lundi 13 mars - par Amaury Grandgil

Le Paris des déglingués

S'il y a le Paris « bobo » et festiviste, le Paris-musée des touristes, celui des nantis, des très riches, il existe également le Paris des déglingués, une ville tentaculaire et « souterraine ». Ce sont des « invisibles » ou presque, des naufragés de l'existence, personne ou presque ne veut les voir. Ils n'intéressent pas grand-monde. Ce ne sont pas seulement des pauvres gens, ce ne sont pas seulement les « invisibles », les sans-abri, les clochards. Ils leur arrivent de manger à leur faim et d'être déglingué, cassé. Car parfois ils ont juste perdu l'esprit, l'aliénation a pris le dessus sur tout le reste. Ils sombrent, ils le savent, mais ils sombrent.

Ils aimeraient bien que quelqu'un s'arrête et les écoute, prenne le temps de leur accorder un peu d'attention mais malheureusement ils ne savent plus comment l'on s'y prend pour discuter avec un autre être humain. Ils ont oublié. La lubie qui les obsède, leurs compulsions reviennent vite à l'assaut lors de leurs moments de lucidité sur eux-mêmes. Et celle-ci les rend tristes alors ils l'évitent le plus posssible.

Je ne sais pas si ailleurs en France il y en a plus ou moins, si ce Paris des êtres abîmés est un privilège de la capitale, il n'y a hélas pas de statistiques. Je le pense car dans la « ville-Lumière », l'éclat des lampadaires est finalement le meilleur moyen de se cacher des ragots des « braves » gens, de leurs jugements péremptoires, de leurs commérages, de leur indifférence plus ou moins bienveillante envers les pauvres gens. Dans Paris, la personne seule ou abandonnée est plus anonyme. Elle a moins à subir les regards réprobateurs des passants, les réflexions moralisatrices des bonnes dames et des personnes honorables ou croyant l'être.

Je pense particulièrement à cette dame d'un âge indéfinie, bien habillée pourtant, s'installant à côté des gens attendant le bus. Elle s'asseoit à côté d'eux et allumant une cigarette qui toujours s'éteint, elle leur demande un peu d'argent pour aller prendre un verre car elle a envie de pleurer, explique-t-elle, elle ne sait pas très bien pourquoi. L'un fait semblant de s'abstraire profondément dans la lecture du journal, l'autre se penche un peu plus vers son smartphone en rougissant, la troisième l'écoute un peu puis détourne la tête, une gamine les écouteurs aux oreilles lui envoie un regard furibond....

Le bus arrive, ils se lèvent, montent dedans, la pauvre dame s'allonge sur le banc en plastique de l'abribus, elle renifle comme si elle allait pleurer, tout le monde ou presque s'en fout...

Il y a aussi cet homme à la gare saint Lazare qui erre toute la journée, fouillant vaguement les poubelles, s'arrêtant plus longuement au-dessus de l'une ou l'autre, l'air fasciné par les papiers qu'il ressort des sacs plastiques jaunes. En imperméable, ne portant en dessous qu'une chemise largement ouverte et un caleçon à l'élastique un peu distendu, il n'arrête pas de farfouiller partout. Il est très calme, très gentil. Il ne proteste jamais quand l'un ou l'autre voyageur l'apostrophe violemment. Il n'y a guère que les plus précaires, les plus « petites » gens pour l'un lui mettre la main sur l'épaule et lui parler, l'autre lui offrir un café. Les autres sont beaucoup trop pressés. Ils ont à faire.

Je me rappelle aussi de ce monsieur bien mis pourtant attendant son tour devant des toilettes publiques, ces horribles « sanisettes » « Decaux » maintenant soucieuses de développement durable. On peut en effet choisir le débit de la chasse d'eau. Le monsieur attend, attend, s'impatiente. Il ronchonne tout d'abord poliment puis finit par se mettre en colère, une colère formidable, une colère hors de proportions. Il jette par terre ses bagages, puis décide de donner de grands coups de poings et de pieds dans la porte en métal du petit cabanon.

