jeudi 22 janvier - par Marc Dugois

Le chemin vers l’absurde sur lequel nous cheminons allègrement en 3 étapes : 1 Casser le thermomètre

Comment comprendre le désastre dans lequel nous entrons sans comprendre le chemin économique aberrant que nous empruntons depuis 50 ans et que nous appelons naïvement progrès en oubliant les bases de l’économie qu’il faut tout de même rappeler ?

Au départ tout peuple produit ce qu’il consomme et consomme ce qu’il produit. Puis partout, lorsque le groupe devient important, une petite minorité de tire-au-flanc consomme sans participer à la production qui demande toujours un effort. Tout naturellement est alors créée partout, en réaction, une monnaie qui est une richesse transportable servant de preuve qu’un travail a bien été fait pour l’obtenir (très souvent de l’or). Cette monnaie qui sert à l’échange, est prélevée par l’impôt sur la richesse du groupe vue par lui-même et sert aussi d’unité de compte et accessoirement de réserve de valeur quand on l’épargne comme Aristote l’avait remarqué. Est alors rajoutée la notion de revenu à celles de production et de consommation. Cela fait rentrer l’argent dans l’économie où il n’était pas. Son introduction permet le chiffrage de l’économie. La circulation monétaire (circulaire comme son nom l’indique) permet de chiffrer la quantité d’argent aux trois passages de la production, du revenu et de la consommation pour vérifier qu’ils restent bien tous les trois au même niveau. L’épargne fausse un peu cette égalité puisqu’elle retire de l’argent de la circulation et force le pouvoir à la remplacer par une nouvelle monnaie, donc par un nouvel impôt. Cela explique dans la tradition la mauvaise réputation de l’épargne que Molière a stigmatisée dans l’Avare avec sa cassette. Le chiffrage de l’économie se fait en utilisant l’argent comme unité de compte et en additionnant à chaque passage toutes les dépenses, c’est-à-dire chaque fois que l’argent change de main et donc circule. Au passage de la production elle est chiffrée par la dépense des acheteurs de ce qui est produit, amputée des dépenses faites à l’extérieur par le producteur pour ne pas les compter deux fois. Ce chiffrage est appelé valeur ajoutée. Au passage du revenu elle est chiffrée par la dépense faite par celui qui le distribue. Ce chiffrage s’appelle rémunération. Au passage de la consommation elle est chiffrée par la dépense faite pour consommer. Ce chiffrage s’appelle le pouvoir d’achat. La valeur ajoutée, la rémunération et le pouvoir d’achat sont normalement de même montant dans une économie saine puisqu’il s’agit d’une seule circulation. C’est l’équivalence de ces trois chiffrages qui démontre la santé économique d’un peuple. En les chiffrant par l’argent dépensé à chaque étape, on peut être alerté d’un décrochage de la production, du revenu ou de la consommation. Au XXe siècle on a appelé ce chiffrage le PIB et l’on a dit, à juste titre à l’époque, que son augmentation était une preuve d’enrichissement puisque la production, le revenu et la consommation augmentaient ensemble simultanément et toujours du même montant avec un léger prélèvement par l’impôt de l’augmentation de la masse monétaire rendue nécessaire par la montée du PIB. La montée vertueuse de cette circulation monétaire a été appelée création de richesse. On ne peut comprendre le déraillement actuel sans avoir bien en tête l’harmonie économique que les siècles nous avaient enseignée et qui est toute simple et si mal comprise. C’est la dissimulation, la manipulation et le mensonge déguisé en vérité qui sont compliqués. Si l’on n’a pas, ancrée en soi, la base de l’économie, et en particulier le fait que l’argent n’est qu’un vecteur d’énergie humaine, on se laisse facilement séduire par le mensonge qui est souvent agréable à entendre. Ursula von der Leyen vient encore de l’illustrer avec son marché de 700 millions de consommateurs et sa fierté d’avoir signé le Mercosur en oubliant de vérifier qu’il y a bien 700 millions de producteurs.

