtout) au monde et dénie totalement les problèmes économiques et autres...

    En clair, la volonté d’hégémonie des USA est plombée par sa situation économique et par la montée en puissance de pays rivaux, d’où l’agressivité qui dans l’esprit des fous qui constituent les groupes de pressions, -néocons, lobby militaro industriel, sionistes principalement-, doit déboucher sur des guerres préventives dans leur esprit. 

     Ils en sont sans doute à l’écrasement du Japon. Depuis, les USA ont été tenu en échec en Corée, vaincus militairement au Vietnam, incapables d’exploiter leur présence militaire en Afghanistan et en Irak... D’où le basculement vers des guerres par mercenaires interposés et la théorie du chaos (à l’application pas terrible en Libye où la maitrise du pétrole n’est pas assurée pour le Qatar et Total)

    Ce basculement dans l’influence primordiale et néfaste, y compris pour les USA, des groupes de pressions,- industriels, idéologiques et financiers’, remonte à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, à qui l’humanité doit un certain sursis, dans un grand complot d’état.

    • Pierre Pierre 14 janvier 2016 11:28

      @JMBerniolles
      Je connais assez bien la région où s’est déroulé l’incident des deux embarcations étasuniennes, j’y ai souvent voyagé pour affaires dans les années 80. Il s’agit de la région de l’embouchure du Chatt-el-Arab aux confins du Koweit, de l’Irak et de l’Iran. Il y a un tas de petites îles dont on ne sait pas vraiment qui en a la souveraineté. Les bateaux ont dû entrer par inadvertance dans les eaux iraniennes, D’ailleurs, on a vu les vidéos, cela ne semble pas être des espions. L’incident est clos, les Iraniens ont relâché les Américains.

      Attention ! Le bombardier américain n’a pas survolé la Corée du Nord. Il s’est approché à 70 km.
      Sept ans de discours lénifiant de Barack Obama ont fini de lasser tout le monde y compris les démocrates. Je remarque quand même qu’à part le surge en Afghanistan, il n’y a plus eu de troupes d’invasions américaines. Tout s’est passé par proxy avec des soutiens américains : aviation, troupes spéciales, renseignements etc
      Doit-on encore faire l’inventaire de toutes les interventions militaires étasuniennes dans le monde depuis un siècle. C’est impossible, de mémoire, on va en oublier 50 % 

  • julius 1ER 14 janvier 2016 10:21

    Cette dernière année du mandat de Barack Obama ne lui permettra pas de rétablir la « Pax Americana » dans le monde, il y a trop de conflits, les désaccords sont trop profonds, les États-Unis n’ont plus la confiance ni de leurs alliés ni de leurs adversaires, des pays comme la Russie ou la Chine sont devenus des concurrents géostratégiques importants et, disons-le aussi, l’Occident est en crise et n’a plus les moyens de de ses ambitions.


    @l’auteur,
    pauvre Obama qui a suscité tant d’espoirs mais en réalité le pouvoir lui échappe depuis un moment...le dernier mot est pour Trump lorsqu’il dit dans des propos virils dignes de Poutine .... il faut restaurer la puissance américaine ( sous entendu .. Obama est un pédé) ce qui veut dire que l’esprit des faucons rôde toujours autour du pouvoir et que ceux-ci n’ont pas abandonné la partie !!! d’ailleurs ont-ils baissé leur taux de production d’armements ????
     c’est bien cette vision du contrôle de la planète par les USA qui prévaut et ce à n’importe quel prix, l’impérialisme est omniprésent !!!!!!!
    d’ailleurs Brezinsky lui-même continue de dire que l’Islamisme n’est qu’un épiphénomène que le seul véritable ennemi est le communisme !!!!
    ce qui en dit long sur les possibilités d’émancipation des peuples face à cette caste de réactionnaires !!!! 
    en cela il a raison car l’Islamisme ne traite pas de la question primordiale dans toute création économique cad « la question sociale » qui revient et reviendra sans cesse et ce n’est pas les 40 millions de chômeurs en Europe et les 98 millions de chômeurs aux USA qui vont infirmer mes dires !!!

    vous parlez de boîte de Pandore ouverte mais depuis la Révolution bolchévique celle-ci n’a jamais été fermée, on reste dans la continuité ce sont les hommes qui ont changé et pas les options .....


  • julius 1ER 14 janvier 2016 10:31

    Le paisible islam soufi [3], traditionnel en Somalie, est remplacé par le wahhabisme qui impose de force ses lois qu’il va chercher dans des textes écrits il y a 1400 ans. 

