jeudi 25 mai 2017 - par rosemar

Le scandale de l’ascension...

Variations sur un mot : l'ascension...

L'ascension, fête religieuse de l'espérance indique une élévation, l’Église célèbre l'élévation du Christ : Jésus monte dans le ciel, connaît une résurrection, une renaissance.

L'ascension indique un mouvement vers le haut, une transcendance, une exaltation : ce mot aux sonorités de sifflante répétée, avec ses deux voyelles nasalisées "en" et ""on", semble suggérer un envol, une légèreté...

Le mot semble mimer une évanescence, une envolée mystérieuse, pleine de douceur.

Et pourtant, certaines ascensions sont douloureuses : quand il faut gravir une montagne, le corps est à la peine, les muscles sont tendus vers l'effort... mais le bonheur de parvenir au sommet efface les contraintes et les douleurs de la fatigue.

L'ascension permet d'atteindre des sommets de plénitude, des paysages éblouissants, des ciels d'un bleu infini, des cripures de nuées sur l'azur, des vertiges de hauteurs, des envols d'oiseaux, des dégringolades de pins...
 
Ce mot venu d'un verbe latin "scando", "monter, escalader", doit être, curieusement, rattaché au nom grec "scandalon" qui désigne, à l'origine, "un piège, un obstacle" à franchir...

Les mots "scandale" et "ascension" appartiennent donc à la même famille de mots !

Curieux rapprochement de deux mots qui semblent si éloignés l'un de l'autre !

Les mots latins associés sont, aussi, le nom "scala", "l'échelle"( avec les dérivés français : l'escalier, l'escale, l' escalade, escalader) les verbes préfixés en -scendere : ascendere, "monter", descendere, "descendre", transcendere, "passer par-dessus"... On peut citer de nombreux termes qui viennent de ce radical : "ascendance, ascendant, ascenseur, ascensoriste, ascensionnel, condescendance, condescendant, condescendre, descendance, descendant, descendre, descente, transcendance, transcendant, transcendantal, transcender..."

Une évolution populaire du radical "sca"- en "éch"- a abouti à quelques termes : "échalier, échantillon, échantillonnage, échelle, échelon, échelonner."

Enfin, à partir du mot grec "scandale", on a formé "scandaliser, scandaleux et esclandre"....

Dans un certain nombre de mots, l'idée d'élévation n'est plus perceptible, et on voit bien, ainsi, l'évolution que peuvent connaître les mots, par l'ajout de préfixes, par une spécialisation de sens.

Parfois, la notion d'élévation demande une explication : par exemple, "scander" un vers, c'est mettre en évidence les syllabes accentuées dans un vers, en élevant la voix.

Le scandale, grave affaire qui émeut l'opinion, suscite une indignation et le mot a, quelque peu, perdu son sens premier d'obstacle à franchir.

Cette belle famille de mots montre toute la variété des dérivations, la souplesse de la langue française, sa capacité à intégrer des mots avec des modifications phonétiques...

Elle montre, aussi, toute la richesse des langues premières : le latin et le grec où nous avons puisé tant de mots de vocabulaire !

L'ascension peut-elle constituer un scandale ?


Non, bien sûr... sauf quand elle concerne certains hommes et femmes politiques qui font fi de toutes les règles morales, qui s'enrichissent grâce à des malversations, qui prospèrent sur la misère des pauvres gens : ces scandales existent, ils sont de plus en plus nombreux, on peut évoquer, à ce sujet, les différentes affaires qui encombrent la vie politique du couple Balkany, par exemple...

Oui, de telles ascensions sont scandaleuses et indignes : quand seront-elles, vraiment, punies et sanctionnées par la justice ?
On peut se poser la question...
 
 
Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/05/le-scandale-de-l-ascension.html

 



11 réactions


  • Taverne Taverne 25 mai 2017 16:18

    Etymologie : « ascension des Balkany » = scandale au balcon.


  • Gavroche 25 mai 2017 20:05

    Merci pour cette leçon , toujours précieux de compléter ses connaissances. Plus profitable que les diatribes habituelles.


     AV est remarquable quand il permet cela, mais ce n’est pas fréquent.

    • Gavroche 25 mai 2017 20:21

      @Robert Lavigue


      Vous avez raison de changer de pseudo, Sampiéro est certainement plus glorieux que celui que vous portez.

      Si vous pensez que je vous donne l’impression d’être moins con, c’est sans doute que vous l’êtes peu, sinon vous ne vous en rendriez pas compte.

      Dans un sens vous voilà grandi par votre commentaire, mais dans l’autre.....tout le monde s’en foutra de vos états d’âme.

    • rosemar rosemar 25 mai 2017 21:06

      @Gavroche

      Merci pour ce message : certains mots semblent n’avoir aucune parenté et en fait, ils appartiennent à la même famille...

    • Gavroche 25 mai 2017 21:26

      @rosemar


      J’en parlais justement ce matin avec un ami italien , pensant à tort que l’italien dit pour « ascension » un mot contenant « scendere » qui veut dire descendre, m’étonnant de la contradiction. 
      La lecture de votre article m’a totalement éclairé et je vous en remercie.

  • Gavroche 25 mai 2017 21:11

    En ce jour d’Ascension, les juges ont parlé !.


    Jacques écrit : « Qui es-tu pour juger le prochain ? » (Jacques 4, 12). 

    « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis » (Luc 6, 37) 


    Jésus, qui connaît le cœur humain, n’est pas dupe des motivations plus cachées. Il dit : «  Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !  » (Luc 6, 41)

    . Je peux me servir des fautes des autres pour me rassurer sur mes propres fautes. Les raisons pour juger mon prochain flattent mon amour-propre (voir Luc 18, 9-14). Mais si je guette la moindre faute de mon prochain, n’est-ce pas pour me dispenser de faire face à mes propres problèmes ?

     Les mille défauts que je lui trouve ne prouvent pas encore que je vaux mieux que lui. 

    La sévérité de mon jugement ne fait peut-être que cacher ma propre insécurité et ma peur d’être jugé."


  • JC_Lavau JC_Lavau 25 mai 2017 21:42

    Profondément superficiel. Un hasard ?


  • Gavroche 25 mai 2017 21:48

    Le respect du christianisme commande que chacun se dise, parlant à sa personne : 


     « Qui es-tu pour juger le prochain ? » (Jacques 4, 12). 

    "Jésus, qui connaît le cœur humain, n’est pas dupe des motivations plus cachées. Il dit : «  Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !  » (Luc 6, 41)

  • Gogonda Gogonda 26 mai 2017 18:14

    Merci Rosemar pour le partage, ce fut très intéressant et la chute sur les Balkany est vraiment bien joué !

     :)

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