Le retour à la terre
De nos jours, l’humanité fait face à un nombre incalculable de problèmes, comme par exemple, des guerres, de la famine, de la pauvreté, etc. Tous ces problèmes amènent à réfléchir quant à un moyen de s’en sortir. Il est tout à fait normal de regarder tout cela et de se sentir dépassé par les évènements. Mais aujourd’hui, laissez-moi vous présenter un moyen simple qui pourrait contribuer à un monde meilleur : le retour à la terre. Pour ce faire, nous aborderons la révolution industrielle et le consumérisme, la faim dans le monde et le mythe du déluge de Deucalion et Pyrrha, des moyens de s’en sortir, et des moyens simples à employer dans l’immédiat.
Tout d’abord, il sera question de la révolution tranquille, mais surtout, de ses conséquences dans le monde. Avant la révolution tranquille, les gens s’entraidaient. Ils étaient auto-suffisants puisqu’à cette époque, la plupart des gens avaient une ferme où ils produisaient une grande partie de leur nourriture. Les produits que les artisans, les commerçants et les agriculteurs faisaient étaient partagés par la collectivité puisque tout finissait par être consommé par la communauté ou par eux même. À cette époque, et plus particulièrement au Canada parce que nous sommes un pays tout nouveau dans le monde (à peine quelques centaines d’années) il n’y avait presque aucunes pertes et tout ce qui pouvait être utile était utilisé afin de vivre et de survivre. Ainsi, les profits revenaient à tout le monde. En revanche, après la révolution tranquille, les gens commencèrent à chercher du travail en ville pour subvenir aux besoins de leur famille. Et ils en trouvèrent, mais dans quelles conditions ils travaillaient ! Pauvreté, maladie et famine devinrent leur lot quotidien. Et le profit revenait aux riches qui possédaient les compagnies pour lesquelles ils se tuaient à la tâche pour gagner un salaire de misère. En résumé, du point de vue du peuple, la révolution tranquille n’a rien amenée de bon. Bien entendu, avec le temps, les gens ont fini par faire valoir leurs droits et à obtenir une vie plus aisée, une vie telle que nous la connaissons aujourd’hui. Mais cette vie, pleine d’agréments et de commodités, a également apporté avec elle un nouveau fléau plus contemporain et par conséquent, mieux adapté à notre mode de vie : le consumérisme. En effet, le consumérisme est une idéologie contemporaine dans laquelle nous devons consommer des biens et des services pour être heureux. Le consumérisme a pour conséquence de nous pousser à acheter toujours plus de biens et de services, ce qui entraîne une surproduction de biens que seuls les plus fortunés, ou ceux qui s’endettent, peuvent obtenir. Quant aux autres qui n’ont pas la chance d’avoir assez d’argent, ils n’ont pas accès à de telles ressources. De nos jours, cette idéologie est promue partout, dans les publicités principalement, mais aussi dans notre mode de vie. Il est impossible de ne jamais acheter quelque chose tout en vivant toujours en société, et le but de cet article n’est pas de vous dire qu’il faut qu’on aille vivre dans les bois. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il y en aurait assez pour tout le monde avec toute la déforestation que nous voyons chaque jour. Devant tout cela, nous pourrions penser qu’il n’y a pas de solution, pas d’issus aux problèmes auxquels nous faisons face. C’est une conséquence du consumérisme. À cause de lui, nous n’arrivons plus à envisager un monde meilleur.
