Le silence, ultime protestation
Rien. Rien n’est possible dans notre ère de contrôle total sur la population.
Ni les élections, ni les manifestations, ni les grèves, ni les pétitions, même de l’Assemblée nationale, ni les révoltes d’où qu’elles viennent, ni les révélations d’affaires hautement criminelles comme celle d’Epstein, ni la succession de meurtres d’enfants par des récidivistes, rien ne fait modifier d’un iota la mise en destruction systémique et systématique de la population, plus particulièrement des classes laborieuses et moyennes. En général, tout ce qui est considéré par la très haute bourgeoisie comme inutile à la création de profits.
La santé ne se tient plus, la justice est expédiée au fond de son trou, l’enfance même n’est plus protégée, le droit du travail est un fantôme, les services publics ne rendent plus service à personne, les services sociaux sont laminés, les aides sociales sont déclarées inutiles, l’énergie ne tient plus qu’à un fil, les systèmes de transport sont systématiquement défaillants, l’éducation est un vieux souvenir en passe d’être définitivement oublié. Par contre la très haute bourgeoisie prospère comme jamais, amassant des sommes considérables, astronomiques dans le cas des plus puissants, ce qui leur permet d’envisager de faire du tourisme sur mars, épuisant les ressources de la terre pour leur bon plaisir, tandis que nous n’avons plus le droit de nous soigner, de nous chauffer, voire de nous loger, de nous nourrir sainement, d’avoir accès à un enseignement ou à une justice dignes de ce nom.
Les lois ne sont désormais là que pour nous ôter tous les droits, surtout celui de nous exprimer librement, la surveillance est généralisée et nos courriers peuvent être ouverts sous n’importe quel prétexte, l’argent même que nous gagnons nous est retiré de sa gestion par les institutions financières.
La liberté d’expression a disparu, remplacée par la censure généralisée, dont internet est un parfait vecteur. Les lois s’empilent empêchant toute pensée autonome, autre que celle dictée par les institutions politiques contrôlés par la très haute bourgeoisie. Les médias eux-mêmes sont directement contrôlés par cette même bourgeoisie qui en est propriétaire.
Et par-dessus cet empilement de désastres, mais désormais au centre du dispositif, la guerre permet la rétention de fonds pour sa préparation par des organismes privés qui en tirent profit et justifie l’ensemble des coupes budgétaires qui nous assomment et l’interdiction de toute critique de quelque sorte que ce soit. La guerre qui devient ainsi perpétuelle est censée être contre un ennemi qu’il faut éliminer, sans que l’on en ait les moyens, mais elle se situe en réalité entre l’élite qui tient tous les pouvoirs et le reste de la population qui perd tout. Elle représente un investissement positif pour cette élite même, faisant peser la peur sur un peuple supposé être atterré par les menaces de cet ennemi présenté comme monstrueux, à la fois faible au point de s’écouler prochainement, car nous ne pouvons que gagner, et menaçant au point de pouvoir nous envahir d’un jour à l’autre, ce qui justifie le sacrifice de la population.

- (Marianne, debout, quoique baillonée, dans sa pleine dignité)
Nous, membres de cette même population, ne pouvons rien dire, n’émettre aucune protestation de quelque ordre que ce soit, sans que cela ne se retourne contre nous. Les Gilets jaunes en ont été victimes, et nul ne tient à perdre un œil ou un bras pour ses idées. Les dissidents en sont la preuve, et nul ne souhaite voir ses biens réquisitionnés ou ses revenus annulé au point de pouvoir mourir de faims sous procédure administrative.
Il ne nous reste que le silence. Mais un silence accusateur du parfait dysfonctionnement de l’UE, de l’État, du plus haut niveau au plus bas de l’échelle institutionnelle, des entreprises multinationales, des méga structures capitalistes, de l’ensemble des services dits publics, du système financier, du système de l’enseignement, du système juridique, des partis politiques, des syndicats, des administrations et de tout ce qui constituait autrefois le socle à partir duquel la République pouvait fonctionner.
Un silence qui refuse la dérive fasciste de nos politiques, à la fois parfaitement corrompus et vils comme le montre l’affaire Epstein, mais interdisant l’expression de la libre pensée au nom de la démocratie, et appuyant des guerres sans fin, parfaits vassaux des USA, couvrant des génocides comme à Gaza, ou cherchant indéfiniment querelle à l’Iran, la Russie, ou la Chine, jusqu’à vouloir déclencher une guerre systémique qui pourrait finir en apocalypse.
Un silence qui se pose devant les structures défaillantes, qui ne dit rien, mais proteste par sa seule présence devant leurs portes closes, debout ou assis, mais avec une dignité qui se tient droite, là, muette, mais d’autant plus audible. Un silence de tous les citoyens victimes de leur forfaiture, sans distinction autre que celle-là : la conscience de ce qui est en jeu, la survie de la population elle-même. Car quelles que soient nos origines, notre culture, notre religion, nous, femmes et hommes qui ne sommes pas de cette élite qui se sert sur notre dos, avons en réalité un destin commun, dessiné par d’autres, auquel doit répondre un acte commun, justement celui de ce silence accusateur.
La proposition est que, chaque mercredi, à 12h00, le peuple se retrouve en silence devant les symboles de ce dysfonctionnement institutionnel qui nous détruit. Ni slogan, ni pancarte, ni cri, rien que des citoyens muets devant l’effroi qui s’empare d’eux devant ce qui est en train de se passer. De la Capitale, Paris, devant les hautes institutions censées représenter la démocratie, qu’elles soient publiques comme les lieux du pouvoir public, ou privées comme les sièges des médias, ou d’entreprises du CAC 40 par exemple, au plus petit village où la mairie en en tient lieu de symbole, toutes les semaines, le mercredi, à partir de 12 h, d’une durée déterminée par la seule volonté des participants, que les citoyens se tiennent fermes devant les responsables de leur anéantissement. La protestation étant laïque, les lieux de culte, quels qu’ils soient, en devraient être exclus. Les institutions européennes, par contre, étant comme les clefs de voûte de ce dysfonctionnement généralisé, sont à privilégier.
Ainsi les citoyens pourront acter leur profond dégoût des institutions défaillantes, du fait de ceux qui les dirigent pour leur bien personnel en dépit des conséquences désastreuses pour l’ensemble de la nation, et de l’Union européenne elle-même, jusqu’à ce qu’un changement intervienne en profondeur.