Il finit la tête dans les mains répétant comme un mantra, « j'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre ». Avec une dame qui passait nous essayons de le calmer, mais rien n'y fait. Il finit par s'en aller en nous menaçant d'un doigt exprimant toute sa rage « Vous ne save pas qui je suis, il fallait qu'il me cède la place ! ».

Et j'ai de la tendresse pour cette dame que je vois depuis près de trente ans vers la station de métro « Convention ». Toujours habillée d'un peignoir rouge et ample, elle est maquillée de blanc sur le visage comme un acteur de « kabuki ». Elle a des yeux de biche, un regard bien souligné par un peu de violet. Elle trimballe du banc près de l'entrée de l'Hadès quotidien du métro à celui proche du bus « 80 » deux énormes sacs à provisions remplis de ses maigres affaires. Elle ne parle pas beaucoup, sourit à tout le monde avec bienveillance, parfois consent à un petit « bonjour monsieur » ou madame prononcé comme si elle était une reine...

Et moi il me prend de temps à autre de rèver d'une société où tous ces déglingués seraient au moins considérés comme d'autres êtres humains tout aussi respectables que les autres...

On parie que ni Fillon ni Macron ne s'en soucieront ?

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

 

illustration prise ici sur le site de Libération.fr



36 réactions


  • foufouille foufouille 13 mars 09:54

    c’est de la psychiatrie pour certains.
    pas évident à traiter.
    on peut imaginer une société meilleure mais il faut des hommes meilleurs en plus.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 10:27

      @foufouille
      Tu as raison d’évoquer la question de la psychiatrie


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 10:35

      @foufouille
      C’est tabou et personne ne veut en parler alors que la question est bien réelle


    • ZenZoe ZenZoe 13 mars 11:02

      @foufouille
      Foufouille a raison, un grand nombre de déglingués comme vous dites ont des problèmes mentaux (souvent consécutifs à une prise prolongée de drogues ou d’alcool), et leur place serait plutôt dans un foyer spécialisé. Pas sûr qu’un sourire et un petit billet suffisent à adoucir leur vie. Pas sûr non plus que la France soit bien classée dans le domaine de leur prise en charge, et pourtant il parait que notre système social est le meilleur au monde, va comprendre Charles


    • foufouille foufouille 13 mars 11:05

      @Amaury Grandgil
      c’est difficile aussi car quand c’est léger, la personne refuse de se soigner. le cas de pas mal de sdf qui sont alcoolique par exemple.
      c’est pas vraiment tabou mais les structures d’acceuil sont insuffisantes dans paris et ces gens refusent de quitter la ville.
      ils ne sont pas assez dangereux pour être interné de force non plus.
      il faut aussi lire certains témoignages des internés en HP.
      les électrochocs ne sont toujours pas interdits ..............


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 11:06

      @ZenZoe
      Je n’ai pas cette prétention juste celle de lancer le débat


    • foufouille foufouille 13 mars 11:26

      @ZenZoe
      drogue et alcool, c’est souvent après les problèmes psychiatriques.


  • poussière 13 mars 10:27

    Bonjour, j’ai lu vos deux derniers articles, il sont très dérangeants pour ne pas dire infectes de mon point de vue !


    Si votre style présente une certaine élégance, vous décrivez des personnes en situation d’humiliation sans jamais en écrire le mot. En une phrase conclusive très courte vous proposez une réponse simpliste au problème, sans la mentionner et encore moins la développer. 

    Le lecteur aura ainsi le sentiment de trouver la solution au problème en faisant appel à son cortex ! Parceque l’auteur présente un certain lettrisme, le lecteur aura le sentiment de hisser au niveau du texte, satisfait d’en faire appel à la raison !

    Évidemment après l’humiliation vient la colère, la révolte...la non pensée, le primaire, la barbarie ! Et c’est bien l’objet de vos textes précités, le degré zéro de la pensée.

