vendredi 2 octobre 2020 - par Jean-Paul Foscarvel

Le révélateur

La crise du coranavirus agit comme un révélateur de ce que nous sommes.

Si l’être humain est intelligent individuellement, il est désormais visible, pour ceux qui ne le savaient pas, qu’il manque cruellement d’intelligence collective.

Le monde occidental est sur un vaste Titanic qui titube entre les icebergs sans que ceux qui le pilote ne s’en soucient, occupés à gérer leur carrière, leurs profits et leur compte en banque.

Nous allons un instant nous focaliser sur la France, pays développé, fort de sa constitution solide, de ses entreprises de haute technologie, de son histoire héroïque au service des droits de l’homme.

Cette nation, élue pour porter haut les valeurs d’une république irréprochable, phare de la civilisation moderne, dont les sillons s’abreuvent d’un sang impur, cette nation de haut vol se trouve aujourd’hui engluée dans une crise qui n’épargne rien ni personne.

Dès le début, ceci n’est plus un scoop, la gestion a été lamentable. Pas de masques, pas de gel, pas de tests, rien qu’un ordre de rester chez soi en attendant que le virus veuille bien se retirer sagement comme il se doit.

Mais le chaos économique a vite fait réagir les acteurs économiques, MEDEF et syndicats soi-disant salariés. Il fallait sauver l’économie.

Pendant ce temps, les vieux mouraient dans les hospices, sans visite de leurs proches, seuls et abandonnés aux mains de personnels démunis, en déshérence et devenant parfois leurs tortionnaires. Les hospices de vieillards ont été privatisés et sont devenus des Ehpad, mais nous sommes de retour au moyen âge, avec les profits et la publicité en plus.

D’un autre côté, un grand Docteur prétendait avoir le remède miracle, l’Hydroxychloroquine, et pouvait guérir les patients. Est-ce vrai, est-ce faux ? Nous ne pouvons le savoir, dans la mesure où une horde de « médecins » aux ordres de Big Pharma s’est jetée tête baissée contre lui. Le remède n’était pas développé par eux et ne générait pas assez de profit. Bonjour la compassion de ces « médecins » pour les agonisants.

Les entreprises pharmaceutiques sont les grandes gagnantes du virus, mais le système de santé est complètement obsolète, avec des hôpitaux privatisés, des personnels débordés, des médecins de ville introuvables et des choix drastiques à faire entre les agonisants. L’optimisation des profits nécessite de découvrir un médicament cher du fait du brevet, peu coûteux à la production, nécessitant des prises régulières et soumettant le patient à une addiction à vie. Tant qu’il n’existe pas, nous mourrons. Quant au vaccin, il ne faudra pas être regardant sur ses effets secondaires, et sera probablement obligatoire. Ayons confiance en Big Pharma.

Une petite remarque : il y a eu une lutte interne du capitalisme entre les pharmaceutiques et les entreprises de haute technologie comme Airbus, Alsthom ou les compagnies aériennes. Pendant longtemps, ce sont elles qui ont tenu les reines du pouvoir, exigeant un haut niveau d’enseignement, d’infrastructure, de développement du pays. Puis ce furent les entreprises de communication, telles Bouygues ou Bolloré*, abandonnant le haut niveau scientifique et culturel pour le divertissement sans borne et un semblant de liberté sans limite sous contrôle massif. Aujourd’hui ce sont les entreprises pharmaceutiques, avec un contrôle sanitaire de la population et une totale restriction des libertés. Si la démocratie était chancelante, attaquée par les Grands Communicants, elle est désormais morte, assassinée par Big Pharma. Chaque type de domination capitalistique implique son type de régime. Le capitalisme sanitaire a abattu le capitalisme technologique.

Ils ont eu les masques, ils ont eu les tests, ils ont déconfiné à mort. Tous les politiques, le MEDEF et les syndicats étaient contents.

Les masques ne sont pas si efficaces, la distance physique est essentielle. Mais dans les transports, le métro, les bus et les tramways, elle est impossible et la climatisation de ces lieux propage le virus. Il n’y a pas eu de répit.

La rentrée venue, le gouvernement a exigé le retour des élèves, de tous les élèves, dans leurs classes. Venus de diverses régions plus ou moins contaminées, ils se sont échangé les virus et en ont fait cadeau à leurs parents. Il n’y a eu aucune mesure réelle de restriction du genre division des classes par deux, suppression ou restriction des récréations, alternance téléenseignement-présentiel. Du coup, le virus a sauté de joie et s’est répandu dans toutes les grandes villes. Le sinistre ministre de l’enseignement a osé prétendre que ce n’était pas dans les établissements, mais en privé et dans les transports, que le virus se répandait. Mais cela ne change rien, car pour être présent, il faut bien prendre les transports. (Est-il si crétin que ça ?)

Quant aux tests, il fallait que tous le passent, mais uniquement dans les laboratoires, qui bondés, ont fait faire la queue sous le soleil, ou la pluie et le froid, dans des conditions rocambolesques, à touche-touche. Ceux qui avaient un doute ont fait le test, et ont peut-être chopé le virus dans la salle ou la file d’attente. Testés négatifs, ils sortiront positifs quelques jours plus tard.

Les entreprises, elles n’ont qu’une hâte, retrouver leurs subalternes à leur poste, et pas en télétravail, ce qui augmente les flux dans les transports et contribue à la propagation du virus. En intérieur, la climatisation des bureaux High Tech, avec les espaces ouverts dédiés à la surveillance des employés, est aussi un élément propagateur, mais nul n'y trouve à redire.

