jeudi 12 octobre - par Bruno Guigue

Le syndrome séparatiste

Carles Puigdemont vient de proclamer “le droit de la Catalogne à l’indépendance” sous les applaudissements des élus régionaux. Renonçant à une déclaration d'indépendance immédiate, il a appelé Madrid à engager un processus négocié. L’expérience historique enseigne pourtant que les aventures sécessionnistes se terminent rarement dans l’allégresse. Arraché à la Serbie à coups de B52, le Kosovo a proclamé son indépendance en 2009. Sous perfusion de l’UE et de l’OTAN, cet Etat-fantoche a été livré par l’émissaire onusien Bernard Kouchner à une clique mafieuse, l’UCK, qui doit son impunité à cette rente géopolitique. En attendant, la Serbie a été bombardée et dépecée. Quant à la population du Kosovo, elle ne tire aucun avantage d’une indépendance qui a fait de nombreuses victimes.

Voilà pour l’Europe. Mais en Afrique, c’est pire. La sécession du Sud-Soudan parrainée par Washington a provoqué un désastre sans précédent. D’une pauvreté inouïe, dévasté par la guerre civile, ce nouvel Etat n’a plus que ses yeux pour pleurer. Les multinationales convoitaient ses richesses minières et pétrolières, le Département d’Etat voulait affaiblir le gouvernement de Khartoum, les dirigeants des ethnies méridionales rêvaient d’indépendance, c’était l’équation gagnante ! Hélas le rêve est devenu cauchemar, et les morts se comptent par dizaines de milliers. Kosovo, Sud-Soudan : décidément le séparatisme, lorsqu’il parvient à ses fins, peine à offrir des lendemains qui chantent.

On répliquera sans doute que l’indépendance du Kurdistan irakien pourrait faire la démonstration inverse. Ce peuple sans Etat, floué par l’inique traité de Lausanne (1923), prendrait alors une revanche historique ! C’est bien le projet du PDK dirigé par le clan Barzani, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Ni l’Irak, ni l’Iran, ni la Turquie n’accepteront ce démembrement d’un Etat souverain, fût-il appuyé en sous-main par le puissant protecteur US. Quant à l’alliance avec Israël, on se demande si les Kurdes réalisent que Tel Aviv les soutient comme la corde soutient le pendu. Prudents, les Kurdes syriens dialoguent de leur côté avec Damas, qui s’est dit prêt à négocier une fois scellé le sort de Daech.

Véritable cas d’école, la situation des Kurdes syriens illustre l’impasse du séparatisme. Car si d’aventure ils décidaient de proclamer leur indépendance, ils ouvriraient les portes de l’enfer. Pris en tenailles entre les forces turques et syriennes, cet Etat non viable d’1,5 million de Kurdes serait rapidement rayé de la carte. Sans doute ont-ils fini par comprendre que l’autonomie kurde n’est négociable qu’à condition de renoncer au séparatisme et que leur avenir est d’appartenir à une Syrie souveraine et réconciliée. Mais comme au Kosovo et au Sud-Soudan, les velléités séparatistes sont manipulées par des puissances qui ont intérêt à déstabiliser les Etats souverains. Le sort des Kurdes dans la région est entre leurs mains, et ils auraient tort de le confier à leurs faux amis impérialistes.

Le séparatisme, au fond, est un syndrome qui atteint des populations blessées par l’histoire à qui de faux médecins inoculent de faux remèdes. Les Catalans qui rêvent d’indépendance ont sans doute de bonnes raisons d’en vouloir au gouvernement central espagnol. Ils ont légitimement conservé la mémoire des années noires de la répression franquiste. Mais l’Espagne de 2017 n’est pas franquiste, et la sécession de la Catalogne la déstabiliserait, la blesserait. Violer la loi de l’Etat espagnol, qui est un Etat souverain, n’est pas un acte anodin. Le séparatisme catalan porterait un coup redoutable à la souveraineté nationale en Europe du Sud, et ce sont les “peuples d’Espagne” qui en feraient indistinctement les frais.

