jeudi 2 janvier - par Alain Alain

Le problème, c’est le régime par points. C’est Emmanuel Macron qui l’aurait dit ?

Emmanuel Macron annonce que « Le premier ministre, avec les syndicats qui le veulent, doit trouver un compromis rapidement. » Traduction : « le premier ministre se débrouille comme il peut pour que j’aille au bout de cette satanée réforme sans faiblesse et sans complaisance. » Après, au mois de mars, il pourra retourner au Havre.

Oui, Emmanuel Macron est tellement lumineux, subtil et surtout affété que sa pensée est hors de portée de ses discours qu’il faut donc traduire.

Aussi, je traduis la partie de ses vœux traitant de la réforme des retraites.

« Après deux ans de riches négociations où toutes les questions ont été abordées où tous les intervenants ont pu s’exprimer, on a proposé une deuxième vague de négociations et je recommande donc une troisième période de négociations mais, qu’avec tous les syndicats gentils qui le voudront bien. Je suggère qu’on pourrait parler, heu, je ne sais pas moi, comment ? Oui, c’est ça tiens, de pénibilité peut-être. »

En aparté, en off comme disent les journalistes bien informés, les autres on ne leur a pas fait de confidences, il aurait ajouté mais on n’en est pas certain : « tu fais bien comme on a dit mais tu ne dis pas que c’est moi, hein. »

Je traduis la suite.

« Après toutes ces discussions, tous ces nouveaux régimes spécifiques, on ne sait plus quoi proposer pour tous ces gens dans les rues. Tous ces grévistes qui sacrifient leur salaire du mois. Tous ces usagers intransportés, ces commerçants pénalisés … »

Je traduis la fin.

« Finalement, c’est qu’ils ne veulent pas d’un régime par points ; ils préfèrent le système actuel qu’on aurait pu améliorer sans perdre tout ce temps. Eux ils l’ont compris. »

Et pour cause.

 Le régime par points ne résout pas le problème démographique fondamental et donc n’assure pas la viabilité du système.

 Le régime par points provoque une baisse généralisée des pensions en faisant compter dans le calcul de la pension toutes les années de la carrière, les bonnes, les mauvaises, les vides au lieu des 25 meilleures années dans le privé et les derniers mois dans le public. Différence de durée qui s’explique par ailleurs et qui permet aux deux secteurs d’avoir le même bon taux de remplacement actuellement, un peu moins pour les cadres du privé.

 Le régime par points ne corrige pas les différences de traitement, la preuve : des régimes spécifiques partout, des âges d’application multiples, et même pas d’application du tout pour les plus combatifs. Au contraire, il tire tout vers le plus bas possible.

 Le régime par points ne finance pas la solidarité. Régimes spécifiques, compensation chômage, maternité, pénibilité, longues carrières, où sera pris l’argent ? Sur les cotisations au détriment de tous, pauvres, riches ; ou sur les impôts au détriment de tous, pauvres, riches.

 Le régime par points appauvrit les retraités, la preuve par la Suède et 17% de retraités pauvres.

 Le régime par points ne garantit pas la valeur du point malgré les promesses, que d’autres pourraient être amenés à tenir à la place de ceux qui les ont faites. Le voudront-ils, alors ? En cas de déséquilibre des comptes il n’y a plus que 2 paramètres d’ajustements : augmenter les cotisations ou baisser la valeur du point. Preuve en Suède en 2010,2011 et 2014, baisse du point.

L’analyse détaillée point par point étape par étape dans :

Régimes spécifiques, militaires, policiers, marins... Attention à l’arnaque

« Ça va monter très très fort au mois de janvier… » C’est Laurent Berger qui le dit ! Alors là non, on arrête de rigoler

Pourtant, c’est simple à comprendre : rien de mieux dans le régime de retraites par points ! Plutôt pire

Depuis hier, sur la réforme des retraites, les ministres vous mentent encore plus !

Sur la réforme des retraites, les ministres vous mentent !

Inutile de vous agiter : les retraites ce sera comme ça et pas autrement ! Circulez, y a rien à voir

Ne vous fiez pas aux idées toutes faites sur les retraites

Sur Agoravox.

Ah ! On me dit que j’ai mal compris. C’est l’inverse ! Ce sont les gens dans la rue qui ont dit au Président de la République : « on ne veut pas de ce régime par points » et qu’ils iront dans la rue le crier encore le jeudi 9 décembre 2020.

Ah bon. Désolé, mais je ne suis qu’un de « ces gens qui ne sont rien ».

Emmanuel Macron ne change pas de tactique : sans idées propres, il fait des discours précieux dans lesquels il glisse « palimpseste », « totipotent » pour faire savant mais faisant surtout du vent.

Déjà au très huppé lycée Henri IV, ses camarades l’avaient remarqué :

 « Au départ, on était impressionnés car il était très à l'aise, il était assez bon en name dropping culturel, se rappelle, guère clément, votre collègue **Jean-Baptiste de Froment. Puis les premières notes sont tombées et là on s'est dit "c'est du pipeau". Il parlait très bien, singeant le langage universitaire à la perfection, mais c'était au fond assez creux. »
Vous - (Emmanuel Macron) - ratez Normale Sup, dès l’écrit, à deux reprises. »

CE PAYS QUE TU NE CONNAIS PAS
Bienvenue en France, Monsieur Macron !
François RUFFIN
**Camarade d’Emmanuel Macron à Henri IV. Normalien et agrégé de philosophie, ancien conseillé de Nicolas Sarkozy, membre du Conseil d'État. 

Emmanuel Macron candidat à la présidentielle devait proposer quelque chose de différent. Alors il a choisi ce régime par points, peut-être piqué à la CFDT. C’était ça ou les fonds de pension ; choix impossible pour la partie de gauche du candidat sinon on aurait su tout de suite qu’il n’était en fait que de droite. Et de toute manière, le régime par points c’est la première marche à franchir ; après on pourra voir.
Il ne savait pas où il mettait les pieds.

C’est pour cela qu’il laisse le premier ministre secourus par tous les conseillers officiels ou officieux du tandem Macron/Philippe se démenaient.
Pas comme dans la chanson de Georges Brassens
« C'était un petit cheval blanc, tous derrière, tous derrière, c'était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant… »
Lui c’est : tous devant, tous devant et moi derrière.



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