vendredi 6 novembre - par George L. ZETER

« Le Hitler trisomique » a perdu !

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« On a choisi comme candidat un Hitler trisomique. Et vous savez quoi ? Il a perdu ! »[i] Dans une soirée parmi les républicains de Washington submergés par la vague démocrate aux midterms et la déculottée trumpienne, voilà ce qu’on a entendu et, avouons-le, cette épithète n’est pas flatteuse pour les trisomiques…

Cependant, la vie doit continuer : dehors, un homme sorti d’un bar branché pour fumer dans la rue avale de grandes gorgées de bière et lâche en fixant son téléphone : « Putain, je déteste ma vie là, tout de suite. Tout est à chier. On va tout perdre, bordel. » Une voiture passe devant lui, vitres baissées. Une femme penchée à la fenêtre hurle : « Allez les démocrates ! »… ambiance.

Une Bérézina made in U.S.A. !

Tu as raison, fumeur des rues, vous allez tout perdre ! Car, fallait voir la tête des républicains au lendemain des élections de mi-mandat. Deux chambres du Congrès qui leur échappent, des bastions qui vacillent, des électeurs qui prennent la poudre d'escampette. Bref, la maison Trump ressemble de plus en plus à un château de cartes sous un ventilateur.

Le milliardaire qui prétendait avoir réponse à tout vient de recevoir un retour qu'il n'avait manifestement pas prévu : NO & Get out !!!

Le peuple américain est lassé du grand barnum. Pendant des mois, le président a joué au tout-puissant : menaces, provocations, insultes, coups de menton, démonstrations d'autorité et humiliations envers d’autres leaders. Il suffisait de désigner un ennemi, de hurler plus fort que les autres et de proclamer victoire avant même d'avoir commencé. Mais voilà, il y a une chose que les discours tonitruants ne peuvent faire : remplir le frigo, car les factures, les courses, le carburant et les fins de mois ont eu pour effet de vider le garde-manger et les proclamations triomphales de la Maison-Blanche n’ont pas suffi à convaincre pour le remplir…

Celui qui avait promis de rendre sa grandeur à l'Amérique avec son « Make America Great Again » MAGA, une bonne partie de ses électeurs a découvert qu'entre le slogan et le ticket de caisse, un gouffre s’était creusé plus large que le Grand Canyon.

Le plus humiliant est la désertion de son électorat.

Les jeunes, les Hispaniques, une partie des classes populaires : autant de catégories qu'il avait réussi à séduire en 2024 lui tournent le dos désormais. À croire que le MAGA n'était pas un mariage d'amour, mais comme un contrat chez Netflix, dont les électeurs viennent de résilier l'abonnement.

Trump a commis l’erreur classique des hommes à qui le pouvoir monte à la tête : ils finissent par croire à leur propre légende et confondent popularité avec impunité, le pouvoir avec adhésion et le bruit avec consentement. La Constitution, par les élections de mi-mandat, l’obligeait à se soumettre au vote et il a récolté une réponse franche : un désaveu.

Et maintenant ? Les démocrates tiennent désormais les deux chambres du Congrès. Les enquêtes parlementaires, les blocages budgétaires et les affrontements institutionnels vont très certainement transformer ses deux dernières années de mandat en foire d’empoignes saignantes où il n’y aura aucun prisonnier...

L'homme du contrôle va devoir apprendre à négocier. Pour l'un qui considère le compromis comme une humiliation personnelle, l'exercice promet d'être savoureux, nous attendons de voir. Prix de consolation : les démocrates pourront enquêter et bloquer des textes, mais ils ne disposeront pas automatiquement des voix nécessaires pour le destituer.

Et puis il y a eu la guerre.

Un président qui promettait de ne plus entraîner son pays dans des guerres se retrouve engagé dans un conflit coûteux avec l'Iran.

La dernière en date, engagée sans autorisation préalable du Congrès : quelles conséquences ? Une flambée des prix de l'énergie et un citizen qui découvre qu’on lui fait payer l'addition à la station-service : avant la guerre (février 2026) environ 2,98 $ le gallon d'essence ordinaire ; en novembre 2026, 4,14 $, ce même gallon (moyenne nationale). Une augmentation de 39 % ! D’ailleurs, au Texas, Quinten Martinez, un livreur, témoigne pour Associated Press : « Est-ce que je vais acheter des courses cette semaine ? Ou est-ce que je vais mettre de l'essence dans le réservoir pour aller travailler ? » Ce texan rejette en bloc le raisonnement de Trump selon lequel le prix de l'essence serait un sacrifice acceptable pour la guerre.