    @l’auteur, 
    il ne s’agit là que de l’écume des choses ... ce n’est pas une radicalisation de l’Islam mais l’habillage de la radicalisation qui est provoquée et entretenue par certaines puissances car cet Islam soit disant radical va se crasher car il ne génère aucune adhésion ou alors par la force ce qui est et sera contre-productif tôt ou tard car s’imposer par la force est une forme de faiblesse et même s’il devient colosse ce sera avec des pieds d’argile ..... cela est une création artificielle car soutenue avec l’argent de la puissance saoudienne !!!

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 14 janvier 2016 11:29

      @julius 1ER

      Le problème (le drame spirituel) est que le paisible islam soufi lui-même ne détruit pas les textes écrits il y a 1400 ans. Il n’a aucune possibilité de le faire, et ce sont ces textes qui font les fanatiques islamiques passant fidèlement, aujourd’hui comme depuis 13 siècles, à l’action « commandée » 1400 ans plutôt « par le Dieu Allah », qui est et reste le même Dieu pour les soufis et pour les wahhabites.


    • Pierre Pierre 14 janvier 2016 11:41

      @julius 1ER
      A discuter ! Comme vous dites, il y a l’argent saoudien pour les mosquées mais vous oubliez de parler de la distribution d’argent pour des aides sociales, pour porter des foulards, les aides aux veuves et aux orphelins etc. Cela attire des fidèles vers le wahhabisme. 

      A mon avis, la meilleures façon de lutter contre le wahhabisme est de s’attaquer au porte-feuille saoudien mais en voyant les conneries qu’ils font pour le moment, ils finiront peut-être par entre-tuer. 

    • Pierre Pierre 14 janvier 2016 12:16

      @Pierre Régnier
      Un discours comme celui-là mène dans une impasse. On vous rétorquera que les conquistadors ont envahi l’Amérique au nom de la foi chrétienne ou que les croisés ont pas mal massacré en Palestine.

      Pourtant, il y a aussi Mère Térésa et des chrétiens désintéressés.
      Tout n’est pas négatif. Avez-vous entendu le témoignage du criminologue Xavier Raufer dans Bistro-Liberte. Il faisait partie d’une délégation saoudienne qui s’était rendue au Soudan pour calmer les extrémistes soudanais. Le grand mufti d’Arabie a eu des paroles très sages quand il a dit que tout cela se passe dans le ciel. C’est à partir de la 53me minute. (lien) 

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 14 janvier 2016 14:30

      @Pierre

      Merci pour le lien. Dans cette séquence, Xavier Raufer, que j’estime, défend de bonne foi la notion de "bonne interprétation" que je combats fermement quand il s’agit de justifier les meurtres prétendument commandés par Dieu. L’ancien catholique fervent que je suis dénonce plus que partout ailleurs sa présence dans le Nouveau Catéchisme, « guide spirituel pour le XXIe siècle » selon Jean-Paul II. Extrait :

       

      Mais, bien sûr, le Catéchisme contient aussi les tortueuses précisions sur la nécessité de faire les « bonnes interprétations » de toutes les horreurs « conformes au désir de Dieu » qu’on rencontrera dans « l’Ecriture ». Il faut dire sans détours que, loin d’atténuer le caractère maléfique des affirmations précédentes, elles le renforcent impardonnablement. Elles sont tout simplement une monstrueuse tricherie supplémentaire.

      Celle-ci est aussi vieille que la démarche religieuse elle-même. Parmi beaucoup d’autres l’évêque Augustin (pour le catholicisme), ou Maïmonide (pour le judaïsme) expliquaient déjà, aux Ve et XIIe siècles, que l’église et Dieu « persécutent par amour », contrairement aux impies qui persécutent par cruauté. La « vérité que Dieu a voulu voir consignée » c’est alors que, « pour notre salut » il faut massacrer beaucoup de monde sur la terre. Le Livre de Josué, plus que tout autre livre sacralisé résume parfaitement, dans l’Ancien Testament (AT), cette « vérité salutaire ».