Au niveau des prises en charge, le seuil a été ramené bien en deçà de ce qu’il était en mars, comme par exemple la suppression des insuffisances respiratoires chroniques, ou des cas d’obésité**. De nombreux travailleurs à risque se voient désormais obligés d’aller travailler, pour des pathologies qui restent réellement à risque, mais dont les porteurs doivent prendre sur eux. Déchoir socialement sans rémunération, ou mettre en jeu sa vie, tel est le triste choix qui leur est destiné.

Parlerons-nous des médias ? Leur degré de vilénie, de soumission au régime, de négation de la réalité, de dissimulation des vraies données est catastrophique. Ils ne servent désormais qu’à encenser le pouvoir dans ses actes criminels qui mettent en danger quotidiennement la vie des citoyens.

Du plus haut niveau de l’Etat au petit chef tatillon, tous contribuent à la propagation, à l’extension et à la gloire du virus qui finira par mettre un terme à notre civilisation devenue anti-civilisation tant la préoccupation de chacun n’est pas l’autre, mais soi.

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* Aux USA, ce sont les GAFAS.

** Voir l'article de Basta ici.



5 réactions


  • Ausir 2 octobre 2020 11:33

    « Pendant ce temps, les vieux mouraient dans les hospices, sans visite de leurs proches, seuls et abandonnés aux mains de personnels démunis, en déshérence et devenant parfois leurs tortionnaires. Les hospices de vieillards ont été privatisés et sont devenus des Ehpad, mais nous sommes de retour au moyen âge, avec les profits et la publicité en plus.  »

    Le problème (et vous ne l’avez sans doute pas compris ) est que l’état est un très mauvais gestionnaire , tout ce qu’il gère tombe en décrépitude , il est donc bien obligé de déléguer .

    C’est l’unique raison pour laquelle il délègue au privé :

    il est incapable de mettre en place une hiérarchie qui va être compétente pour diriger les services (d’ou le cout exhorbitant des services publics) une perte d’argent collossale parceque les fonctionnaires ne sont pas rétribué au mérite et au résultat comme dans le privé :il ne sont pas sanctionné sur leurs deniers si ils sont incompétents : et celà change tout de leur mentalité , c’est le noeur du problème et l’état l’a bien compris car il est obligé maintenant de déléguer pour manque de résultat .

    Que ce soit les autoroutes , les hopitaux ,etc c’es beaucoup mieux géré par les privé :et pas seulement parceque le privé ne s’occupe que de faire des profits.

    Dans les années 70 les cliniques privées qui appartenaient aux médecins et étaient gérées par eux étaient bien gérées et en meilleure forme que les hopitaux , pour des prestations équivalentes ou même meilleures :pour le même cout .

    Ca ne sert à rien de regretter les gestions publiques :ca ne fonctionne pas .C’es maintenant acté et prouvé , ca ne sert à rien d’être dans le déni . 

    Et puis ne critiquez pas le Moyen Age sans savoir , les historiens ont falsifié l’histoire pour nous faire croire à une époque horrible alors que ce que nous vivons actuellement est bien plus terrible , avec beaucoup moins de libertés , de droits et plus d’anti-dépresseurs .

    Votre article c’est du politiquement correct :vous suivez la propagande médiatique et avez peur du virus comme on vous l’assène à la télé .


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 2 octobre 2020 13:06

    Tiens, on entend plus Taubira. Elle nous promettait un avenir radieux et vantait son maître : Deleuze. CEux qui n’ont pas encore compris,...


  • McGurk McGurk 2 octobre 2020 13:37

    Si l’être humain est intelligent individuellement, il est désormais visible, pour ceux qui ne le savaient pas, qu’il manque cruellement d’intelligence collective.

    Je vois quatre choses qui barrent cette « intelligence collective ».

    L’individualisme poussé a détruit nos modes de pensée collective dans les résolutions communes de problèmes ce qui a permis la segmentation de la population en classe de revenus, d’âge, etc.

    Nous ne possédons toujours pas d’organe national citoyen, indépendant, permettant de collecter les « fruits » de cette intelligence pour la faire remonter au plus haut niveau et obliger la classe dominante à l’appliquer d’où l’utilité du mouvement des gilets jaunes, brimé et carrément écrasé par la police qui s’est fait une joie de faire pleuvoir les coups de matraque, les lacrymo et tout autre autre projectile.

    Tout comme nous n’avons pas non plus de structure permettant, de manière saine et sereine, d’avoir un débat public (non décidé par le politique, orienté, scénarisé). Je trouve incroyable que, dans la « patrie des Droits de l’Homme » expression dont on nous rebat les oreilles à en vomir la liberté de s’exprimer, via les débats, ait été anéantie.

    Enfin la politique, scindant le peuple en catégories, imposant via la propagande d’Etat et politique la censure à tout niveau, à dire ce que le citoyen de base doit penser ou non, faire ou pas.

    Tant que ces quatre points ne seront pas résolus, l’intelligence populaire restera lettre morte et les situation du type « dictature sanitaire » se répèteront inlassablement elles ne feront qu’empirer.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 2 octobre 2020 14:29

    Si les Etats s’étaient souciés avant tout de la SANTE MENTALE  des citoyens AVANT de satisfaire les « égarements » d’une minorité, nous n’en serions pas là... De cela, je suis certaine à 100% Comment en est-on arrivés à élire un fou furieux (TRUMP) en 2020 ???... Freud était pourtant très clair : l’homosexualité est une perversion. VOUS ETES EN MAJORITE RESPONSABLES. Deleuze était un malade,...


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 2 octobre 2020 14:37

    Les pervers-narcissiques peuvent être très intelligents. La preuve, ....ils sont arrivés à leur fin : DETRUIRE CE QU’IL Y AVAT DE MEILLEUR DANS CE QUI RESTE DE NOTRE CIVILISATION....Voilà ce qu’il en est d’une population individualiste et envieuse. IAGO,...D’accord, Othello était un peu « naïf ». 


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