Le Hollandisme… suite
Alors que Nicolas Sarkozy n’a fait qu’une seule conférence de presse sur la durée de son quinquennat., François Hollande en est déjà à sa deuxième après seulement une année d’exercice du pouvoir. L’ancien Premier secrétaire du parti Socialiste affectionne l’exercice. C’est un homme de contact et il multiplie ceux-ci, y compris avec les journalistes. L’exercice est dangereux, mais le président jusqu’ici a plutôt bien réussi l’épreuve.

Si François Hollande a quelque peu infléchit le style, il n’a pas cédé d’un pouce sur la ligne. Peu à peu, les lignes du Hollandisme se dessinent et pour peu que la reprise soit au rendez-vous et que la courbe du chômage s’inverse significativement… l’ambiance pourrait changer et les pro bashing-Hollande pourraient se redécouvrir thuriféraire de l’homme et de son régime.
Hier le Président a haussé le ton et durci le propos… « mobilisation générale ! » et affirmation que l’économie, la croissance, la compétitivité sont les priorités absolues du gouvernement aux fins de non seulement réduire la fracture sociale du chômage, mais aussi par le même effet de réduire l’ensemble des déficits :
- de la santé
- du chômage
- des retraites
- des allocations familiales
- etc.
Enfin, il a surtout décrit un projet pour l’Europe qui a recueilli l’approbation totale de François Bayrou. Il a retoqué les thèses d’une partie des socialistes menées par le Président de l’Assemblée nationale. L’Allemagne et la France parleront d’une seule voix et agiront de concert, il n’est pas question de dialectique de la contradiction, aussi subtile que cela pourrait être. C’est un « grand européen », de la veine d’un Delors qui a dit haut et fort qu’il n’existait aucun salut hors de l’Europe et surtout que l’Europe est un projet, non seulement pour les socialistes, mais pour la France, sous réserves que la gouvernance politique prenne corps et que la politique économique s’infléchisse en faveur de moins de rigueur et plus de relance.
Voilà tout un pan du Hollandisme qui s’affiche, un projet fort et entreprenant pour l’Europe.
Sur le plan de l’économie la doctrine Hollande prend corps : l’impôt ne peut être l’alpha et l’oméga… la rigueur excessive tue, seule la relance passant par une politique de l’offre peut contribuer au retour de la croissance. La priorité est là aussi sur les investissements d’avenir avec l’éducation et la formation comme creusets de l’action.
On n’en saura pas plus sur la réforme des retraites, de l’allocation chômage, de la formation professionnelle et de la politique famille mais là aussi le Hollandisme signifie : le dialogue social.
Définitivement, se dessine l’horizon déjà esquissé pendant la campagne, il ne faut pas attendre de François Hollande qu’il brade le modèle de protection sociale français. Il faudra encore un peu de temps pour que les français comprennent cette stratégie et se mettent à l’apprécier. Il n’est pas l’homme du drame, mais celui de la confiance, et concédons lui du courage en la circonstance.