       

      L’article en entier est ici :

      http://www.blog.sami-aldeeb.com/2011/09/18/benoit-xvi-premier-responsable-de-la-violence-religieuse/


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 14 janvier 2016 15:03

      Pierre Régnier

      Plus loin, dans cet article je complétais ainsi :

      On voit ici que la vérité de Benoît XVI n’est pas d’une nature très différente de celle des dirigeants d’Al Qaïda, entre autres musulmans terroristes contemporains de cette Bible. La différence est seulement dans l’opportunité de la mise en application du prétendu « désir criminel » de Dieu. Pour Oussama ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, il est toujours nécessaire de massacrer beaucoup d’êtres humains pour le bien de l’humanité. On en trouvera de nombreuses confirmations dans le livre présenté par Gilles Kepel, « Al Qaïda dans le texte » (éd. PUF 2005). Pour le pape au contraire, c’est fini : depuis 2000 ans, il ne faut plus. Jésus a demandé qu’on n’applique plus que ses consignes pacifiques.

      Si j’étais encore le catholique fervent que je fus dans mon enfance je dirais peut-être  : « Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils écrivent  ! » mais je préfère ici gueuler très fort que ces théologiens fous, comme leur pape lui-même, trahissent manifestement le prophète juif Jésus dont ils se prétendent les héritiers spirituels.



      La certitude que j’exprime - depuis 25 ans - c’est que c’est en application de cette folle conception théologique qu’agissent les meurtriers de l’islam d’aujourd’hui, exactement comme agissaient les « chrétiens » de l’Inquisition, ceux qui accompagnaient les massacreurs d’indiens et les organisateurs de l’esclavage etc... mais, pour ceux-là, en contradiction flagrante avec le message pacifiant des Évangiles... mais pas du tout en contradiction avec celui de Ratzinger futur Benoît XVI dans le Nouveau Catéchisme.

      C’est pourquoi je dis qu’il est urgent d’exiger des religions qu’elles dé-divinisent, dé-sacralisent et dé-dogmatisent les paroles criminogènes contenues dans leurs textes de base et qu’elles ont divinisées, sacralisées, dogmatisées.

       


    • Pierre Pierre 14 janvier 2016 18:02

      @Pierre Régnier
      C’est à cela que je voulais en venir. Les trois grandes religions monothéistes sont fondées sur le même socle et on y trouve les mêmes passages violents. 

      Le Nouveau Testament a amené une nouvelle lecture pour les chrétiens il y a déjà 2000 ans. Or il s’est encore trouvé des chrétiens qui se réfèrent aux textes de l’Ancien Testament. C’est bien la preuve qu’il est difficile de s’en détacher et c’est compréhensible vu qu’il s’agit de textes écrits sous inspiration divine selon leurs convictions. 
      Il en est de même pour les musulmans et il est évident que s’il veulent cohabiter avec des laïcs, ils devront renoncer à une interprétation littéraliste du coran. Comme il n’y a pas de hiérarchie dans l’islam sunnite qui pourrait sanctionner des imams qui prêchent cette lecture particulière de leur livre sacré, à mon avis, il n’y a pas d’autre solution que de les voir interdire de diffuser leur message.
      Ce sera une entorse à la liberté de culte mais il n’y a pas d’autre solution. Tant pis pour la Déclaration universelle des droits de l’homme, il y a des priorités vitales pour nos sociétés occidentales.
      J’ai commencé la lecture de votre article. Cela me semble intéressant mais c’est plus long que ce que j’avais cru, surtout qu’il y a aussi plus de 250 commentaires. Je vais m’y atteler un de ces jours à tête reposée.

  • Francis JL 14 janvier 2016 22:41

    Bonsoir,Je voudrais seulement réagir à ça :


    Le premier des maux que vous citez : ’’Le sentiment qu’ont les dirigeants américains que les États-Unis sont un pays exceptionnel qui a vocation à imposer son « American way of life » au reste du monde. Renoncer à cela, ce serait aussi reconnaître la multipolarité du monde.’’

    Je ne crois pas que les Américains veuillent imposer l’american way if life partout dans le monde : ils veulent seulement le préserver chez eux sur le dos du reste du monde. Edourad Glissant disait que le libéralisme économique imprègne tous les imaginaires.

    Pour paraphraser, je dirai que l’american way of life imprègne tous les imaginaires. Peut-être parce que le libéralisme économique c’est le faux nez de l’american way of life : il n’y a pas plus protectionniste que les Etats Unis.

    • Pierre Pierre 14 janvier 2016 23:38

      @JL
      Merci pour la remarque. M de Sourcessure avait fait la même remarque que vous et je lui avais déjà répondu dans mon premier commentaire que le sens que je voulais donner à l’« American way of live » est beaucoup plus large que la consommation de Coca-Cola et la gastronomie McDonald’s. Cela inclut le libéralisme économique, le dollar, le nouvel ordre mondial, etc. soit tous les instruments qui permettent au Etats-Unis de dominer les autres nations. 


