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Le piège de l’abondance : Productivité Automatisée et Stratification Sociale - AgoraVox le média citoyen
vendredi 25 juillet 2025 - par Jules Seyes

Le piège de l’abondance : Productivité Automatisée et Stratification Sociale

    1. Introduction : Le Paradoxe de l'Hyper-Productivité

L'humanité se trouve à l'aube d'une transformation technologique sans précédent. L'avènement de l'intelligence artificielle et de la robotique promet une productivité potentiellement capable de satisfaire les besoins matériels de l'ensemble de la population avec un minimum, voire une absence, de travail humain.

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Longtemps reléguée au domaine de la science-fiction, cette perspective soulève aujourd'hui des questions sociologiques cruciales : que devient une société lorsque la rareté économique, un moteur historique de nos organisations sociales, vient à disparaître ?

Cette interrogation n'est pas nouvelle. Dès 1948, George Orwell, dans son œuvre dystopique "1984", identifiait le cœur du problème : "une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance." Si la technologie est en mesure d'éliminer la pauvreté matérielle, quelles seront les conséquences pour les hiérarchies sociales qui structurent nos sociétés depuis des millénaires ?

 

    1. Plafond de Production et ses Implications

Les gains cumulatifs de productivité depuis deux siècles et ceux à venir dans le prochain siècle pourraient atteindre un niveau suffisant pour dépasser le "plafond de consommation". Multiplier la production par 14, une perspective statistiquement envisageable vers le milieu du prochain siècle, permettrait de produire plus de 60 000€ par personne et par an[i]. Selon les analyses économiques, ce seuil représente le niveau maximal de bonheur. Les machines industrielles ont principalement remplacé la force physique, l'IA et la robotique avancée supplantent ou démultiplient progressivement la cognition. Cette convergence technologique nous conduit vers un horizon où la production de biens et de services pourrait devenir quasi gratuite. Autrement dit : il deviendra inutile de passer sa vie à essayer de la gagner.

Cette perspective est-elle crédible : Keynes écrivait en 1930 dans "Les possibilités économiques pour nos petits-enfants" :

"D'ici cent ans, le niveau de vie sera de quatre à huit fois plus élevé qu'aujourd'hui [...] et une semaine de travail de quinze heures suffira à satisfaire nos besoins."

 

Si l’on compare le réel par rapport au réalisé :

  • France : 9,6 fois plus riche (58 000 / 6 000)
  • Royaume-Uni : 9,7 fois plus riche (56 000 / 5 800)
  • États-Unis : 8,9 fois plus riche (76 000 / 8 500)

 

L’objectif de richesse a été dépassé, mais celui de réduction du temps de travail n’a pas encore été atteint, ou bien ?

Pays[ii]

% vie en retraite (2023)

Semaine travail moyenne sur vie (1930)

Semaine travail moyenne sur vie (2023)

% baisse semaine sur vie

France

24.4%

36.2 heures

14.8 heures

59.1%

Royaume-Uni

19.8%

37.0 heures

16.9 heures

54.3%

États-Unis

15.6%

38.3 heures

20.0 heures

47.8%

En réalité, nous n’en sommes pas si loin, mais l’essentiel du temps de travail fut dévoué à la création d’une période non productive en fin de vie : la retraite. Il s’agit d’un choix civilisationnel.

Mais l’analyse nous offre un avantage : Elle valide l’audacieuse hypothèse de J.M.Keynes. Nous pouvons donc envisager sa reproduction sur les prochains siècles : Le progrès technique se poursuit, au moins à court terme.

Dans un tel contexte, les modèles économiques traditionnels perdent leur pertinence. La notion même de salariés s'estompe lorsque le besoin de travailleurs diminue drastiquement. Cependant, cette évolution, loin d'annoncer nécessairement une société égalitaire, pourrait paradoxalement renforcer et transformer la nature même des inégalités. L'abondance matérielle pourrait en effet révéler des mécanismes de différenciation et de domination non pas économiques, mais axés sur le pouvoir, le contrôle et la distinction.

 

    1. Trilemme de l'Abondance : Trois Modèles Sociétaux

Face à cette hyper-productivité potentielle, trois modèles sociétaux principaux émergent, chacun proposant une réponse différente à la question fondamentale : comment maintenir l'ordre social si l'économie de la rareté n'est plus la norme ?

