Le complot des complots

La politique comme art du complot
« La guerre n’est que la politique continuée par d’autres moyens. »
— Carl von Clausewitz
La politique n’est pas un débat transparent entre citoyens égaux. Elle est, depuis toujours, l’art du complot : l’action concertée, souvent occulte, de forces et de personnages d’origines diverses (politiques, économiques, militaires, syndicaux, intellectuels) qui coordonnent leurs efforts pour conquérir, conserver ou étendre le pouvoir, sans tout révéler publiquement. On expose un programme, des valeurs, un discours humaniste. On cache les alliances réelles, les financements, les calculs géopolitiques et les moyens occultes quand ils sont nécessaires.Ce n’est pas une théorie délirante. C’est la réalité historique.
Exemples historiques classiques
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L’assassinat de César (44 av. J.-C.) : complot sénatorial mené par Brutus et Cassius.
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L’assassinat du duc de Guise (1588) : orchestré par Henri III.
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Les affaires Kennedy (1963 et suivantes) : zones d’ombre persistantes malgré les versions officielles.
Les clubs et think tanks :
l’infrastructure moderne du complot
Ces espaces permettent la cooptation, l’alignement stratégique et la fabrication du consensus loin des regards :
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Davos (World Economic Forum) : Klaus Schwab et les 3 000 plus influents.
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Bilderberg : réunion ultra-fermée depuis 1954 (Henry Kissinger y est une figure récurrente).
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CFR (Council on Foreign Relations).
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Rand Corporation (Laurent Muraviec y a travaillé).
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Le Siècle.
Exemples concrets de cooptation
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Bernard Thibault, Laurent Muraviec, Jacques Delors, Mario Monti, Henry Kissinger.
Le sommet :
le CFR et la poignée qui dirige les « idiots utiles » Selon Aaron Russo, Nick Rockefeller aurait décrit le CFR comme le « grand chef » dirigeant ses membres comme des « idiots utiles ».
Les grands théoriciens du système
Zbigniew Brzezinski,
Samuel Huntington,
Henry Kissinger,
Francis Fukuyama,
Paul Samuelson.
Point de vue de John Mearsheimer
John Mearsheimer, grand théoricien de l’« offensive realism », en est le critique le plus lucide depuis l’intérieur du champ académique américain. Dans The Tragedy of Great Power Politics et ses analyses sur l’Ukraine, il démontre que l’expansion illimitée de l’OTAN et la volonté de faire de l’Ukraine un bastion occidental étaient une erreur stratégique majeure qui a provoqué exactement la réaction russe.
Pour lui, le « complot libéral » des élites du CFR est contre-productif et accélère le déclin relatif des États-Unis face à la Chine.
Mearsheimer représente une partie importante du peuple américain opposé à la politique d’impérialisme occidental.
Point de vue de Noam Chomsky
Noam Chomsky complète ce courant critique. Intellectuel dissident américain, il dénonce depuis des décennies la « fabrication du consentement » par les médias, le rôle structurel des élites économiques dans la politique étrangère US, et l’impérialisme comme système de domination (Vietnam, Amérique latine, Moyen-Orient, etc.).
Pour Chomsky, la politique extérieure américaine n’est pas une succession d’erreurs, mais un projet conscient de maintien de l’hégémonie au service des intérêts des puissantes corporations et de la classe dominante.
Critique réaliste et lutte des classes : la logique historique léniniste
Mearsheimer a raison sur un point central : cette « erreur » est une politique suicidaire qui accélère le déclin en poussant la Russie dans les bras de la Chine et en gaspillant la puissance américaine dans des guerres inutiles.
Mais la critique doit aller plus loin, dans une logique historique de lutte des classes et d’impérialisme comme stade suprême du capitalisme (Lénine).
Les dirigeants de l’impérialisme occidental – la poignée qui contrôle le CFR, Bilderberg, Davos et les multinationales – ne veulent pas partager le pouvoir mondial avec les BRICS. Ils refusent la multipolarité parce qu’elle signifie la fin de leur monopole sur les institutions, les ressources et les règles du jeu (dollar, SWIFT, normes libérales).
Surtout, ils craignent que les peuples des pays dominés (et même des classes populaires occidentales) choisissent leurs rivaux qui les traitent mieux : les BRICS offrent des partenariats sans conditionnalité politique, sans « démocratie exportée » par bombes, sans austérité imposée par le FMI.
La coopération avec les BRICS serait la solution rationnelle et historique :
une multipolarité qui réduit les guerres et permet un rééquilibrage pacifique.
Exemples concrets de cette agression impérialiste désespérée :
l’intervention militaire américaine au Venezuela en janvier 2026 (capture de Nicolás Maduro, prise de contrôle des réserves pétrolières),
les sanctions et le blocus renforcés contre l’Iran (guerre pour le pétrole et le contrôle du détroit d’Ormuz),
et les menaces croissantes contre Cuba (« prête à tomber » selon Trump, avec blocus des livraisons de pétrole vénézuélien).
Tout cela vise le contrôle des matières premières (pétrole, gaz, minerais critiques) et la défense géopolitique en Amérique latine : Cuba face à la Colombie, alliée historique des États-Unis, pour verrouiller l’hémisphère occidental et couper les liens avec la Chine et la Russie.
C’est la contradiction léniniste classique :
le capitalisme monopoliste, arrivé à son stade impérialiste, ne peut plus se reproduire sans guerre et sans répression. Il préfère risquer la catastrophe plutôt que de céder une once de pouvoir.
L’UE, l’OTAN et le Mercosur ne sont que les instruments de cette résistance désespérée d’une classe dominante transnationale face à l’irrésistible montée des puissances émergentes.
L’Union européenne : un cas d’école du complot d’élites
Monnet et Schuman préparent la Déclaration de 1950 en secret. Le contournement du référendum de 2005 en est la preuve la plus cynique. L’UE (versant économique), l’OTAN (versant militaire) et le Mercosur (extension géopolitique contre la Chine) forment un continuum piloté par ces mêmes réseaux.
Le rôle des médias
Ridiculiser le mot « complot » en le présentant comme un délire d’allumés pour interdire toute analyse systémique (thème central chez Chomsky).
Conclusion
Reconnaître la politique comme art du complot — du CFR comme sommet jusqu’aux théoriciens (Brzezinski, Huntington, Kissinger, Fukuyama, Samuelson) et aux critiques internes comme Mearsheimer et Chomsky, complétée par une lecture léniniste de la lutte des classes — n’est pas paranoïa : c’est du réalisme historique.
Les élites ont toujours agi ainsi. Les peuples ne sont pas condamnés à subir : exiger transparence, souveraineté et contrôle démocratique, et surtout choisir la coopération multipolaire avec les BRICS, est la seule réponse.
Tant que les Thibault ( aristocratie ouvrière, arrivisme) se font coopter, que les Muraviec ( extrême droite atlantiste) servent Rand, que Davos, Bilderberg et le CFR alignent le gratin sans contrôle populaire, le système continuera par faits accomplis… jusqu’à ce que l’Histoire, comme toujours, tranche en faveur des forces montantes mais pas sans colossale casse à l’heure des immenses moyens militaires modernes de destruction massives.