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 15 janvier 2016 09:54

      @Pierre et @JL

      Ce n’est pas seulement le libéralisme économique imposé au monde entier par, principalement mais pas seulement, les États Unis qui fait le premier (ou le second, comme on voudra (*)) drame planétaire actuel c’est L’ÉCONOMISME, cette philosophie mondialisée qui fait le la réussite économique - dans le pire des cas l’imbécile « rêve américain : faire personnellement une très grosse fortune - le but de l’existence humaine.

       

      Le moyen choisi par le « fascisme » stalinien (fascisme avant la lettre) pour réussir collectivement, au sens philosophico-politique de l’économisme, c’est-à-dire une autre forme de productivisme, n’était pas moins catastrophique que le productivisme capitaliste.

       

      Il me paraît certain que la COP 21 sera un échec puisque elle n’a pas décidé de remplacer l’économisme par un HUMANISME, lequel devrait viser de manière radicale l’égalisation des moyens de vivre en tous les points de la planète, et ceci dans la décroissance de la production, de la consommation et de la population mondiales.

       

      (*) Je rappelle que, pour moi, l’autre drame c’est l’acceptation mondialisée de l’islamisation des pays qui étaient, jusqu’à récemment protégés de l’islam.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 15 janvier 2016 10:00

      Correction : qui fait de la réussite économique le but de l’existence humaine.


    • Francis JL 15 janvier 2016 10:16

      @Pierre Régnier


      vous dites : ’’Il me paraît certain que la COP 21 sera un échec puisque elle n’a pas décidé de remplacer l’économisme par un HUMANISME’’

      Je crois que vous n’y êtes pas du tout, désolé : les organisateurs de la COP21 n’ont jamais eu pour but de remplacer l’économisme par un humanisme ; ça c’est ce qu’ils ont voulu nous faire croire, pour qu’on y adhère. Voyez comment ils ont matraqué les velléités de manifestations. L’état d’urgence décrété à la suite des attentats de novembre n’a pas été étranger au succès de la COP21, succès revendiqué par les organisateurs eux-mêmes, qui auraient préféré toutefois que les Etats s’engagent davantage. 

      Est-ce que vous avez lu mon article consacré au sujet ? La COP21, ce grand jeu de poker menteur, n’est qu’un avatar de la stratégie des institutions mondiales libérales qui consiste à enfermer les Pouvoirs démocratiques (*) dans des engagements irréversibles de type non pas ’’gagnant gagnant’’, mais « Pile je gagne, face tu perds. »

      (*) J’appelle ici pouvoirs démocratiques par opposition à pouvoir économique, les Pouvoirs politiques, les seuls qui soient encore aujourd’hui présumés être au service des populations. 

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 15 janvier 2016 15:09

      @JL

      Merci JL pour le lien qui conduit à votre article, que je n’avais pas encore lu et qui est d’une très grande utilité.


    • Pierre Pierre 15 janvier 2016 15:21

      @Pierre RégnierJ’aurais plutôt tendance à être d’accord avec JL. 

      C’est vrai qu’il y a un manque de réflexions humanistes ou spirituelles dans nos pays mais elles doivent trouver une place en harmonie avec l’économie. 
      J’avais exprimé cela ainsi dans mon article : « Le libéralisme qui dans son triomphe actuel est devenu inhumain. L’homme a certainement soif de liberté mais il demande aussi que la société le protège. Tout n’est pas libéralisable. »
      L’économie contribue au bien-être des gens et elle est source de progrès mais pour cela elle doit être au service de toute la société et pas seulement d’une oligarchie comme maintenant.
      « décroissance de la population » ? Attention, le malthusianisme à aussi ses défauts dont le remplacement de populations à faible taux de natalité par des populations à haut taux de natalité. C’est un peu ce qui se passe avec les vagues migratoires actuelles et le besoin de l’Allemagne d’avoir plus de main d’oeuvre. 

    • Pierre Régnier Pierre Régnier 16 janvier 2016 10:41

      @Pierre

      D’accord avec la première partie de votre remarque. Pas en désaccord avec la seconde, qui ne fait que souligner la difficulté et l’ampleur de la tâche : détruire l’économisme et non pas l’économie.


  • elpepe elpepe 17 janvier 2016 19:50

    @M de Sourcessure et @auteur
    Bonjour votre analyse est pertinente mais incomplète car elle ne propose aucune solution ou même un simple horizon, néanmoins votre honnêteté mérite notre respect et son pesant de cacahuètes smiley

    Je suis convaincu que les rapports économiques sont les fondements des idéologies et pas le contraire.