      1. La destruction organisée de richesse

Le premier modèle consiste à créer et à maintenir artificiellement la rareté en détruisant une partie de la richesse produite. Historiquement, les grandes guerres industrielles du XXe siècle ont, entre autres, servi cette fonction en mobilisant des ressources colossales sans améliorer le niveau de vie des populations. Le fameux roman 1984 de George Orwell suivait ce modèle. Dans un futur d'abondance, cette approche pourrait se manifester par des projets pharaoniques sans utilité réelle, une obsolescence programmée généralisée de manière systémique, ou des régulations environnementales complexes dont l'objectif réel serait de limiter artificiellement la production. Comme le remplacement de centrales nucléaires par des éoliennes ? Ce modèle permettrait de préserver les hiérarchies existantes en évitant une violence ouverte. Il aurait l’inconvénient d’exiger un niveau sophistiqué de manipulation sociale et une justification constante de la destruction de richesse face à des populations potentiellement conscientes de l'artifice.

      1. La Coercition Technologique Totale

Le second modèle s'appuie sur une surveillance et un contrôle technologique omniprésents et sophistiqués, rendant toute forme de contestation impossible. L'abondance matérielle serait préservée et accessible, mais sa distribution serait strictement contrôlée par une élite. Cette élite maintiendrait son pouvoir par la force technologique et non par les leviers économiques traditionnels. Ce système offrirait une stabilité théorique supérieure : la richesse n'aurait pas besoin d'être détruite ; il suffirait de contrôler sa distribution avec une précision absolue, chaque individu recevant exactement le "nécessaire", selon des critères définis par le pouvoir en place. La technologie deviendrait alors l'instrument d'une hiérarchie sociale figée et incontestable. Il s’agit du modèle du crédit social que l’on peut, là encore, baser sur une justification écologiste.

Toutefois, comment calculer le nécessaire ? On peut descendre jusqu’au salaire de reproduction, voire de survie, si l’élite estime ne plus avoir besoin de l’individu. À un tel niveau, tous les chantages deviennent possibles et des technologies comme les puces de type neuralink, conçues pour lier informatique et système nerveux, pourront même placer le geôlier dans le corps, toute révolte, tout refus sera impossible !

        1. 3 : La Redistribution Compensatoire

Le troisième modèle accepte pleinement l'abondance et cherche à l'organiser de manière démocratique. Un système de redistribution universelle garantirait à chaque citoyen l'accès aux ressources nécessaires à une vie digne. Une classe dirigeante volontaire et non permanente et soumise à des quitus en sortie de charge serait chargée d'assurer la gestion collective de cette abondance. Ce modèle repose sur l'idée que la satisfaction matérielle des besoins fondamentaux pourrait réduire significativement les tensions sociales, tandis que la rotation du pouvoir permettrait d'éviter sa cristallisation et l'émergence de nouvelles élites dominatrices. Cependant, ce système resterait vulnérable aux forces opposées à son égalitarisme fondamental. Celles-ci chercheront à reconstituer des hiérarchies permanentes basées sur d'autres formes de pouvoir ou de distinction.

Sa pérennité supposerait de placer les usines, désormais automatiques, dans le patrimoine de l’État. Ce socialisme moderne devra alors être protégé contre les prédations de ceux désireux de s’enrichir, ou de changer le modèle social en retirant son autonomie au pouvoir.

Le grand risque d’un tel modèle est l’apathie citoyenne. Les moyens d’existence étant garantis par le droit, le citoyen renoncerait à se cultiver ou à s’investir dans le champ politique. Cette faiblesse ouvrirait la voie à ceux désireux de revenir au second modèle.

 

    1. Dilemme de la Distinction dans l'Abondance

Même dans une société où les besoins matériels seraient universellement satisfaits, la psychologie humaine révèle une aspiration profonde à la distinction, à la personnalisation et au raffinement. Lorsque l'abondance élimine la rareté des biens fondamentaux, la valeur se déplace vers l'unique, le sur mesure, l'expérience inégalée. Conscient des lacunes d'un système égalitaire standardisé, les "entrepreneurs" de l'abondance naîtront de leur capacité à comprendre les besoins intime du client et à y répondre. Ils transformeront alors les besoins fonctionnels en désirs sophistiqués, le "produit" en "expérience". Le produit, ne serait plus la conception où l’assemblage, mais son adaptation à l’intime besoin du client.