Rappelez-vous aussi :

Il s’était juré de régler la guerre en Ukraine en 24 heures. Cette déclaration est devenue l'un des exemples les plus connus de l'écart entre ses promesses de campagne et la réalité diplomatique.

C’est bien beau de lancer des rodomontades de bateleur, sauf que, certainement par ego, Trump s’est heurté à l'écart entre ses annonces et ses résultats.

Regardez : dès son élection, il a multiplié les initiatives diplomatiques, a rencontré Poutine en Alaska, a exercé des pressions sur Kiev pour obtenir des concessions territoriales, s’est presque fâché avec Zelensky, mais aucun accord de paix n'a été conclu et les combats se poursuivent toujours en novembre 2026. Interrogé sur sa promesse, Trump a fini par expliquer qu'il avait été « un peu sarcastique ». Ne dirions-nous pas plutôt : beaucoup trop optimiste ?

Pour compléter ce « joli tableau » : le détroit d'Ormuz transformé en chaudron, les pétroliers qui brûlent.

Les Houthis qui agitent leurs missiles en mer Rouge.

L’allié préférentiel des U.S., Israël, qui déclenche brutalement une nouvelle offensive militaire, déversant ses bombes sur un pays déjà exsangue, sans se soucier des conséquences pour sa population. Pour précision : les frappes américaines et israéliennes ont commencé le 28 février 2026. Le Congrès n'avait pas adopté d'autorisation préalable spécifique à cette intervention.

La Syrie qui se retrouve une fois encore prise dans la tourmente régionale.

À croire que le grand stratège washingtonien a ouvert la boîte de Pandore dont le couvercle est perdu.

Trump voulait « soi-disant » régler le problème iranien et le voilà englué dans une partie de dominos dont chaque pièce menace de faire tomber la suivante. Pendant que les états-majors fourbissent les missiles (devenus de plus en plus rares), les automobilistes américains, eux, pensent laisser la voiture au garage ou se mettre au jogging afin d’être en forme pour les grandes marches de protestation à venir…

Quelle morale tirer ?

On peut intimider des adversaires, insulter des journalistes, congédier des collaborateurs, menacer d’annexer le Canada comme 51e État, jouer les gros bras en menaçant d’envahir le Groenland, kidnapper un président élu, Maduro du Venezuela, et se proclamer génie à longueur de journée ; il n’empêche !

Trump est le seul responsable de la déroute républicaine. Les décisions exécutives qui ont marqué son second mandat semblent avoir été concoctées sur son parcours de golf de Mar largo, pour ainsi dire s’aliéner la grande majorité des Américains de son projet politique. Les candidats qu'il a soutenus lors de ces élections de mi-mandat, contre l'avis de l'establishment républicain, sont ceux qui ont subi les défaites les plus cuisantes. « On s'est fait laminer. Complètement », confie une source proche. « Il n'est plus le faiseur de rois qu'il était, ou qu'il croit encore être. C'est un référendum sur sa personne. »

Eh oui… on ne gouverne pas éternellement à coups de pieds dans la termitière, car, il faut le savoir, un jour ou l’autre ses habitants sortent, et ça pique !!!

Georges ZETER/novembre 2026

Sources

1. Mediaite – We Nominated Hitler With Down Syndrome — reprise de la citation et témoignages de la soirée.

2. Associated Press – Democrats win the US House and Senate — résultats des élections de mi-mandat, victoire démocrate dans les deux chambres.

3. Associated Press – Rising gas prices frustrate voters — témoignage de Quinten Martinez, livreur au Texas, sur le choix entre acheter des courses et mettre de l'essence.

4.Congressional Research Service – US Military Operations Against Iran — opérations militaires américaines et israéliennes commencées le 28 février 2026.

Reuters – Tankers and tugboat catch fire in Strait of Hormuz — incidents maritimes dans le détroit d'Ormuz, 5 novembre 2026.

5. Associated Press – Trump says he was a little bit sarcastic about ending the Ukraine war in 24 hours

6. House of Commons Library – Israel-Hezbollah conflict 2026

7. El País – The White House's latest 51st State taunt — référence à la capture de Maduro et aux allusions au statut de 51e État.



1 réactions


  • pasglop 6 novembre 18:08

    Je trouve qu’il a plus de traits communs avec Mussolini qu’avec Hitler, mais peu importe...

    Les cloportes du GOP, tout à leurs prébendes, n’ont pas tenté de le raisonner ni de le modérer et sont aussi responsables que lui.

    Reste le plus important : Et maintenant ? Il semble que les Démocrates ne soient pas tous sur la même ligne.


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