    Partant de ce constat ou ces idéologies mortifères ne sont que des manipulations, a la solde d intérêt uniquement économique, que pouvons nous faire pour y remédier ?

    Une possible solution ou début tout au moins, pour moi s articule en trois axes
    - créer des contres pouvoirs réels (non des mascarades comme aujourd hui) qui pourrait contre balancer ses intérêts économiques. Ces contres pouvoir existent, ils sont l etat et la volonté d information, la liberté étant un prémisse mais sans grande utilité.
    - ces contre-pouvoirs aujourd’hui, on commence a l entrevoir, ne proviendront plus des instances qui nous gouvernent, car largement corrompues , et devront/devraient être la seule expression de la volonté des peuples. 
    - A chaque individu de stand-up, pour critiquer avec son seul libre arbitre, et défendre l intérêt supérieur souvent contre son propre intérêt, sinon il ne peut y avoir de consensus. Cela demande discernement, honnêteté et courage,
    - Ses contre pouvoir aujourd’hui sont possibles a travers l’évolution des techonologie de la communication, qui permettent a chaque individu de savoir, comprendre, analyser, juger et surtout s’affirmer donc prendre position.
    - la troisième pierre angulaire a cette édifice ou plutôt clé de voûte est l éducation, ou le corporatisme est le plus fort d’ailleurs
    - on est pas rendu en tout cas, mais je continue de ruminer


    • elpepe elpepe 17 janvier 2016 20:00

      @elpepe
      3 axes =
      1-renforcement et affirmation des états (espèce en voie de disparition imminente)
      2-affirmation des individualités a travers une intelligence ’supérieure a notre simple intérêt personnel’ et engineering du bien commun - certain appelleront cela la république, je n’y vois pas d inconvénient
      3- éducation et surtout culture du libre arbitre car finalement tout s apprend, en remplacement de l éducation civique qui est a mon avis une foutaise de première, encore un concept a la con des socialos ... (ça faisait trop longtemps que j avais pas taper dur la gueule des socialos, ca libère, merci)

      Ça me rassure j arrive encore a compter jusqu a 3, c est bon signe


    • Pierre Pierre 18 janvier 2016 04:38

      @elpepe
      Merci de l’intérêt que vous avez porté pour mon article et merci pour votre commentaire.

      Mon pessimisme concerne surtout les pays où le chaos s’est installé ou ceux où il va s’installer.
      Le rêve des idéologues néo-conservateurs étasuniens de voir l’ordre naître du chaos ne se réalise pas. Pour le moment, je vois que le chaos entraîne encore plus de chaos et qu’il a tendance à s’étendre aux pays voisins.
      Aucun pays n’est prêt engager des troupes au sol et donc de subir des pertes pour remettre de l’ordre en Libye, en Irak, au Soudan, en Afghanistan etc. Pour les Etats-Unis, on connait le dicton « chat échaudé craint l’eau froide » et tous les autres pays n’ont pas les moyens militaires pour intervenir.
      La Turquie serait peut-être prête à prendre le risque mais dans le but d’obtenir un zone d’influence dans des territoires voisins. (Comme à Chypre.)
      Vous n’avez qu’à voir les pertes que subissent les soldats de l’Union africaine en Somalie (lien) pour comprendre la complexité du problème.
      Très franchement, je ne vois aucune possibilité d’inverser la direction de sens. On peut tout au plus stabiliser la situation.
      Plus tard, si le premier point que je cite pour éradiquer les maux se réalise, les autres pays pourront collaborer en confiance pour trouver des solutions mais il faudra commencer par régler le troisième point. (Wahhabisme.)
      Vos propositions sont, me semble-t-il, à usage occidental. Je ne peux qu’adhérer à l’idée d’un contre-pouvoir porté par la société civile mais il devra déboucher sur un relais politique pour vraiment faire changer les choses. 
      Personnellement, j’essaie d’apporter ma petite goutte d’eau de colibri pour cela. 

      PS. Pour votre deuxième commentaire.
      - Pour moi, le point 1 est contradictoire avec le contre-pouvoir.
      - Pour le point 2, j’avais libellé l’idée ainsi dans l’article. « Le libéralisme qui dans son triomphe actuel est devenu inhumain. L’homme a certainement soif de liberté mais il demande aussi que la société le protège. Tout n’est pas libéralisable. »
      - 3. La culture du libre arbitre, absolument oui mais l’éducation civique aussi.

