Rendre visite aux enfants, c’est du bonheur à l’état pur. Mais c’est également un crève-cœur. La famille en activité organise sa vie. Les retraités restent en retrait.
De passage chez mon fils, un soir, j’ai joué les prolongations de la mélodie du bonheur. Après le repas du soir, j’ai revendiqué, non pas de faire la vaisselle, mais le privilège de conduire ma petite fille au lit.
En passant, j’ai subtilisé un souvenir du voyage de noce des enfants. Ma bru avait récupéré dans un flacon, un peu de sable blanc de Moorea.
Dans son pyjama de Dora, ses yeux malicieux scrutaient mon visage. Quelle folie le grand-père allait-il encore commettre. Une fois assis au plus proche de sa couche, j’ai déposé le flacon de sable sous la lumière tamisée de sa veilleuse.
Il était une fois, un marchand de sable qui se déplacait sur un nuage blanc. Accompagné de son gros Nounours, il venait répandre son sable magique comme celui du flacon….
Entre mes souvenirs du dessin animé de Claude et Christine Laydu et le conte de Hans Christian Andersen, j’ai folâtré. Picorant de droite et de gauche, l’idée qui allait faire éclore un sourire.
La parfaite future ménagère m’interrogea juste pour un détail pratique. Qui donc passerait l’aspirateur, pour nettoyer tout ce sable ?
Un peu plus tard, je me suis aperçu que mon monologue n’avait plus d’auditeur. Le sable magique avait fait son œuvre !
De retour au salon, je repris pied dans la triste réalité. Par le tube cathodique, un autre marchand de sable, avec son nounours racontait aux adultes une fable. Notre gros nounours pourrait bien nous ressortir cette phrase célèbre : Je vous demande de… dormir.
Bonjour Papybom, Un grand-père comme vous, j’aurai raclé le fond de tous les océans pour en avoir un aussi. Pimprenelle et Nicolas doivent être en principe des papy et mamie aujourd’hui.
Je traine un lourd passif d’optimiste. Mais à mon âge, on s’en accommode.
Bien que vagabond, je ne serais jamais un marchand de bonheur, c’est une denrée qui s’offre, mais qui ne se vend pas.
Le bonheur est moins vendeur que la haine pour les médias. La modération m’accorde des espaces pour répandre mon crédo. Ensuite chacun fait ses emplettes en fonction de son désir.