Ensuite, il sera question de la faim dans le monde. Il est normal que certains pays se soient développés plus rapidement que d’autre, mais ils auraient dû partager avec les autres pays ces avancées technologiques et sociales. Au lieu de cela, ils ont promu le consumérisme et continuent de la faire encore aujourd’hui. Par conséquent, les pays en développement n’ont pas eu la chance de se développer avant que les autres les utilisent pour produire des biens dont ils allaient s’approprier, en demandant toujours plus et toujours plus, sans rien laisser aux autres. Et c’est ainsi que le consumérisme contribua à la faim dans le monde. De nos jours, ce fléau a pris des dimensions insoupçonnées et effarantes. Selon le site de OXFAM France, « sur une planète qui produit assez pour nourrir toute sa population, 690 millions de personnes ne mangent pas à leur faim chaque jour ». C’est une totale injustice que 690 millions de personne ne puissent pas manger à leur faim, alors que si nous y mettions tous un peu du nôtre, ils n’auraient plus faim. De plus, toujours selon le site de OXFAM France, « si l’on évalue l’insécurité alimentaire dans son acception la plus vaste, à savoir les difficultés d’accéder à une alimentation saine et équilibrée, ce sont en réalité 2 milliards de personnes, soit environ le quart de la population mondiale, qui n’ont pas les moyens de se procurer une nourriture de qualité et suffisamment nutritive ». Mais qu’est-ce qui cause cette calamité ? Le site de OXFAM France identifie, entre autres, les changements climatiques, les conflits et les techniques utilisées dans le système agro-alimentaire industriel qui produisent des gaz à effets de serre alimentant les changements climatiques. Bien entendu, toutes ces causes ne sont pas la faute de tout le monde. Comme dans le mythe du déluge, à l’instar de Deucalion et de Pyrrha, il y a des personnes qui sont bonnes et qui ne sont pas responsables du malheur d’un si grand nombre. Même si dans le mythe du déluge, ce sont les hommes qui sont responsables de leurs malheurs, Deucalion et Pyrrha furent sauvé parce qu’ils étaient bons et ce sont eux qui à leur tour ont sauvé le monde en le repeuplant. À notre tour alors de suivre leur exemple et de sauver le monde en faisant une différence pour ceux qui en besoin.
Troisièmement, voici comment faire cette différence : le retour à la terre. Sur notre planète, il y environ un hectare et demi de disponible par habitant. Un hectare et demi, c’est énorme, et il existe tellement de moyens d’en mettre chaque centimètre carré à contribution ! Par exemple, l’utilisation de jardins verticaux, au lieu de cultiver à même le sol et à l’horizontal, pourrait permettre de produire bien plus de nourriture tout en sauvant de la place. De plus, si chaque personne ou famille sur la terre possède un hectare et demi de terrain à exploiter, chaque individu mangerait à sa faim, car tout le monde produirait assez de nourriture pour se nourrir et nourrir d’autres personnes en plus. Tout le monde serait auto-suffisant et donc ne dépendrait plus de l’argent ramenée du travail pour manger. Ainsi, même les personnes défavorisées et les personnes qui n’ont tout simplement pas la chance d’avoir accès à un travail et donc à de la nourriture pourraient en bénéficier. Le système consommateur tomberait entraînant dans sa chute les injustices qu’il produit. Nous sommes éduqués pour travailler, amasser de l’argent et puis la dépenser en biens et services pour notre confort, le tout en fournissant un moindre effort. Mais nous oublions que derrière toutes ces belles choses se cache une réalité bien différente de la nôtre. Des gens qui travaillent à notre confort n’ont parfois même pas l’opportunité de répondre à leurs besoins de base. De plus, c’est bien beau de faire du composte et de se dire qu’il faut lutter contre les changements climatiques, mais il faut faire plus et le système agro-alimentaire industriel, qui nous fournit la plus grande partie de notre nourriture, fourni aussi le plein de gaz à effet de serre. Si nous revenons à la terre, il ne sera plus nécessaire de faire de l’agro-alimentation industrielle, les conséquences des changements climatiques seront amoindries et tout le monde aura la possibilité de manger à sa faim. De plus, le retour à la terre aura non seulement des conséquences positives sur le plan physique, mais aussi sur le plan psychique et spirituel. Se reconnecter avec la nature remonte le moral, et en ces temps de pandémie, où la division et la peur règnent partout, il est plus que nécessaire de s’entourer de choses qui nous font du bien. De plus, cultiver la terre nous forcerait à ralentir notre rythme de vie pour le mettre en harmonie avec la nature, ce qui réduirait considérablement le taux stresse, d’angoisse et éventuellement, de suicides. En somme, le retour à la terre présente de nombreux avantages, tant sur le plan physique que psychique et spirituel. Nous n’aurons jamais vraiment terminé d’aborder le sujet, et ce texte ne fait que l’effleurer.