    • elpepe elpepe 18 janvier 2016 12:54

      @Pierre
      Bonjour - permettez moi de vous répondre

      - Pour moi, le point 1 est contradictoire avec le contre-pouvoir.
      Un etat fort veut dire qu il fasse simplement respecter la loi, ce qui n est plus le cas depuis longtemps en France,
      Cela ne signifie pas qu’il tabasse les manifestants, qd il n en est pas l organisateur,
      Le PS a etabli une dictature douce, douce sauf pour ceux qui ont perdu un œil ou la vie dans une manif ....

      - 3. La culture du libre arbitre, absolument oui mais l’éducation civique aussi.

      C est au parent de donner une baffe a leurs gamins pour leur apprendre a dire bonjour et merci pas besoin d un professeur qui sort d Ulm pour cela (je pratique de mon cote cette apprentissage et cela marche très bien, pas besoin de baffe d ailleurs. je prend juste la voix de Darth Vader)

      Vos propositions sont, me semble-t-il, à usage occidental.

      Oui j entends bien , et non car tant que l on interviendra dans ces pays ça ne pourra être que la guerre civile et nos bombardements crétins et assassins qui s en suivent. Donc je prône un non interventionnisme total, incluant les embargos qui devraient être interdit par l ONU, car c est une forme d interventionnisme extrêmement violent.
      Maintenant reste a régler le pire des interventionnismes, cad le problème de la monnaie internationale assise par le FMI et les canons, et c est probablement le premier contre pouvoir a établir, la bonne nouvelle et que le yuan est rentre dans le panier de la ménagère, Christine Lagarde ou le diable en personne. A quand le ruble ?
      En ce qui concerne la vente d armes, l ONU devrait a nouveau réguler, mais les casques bleus c est bien gentil, mais elle devrait être dote d un système satellitaire militaire (de type constellation et hélicoïdale) qui permet de suivre un match de tennis, ainsi d un accès a toutes les transactions bancaires internationales, et contrôle des valises diplomatiques éventuellement.


    • elpepe elpepe 18 janvier 2016 13:08

      @elpepe
      pour le point 1, ma réponse était incomplète, mettez un million de personne dans la rue et vous verrez cela peut influer les choix. Maintenant le gouvernement par la rue est probablement une mauvaise chose, et c est la ou le discernement des peuples intervient, et la je vous l’avoue, je suis beaucoup plus pessimiste que vous en la matière ...
      In fine les gens s en prennent plein la gueule mais il le mérite comme dirait la Pub. Que veut le peuple des jeux et des coups de bâton, vous pensez bien que en 2000 ans le cerveau humain n a pas évolué d un iota ...


    • Pierre Pierre 18 janvier 2016 16:17

      @elpepe
      Bonjour, Il y a beaucoup de possibilité pour installer un contre-pouvoir citoyen dont les mandataires politiques devraient tenir compte. Ce qui est sûr pour moi, c’est que la démocratie parlementaire qui n’a plus évolué depuis près de 70 ans ne répond plus aux attentes des citoyens de ce XXIe siècle mais développer cela prendrait l’espace d’un article.

      Si l’éducation des enfants est bien le rôle des parents, je pense que l’éducation civique doit être enseigné à l’école. J’entends par éducation civique, l’enseignement des règles pour vivre en société. Il me semble qu’elles doivent être les mêmes pour tous et être indépendantes de la culture des parents.
      Ces cours d’éducation civique devraient même être obligatoirement donnés aux immigrés, aux réfugiés et aux nouveaux naturalisés. 
      Que ce soit clair, les interventions occidentales dans les affaires des autres pays n’ont rien à voir avec l’instauration de la démocratie ou avec la R2P. Ces notions sont le joli emballage du paquet. L’intérieur est beaucoup moins présentable mais il n’est pas dévoilé aux yeux des citoyens.
      Je pense aussi que la démocratie doit être adaptée à la culture, à la région et à l’histoire.
      En exemple : la Chine ne se gère pas de la même façon que le Grand Duché de Luxembourg, cela me semble évident. On ne doit pas se priver d’intervenir dans les pays dangereux mais avec un consensus et surtout en ne se focalisant pas sur les intérêts particuliers des Etats-Unis et de leurs proxy régionaux.
      En clair, s’il faut un changement de régime en Syrie, il en faut aussi un en Arabie saoudite, au Qatar ou en Israël. 



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