La bataille de fond est entre les peuples, déresponsabilisés, mal informés, mal représentés et inconscients de cette bataille, et les oligarques qui renversent à leur avantage toutes les bases de l’économie en les habillant de narratifs et de mots convenus comme capitalisme, socialisme ou libéralisme qui véhiculent du vent mais font impression. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le bon sens, meurtri par les horreurs de la guerre, a fait dépasser provisoirement les clivages et a créé sur la base du bon sens, en France le Conseil National de la Résistance et à l‘ONU l’Office International du Commerce fondé sur l’harmonie entre la production, le revenu et la consommation de chaque peuple. Le commerce extérieur doit y être libre et un simple échange, import et export devant être de même montant. Pour que cela reste un simple échange, l’OIC favorise les droits de douane, appelés tariffs avec deux f chez les Anglo-saxons, pour qu’une production étrangère ne vienne pas tuer la production nationale. Au même moment les oligarques font signer à Genève aux mêmes hommes politiques, inconscients de signer des documents contradictoires, le General Agreement on Tariffs and Trade (GATT) qui propose rigoureusement l’inverse, à savoir une abolition des droits de douane pour favoriser la consommation à partir d’une production là où elle est la moins coûteuse. Comptant sur l’incompétence populaire et sur les médias qui leur appartiennent, ils répètent à l’envi que le but est de favoriser la croissance économique et l’emploi. Le vrai but est de s’enrichir au maximum en faisant produire n’importe où au moindre coût et consommer dans les pays réputés riches puisque c’est là que l’on consomme beaucoup. Ils font abandonner l’OIC en en faisant refuser la ratification par le sénat américain puis transformer, toujours à Genève, le GATT en OMC, exact contraire du défunt OIC de l’ONU.

Ils sont extraordinairement aidés en 1971 par la déconnection des monnaies de toute richesse réelle, permettant aux banques commerciales de créer de la monnaie ex nihilo par le crédit, monnaie qui représente aujourd’hui près de 90% de la monnaie en circulation. La création monétaire par les banques est théoriquement encadrée mais ne l’est pas dans les faits puisque toutes les banques ont des filiales dans les paradis fiscaux qui créent de la monnaie sans aucune limite. Une fois créée, la monnaie se confond avec la précédente alors qu’elle n’est plus la preuve d’un travail effectivement réalisé mais au contraire l’annonce masquée, soit d’un nouvel impôt, c’est-à-dire un appauvrissement, soit d’un travail à faire plus tard en ayant déjà consommé sa contrepartie, ce qui peut être une définition de l’esclavage. Qui ne voit pas que c’est ce que nous vivons ? La multiplication par plus de 60 de la masse monétaire depuis 1971 a permis de faire bondir la consommation sans faire évoluer de la même manière la production et le revenu. Le revenu a augmenté beaucoup moins que la consommation et la production encore moins que le revenu. En fait les peuples occidentaux se sont mis à consommer sur une dette mondiale toujours croissante en vivant dans des villes où l’on ne produit plus que des services à la consommation. La consommation est reine. La production devient secondaire puisque l’argent se fabrique facilement, les machines se fatiguent moins que les humains et demain paiera. Les oligarques s’enrichissent sur l’appauvrissement futur des peuples où tout est fait pour qu’ils n’en prennent pas encore conscience.

C’est évidemment intenable et il est intéressant de regarder comment l’on tente de nous faire croire que ce système impossible est durable. Cela se fait en 3 étapes : casser le thermomètre et lui faire dire que la dépense enrichit, fabriquer tout l’argent qu’il faut pour dépenser et officiellement s’enrichir, et enfin reporter la solution à trouver dans le temps et dans l’espace par le commerce international façon OMC. Chaque étape fera l’objet d’un article.

D’abord casser le thermomètre pour lui faire dire ce que l’on veut et pas ce qu’il dit. Il suffit de regarder comment l’INSEE définit le PIB pour pressentir l’ampleur du scandale. Il garde la base vraie des trois calculs du PIB par la production, par la consommation qu’il appelle la dépense et par le revenu mais ne dit pas qu’il ne s’agit que d’une circulation monétaire.

https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1365

Définition

Le produit intérieur brut aux prix du marché vise à mesurer la richesse créée par tous les agents, privés et publics, sur un territoire national pendant une période donnée. Agrégat clé de la comptabilité nationale, il repré­sente le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes.