Cependant, cette même logique de différenciation porte en elle un risque. Si tout désir peut être monétisé, le désir de dominer autrui, de posséder ce qui est inaccessible à la majorité, pourrait refaire surface. L'esclavage, non plus comme nécessité économique, mais comme produit de luxe suprême, deviendrait l'ultime manifestation de la distinction : posséder le temps et la soumission d'autres êtres humains, alors même que l'abondance générale rend les autres "biens" matériellement accessibles à tous. Si l'abondance permettra l'épanouissement de formes nobles de distinction (art, science, sport), le véritable enjeu politique concernera les individus insatisfaits de ces satisfactions 'démocratiques'. Ils aspireront à des formes de supériorité impliquant un contrôle direct sur autrui - seule distinction conservant un véritable pouvoir dans un monde où tout le reste devient accessible à tous."

Cela confirme une intuition orwellienne : pour qu'une classe supérieure existe, il faut maintenir, voire créer, une classe inférieure. La philosophie de 1984 rejoint ici celle de Sade dans un raccourci dont nous devons avoir conscience. Dans un monde d'abondance matérielle, la pauvreté ne serait plus économique, mais existentielle, elle dénierait la liberté de certains individus pour les transformer en "biens de consommation".

Illusoire penseront certains, mais la théorie d’Orlando Patterson dans (Slavery and Social Death, 1982) : résume ce processus par une formule puissante : la possession d'esclaves opère une "double alchimie"  :

  1. Transformer l'esclave en un non-être social ("mort sociale").
  2. Transformer cette relation de domination totale en honneur, prestige et pouvoir renforcés pour le maître.

Si cela a fonctionné dans le passé et des sociétés ont fonctionné sur ce modèle, rien ne nous immunise contre le retour de cette tentation. Un attrait d’autant plus puissant que tous les autres marqueurs sociaux obtenus grâce à des biens (vêtements, logements, nourriture) sont dépréciés par la facilité à les produire.

Cette dynamique place les sociétés d'abondance face à un dilemme insoluble. Supprimer totalement ces mécanismes de distinction pourrait appauvrir l'existence humaine en éliminant ce qui la transforme la satisfaction des besoins de base en une vie riche de sens. Remonter la pyramide de Maslow vers les besoins les plus satisfaisant pour l’âme humaine est une nécessité. Seulement, la logique de récompense de ces entrepreneurs de l’abondance et leur philosophie de l’existence pourraient conduire inexorablement à la reconstitution d'un système de classes basé sur l'exploitation directe des personnes. Cette contradiction fondamentale explique pourquoi les sociétés d'abondance pourraient être structurellement instables : Elles généreront des forces vouées à les détruire non par malveillance, mais par une logique interne de la quête de pouvoir et de statut.

 

    1. La Tansition :
    2.  
      1. La destruction organisée de richesse :

Simple, on laisse continuer la situation actuelle, on agite les peurs : L’environnement, la prochaine maladie, la menace de telle ou telle grande puissance hostile. Ainsi, chaque gain de productivité sera confisqué pour financer la réponse, nécessaire, à la nouvelle menace.

Comme le disait notre président : « Nous sommes en guerre », contre le peuple aurait répondu Orwell.

      1. La coercition technologique totale :

Cependant, le modèle 1 a contre lui l’inefficacité, l’homme répugne à gaspiller. Il constitue surtout un moyen d’atteindre un modèle 2 : On concentre la propriété du capital productif dans quelques mains et ce techno-féodalisme pourra ensuite imposer des contrats déséquilibrés aux individus n’ayant pas de propriété et incapables de vendre leur force de travail. Ne resteront en valeurs monnayables que leurs corps et leurs âmes. Ayez confiance, surtout si nous modifions les droits fondamentaux, mais la COVID l’a montré : ce sera à peine une formalité !