    Notez que Michel Drac, à un niveau intellectuel supérieur, utilise le même procédé ! 

    Alors ! Pervers pépère Armaury Lepen ?


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 10:33

      @poussière
      Vous injuriez et vous parlez d’articles infects, en plus bien planqué derrière votre anonymat, vous vous moquez de qui ?


      Des personnes en situation humiliante dont tout le monde se fout, alors oui j’en parle.

    • poussière 13 mars 10:56

      @Amaury Grandgil

      Vous avez raison et je m’en excuse platement, j’aurais du écrire « perversité de l’esprit » dans le sens de la manipulation.

      Pour le reste vous n’avez pas le monopole de la compassion.

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 11:07

      @poussière
      ouhla encore un anonymographe psy de comptoir smiley


    • poussière 13 mars 12:43

      @Amaury Grandgil

      L’anonymat sur Agoravox ! Hahaha merci j’ai bien ri !
      Je vous laisse à votre vanité « Grandgil »

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 13:54

      @poussière
      Décidément j’ai toutes les qualités smiley
      Un-e amoureux-se déçu-e ?


  • sleeping-zombie 13 mars 13:41

    Bonjour,

    Problématique intéressante... c’est toujours très amusant ces situations où il est clair qu’il faut faire quelque chose, mais dont le « quelque chose » en question ne saute pas aux yeux.

    Créer des structures d’accueil ? mais si on ne veut pas qu’elles coutent les yeux de la tête, il faut les spécialiser dans le traitement des SDF. Les voisins apprécieront sur le thème « il faut s’en occuper, mais pas en face de chez nous ». Par ailleurs, en concentrant la misère, on diminue fortement l’attractivité de la structure pour la population ciblée.

    Un revenu universel ? Je ne suis pas sûr que ce soit la panacée... Une amie assistante sociale me disait que le principal problème des gens qu’elle rencontrait était leur incapacité à gérer un budget. Quand on est une poche percée, augmenter les revenus ne change rien...

    Reste aussi la question des cas qui relèvent de la psychiatrie. S’ils ne sont pas dangereux mais et veulent pas aller en HP (quand bien même il y aurait des places), au nom de quoi les forcer ? C’est tout aussi inhumain de les interner d’office que de les laisser crever dans leur misère.

    Pas simple, pas simple


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 13:47

      @sleeping-zombie
      Il y en a qui sont déjà suivis mais par des assistantes sociales et des psys qui sont déjà largement débordés. Il y a aussi la question de la formation de ces personnels, souvent démunis face à des situations d’une très grande complexité. Tous ont en commun un facteur qui est l’isolement de ces personnes coupées de leurs familles, coupées des proches, n’ayant pas d’amis de par de multiples raisons.

      L’internement d’office n’est pas une solution mais parfois il mène à un début d’aide pour la personne, à une prise en compte de sa souffrance psy. Il peut mener au moins à un embryon de prise en charge. Mais les médicaments sans thérapie psychologique ne sert à rien.


    • sleeping-zombie 13 mars 15:29

      @Amaury Grandgil
      L’internement d’office n’est pas une solution

      D’autant que d’un point de vue légal, ça doit pas être évident à définir... Où tracer la frontière entre ceux qu’on laisse dehors, et ceux qu’on prive de la plus élémentaire liberté ?


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 16:16

      @sleeping-zombie
      Il y a énormément de facteurs, le déni ou l’acceptation de la maladie, le contexte familial et social, etc...

      La frontière est très floue.
      Généralement les internements d’office sont décidés selon le maire ou le préfet et les critères en sont très subjectifs au fond. Il y a encore un tabou énorme sur cette question.

