samedi 13 décembre 2014 - par Jehan

Le SE-UNSA contre les profs contestataires : les « gentils » contre les « fachos » ?

Décidément les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Près d'un quart de siècle après la chute du mur de Berlin et la fin du "syndicalisme à sens unique" dans l'éducation nationale, l'éclatement de la représentation des enseignants donne lieu à des rivalités et des tensions comme partout ailleurs. Ainsi le SE-UNSA, proche du parti socialiste, n'a pas digéré sa stagnation à 20% des suffrages aux élections professionnelles de début décembre, et surtout enrage face aux progrès de FO, le syndicat le plus contestataire et "mordant" dans l'EN, et face à la percée du SNALC, syndicat marqué à droite, qui retrouve son siège au comité technique paritaire national perdu il y a quelques années.
 

Dans le journal les échos, Christian Chevalier, président du SE-UNSA-machin-truc s'inquiète de la faible participation des profs à cette élection (41%), qui du coup rend aléatoires les résultats. Son syndicat ne représente donc même pas un prof sur dix ! Et cela dans un contexte tendu où les enseignants sont échaudés par des conditions d'exercice qui se dégradent, des salaires bloqués et une réforme des rythmes scolaires qui n'arrange rien. Notre Chevalier s'inquiète ainsi de la montée des "contestataires", "archaïques" en citant FO et "réactionnaires" en nommant le SNALC, rien que ça... en fait il n'apprécie pas que quelques profs lucides rejettent la politique de ses amis du gouvernement, pour qui beaucoup ont voté, en s'en mordant les doigts aujourd'hui.

Moi-même prof depuis des années je peux surtout témoigner du manque d'intérêt de mes collègues pour les syndicats. Payer une côtise coûteuse (200 euros par an en moyenne !) pour financer le système des permanents, cela ne motive pas. Et puis, hélas, les enseignants - surtout les jeunes - sont à l'image du reste de la société. Souvent repliés sur eux-mêmes, individualistes, on est loin de l'époque où on refaisait le monde dans les salles des profs. Dans le lycée pro où j'officie cette année la moitié des collègues sont des contractuels, qui préfèrent avaler des couleuvres et rester en retrait que de se retrouver à la porte en fin d'année scolaire. Tous baissent la tête devant la hiérarchie. Il y a peu de syndiqués parmi les quarante profs du bahut. Un à la CGT et deux (dont moi) à FO. Aucun à l'UNSA ou au SNES à ma connaissance... et très franchement le baratin pédagogiste de notre Chevalier, très peu pour nous. Les âneries de son ami le gourou Phillippe Meirieu, défendues par la gauche bobo pour pallier l'absence d'investissement réel dans l'EN, nous fait rire jaune. Le mandarin de l'UNSA, dont toute la direction est proche du PS rappelons-le, est terrorisé par la progression du collectif Racine proche du FN, le concurrent de son parti de rattachement. Et c'est bien fait pour sa poire. Quand on mêne une politique qui humilie les profs (vous n'avez pas oublié Claude Allègre ?) il ne faut pas s'étonner que quelques enseignants se tournent vers les extrêmes. Ce qui n'a rien de nouveau, s'ils votent souvent à gauche il y a toujours eu beaucoup de profs de droite, minoritaires mais présents.

Mais, cher Christian Chevalier, c'est le ton de votre intervention dans le canard libéral les échos qui interroge... ainsi vous traitez vos adversaires de "gauchistes" pour les uns, de "fachos" pour les autres, en vous considérant au centre de gravité de l'éducation nationale. Et ça, c'est nouveau, car vous allez, sans le vouloir (?), briser le conformisme et la morosité des salles de profs en déclenchant une guéguerre syndicale.

Je vous dirai que cela ne changera pas grand-chose pour moi. Je n'apprécie pas les gens du SE-UNSA. Ceux que j'ai croisés étaient directeurs d'école déchargés de classe, conseillers pédagogiques en informatique, maîtres d'adaptation ou permanents syndicaux. Je n'ai jamais croisé d'enseignant de terrain, chargé de classe, membre de votre structure. Tous des donneurs de leçons, prêts à embêter les jeunes collègues pour les faire bosser à leur place, adeptes du "faites ce que je dis, pas ce que je fais"... vous êtes à l'image de votre parti de référence.