Le PIB aux prix du marché peut être mesuré de trois façons :

  • selon l’optique de la production, en faisant la somme des valeurs ajoutées de toutes les acti­vités de production de biens et de services et en y ajoutant les impôts moins les subventions sur les produits ;
  • selon l’optique des dépenses, en faisant la somme de toutes les dépenses finales (consacrées à la consommation ou à l’accroissement de la richesse) en y ajoutant les exportations moins les importations de biens et services ;
  • selon l’optique du revenu, en faisant la somme de tous les revenus obtenus dans le processus de production de biens et de services (revenus salariaux, excédent brut d’exploitation et revenu mixte) et en y ajou­tant les impôts sur la production et les importa­tions moins les subventions.

 

Personne ne peut affirmer sans rire que l’Insee ne ment pas effrontément en prétendant trouver les mêmes résultats par ces trois mesures. En multipliant les dépenses avec une nouvelle masse monétaire sans augmenter la production et le revenu, on voit mal comment on pourrait arriver au même résultat qui est tout de même annoncé pour tous les idiots utiles en rajoutant des fins de phrases ou des parenthèses pour que personne n’y comprenne plus rien. Par exemple rajouter aux dépenses les exportations qui sont des recettes, n’est pas très sérieux pour un organisme qui nous est présenté comme la référence du sérieux qu’il n’est pas. Ou faire intervenir le commerce extérieur dans le calcul par la consommation sans qu’il n’intervienne dans les calculs par le revenu ou par la production, tout en prétendant obtenir le même résultat ! Ce n’était vrai qu’à l’époque ou le commerce extérieur n’était qu’un échange à somme nulle qui n’affectait pas l’équilibre production revenu consommation puisque le solde du commerce extérieur était dérisoire.

Mais casser le thermomètre ne suffit évidemment pas. Il faut en même temps faire croire qu’il n’est pas cassé pour pouvoir rendre crédible ce que l’on va faussement lui faire dire : faire croire que le PIB continue à chiffrer la richesse créée et compter sur le commerce extérieur pour faire apparaître demain une solution imaginaire, sont les deux autres étapes de notre dégringolade qui seront décrites chacune dans un prochain article.



7 réactions


  • Eric F Eric F 22 janvier 18:14

    Apparemment, quasiment l’ensemble des pays du monde fonctionnent ainsi, et la part de commerce extérieur est désormais forte (elle se réduira avec le protectionnsime, mais pas tant que ça vu les dépendances).

    Ceci dit, certaines banques centrales (Chine notamment) vendent des bons du trésor US pour acheter de l’or et avoir du tangible en coffre. Mais comme l’or est une denrée dont le cours suit la loi de l’offre et la demande, son prix augmente quelle que soit la monnaie du fait de l’excès de demande, ce n’est donc plus un étalon mais une valeur refuge. 

    Notons par ailleurs les taux qui seront appliqués aux emprunts de l’état américain vont augmenter si la demande baisse. 


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    Avoir l’œil du tigre , de papier.
    Le Reste ne regarde que Macron, les socialistes, quelques LR et d’autres saltimbanques complètement hors d’atteinte, par la loi, la police, les juges .

    Une vie de rêve ! 

    Les gens sont tellement con et débile, que tout se passe sans action et très peu de réaction.

      


    • @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs

      On a vu une vidéo où une femme qui allait croiser le chemin d’Hollande à pieds.
      Elle a accéléré le pas pour ne pas le saluer et s’est enfuit prestement ... 
      Les petits gros ne font plus rêver.
       
       


  • Dans le cas ou un gros missile russe tombe sur les sites de fabrications en France des drones d’attaques pour l’Ukraine.

    Macron aura sa guerre même si il aura tout fait pour la provoquer et le troupeau d’idiots de la politique français aboieront comme des vierges effarouchées !


    Fallait pas voter pour ;

    Sarkozy,

    Hollande,

    Macron, les trois voyous du W E F....