Région développée qui pèse 19% du PIB espagnol, la Catalogne n’est pas le Kosovo. Nourri par la mémoire historique et l’irrédentisme culturel, son séparatisme ne manque pas de panache. Mais il ne faut pas se raconter d’histoires, c’est aussi un égoïsme de riches. Les dirigeants de la Catalogne s’imaginent que sa puissance économique irriguera sa souveraineté politique. Une fois libéré du fardeau espagnol, soulagé du poids de la solidarité nationale, le dynamisme catalan fera des prodiges ! C’est un secret de polichinelle, que même l’extrême-gauche ne peut ignorer : la bourgeoisie locale entend tirer profit de l’indépendance pour instaurer un modèle néo-libéral. Il n’est pas sûr que les jeunes et les ouvriers partagent ce projet, et on compte sans doute sur l’illusion lyrique du 10 octobre pour résoudre toutes ces contradictions.

Mais ce n’est pas tout. Les dirigeants de Barcelone veulent quitter l’Espagne sans quitter l’UE, ils veulent fonder une “nouvelle nation en Europe”, mais ce projet n’a aucun sens. Car si l’UE acceptait l’adhésion d’un Etat sécessionniste, elle signerait son arrêt de mort. Il est vrai que les européistes ont plus d’un tour dans leur sac, et que certains rêvent d’un démembrement des Etats-nations au profit des Euro-régions. Mais ce serait faire l’aveu que l’UE est une machine à broyer les Etats souverains, tandis qu’elle survit péniblement en accréditant la fiction inverse. Le jour où une région sécessionniste est admise dans l’UE, qui pourra encore nier que l’UE sert à évider la souveraineté nationale par le haut tout en la faisant imploser par le bas ? Le syndrome séparatiste, en frappant l’Europe, aura-t-il pour vertu de faire tomber les masques ?

 



36 réactions


  • Trelawney Trelawney 12 octobre 08:24

    Sans faire dans le simplisme trivial, il faut remarquer que le problème vient de la conjonction de deux incompétences : le premier ministre espagnol et le président de la région catalane. Ces deux individus ont personnellement des choses à se reprocher et leur problèmes personnels débordent sur leurs décisions.

    La catalogne reproche au gouvernement central de Madrid de s’accaparer tout et d’empêcher le développement économique des régions. Elle n’a rien trouvé de mieux que de réclamer son indépendance pour fonder une république catalane. 
    Les catalans (une partie seulement) suivent le mouvement car ils pensent à tort que ça va être « le temps des cerises ».
    Le gouvernement madrilène ne leur donne pas tort puisque avec eux c’est brutalité et arrogance.

    Maintenant c’est monté dans les tours et les deux roquets ne peuvent plus faire demi tour.

    Pourtant une négociation simple, pouvait aboutir à plus d’autonomie dans les régions, car entre la situation actuelle, la situation du pays basque et la situation de l’Andorre, il y a un éventail de possibilité que personne ne s’est donné la peine d’étudier.

    • baldis30 12 octobre 10:14

      @Trelawney
      bonjour,

      « Maintenant c’est monté dans les tours et les deux roquets ne peuvent plus faire demi tour. »

      Bon, dans la tour ils y sont ...

      Avant de sauter la seule question que nous devons nous poser par pure charité chrétienne est de savoir si nous fournissons à l’un et à l’autre des parachutes .... dorés à l’or fin ....


    • placide21 12 octobre 20:05

      @Trelawney
      Je suis français et je suis allé à Barcelonne pour la première fois en 1975 et depuis j’y fait de fréquents séjours , je pense que l’attribution des JO à Barcelone en 1992 a été une erreur ,les catalans ont alors pris la grosse tête et sont devenu de plus en plus querelleurs .Il veulent obliger tout le monde a parler catalan alors que ce n’est qu’un dialecte qui ne peut rivaliser avec l’ampleur de la couverture du castillan lequel est parlé partout dans les amériques.Je pense que ceux qui manipulent les indépendantistes stimulent simplement la bêtise qui trouve ainsi le moyen de s’exprimer a leur profit.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 21:40

      @Trelawney
      La Catalogne est déjà très autonome !