Alors pour conclure cher Chevalier à la noix, je vous confirme que oui, beaucoup de profs en ont marre des individus dans votre genre, des réformes fumeuses, des élèves de plus en plus difficiles qu'il faut supporter, d'assister impuissants à la désintégration d'un système scolaire qui arrange les affaires de vos amis des beaux quartiers. Car un peuple mal instruit et abruti par les médias n'est jamais dangereux. Mais les choses commencent à changer, lentement mais sûrement. Et l'avenir se fera sans vous et votre pseudo-syndicat de tartuffes et de planqués... place aux associations professionnelles alternatives, à ceux qui croient encore au collectif et qui veulent faire bouger les choses. Votre place est plutôt au sénat, avec les rentiers, pas dans une école ou un lycée. 



11 réactions


  • Pascal L 13 décembre 2014 09:50
    « Car un peuple mal instruit et abruti par les médias n’est jamais dangereux » 
    Pas si sûr. Lorsque ce peuple se rendra compte à quel point on s’est moqué de lui, il ne lui restera plus que la violence pour se défendre.



  • socialistecontretouteslesgauches 13 décembre 2014 10:57

    Un milieu totalement pourri par les réseaux trotskistes et assimilés et franc-macs.
    Heureusement mais timidement d’autres tendances émergent au grand jour.

    Mais bon le niveau d’abrutissement est tel qu’on se demande s’il y a encore un espoir de changement.

    Que les élèves soient pris pour des cons, certes, et certains le sont, il n’y a pas grand chose à faire... mais les profs dans certains cas ne valent guère mieux...Certains n’ont même pas le minimum d’esprit critique ou de curiosité intellectuelle pour faire ce boulot : ça ne lit rien et ça ne s’intéresse à pas grand chose, ils sont dans le « spectacle » et la démagogie : « je suis comme vous, je m’habille comme vous, je parle comme vous ».

    Et malheur à celui qui commencerait à contester « l’ordre » qui s’est établi depuis une trentaine d’années.
    Sans parler de tout ces faux-culs qui vous parlent de tolérance, d’altérité et qui vous chient dans les bottes dès que vous avez le dos tourné (ça se passe en interne).


  •  C BARRATIER C BARRATIER 13 décembre 2014 17:41

    Le SE UNSA serait donc mauvais perdant. FO semble prendre le relais de la FSU, les syndicats majoritaires sont là.

    Tous les Français s’en remettront !
    Certes, il est dur pour un permanent de syndicat de reprendre une classe, de perdre des avantages, et de mesurer sa vraie autorité auprès des élèves.Mais il deviendra ensuite un meilleur syndicaliste, ...Bon vent les copains, ce n’est pas grave du tout par rapport à la situation du pays.

  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 13 décembre 2014 18:36

    "Les âneries de son ami le gourou Phillippe Meirieu, défendues par la gauche bobo pour pallier l’absence d’investissement réel dans l’EN« 

    On peut contester les conceptions pédagogiques de Meirieu mais il ne faut pas l’avoir lu pour parler de ses »âneries« . Quant à la gauche Bobo, elle n’est pas spécialement adepte de Meirieu. Elle lui préfère les écoles privées genre »école alsacienne« ou »pensionnat de Chavagne« , c’est selon.
    Et pour ce qui est de »l’absence d’investissement réel dans l’EN« , le budget de l’EN a longtemps augmenté sans amélioration dans le rendement de l’école. On s’est moqué de Jospin (je crois) qui voulait que les enseignants travaillent »autrement" mais ils sont trop nombreux à vouloir enseigner comme dans l’école de Jules Ferry ou le lycée napoléonien sans se soucier d’adapter leurs pratiques aux élèves d’aujourd’hui. Heureusement pas tous.