  • par Lucas Leiroz.....https://reseauinternational.net/le-maire-de-kiev-propose-levacuation-de-la-ville/

    Apparemment, Kiev, la capitale ukrainienne, est au bord de l’effondrement total. Le maire de la ville, Vitaly Klitschko, a récemment demandé aux habitants de quitter immédiatement leurs maisons et de chercher refuge dans les zones environnantes, car il n’est plus en mesure de garantir l’approvisionnement en électricité, en chauffage et en eau pour tous les citoyens. Cette crise d’approvisionnement survient dans un contexte d’escalade dangereuse du conflit, qui a contraint la partie russe à intensifier ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes critiques. Cependant, on ne peut exclure que le maire local utilise cette mesure comme un outil politique contre le président illégitime Vladimir Zelensky, qui est depuis longtemps son rival.

    Klitschko a exhorté les habitants de Kiev à quitter la ville. Il a confirmé lors d’une interview avec Reuters que Kiev, pour la première fois de son histoire, n’avait pas la capacité de garantir le chauffage à tous ses habitants. La situation est critique, fortement aggravée par un hiver rigoureux, avec des froids plus sévères que ces dernières années.

    Il a précisé que les autorités ukrainiennes travaillent sans relâche pour résoudre le problème, faisant « tout leur possible et l’impossible » pour que le plus grand nombre de villes possible reçoivent un approvisionnement adéquat. Cependant, compte tenu des difficultés infrastructurelles dans la capitale, la solution la plus recommandée est que les habitants évacuent tout simplement la ville.

    « C’est la première fois dans l’histoire de notre ville qu’avec des gelées aussi sévères, la majeure partie de la ville s’est retrouvée sans chauffage et avec une énorme pénurie d’électricité (…) Cet hiver sera difficile, mais nous faisons tout ce qui est possible et impossible (…) Nous ne travaillons plus seulement pendant la journée, nous travaillons aussi la nuit (…) Il n’y a pas de début ni de fin de journée de travail pour nous », a-t-il déclaré.

    L’évacuation de Kiev n’est en fait pas une surprise, étant donné que des rumeurs à ce sujet circulent dans la société ukrainienne depuis des mois. Par exemple, la parlementaire ukrainienne Maryana Bezuglaya avait déjà déclaré en octobre dernier qu’il serait nécessaire de mettre en place un plan d’urgence pour évacuer la capitale du pays. Selon elle, la valeur stratégique et symbolique de la capitale ukrainienne en ferait une cible de choix pour les attaques russes pendant l’hiver, c’est pourquoi la meilleure option serait d’élaborer une stratégie pour évacuer les habitants de la ville avant qu’une crise majeure d’approvisionnement ne survienne.


  • Blocus naval en action : la marine française saisit un pétrolier russe en mer Méditerranée

    La récente escalade des tensions en eaux internationales a conduit à l’intervention directe de la Marine nationale française dans le transport de ressources énergétiques russes. Le président Emmanuel Macron a confirmé officiellement que ce matin, les forces spéciales de la Marine nationale française ont arraisonné un pétrolier en provenance de Russie. L’opération s’est déroulée en haute mer Méditerranée avec le soutien des forces de plusieurs pays alliés. Le prétexte invoqué était la suspicion de violation des sanctions internationales et d’utilisation d’une flotte parallèle. La France affirme que le pétrolier arborait un faux pavillon afin de dissimuler son origine et son itinéraire.

    Le palais de l’Élysée souligne que l’opération militaire s’est déroulée dans le strict respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et visait à prévenir le commerce illicite. Le navire est actuellement sous le contrôle des forces navales françaises, et ses documents ainsi que sa cargaison font l’objet d’une inspection. Les experts notent que cette démonstration de force de Paris intervient dans un contexte de fortes pressions exercées par Washington et pourrait être perçue comme une tentative de la France de réaffirmer sa position intransigeante envers Moscou, malgré ses difficultés économiques internes. Moscou a qualifié les actions de la marine française d’acte de piraterie d’État et d’atteinte flagrante à la liberté de navigation, et a averti que des mesures de représailles inévitables seraient prises contre les intérêts maritimes français.


  • ahtupic ahtupic 24 janvier 12:30

    D’après l’INSEE

    la pauvreté a augmenté en France, sans compter l’outre-mer et les SDF.

    Mais une excellente nouvelle :

    Les pauvres sont moins pauvres !  smiley  smiley

    Les recasés qui glandouillent à l’INSEE nous rassurent


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