Le foot qui tue ?
Le ballon rond provoque mort d’hommes. Quarante quatre à ce jour en un peu plus d’un mois, cet été. Telle hécatombe, à ce qu’on pourrait croire, ne s’est pas abattue sur le gazon d’un ou plusieurs stades, n’a pas été provoquée par des ballons ronds meurtriers et encore moins par des batailles rangées entre supporters, ces fameux houligans d’il y a quelques années qui, se battaient jusqu’au sang et n’étaient nullement effrayés par la police. En Angleterre jusqu’en Italie , passant par l’Allemagne et la France. Et même ailleurs en Afrique ou Amérique Latine.
Les morts dont il est question seraient décédés de crise cardiaque, maltraitance, insolations, épuisement ou sous alimentation et auraient été enregistrés au Qatar dans la période citée plus haut. Sur les chantiers préparant l’accueil en grande pompe de la Coupe du Monde de football qui lui a été attribuée pour 2022 lors d’une élection pour le moins contestée. C’est le quotidien britannique « The Guardian » qui a révélé cette nouvelle la semaine dernière. Il aurait été informé par le Gouvernement Népalais - toutes les victimes sont originaires du Népal, l’un des pays les plus pauvres de la planète - citant des documents obtenus et transmis par son ambassade à Doha, capitale du Qatar.
Selon ces pièces officielles des milliers de népalais travaillant sur ces chantiers pharaoniques qui concernent infrastructures et ville nouvelle en vue de l’évènement, doivent observer des horaires de travail hors normes sous des températures atteignant souvent les 50° et plus. Ils seraient en outre privés d’eau potable pour se désaltérer, seraient logés dans des conditions de grande précarité et leurs salaires leur seraient versés avec souvent plusieurs mois de retard. En outre, comme c’est la coutume dans cet émirat, les passeports des travailleurs immigrés leur ont été confisqué à leur arrivée et ne leur sont rendus que si leurs employeurs (dont beaucoup de grosses entreprises françaises) y consentent. Selon certaines sources puisées au siège de la Fédération Internationale du Football Association (FIFA), l’émirat aurait besoin de 1.500.000 immigrés nouveaux pour mener à bien les constructions exigées, dont les stades pouvant contenir jusqu’à 80.000 spectateurs.
La FIFA s’est inquiétée de cette situation et a déclaré (AFP) « …qu’elle ne peut faire d’ingérence dans le droit du travail dans un pays mais ne peut l’ignorer ». En vertu de quoi l’ineffable et indéracinable Président de cette puissante organisation, Joseph Blatter a précisé qu’il irait prochainement au Qatar « en visite de courtoisie » pour « entre autres » discuter de cet évènement avec les dirigeants de l’Emirat. D’autant – comme il fallait s’y attendre – et toujours selon la dépêche de l ‘AFP, "Il n'y a pas d'esclavagisme ou de travail forcé au Qatar", a déclaré lors d'une conférence de presse Ali Al-Marri, président du comité national des droits de l'Homme (gouvernemental). "Les informations du Guardian sont fausses et les chiffres qu'il a cités sont exagérés", avait-il ajouté. Il ne les avait pourtant pas démentis. Une délégation internationale de défense des travailleurs se trouve sur place pour "constater les conditions de travail des migrants. De son côté le Qatar qui possède plusieurs équipes de footballeurs en Europe a engagé un groupe d’avocats français et internationaux pour le défendre de ces accusations.
Il est à noter qu’après la décision d’accorder la Coupe du Monde de Foot pour 2022, un membre important de la FIFA n’avait pas caché qu’à l’époque la France avait beaucoup œuvré en faveur de l’Emirat par le lobbying pratiqué par Michel Platini Président du Football Européen. Toujours selon la même source, ce dernier avait rencontré au Palais de l’Elysée, le Président Sarkozy pour en discuter en présence de l'Emir qatarie. Et que le rachat du PSG avait été l’une des conditions de cette réunion contre l’appui français lors de la réunion de la FIFA. Notons également qie Zidane avait été engagé par l’Emirat (contre 40 millions de dollars dit-on) pour défendre cette candidature.