    • velosolex velosolex 13 mars 19:16

      @Amaury Grandgil
      L’internement d’office est une voix d’hospitalisation très rare, et décidée en dernière extrémité, quand surtout la personne est dangereuse pour l’ordre publique, et ceci en rapport avec une pathologie psy avérée. C’est pas un truc qu’on décide d’un claquement de main, surtout que cette hospitalisation sera levée dans les 48 heures si elle n’est pas circonstanciée, et affirmée par une seconde expertise. Maintenant les différentes prises en charge peuvent être très différentes, mais la psychiatrie n’ a pas vocation, contrairement au passé, de prendre en charge durablement tous les bras cassés ...Qu’on le déplore ou non, et en rapport avec des moyens de moins importants. De plus il faut que la personne reconnaisse qu’elle est déjà malade pour pouvoir être soigné. Ce qui est loin d’être déjà la vérité de ces êtres déssocialisés, car on ne peut dire qu’un marginal est forcément un malade. Il y a souvent un quiproquo sur ce terme, ainsi les criminels dont on accole souvent ce terme, comme dans un mécanisme de défense, pour ne pas se sentir concernés.


  • Elliot Elliot 13 mars 13:43

    Vous croquez un tableau plein d’humanité que d’aucuns trouveront peut-être démagogique tant il est vrai que l’empathie et a fortiori la charité ont parfois mauvaise presse chez les esthètes du productivisme.

    Il y a certes des bannis, des naufragés qui échouent sur le trottoir comme les objets déclassés à la déchetterie, ceux-là peut-être seraient recyclables si la société consentait à y dédicacer des efforts plus aboutis que la simple assistance ponctuelle.

    Derrière ces vies brisées, il y a une histoire, parfois sordide, parfois la conséquence d’une suite d’innommables de malheurs, mais aussi il y a, dans une proportion difficile à évaluer, un choix de vie, une mise en retrait volontaire de la société que l’on juge impossible à vivre, à laquelle l’on s’estime incapable de s’intégrer, la précarité assumée comme un apostolat.

    On dira que, dans ce cas, il faudrait appeler la psychiatrie à la rescousse pour tenter d’expliquer comment et pourquoi certaines personnes abandonnent les vieux stéréotypes des conventions sociales pour vivre en marge dans un univers tout à fait autre même s’il se situe fatalement dans le nôtre et, d’une certaine manière, l’agresse ou en tout cas lui pose la question de sa finalité.

    De tout temps une infime frange de la population a choisi de vivre en dehors du système bien rodé d’une société avec ses règles et qui dit règles dit forcément risques d’injustices.
    Ces SDF ont chacun leur histoire qu’ils la subissent ou l’aient façonnée à leur usage exclusif, ce sont des vies ratées suivant nos critères mais le sont-elles vraiment si celui qui la vit y trouve son contentement ?

    Telle est la question que devraient se poser réellement tous ceux-là qui ratent vraiment leur vie dans la réussite factice.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 13:53

      @Elliot
      Je ne pense pas non plus que ces personnes ratent leur vie. Elles ont leur parcours qui n’est pas le nôtre. Elles ont toute leur humanité et parfois les personnes cassés se cachent moins derrière des postures. Les paradigmes de la réussite sociale m’ont toujours d’ailleurs semblé extrêmement ridicules et très étroits dans notre société. Et quand je vois tous les compromis, toutes les aliénations que subissent ceux qui réussissent je me dis que mon parcours personnel un peu chaotique n’est pas bien grave.

      Je pense aussi pour moiet sans me comparer à eux à Jean Genet, Pierre Gripari, Antoine Blondin, que des ratés selon nos préjugés.


    • Coriosolite 13 mars 15:10

      @Amaury Grandgil
      Notre société entièrement et uniquement tournée vers la performance, l’utilité, la rentabilité etc. n’admet pas le dérèglement psychologique. Inadaptation ou faiblesse, c’est toujours la personne qui est responsable de son état.

      Cette personne qui « déraisonne » (pensées et/ou conduites incohérentes) on la nomme fou. Et tout est dit, il/elle doit être protégé contre lui-même, et la société « normale » doit avant tout se protéger de ses fous. Le fou aura droit à un traitement thérapeutique, voire à l’enfermement. Avec comme visée soit la mise hors d’état de nuire, soit la rééducation/réadaptation au monde qui l’a rendu fou. Selon l’axiome quasi totalitaire qui dit « seul l’homme raisonnable est humain ». J’ai oublié l’auteur de cette phrase.