      1. La redistribution compensatoire

Les usines automatiques ne sont pas encore construites. L’État peut donc décider d’investir et de les créer à son profit, cela garantirait les retraites, puis il suffirait d’étendre ces usines pour bien vite parvenir à répondre à l’ensemble des besoins. Il disposera ainsi de marchandises à livrer en contrepartie des signes monétaires qu’il créera. Tous les mois, l’État crée la monnaie, distribue les chèques. Les citoyens achètent et l’État récupère la monnaie pour la détruire.

Cette monnaie peut servir à gérer les transactions dont le secteur privé aura besoin.

    1. pour les politiques contemporaines

Cette analyse théorique éclaire d'un jour nouveau les débats actuels sur le revenu universel, la taxation des robots, la gestion du patrimoine de l’État ou la régulation de l'intelligence artificielle. Ces mesures ne sont pas de simples ajustements techniques face aux évolutions technologiques ; elles constituent de véritables choix civilisationnels qui détermineront lequel des trois modèles sociétaux émergera.

Par exemple, le revenu universel s'inscrit dans la logique redistributive, mais sa mise en œuvre devra impérativement anticiper l'émergence de forces qui chercheront à monétiser ce que la redistribution ne peut offrir : la distinction sociale et le sentiment de supériorité. De même, les régulations sur l'IA ne peuvent se contenter d'approches purement techniques. Elles doivent intégrer une réflexion profonde sur les modèles sociétaux qu'elles favorisent implicitement, et sur la manière dont l'éducation et la culture peuvent façonner les aspirations humaines au-delà de la seule consommation matérielle.

Enfin, constituer un patrimoine d’état, capable d’assurer le versement du revenu universel, suppose de le protéger contre la prédation. Où trouver les administrateurs capables ? La situation actuelle, dans laquelle la haute administration sert les grandes entreprises, montre les risques.

 

    1. L'Âge des Choix Civilisationnels

L'humanité entre dans ce que l'on pourrait appeler "l'âge des choix civilisationnels." Pour la première fois de son histoire, elle dispose potentiellement des moyens techniques de satisfaire les besoins matériels de tous ses membres. Cependant, cette capacité technologique ne résout pas la question du pouvoir ; elle la transforme radicalement.

Les sociétés contemporaines doivent donc anticiper non seulement les défis techniques liés à l'automatisation, mais surtout ses profondes conséquences sociologiques. Car, comme l'avait pressenti Orwell, une fois la rareté matérielle vaincue, c'est la rareté artificielle – qu'elle soit le fruit d'une destruction organisée de richesse, d'une coercition technologique ou de la quête inlassable de distinction – qui deviendra l'enjeu central du pouvoir.

La question n'est plus de savoir si nous aurons les moyens de créer l'abondance, mais si nous aurons la sagesse politique de la préserver sans la détruire, tout en gérant les aspirations humaines à la distinction et à la hiérarchie. Entre l'utopie d'une égalité parfaite et la dystopie d'un contrôle total, se dessine un équilibre instable que chaque génération devra réinventer. L'avenir ne sera ni purement technique ni purement économique ; il sera avant tout politique, car il s'agira de définir la nature même de notre "vivre ensemble" dans un monde d'abondance.

 

Les concepts développés dans cet article ont été forgés et testés à travers l'écriture des romans de l'histoire des familles impériales. Véritable laboratoire expérimental de ces hypothèses sociologiques, la fiction prospective a permis d'explorer les implications humaines et sociales de ces transformations au-delà des seules analyses théoriques.

Ces ouvrages sont mis à disposition en lecture libre sur la plateforme Altramenta :

 

L’industrie d’état :

https://www.atramenta.net/lire/t4-les-colons-dherkon/99811

Suivre la carrière d’Elpia

 

Les trois modèles :

https://www.atramenta.net/lire/t5_les-enfants_dherkon/99812

Notamment le passage sur la guerre civile.

 

Les "entrepreneurs" de l'abondance :

https://www.atramenta.net/lire/t6-les-enfants-caches/99813

Le travail de couturière de Laurence.

 

La mise en place du second modèle et la prédation privée :

https://www.atramenta.net/lire/t9-le-concerto-de-ladieu/99816

Les discussions d’Annie sur la réforme de l’empire.

