vendredi 24 mai 2013 - par rosemar

Le métèque...

Tout le monde a fredonné cette chanson de Georges Moustaki : Le métèque, une chanson d'amour, amour de la vie, de ses bonheurs, de ses souffrances... un condensé de la vie humaine...

Le métèque, c'est l'étranger qui se sent libre de toute attache, un homme sans entraves, un homme qui a des allures de "pâtre grec, de juif errant", "des mains de maraudeur, de musicien et de rôdeur", un amoureux des jardins et des femmes...un homme riche d'expériences.

Cette liberté transparaît aussi dans l'expression : "les cheveux aux quatre vents."

Georges Moustaki se définit surtout comme un homme qui aime, "embrasse" la vie, l'étreint pour mieux la vivre...un être assoiffé de ces bonheurs et plaisirs qui font l'essence de la vie humaine...

On perçoit la simplicité des paroles à travers un vocabulaire familier avec l'emploi du mot"gueule ", les thèmes évoqués sont aussi très simples : l'amour qui fait souffrir, le soleil auquel " on se frotte", "les étés, les jupons" des filles, le bonheur toujours inassouvi...

Point n'est besoin d'espérer le paradis immédiat après une vie de plaisirs : il faudra passer par le purgatoire... pour affirmer une forme de liberté.

On perçoit surtout, dans ce texte, le poète épris de liberté que fut Georges Moustaki, un homme simple qui refuse de se mettre à nu et d'évoquer en détails ses souffrances, un homme pudique...

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Le texte s'achève sur une déclaration d'amour adressée à son "âme soeur"... La femme aimée devient alors "source vive, douce captive" : les images traduisent la beauté, la pureté de l'amour.

Le poète est complètement transfiguré : il se transforme en "adolescent, en prince de sang" devant le bonheur qui lui est offert et se remet même à rêver, lui qui ne rêvait plus...

Les deux amants pourront vivre, ainsi, toute une éternité d'amour...

Le refrain plein de tendresse souligne le plaisir de la liberté, du voyage... La mélodie de tonalité grecque évoque aussi une certaine nonchalance, un certain exotisme, des idées d'évasion... La mélodie nous transporte dans les îles grecques, bercés par le vent, le bruit des vagues...

Cette chanson aux airs de liberté, de plaisirs simples nous donne des ailes, des envies de briser nos chaînes, de rêver à des horizons nouveaux...

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15 réactions


  • Chamiot 24 mai 2013 14:52

    Bonjour,

    Il y a deux jours était célébrée à Bayreuth, sur la Colline sacrée, la naissance de Richard Wagner (bicentenaire) avec un Thielemann impressionnant de maîtrise.

    Je n’ai pas vu ici d’article à cet occasion (même pas une caricature d’article). C’est...révélateur. Sans doute les rédacteurs-mélomanes n’ont-ils pas franchi la barrière de la censure.

    Il est pourtant très probable que, dans la suite des siècles, Wagner continue à occuper (fût-ce à titre posthume) une place dans la culture européenne autrement plus importante qu’un Moustaki (que j’ai, par ailleurs, très souvent écouté et apprécié).

    A ne pas manquer après-demain (26) sur Arte : on retrouvera Thielemann avec son orchestre (Dresde) et l’extraordinaire ténor Jonas Kaufmann. Si on rajoute à ces ingrédients un public allemand (= silencieux, respectueux, connaisseur), ce devrait être un grand moment de culture.


    • rosemar rosemar 24 mai 2013 17:26

      Merci pour ce message Chamiot et ces infos


      j’avoue que Wagner n’est pas un de mes compositeurs préférés :en fait, je ne suis pas très mélomane mais je suis sensible à la musique et cette chanson de Georges Moustaki m’émeut toujours quand je l’écoute... un chanteur sincère, simple, rempli d’émotions, épris de liberté, voilà ce que je retiens...
      Et puis cette chanson me rappelle la Grèce, ses îles, sa beauté...



  • lulupipistrelle 24 mai 2013 17:52

    Ce pauvre Moustaki m’a toujours tapé sur les nerfs... sa voix sirupeuse, ses textes gnan-gnan et et ses variations sur des musiques exotiques ignorées du grand public... Un rebelle de pacotille...


    Dans le genre, Gainsbourg qui recyclait sans vergogne le must de la musique classique, Tchaïkovsky, Brahms etc... avec des textes de potaches était bien plus créatif, et sans prétention, lui... 
    Je signale aussi , au passage que la musique des meilleures chansons de Cabrel, qui ont pour elles la sincérité des textes, sont aussi des reprises de grands compositeurs... Au moins l’ex-vendeur de chaussures est un vrai guitariste, qui connait ses auteurs. 

    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 mai 2013 18:14

      Pour Gainsbourg , lorsque vous m’en trouverez un ou une capable de composer et d’écrire des albums tels que « Melody Nelson » ou « L’homme à la tete de choux » ,appelez moi , j’accoure ...


    • Aldous Aldous 24 mai 2013 19:12

      Bah, il est juste l’un des parolier des plus grandes chansons des plus grands chanteurs français de la fin du XXe S.


      Milord, La longue dame brune, ma solitude, Sarah...

      Sa voix ne vous plait pas, chacun ses goûts, il ne l’aimait pas non plus. Il ne voulait pas chanter ! Alors l’accuser de d’être un chanteur fabriqué...

      Sinon merci Rosemar pour cet hommage. 

    • rosemar rosemar 24 mai 2013 19:14

      Bonsoir lulupipistrelle


      je crois que l’homme était sincère et dans ce milieu, ce n’est pas toujours le cas...
      J’aime beaucoup cette chanson du métèque : dans un monde d’aliénation, cette chanson souffle un air de liberté qui me plaît...