      Les sociétés encore en partie traditionnelles n’ont pas la raison comme norme absolue.

      Les fous y ont leur place. On les croise dans les rues, ils sont souvent respectés, et craints aussi, car on les croit proche du divin et des forces invisibles, voire dotés de pouvoirs magiques.


    • foufouille foufouille 13 mars 15:59

      @Elliot
      ce choix de vie est possible dans le sud mais dans le nord ce sera subit.
      sdf qui dort sous un carton et sdf qui a une caravane dans les bois au chaud, c’est différent.
      pour choisir, il faut aussi avoir le choix, donc je doutes que ce soit courant le choix de faire sdf.


    • Vipère Vipère 13 mars 18:39

      @Elliot

      Je retrouve dans vos commentaires les sentiments que je voulais exprimer à la lecture de l’article, inutile donc de faire état de redites.

      Bel article bienveillant et plein d’humanisme ! smiley


  • Jao Aliber 13 mars 14:59

    Lorsque les chômeurs sont minoritaires, ils éprouvent, d’abord, une colère intérieure sur eux-mêmes.Ils se sentent humiliés, coupables de leur situation.Ils sont alors sous la domination de l’idéologie dominante, le salariat qui les maintient dans l’ignorance et l’isolement intellectuel.


    Mais lorsqu’ils deviennent majoritaires, ce qui est inévitable, leur sentiment d’humiliation se transforme en colère révolutionnaire dirigé contre l’Etat capitaliste.Leur conscience change radicalement.



    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 mars 15:26

      @Jao Aliber
      Parfois cela peut aussi les jeter dans les bras de démagogues


    • sleeping-zombie 13 mars 15:27

      @Jao Aliber
      Mais lorsqu’ils deviennent majoritaires, ce qui est inévitable, leur sentiment d’humiliation se transforme en colère révolutionnaire dirigé contre l’Etat capitaliste

      ...Ah ? Vraiment ? la conscience de classe plus élevée chez les chômeurs que chez les salariés ? Vraiment ?


  • velosolex velosolex 13 mars 17:14

    Votre article est sympa, humain, un de ceux qui en vitrine attire le regard. La rue, beaucoup vous le diront, c’est une sorte d’escalier vers l’enfer, avec les marches qui se dérobent. Non, pas des cas psy, comme certains le croient naïvement, sans savoir de quoi ils causent, mais simplement une relégation insidieuse d’une société rejetante. Travailleur en psy, j’en ai vu quelquefois pourtant, mais les problèmes qu’ils avaient, été liés à cet état de rupture, de grande fatigue pouvant au bout du compte déboucher vers des états crépusculaires. Je me souviens d’un gars dont les doigts de pieds étaient si unis, que je pensais qu’il avait des pieds palmés : c’était la crasse simplement ;..Au bout d’un moment ils retrouvaient la parole, le contact avec les autres, et même la confiance, pourvu qu’on leur tende la main...Non, on ne leur fait pas « d’electrochocs », comme je l’ai lu, ( on le les plonge pas dans l’huile bouillante, arrêtons les fantasmes) on leur offre juste un asile, une écoute, un tremplin...Quand il n’y aura plus de lits d’hospitalisation dans ce pays, ce sera encore pire....Le Paris que j’ai connu dans les années 60 était plus humain, et les clochards se rapprochaient plus de « Boudu sauvé des eaux »...Les clodos n’étaient jamais des gars jeunes, comme on le voit maintenant. J’ai été anéanti dans les années 70 quand j’ai vu en indes les milliers de gamins abandonnés une vraie cour des miracles, la main tendue, le corps blessé..Le plus dingue est qu’on s’habitue....En arriverons nous là nous y sommes déjà un peu. Plus les différences se font écrasantes entre les gens,, plus l’espoir baisse, et plus la colère monte, et plus les murs de frises de barbelés deviendront la règle dans un monde de plus en plus fou. 