 

 

[i]Daniel Kahneman & Angus Deaton (Prix Nobel d'économie)

  • Étude : "High income improves evaluation of life but not emotional well-being" (PNAS, 2010)
  • Données : Enquête Gallup sur 450 000 Américains (2008-2009)

Explications des économistes

  • Effet de saturation :
    Au-delà de 60 000€/an (environ 5 000€/mois), les besoins essentiels (logement, santé, sécurité) sont couverts. L'argent supplémentaire a un impact marginal décroissant sur le bonheur.
  • Variables non-monétaires dominantes :
    Selon Kahneman :

"À ce revenu, le bien-être dépend davantage de la qualité des relations sociales, de la santé mentale et du sentiment de liberté que du salaire."

 

 

[ii]Voici les données clés utilisées
 

Age entrée vie active

    • 1930 :
      Huberman, M. & Minns, C. (2007). "The Times They Are Not Changin' : Days and Hours of Work in Old and New Worlds, 1870–2000". Explorations in Economic History.
      (Âge standard dans l'industrie et l'agriculture, validation par recensements nationaux).
    • 2023 :
      OCDE (2023). "Education at a Glance", Table C1.1 (Âge médian de sortie du système éducatif).
  1. Âge départ retraite
    • 1930 :
      Bolt, J. et al. (2020). Maddison Project Database. [Convention historique : retraite rare avant 65 ans, espérance de vie limitée].
    • 2023 :
      OCDE (2023). "Pensions at a Glance", indicateur "Effective age of labour market exit".
  2. Espérance de vie
    • 1930 :
      Clio-Infra (2016). "Human Mortality Database" (reconstructions statistiques nationales).
    • 2023 :
      OMS (2023). "Global Health Observatory" (données 2021, dernières consolidées).
  3. Semaines travaillées/an
    • 1930 :
      Bairoch, P. (1968). "La durée du travail en France et à l'étranger" + archives BIT (semaines incluant congés non payés).
    • 2023 :
      OCDE (2023). "Annual working hours" = [(Heures annuelles) / (Heures hebdomadaires standard)].

 

      • Références complémentaires :
  • Projet Maddison : Base de référence pour les comparaisons historiques internationales (University of Groningen).
  • OCDE : Toutes les données contemporaines sont harmonisées via les enquêtes nationales (INSEE, ONS, BLS).
  • Biais méthodologiques : Les données 1930 sont des reconstructions (sources fragmentaires), avec une marge d'erreur estimée à ±5%.

 Validation croisée : Les écarts entre pays sont cohérents avec les travaux de Piketty (Capital et Idéologie, 2019) sur l'évolution du temps de travail.

 



9 réactions


  • perlseb 25 juillet 2025 14:51

    Pour la première fois de son histoire, elle dispose potentiellement des moyens techniques de satisfaire les besoins matériels de tous ses membres

    Nous avons ces moyens depuis longtemps déjà et pourtant, des gens capables et volontaires sont au chômage, parfois SDF (et on pourrait les loger et les occuper utilement mais on ne le fait pas, on jette des excédents et on laisse des maisons vides).

    La technique n’a jamais résolu les problèmes de la bestialité humaine (l’envie de dominer les autres parce qu’on ne se domine pas soi-même), la dernière invention, l’IA, n’y changera rien. Je pense que la population mondiale va chuter drastiquement et il y a beaucoup de scénarios possibles (chômage et misère massif sans revenu universel, virus, guerres ciblées avec l’IA, ...). Et c’est sans parler des risques liés à l’IA seule (sans la mauvaise intention des hommes) : erreurs catastrophiques de l’IA à qui l’homme donnerait toute sa confiance car il serait largué depuis longtemps, ou prise de pouvoir autoritaire de l’IA...

    En fait, il n’y a pas une IA mais des IA. On peut imaginer qu’une super-intelligence développée de manière publique pour l’intérêt général (rêvons un peu) ne soit pas méchante ou, en tout cas, qu’on ne lui donne pas suffisamment de pouvoir matériel pour qu’elle puisse nous détruire (passons de côté son pouvoir de persuasion auquel nous ne céderions pas). Mais il y aura aussi des IA bien plus faibles (tout en étant plus fortes que nous) qu’on pourra utiliser dans son garage pour fabriquer un virus, un robot tueur ou pour tirer profit d’internet (cybercriminalité).

    Donc l’IA donne du pouvoir, encore plus de pouvoir, et c’est plutôt inquiétant connaissant l’homme et son absence totale de maîtrise.