      Dans toute l’ Europe, les Indépendantistes ont fabriqué de toutes pièces un discours victimaire, prétendant être « opprimés, culturellement spoliés, historiquement floués, écrasés par l’ Impérialisme de l’ Etat ». Des conneries !

      Quelle oppression ? C’est du cinéma, genre « révolution colorée ». En Espagne, la Catalogne est la région la plus riche, et la plus autonome. Ils se plaignent de quoi exactement ?


      En France, les autonomistes bénéficient des mêmes droits ; du même modèle social français ; des mêmes financements venant des régions les plus riches vers les plus pauvres, comme la Corse ; et personne n’est poursuivi s’il parle breton, basque ou corse...

      Quand la Catalogne sera directement gérée par Bruxelles, comme la Grèce, il ne restera aux pigeons catalans manipulés, que les yeux pour pleurer ...
      Je vous rappelle, qu’avant Maastricht, la Grèce avait 6% de croissance annuelle.


  • Osis Osis 12 octobre 08:30


     
    Quitter l’Espagne sans quitter l’Europe est effectivement un caprice de riche...

    Mais que fera ’l’Europe putassière devant le fait accompli ?
    Rien puisque l’Europe est aussi un caprice de riches.

    Rien du tout parce que l’Europe est une nasse.
    On y entre, on n’en sort pas.
    C’est un cimetière.

     
     

     


    • baldis30 12 octobre 10:18

      @Osis
      bonjour,

      « Quitter l’Espagne sans quitter l’Europe est effectivement un caprice de riche... »

       A moins que ce ne soit pour se raccrocher à un pays très, très riche et encore plus riche ne faisant pas partie de l’UE ! L’écho trouvé sur le forum public consacré au foot, plus le pays qui héberge les instances supérieures du foot ... plus ... plus ... ça me dérange ....


    • El Shogun El Shogun 12 octobre 10:26

      @Osis
      « Mais que fera ’l’Europe putassière devant le fait accompli ? »
      Cette potentielle indépendance sert justement les volontés de l’Europe de démanteler les Etats-Nations dans le cadre des euro-régions.


    • Gasty Gasty 12 octobre 11:07

      @El Shogun

      Diviser pour mieux régner, c’est bien connu ! Et la catalogne a peut être l’ambition de devenir un paradis fiscal.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 21:02

      @Osis
      Mais que fera ’l’Europe putassière devant le fait accompli ?

      Elle enclenchera l’ Europe politique fédérale, avec « les euro régions à taille européenne ». C’est la fuite en avant, devant l’échec de l’ Union européenne.


      Pour résoudre la crise européenne, la division entre Etats qui ont des intérêts divergents, et ne s’entendent plus sur grand chose, ainsi que le rejet grandissant de sa politique libérale par les citoyens , « il faut plus d’ Europe » : en finir avec Etats Nations, et promouvoir une Europe Fédérale.

      Voici la carte européenne des minorités d’agités du ciboulot qui se croient persécutés par les Etats Nations ...

  • njama njama 12 octobre 10:18

    Les contradictions ne manquent pas dans le domaine, d’une main l’U€ a blâmé le séparatisme (pacifique) de la Crimée, condamne les velléités indépendantistes de la République populaire de Lougansk et de celle de Donesk, mais de l’autre main elle encourage avec ardeur la sécession des Kurdes en Irak et en Syrie... sans oser s’attaquer à la question des kurdes turcs et iraniens.