    Quant aux permanents syndicaux, de quelque syndicat que ce soit, ils cherchent trop souvent avant tout à fuir les élèves !


  • Venceslas Venceslas 13 décembre 2014 21:32

    Mais si, on a lu Meirieu. Et le problème, c’est que Meirieu, justement, n’a pas dit que des âneries, il en a aussi imprimé…

    Quant à accuser les professeurs de vouloir enseigner comme dans l’école de Jules Ferry, c’est bien gentil, mais comment expliquer que la gauche bobo recherche les écoles privées genre « école alsacienne » ? C’est bien parce que Jospin a voulu obliger les enseignants à « travailler autrement », ce qui qui explique la non amélioration du « rendement de l’école ». Point barre.

    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 14 décembre 2014 11:03

      @Wenceslas
      Curieux raisonnement !
      D’abord, il faudrait expliquer ce que sont les « âneries » de Meirieu.
      Ensuite, le recours à l’Ecole alsacienne préexistait au ministère Jospin, et justement, on y travaillait « autrement », entre nantis, il est vrai.
      Travailler autrement, ce n’est pas forcément se transformer en animateur de centre de loisirs. Mais cela peut demander un investissement personnel plus important et plus long que le simple prêche ex cathedra. D’ailleurs, je suis persuadé que bien des enseignants l’ont compris. Ce qui pose problème, au-delà des moyens et des méthodes d’enseignement, c’est la réduction du temps consacré à l’apprentissage des savoirs fondamentaux...


  • marauder 14 décembre 2014 10:11

    Hey le connard de droite patenté FO, tu te fout pas de la guelle du monde ?

     Ou bien tu te tefout tellement de ta propre tronche, tu as si peu d’estime de toi meme que fais un transfert psychopolitique ?

    Tu nous parle de quoi la ? De complots ? De gentils de droite et de méchant de gauche (donc profs, donc socialistes, donc du PS, donc de la politique macron, donc maconniques, donc sionistes, donc musulman, donc homo, donc reptiliens) ?

    Tu nOus parles pas de ton SUPER GENTIL SYNDICAT FORCE OUVRIERE, QUE TES COLLÈGUES DE DROITE D’AILLEURS, ADORENT UTILISER COMME UN INSTRUMENT VISANT A PROUVER UN COMPLOT, ÉTANT DONNÉ QUE FO A DEPUIS TOUJOURS EU QUELQUES PROBLEMES DE CE COTÉ LA.

    Alors, coté confusion, on a du mal a faire plus débile.

    D’ou mon désir de répondre qu’il faut tirer sur le signal d’alarme qui devient erratique.

    Vous etes épuisant, votre capacité a raconter des conneries, a détourner les problemes, a vous faire passer pour ce que vous n’etes pas (des gentils, pour etre clair) dépasse de loin la capacité des esprits sain a essayer de détricoter honnettement vos merdes.

    La loi de l’entropie est plus que prouvée dans un monde fascisant.
    Vous devez super bien vous marrer de la merde que vous générez.

    Désolé pour les gens intelligents, je fais des raccourcis tres primaire, c’est pour viser un certain « public » decerebré.


  • marauder 15 décembre 2014 08:34

    Moinssé sans argument.

    Typique du connard de droite moyen.


  • Pyrenees 15 décembre 2014 14:39

    Militante SE-Unsa, non déchargée mais très engagée, pour aider les collègues, les conseiller à leur demande, tout en respectant la pluralité des avis et sans tenir compte de leurs opinions politiques ou syndicales (vive la tolérance et le débat) à, heureusement diverses, je me dis que ce faire insulter ainsi est un véritable bonheur... Merci, merci, mais il ne fallait pas ! Et j’apprécie encore plus mes collègues ! 


    • Jehan Signal d’alarme 15 décembre 2014 19:17

      @Pyrennes : une réaction que je partage totalement, dans le sens où c’est VOTRE direction syndicale qui devrait apprendre à respecter les autres, et leurs opinions. Quand on traite les collègues de « fafs » et autres amabilités il faut s’attendre à un retour de bâton...


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