Maintenant, certaines personnes pourraient objecter que ce projet est tout à fait utopique et digne d’un conte de fée qui se déroulerait dans un monde parfait. Certaines personnes pourraient aussi ajouter qu’il serait impossible de faire de si grands changements en un court laps de temps, car ce sont les grosses compagnies qui gèrent l’économie et qu’il est impossible de trouver un accord avec eux afin de promouvoir le retour à la terre. D’autre pourraient même ajouter que cela contribuerait à faire s’écrouler l’économie. À tout cela, je répondrai qu’il existe des moyens simples qui peuvent s’appliquer dès maintenant et qui ne nuisent pas à l’économie. Par exemple, au lieu d’appliquer immédiatement le principe d’auto-suffisance, il serait bon de commencer avec de l’agriculture urbaine. De cette façon, il est possible de contribuer au développement des villes et à leur économie en permettant à leurs habitants de se nourrir de produits cultivés tout près de chez eux, au cœur même de leur municipalité. À partir de là, il est possible de cultiver un vaste éventail de produits. À ce sujet, le site du gouvernement du Québec présente une foule d’idées pour l’agriculture urbaine. Parmi ces possibilités se trouvent les arbres fruitiers, les fruits, les légumes, les fines herbes, les plantes grimpantes comestibles, le houblon et même l’apiculture urbaine. Ce site nous en apprend plus sur les techniques à utiliser pour planter et cultiver ces aliments. C’est un moyen à la fois simple et efficace. Ainsi, il est possible de transformer graduellement chaque petit coin de pelouse en un véritable garde-manger facile d’accès pour tout le monde. De cette façon, plus d’aliments nous produiront à même notre ville, moins d’aliments nous aurons à importer de partout dans le monde. Ainsi, ceux qui cultivent ces aliments pourront en bénéficier au lieu de voir toute cette belle nourriture pour laquelle ils ont travaillé pendant des heures partir vers d’autres pays où des gens, qui n’ont qu’à demander pour recevoir, vont les manger à leur place. Au bout du compte, ce ne sont pas seulement nos petites municipalités ou nos grandes métropoles qui en bénéficieront, mais bien le monde entier et ce, sans détruire l’économie. Ensuite, l’épicurisme et la simplicité volontaire sont de bons points de départ du point de vue individuel. En effet, l’épicurisme est le principe selon lequel nous devons combler seulement nos besoins de bases naturels et nécessaires afin d’atteindre l’ataraxie (état de bonheur et sérénité de l’esprit). De nos jours, étant donné que nous sommes plongés dans notre mode vie consommateur, nous serions tentés de dire que c’est un moyen un peu extrême de régler la situation. À ceux que les mots « besoins de base naturels et nécessaires » auraient quelque peu effrayé, je propose donc une autre alternative, c’est-à-dire la simplicité volontaire. Elle consiste tout simplement à réduire sa consommation. C’est une valeur morale qui guide nos choix entant que consommateurs. Il s’agit d’une version plus moderne de l’épicurisme (qui date de l’Antiquité Grecque) que le philosophe américain et disciple de Gandhi, Richard Gergg, développa dans son texte La valeur de la simplicité volontaire, publié en 1936. Grâce à cet ouvrage, il est possible d’en apprendre plus sur la simplicité volontaire et sur ses bienfaits sur la confiance en soi, sur notre vie et sur l’environnement. L’application de l’épicurisme et de la simplicité volontaire aurait pour effet, encore un fois, de freiner nos importations et d’ainsi laisser les autres habitants de cette planète bénéficier des biens produits. Évidemment, cela implique de notre part à tous un sacrifice, mais parfois, il faut se sacrifier pour aider les autres qui sont dans le besoin. Après tout, nous avons été tant choyés par la vie, étant donné que nous avons eu la chance de naître dans un pays développé, qu’il est bien normal qu’à notre tour nous donnions à ceux qui n’ont pas eu la même chance. Enfin, tous ces moyens ne nuiraient pas à l’économie, mais auraient plutôt comme effet d’y contribuer. À long terme, puisqu’il y aurait de nouveaux pays qui ne feraient pas juste nourrir le monde en s’oubliant soi-même, ils contribueraient au roulement de l’économie mondiale en consommant eux aussi de façon descente.
Pour conclure, la révolution industrielle a apporté le consumérisme qui a contribué à la faim dans le monde. Cette faim peut être combattue à l’aide du retour à la terre et dans l’immédiat, par l’agriculture urbaine, par l’épicurisme et par la simplicité volontaire. Et puis, tous les moyens énumérés plus haut peuvent également aider la lutte contre les changements climatiques.