    Que faut-il comprendre, si ce n’est que sa diplomatie ne se résume qu’à des opportunismes myopes, qu’elle a adopté les tares de ses maîtres anglo-saxons d’aller au gré de leurs intérêts immédiats et d’entretenir le chaos si ceux-ci ne peuvent être atteints, en attendant de nouvelles opportunités qui pourraient leur servir. Bref une diplomatie de charognards...


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 12 octobre 13:46

      @njama

      Heureusement qu’il y a les méchanz’américains pour expliquer tous vos problèmes.

      On se demande bien qui est « myope » et « charognard » dans cette histoire.


    • njama njama 12 octobre 16:09

      @Olivier Perriet
      Heureusement qu’il y a les méchanz’américains...

      Vous savez je constate surtout et je déplore qu’il en soit ainsi. Force est de constater que partout où ils passent ça trépasse, et ça laisse un chaos invraisemblable

      Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Ukraine ... pour ne parler que des derniers « théâtres » de guerre ou de révolution colorée
      A un moment donné faut bien essayer que déterminer qui est l’agresseur de qui est l’agressé, non ?
      L’Iran n’a attaqué personne
      Le Liban n’a attaqué personne
      La Syrie n’a attaqué personne
      La Russie n’a attaqué personne

      alors oui il y a un problème avec les gouvernements z’américains...
      A l’occasion Olivier Perriet dites-nous ce qu’ils font en Syrie


    • Osis Osis 12 octobre 19:12

      @njama

      Dans les agressions gratuites des USA, vous avez omis l’attaque d’environ 50 autres pays...
      et probablement pas très loin d’un milliards de tonnes de bombes sur des populations civiles.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 22:08

      @Olivier Perriet
      Vous pourriez comparer les guerres de l’Iran, (ce Grand Satan), et les guerres des USA, depuis 1945 ? Il est bien clair que c’est l’ Iran qui menace la paix dans le monde, non ?


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 13 octobre 09:05

      @njama

      L’Afghanistan, c’est parce que mollah Omar n’a pas voulu livrer Ben Laden. Bon vous allez dire que c’est la CIA qui a attaqué son propre pays smiley

      La Syrie, c’est bien elle qui occupait le Liban non ?

      La Libye, tout le « mérite » en revient à la France et au RU.

      Et l’Iran, dont vous vous faites le propagandiste, c’est bien les pays sunnites qui ne peuvent pas la blairer , demandez vous pourquoi ?


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 13 octobre 09:10

      @Olivier Perriet

      Le Liban, « pays impie créé de toutes pièces par le colonialisme des croisés français ».


  • CN46400 CN46400 12 octobre 11:56

    En fait, les pouvoirs que la bourgeoisie catalane veut extraire de Madrid n’iront pas à Barcelonne, mais seront renvoyés à Bruxelles. Moins de Madrid, ou de Paris = plus de Bruxelles. Lisez le Manifeste de Marx (Chapitre 1) et vous comprendrez !


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 12 octobre 13:50

    On comprend le malaise de l’auteur :

    Voyons, voyons :
    un vrai faux vote, avec 95% de votes favorables, ça ne vous rappelle rien ? Vraiment ?

    Pas même l’élection de Bachar El Assad à la présidence syrienne ?

     smiley smiley


    • njama njama 12 octobre 15:59

      @Olivier Perriet

      L’élection de Bachar El Assad pourcentage de votants 73,42 %

      Macron participation 1er tour 77,77 %, 2ème tour 74,56 %, élu avec 66,10 %

      Crimée référendum sur la réunification à la Russie, 83,1 % de votants sont allés aux urnes, et le OUI l’a emporté à 96,77 %)


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 12 octobre 16:04

      @njama

      Comment discuter d’un vote alors qu’un bon islamiste du Hezbollah considère que la démocratie est l’oeuvre des impies colonialistes ?


    • njama njama 12 octobre 16:17

      @Olivier Perriet

      Vous vous méprenez les combattants du Hezbollah ne sont pas que des islamistes, d’ailleurs ils ne sont pas tous chiites, et encore moins salafistes ou wahhabites, ce sont des résistants.