  • La Bête du Gévaudan 25 juillet 2025 15:59

    ah le bon temps des famines, des goulags et des féodalités ! 


  • LeMerou 26 juillet 2025 06:21

    @Jules Seyes

    La production et l’IA qui va se substituer à l’humain et accroître cette dernière au delà du nécessaire ! 

    Avoué par de nombreux économistes célèbres, tout le principe de la « croissance » né au XIX ème repose sur le fait que la ressource est abondante, voir inépuisable.

    Ors il n’en est rien, Pétrole et gaz, qui ont très largement concourus à l’industrialisation ont passés leur pic de production depuis presque 10 ans, en même temps que le besoin s’accroit.

    Au niveau minier, c’est quasi identique, le % de matière diminue assez fortement sur certains « métaux » par rapport aux tonnes extraites (sans évoquer les « terres rares », indispensable à la « technologie ».

    Bref, nous n’échapperons pas à la raréfaction, mais aveuglément confiant dans notre savoir et dans la « technologie » salvatrice, nous nous rassurons, les problèmes seront résolus, arrivant à produire à partir rien ou très peu. Il est vrai que rien ne se perd, tout se transforme avait dit un homme célèbre...

    Soyons tous rassurés, la race humaine est faite pour avancer, pas reculer, ni s’arrêter un instant pour réfléchir ! Bon, elle peut disparaître aussi...

    L’IA, n’a pas fini d’encombrer les serveurs tant pour ses besoins que par les discussions portant sur elle ou « l’utilisant ». L’IA nous est présenté comme la plus grande innovation liée au « génie humain » depuis que la race est apparue sur Terre.

    Certes elle peut avoir des apports positifs indéniables. Ce qui est amusant c’est qu’un jour l’IA nous dira, « c’est la merde !, les humains sont mal barrés » et elle sera prise au sérieux alors que des décennies plutôt des humains (perturbateurs) en chair et en os ont dit la même chose.

    Mais ont arrête pas le progrès dit-on.


    • Francis Francis, agnotologue 26 juillet 2025 09:03

      @LeMerou
       
       ’’ La production et l’IA qui va se substituer à l’humain et accroître cette dernière au delà du nécessaire ! 

      Avoué par de nombreux économistes célèbres, tout le principe de la « croissance » né au XIX ème repose sur le fait que la ressource est abondante, voir inépuisable.

      Or il n’en est rien ’’

      >

      L’une des réponses aux problèmes de croissance insoutenable nous a déjà été présentée : Covid-19 est son nom.


    • perlseb 26 juillet 2025 12:39

      @LeMerou
      Imaginons un peu une IA plus intelligente que nous, qui conçoivent donc des robots qu’on est actuellement trop bête pour imaginer. Est-ce que nous consommerions autant de ressources et d’énergie pour le même niveau de vie ? Non, pas du tout. La monnaie, les profits et bénéfices, tout ceci n’a plus aucune utilité. Pourquoi produire en polluant avec une IA ? L’IA prendrait le temps de tout recycler, seule l’énergie serait un goulet d’étranglement. Si une sphère de Dyson paraît absurde aujourd’hui vu nos limites dans le spatial, une super-intelligence pourrait trouver et réaliser toutes les solutions intermédiaires pour ne jamais manquer d’énergie (la matière étant illimitée si on maîtrise l’énergie et le spatial).
      Un autre exemple : si personne ne travaille, quel est l’intérêt d’avoir chacun sa voiture si elles sont autonomes et plus sûres (ce n’est pas le cas aujourd’hui, on est d’accord). On pourrait être livré à domicile tous les jours selon nos commandes régulières, ou de la veille. On pourrait être plus libre en demandant qu’une voiture vienne à notre logement pour se balader sans se soucier des révisions. Et si des gens indélicats dégueulassent des voitures, soit l’IA nettoie tout sans rien dire, soit elle leur présente des voitures telles qu’ils les ont rendu. Dans cet exemple, on a moins de soucis, autant de services, et on consomme beaucoup moins (moins de voitures fabriquées, optimisation possible des trajets).
      Ce scénario à priori idéaliste (les hommes deviendront sûrement complètement idiots, est-ce vraiment souhaitable) ne sera possible, à mon avis, que si on se débarrasse de notre caste de dégénérés (et qu’on empêche tout dégénéré de reprendre le pouvoir) ... et si l’IA ne veut pas nous détruire aussi. Et on n’a jamais réussi à le faire dans l’histoire, donc c’est pas gagné et le plus probable, c’est Gaza pour tout le monde. Peut-être n’est-ce qu’une répétition avant l’exécution à plus grande échelle, comme l’a été le Covid.