    UN article que j’ai écrit l’an dernier et qui a voir, en particulier les références que j’ymèle :
    Jean Louis Debré, et Boudu, sauvé des eaux

  • covadonga*722 covadonga*722 13 mars 19:07

    bonsoir , l’auteur en fait en les décrivant ,ces personnes , vous décrivez  nos vrais défaites à nous nos bien humaine défaites nos bien journalières hontes, celles qui font l’humus que nous couvrons de futiles discours pour qu’il ne déborde pas de nos corps .Tenez une de défaite qui était mienne chaque matin partant bosser très tôt  je croisais cette mère de famille faisant les poubelles du Lidl .....yep pleurer .. de honte et de rage.


    asinus : ne varietur 


  • simplesanstete 13 mars 21:29

    MR Grandgil welcome back !


    Ecoutez bien le diagnostique de ce brave Dr Dommergue, effrayant mais réaliste d’une société anonyme produisant des désespérés d’être reconnu, des petits jésus en fait, le retour incarné est implacable. Sans connaissances dans les 2 sens tu perds tout, fabrique des zombies/bétail sans têtes annoncée dans le talmud, un jeu d’enfant et leurs joujoux marchandises qui se propagent, l’âge des ténèbres glacés.
     Dans le 2eme village de France 62170 où j’habite ( merci au resto la grenouillère pour notre promosion, il a cuisiné pour le cop21 et Fabius, c’est le réseau qui est tjrs la vrai richesse, l’argent suit bien sûr mais n’est pas le 1er motif, pensez à l’utilisation de ce sale mot SOCIAL destiné aux pôvres) l’alcoolisme et les antidepresseurs forment un beau cocktails, les gens perdent le contrôle de leurs nerfs, pour la 1ere foi cette année nous avons un SDF local complètement pété + quelques autres dans leurs maisons que le SAMU vient ramasser HONTEUSEMENT la nuit, faut pas le dire....... secret professionnel !!!!!!
    43 minute de bonne heure mais c’est de la TNT comprimée comme il dit où malheur aux vaincus de la vie, y a pas de secret ainsi soit il !


  • gogoRat gogoRat 13 mars 23:07

     du Paris des déglingués ... à un pastiche du  ’pari de Pascal’ :
    ’ Vivent les fêlés car ils laissent passer la Lumière ’  ( premier auteur incertain )
     
     un Paris sans ses rongeurs ... ou sans ses ’déglingués’, ce n’est plus Paris, c’est une idéalisation, une fiction, un intellectualisme


  • UnLorrain 14 mars 14:35

    Malthus bavassa t il que des conneries...L homme qui ne peut subvenir a ses besoins par son travail ou par sa famille n a rien a faire sur cette terre,et la nature ( humaine cette nature ? Pasqueu euuh comme l explique si justement Flaubert,la nature est bien plus cruelle que vous ne l imaginez,a mon avis,evidemment que la nature vegetal,animale,est simplement impitoyable,celle de l homme...maladroite se peut il qu elle soit ?) la nature selon Malthus,se chargera de lui dire de partir car au grand banquet de la nature il n y a pas de place pour tout le monde...

    PJ Proudhon lui cravachera la couenne par cette replique cinglante..c est vous cher docteur Malthus qui etes de trop sur cette terre.

    Que faire des dolents ou des abimes...Bloy Leon semble y repondre mais je ne me rappelle plus du titre de son histoire desobligeante ou il touche a ce propos. Meme epoque que Bloy,Mirbeau raconte une chose vue de ses yeux dans cette nouvelle,la Folle,une femme que l on ne comprend pas bien,semblant vivre en totale autarcie,ils l enmeneront,le maire aura prit la decision de l enfermement car il veut le terrain et la demeure pour un cousin...la nature humaine du maire juge t elle que son cousin prenne place en lieu de cette femme qui manifestement doit etre cart ? Libre a chacun de se faire une opinion.


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