    • rosemar rosemar 24 mai 2013 19:23

      Bonsoir Aldous 


      merci pour le rappel de ces titres : j’aime beaucoup aussi la chanson postée par jaja : Sans la nommer, un superbe éloge de la révolte...

    • lulupipistrelle 25 mai 2013 01:57

      @Aldous : je n’ai jamais dit qu’il était fabriqué... 


      Quand aux paroliers français, chacun ses goûts...je trouve leurs textes très niais...je n’apprécie que le second degré. Tout ce qui a des prétentions poétiques me gave...et les leçons de vie, je ne vous dis même pas... 
      Non que je n’aime pas la poésie, mais la poésie française, pour moi se termine avec Charles Cros... et dans le vécu, c’est Brel, un Belge qui tient encore aujourd’hui le haut du pavé... 

      J’aime pas les chansons de Piaf, quant à Barbara elle aurait pu chanter le bottin..


      Quand aux paroliers français, chacun ses goûts...je trouve leurs textes très niais...je n’apprécie que le second degré. Tout ce qui a des prétentions poétiques me gave...et les leçons de vie, je ne vous dis même pas... 
      Non que je n’aime pas la poésie, mais la poésie française, pour moi se termine avec Charles Cros... et dans le vécu, c’est Brel, un Belge qui tient encore aujourd’hui le haut du pavé... 


      J’aime pas les chansons de Piaf, quant à Barbara elle aurait pu chanter le botin... 
      Le duo Barbara- Moustaki, oui c’était une réussite...par la grâce inimitable de cette ensorceleuse... Et le monsieur n’était pas ridicule... donc il était capable du meilleur, en situation de défi... ce qui ne lui est pas arrivé souvent ....
      C’est sûr que Moustaki avait des facilités... mais pas le besoin de se surpasser... vu la médiocrité dominante dans la scène française. 




    • lulupipistrelle 25 mai 2013 02:17

      re-PS Charles Cros, c’était pour rire... une association d’idée idiote, morue et hareng saur... J’adore Appolinaire... mais rien après.


    • lulupipistrelle 25 mai 2013 02:25

      Désolée pour les doublons, une mauvaise connexion a bousillé une tentative de correction . 


  • jaja jaja 24 mai 2013 17:55

    Moustaki c’était surtout le dernier de cette génération de chanteurs contestataires... Un de ceux qui n’a jamais renié ses engagements notamment antifascistes et antiracistes....

    "Le métèque nous a quitté

    Jeudi 23 mai 2013

    Avec sa gueule de métèque, Georges Moustaki nous a quitté en toute liberté.

    Artiste engagé dés 68, il avait apporté son soutien à la candidature d’Alain Krivine en 1974 jusqu’à celui, spontané, à Philippe Poutou. Georges Moustaki encourageait la création de jeunes artistes auto-produits et indépendants, donnant une fois de plus au mot « liberté  » ses plus belles lettres.

    Nous continuerons à chanter « sans la nommer » une rare chanson française à la gloire de la révolution permanente, « ma liberté » « le temps de vivre » et toutes ses chansons évoquant les valeurs que nous défendons au quotidien.

    Salut Georges, nous ne t’oublierons pas !

    Montreuil, le 23 mai 2013 "

    Réécoutez « Sans la nommer » : http://npa2009.org/npa-tv/all/all/37294



    • rosemar rosemar 24 mai 2013 19:19

      Bonsoir jaja


      MERCI pour ces rappels de l’engagement réel de Georges Moustaki...

      MERCI pour la chanson que je ne connaissais pas : bel éloge de la révolte qui me plaît !!

  • Dwaabala Dwaabala 24 mai 2013 21:46

    Puisque le registre des condoléances est ouvert...

    Pascal Nègre, le président d’Universal, a publié illico ce tweet délicat et ému qui restera dans les annales de la bibliothèque mondiale des hyènes et des vautours :
    « Avec Georges Moustaki c’est une des dernières légendes, artiste et poète, qui disparaît ! Ses plus grands succès sont chez Universal ! »

    Sur la toile, un Internaute écrit en l’imitant :
    « Mort de Lady Di : Pour vos freins, le plus simple c’est SPEEDY ! »

    Source : Le Grand Soir


    • rosemar rosemar 24 mai 2013 21:58

      Bonsoir Dwaabala


      un tweet malencontreux : dans le showbiz , c’est l’argent qui prime...toujours lui...

  • eric 25 mai 2013 09:27

    Merveilleux chanteur pour adolescents. On l’a tous chante aux scouts....
    Merveilleuse illustration aussi de ce qu’est la gauche de gauche. Un ramassis d’adolescents attardes un peu schizophrènes.
    Ses chansons sont un hymne a la liberté hyperindividualiste, pendant que politiquement il soutenait des hyper autoritaires étatisant. Typique des ado a la fois rebelles et normatifs.
    Émancipation personnelle a l’américaine. Contrôle social a la soviétique.
    Sur valorisation affectée du moi et recherche désespérée de la chaleur du groupe. Romantique au sens de Girard, matérialiste au sens de Marx.
    Un peu un symbole de la génération de « l’individualisme collectif ». Il nous livre le secret de leur engagement politique. Je fais ce que je veux, mais c’est la société qui doit payer.
    Comme tous les ados. Souvent attendrissant, mais trouvant parfois le moyen de se rendre un peu odieux. Exigeant et pleurnichards.
    Bon, il appartient au passé, un peu comme sa génération. Aujourd’hui, ses copains politiques pensent que le "juif errant doit avoir le droit d’errer partout sauf en Palestine...


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