    • Jules Seyes Jules Seyes 26 juillet 2025 23:13

      @LeMerou

      repose sur le fait que la ressource est abondante, voir inépuisable.

      Ors il n’en est rien, Pétrole et gaz, qui ont très largement concourus à l’industrialisation ont passés leur pic de production depuis presque 10 ans, en même temps que le besoin s’accroit.

      Il se trouve que je trouve ce discours profondément criminel.
      La ressources est de 14 trillons de tonnes. Le poids de la Terre. Il n’y a aucun problème de ressources, mais vous mélangez avec réserves. Hors une réserve est une ressources économiquement exploitable.
      Je ne peux que vous inviter à relire mon roman :
      https://www.atramenta.net/lire/adi-2-les-chevaliers-de-kernao/94800
      Vous y trouverez le raisonnement.
      Même s’il est probable que je referais un article dans les prochaines semaines sur le sujet.

      Au niveau minier, c’est quasi identique, le % de matière diminue assez fortement sur certains « métaux » par rapport aux tonnes extraites (sans évoquer les « terres rares », indispensable à la « technologie ».

      Vous avez raison, d’ailleurs l’humanité est morte depuis que l’on ne trouve plus de pépites d’or dans le Pactole.
      Là encore, ressources, réserves, ca marches depuis des millénaires, ca marcheras encore longtemps.

      Ce qui nous conduit à votre phrase
      Soyons tous rassurés, la race humaine est faite pour avancer, pas reculer, ni s’arrêter un instant pour réfléchir ! Bon, elle peut disparaître aussi...

      Oui, surtout en appliquant les doctrines écologistes. Comme je vous le disais, je trouve le discours éscrologiste criminel et je milite pour que les membres de ces associations de menteurs soient privés de leur droit civiques et condamnés à rembourser les dommages que leur mensonges ont causé.


  • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 26 juillet 2025 09:53

    La seule chose qu’il faut espérer c« est que le socialisme va disparaitre comme ce procès d’intention de ce texte.

    L’IA va réellement changer un nombre important de choses. Elle va terriblement diminuer la valeur des intellos et détruire la gauche.

    L’IA va aussi apporter de l’abondance intellectuelle, et briser la tyrannie des socialismes.

    La culture, la justice, les medias, l’école sont des monopoles de gauche qui pour une fois vont ête pulvérisé.

    Plus besoin d’un acteur de gauche, l’IA crée l’acteur.

    Plus besoin d’un juge de gauche, l’IA a toutes les jurisprudence du monde en 1 seconde.

    Plus besoin d’un media de journalistes de gauche. La caméra de l’IA fera le compte rendu sans le militantisme du journaliste de gauche.

    Plus besoin d’un prof de gauche, le savoir sera de bien utiliser l’IA,

    Marx et le socilalisme seront carément mis a la poubelle, faire de l’argent n’aura pas besoin de capital, la création de richesse deviendra totalement imatérielle et pas besoin de capital pour créer un besoin imatériel. l’accès a l’IA étant gratuit.

    L’IA va aussi détruire les idéologies utopiques, le socialisme, le communisme, l’ecologisme, les religions, l’envie de voler la réussite de l’autre propre au socialisme.

    Le capitalisme restera (il s’adapte toujours) car c’est une doctrine pragmatique qui se grève sur des motivations, pas un rêve utopique de monde soi-disant meilleur.

    A gauche on est très »malthusien« , »marxiste« , »jalousiste« et »pensée à somme nulle« et »revolutionaristes« . 

    Pour eux le »cornucopien« c’est de l’hebreux.

    Les gauchistes ne sont pas les gens, même si eux essayent de le faire croire. Ils sont principalement dans les professions étatistes ou la vie se résume a suivre les »reglements". L’IA est une concurence à leur monopole intellectuel.


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