Le SE-UNSA contre les profs contestataires : les « gentils » contre les « fachos » ?
Dans le journal les échos, Christian Chevalier, président du SE-UNSA-machin-truc s'inquiète de la faible participation des profs à cette élection (41%), qui du coup rend aléatoires les résultats. Son syndicat ne représente donc même pas un prof sur dix ! Et cela dans un contexte tendu où les enseignants sont échaudés par des conditions d'exercice qui se dégradent, des salaires bloqués et une réforme des rythmes scolaires qui n'arrange rien. Notre Chevalier s'inquiète ainsi de la montée des "contestataires", "archaïques" en citant FO et "réactionnaires" en nommant le SNALC, rien que ça... en fait il n'apprécie pas que quelques profs lucides rejettent la politique de ses amis du gouvernement, pour qui beaucoup ont voté, en s'en mordant les doigts aujourd'hui.
Moi-même prof depuis des années je peux surtout témoigner du manque d'intérêt de mes collègues pour les syndicats. Payer une côtise coûteuse (200 euros par an en moyenne !) pour financer le système des permanents, cela ne motive pas. Et puis, hélas, les enseignants - surtout les jeunes - sont à l'image du reste de la société. Souvent repliés sur eux-mêmes, individualistes, on est loin de l'époque où on refaisait le monde dans les salles des profs. Dans le lycée pro où j'officie cette année la moitié des collègues sont des contractuels, qui préfèrent avaler des couleuvres et rester en retrait que de se retrouver à la porte en fin d'année scolaire. Tous baissent la tête devant la hiérarchie. Il y a peu de syndiqués parmi les quarante profs du bahut. Un à la CGT et deux (dont moi) à FO. Aucun à l'UNSA ou au SNES à ma connaissance... et très franchement le baratin pédagogiste de notre Chevalier, très peu pour nous. Les âneries de son ami le gourou Phillippe Meirieu, défendues par la gauche bobo pour pallier l'absence d'investissement réel dans l'EN, nous fait rire jaune. Le mandarin de l'UNSA, dont toute la direction est proche du PS rappelons-le, est terrorisé par la progression du collectif Racine proche du FN, le concurrent de son parti de rattachement. Et c'est bien fait pour sa poire. Quand on mêne une politique qui humilie les profs (vous n'avez pas oublié Claude Allègre ?) il ne faut pas s'étonner que quelques enseignants se tournent vers les extrêmes. Ce qui n'a rien de nouveau, s'ils votent souvent à gauche il y a toujours eu beaucoup de profs de droite, minoritaires mais présents.
Mais, cher Christian Chevalier, c'est le ton de votre intervention dans le canard libéral les échos qui interroge... ainsi vous traitez vos adversaires de "gauchistes" pour les uns, de "fachos" pour les autres, en vous considérant au centre de gravité de l'éducation nationale. Et ça, c'est nouveau, car vous allez, sans le vouloir (?), briser le conformisme et la morosité des salles de profs en déclenchant une guéguerre syndicale.
Je vous dirai que cela ne changera pas grand-chose pour moi. Je n'apprécie pas les gens du SE-UNSA. Ceux que j'ai croisés étaient directeurs d'école déchargés de classe, conseillers pédagogiques en informatique, maîtres d'adaptation ou permanents syndicaux. Je n'ai jamais croisé d'enseignant de terrain, chargé de classe, membre de votre structure. Tous des donneurs de leçons, prêts à embêter les jeunes collègues pour les faire bosser à leur place, adeptes du "faites ce que je dis, pas ce que je fais"... vous êtes à l'image de votre parti de référence.
Alors pour conclure cher Chevalier à la noix, je vous confirme que oui, beaucoup de profs en ont marre des individus dans votre genre, des réformes fumeuses, des élèves de plus en plus difficiles qu'il faut supporter, d'assister impuissants à la désintégration d'un système scolaire qui arrange les affaires de vos amis des beaux quartiers. Car un peuple mal instruit et abruti par les médias n'est jamais dangereux. Mais les choses commencent à changer, lentement mais sûrement. Et l'avenir se fera sans vous et votre pseudo-syndicat de tartuffes et de planqués... place aux associations professionnelles alternatives, à ceux qui croient encore au collectif et qui veulent faire bouger les choses. Votre place est plutôt au sénat, avec les rentiers, pas dans une école ou un lycée.