      Quant à la création du Hezbollah, elle est la conséquence directe de l’agression israélienne sur le Liban en en 1982, faut pas inverser les rôles et brouiller les cartes.

      Le Hezbollah disparaîtra quand Israël sera devenu pacifique, civilisé et démocratique car il n’aura plus de raison d’être, en attendant il a toute son utilité et un très fort soutien de la population libanaise, sans parler d’une aura symbolique qui dépasse les frontières.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 21:12

      @Olivier Perriet
      Il n’existe pas de référendum régional prévu dans la Constitution espagnole, ce sont tous les Espagnols qui auraient dû voter.


      Il n’existe pas non plus d’article dans les Traités européens qui traite d’autonomie ou d’indépendance d’une région par rapport à l’UE. La Catalogne va donc quitter à plus ou moins long terme l’ Espagne, et sera gérée directement par Bruxelles. C’est la finalité des redécoupages territoriaux et des « eurorégions à taille européenne ».

      Les pauvres Catalans qui se sont faits embarquer dans cette galère feraient bien de méditer sur le sort de la Grèce, sous tutelle directe de Bruxelles ...
      « Grèce : 4 ans d’austérité en 40 photos »

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 21:14

      @Olivier Perriet
      Si Bachar avait été impopulaire, la France et l’ Allemagne n’auraient pas fermé les Ambassades de Syrie, afin d’empêcher les réfugiés syriens d’aller voter ....


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 13 octobre 09:08

      @njama

      Mon pauvre ami, vous avez oublié de nous expliquer pourquoi le hezbollah est la seule milice armée qui subsiste au Liban.

      de l’eau a coulé sous les ponts depuis 1982, vous n’aviez pas remarqué ?


    • njama njama 13 octobre 12:19

      @Olivier Perriet
      de l’eau a coulé sous les ponts depuis 1982

      Entre 2000 et 2006, l’armée israélienne a effectué des milliers de violations du territoire libanais par des incursions terrestres, maritimes et aériennes, (missions de reconnaissances et survol par des drones).
      Qui agresse qui ?
      Oui, c’est vrai l’entité sioniste occupait tout le Liban sud, et le Hezbollah a libéré le Liban de l’occupan, raison pour laquelle le Hezbollah est apprécié des libanais


    • njama njama 13 octobre 12:33


      @Olivier Perriet

      Hassan Nasrallah a déclaré lui-même que le Hezbollah n’aurait plus lieu d’être le jour où Israël aura vraiment normalisé ses relations avec les palestiniens et ses voisins arabes. Il n’est pas homme à parler pour ne rien dire, ce qui fait son grand charisme d’ailleurs.

      L’avenir c’est à Israël de l’écrire ... et s’il souhaite la disparition du Hezb... qu’il fasse en sorte que ...
      le Hezbollah a-t-il envahi Israël ?


    • njama njama 13 octobre 15:29

      @Olivier Perriet

      Hassan Nasrallah vu par un libanais qui se dit pourtant adversaire du Hezbollah

      L’émotion contenue de Hassan Nasrallah
      Je ne retiens, ce soir, du long discours de Hassan Nasrallah que les dix dernières minutes où l’homme s’est adressé avec une émotion difficilement contenue aux combattants dont il a charge et à leurs familles.

      Ces dix dernières minutes, profondément humaines, sont suffisantes pour comprendre le dévouement et la loyauté des combattants et des partisans du Hezbollah envers leur chef.
      https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=HlbJChAPfAg

      Je n’ai vu une telle intimité avec ses troupes et ses gens chez aucun autre leader libanais. Il est l’un d’eux et il est chacun d’entre eux. Le lien qui les unit va au delà des convictions idéologiques ou religieuses. Ou même de l’appartenance à telle ou telle tribu, secte ou confession.

      Ce lien est familial, filial, fraternel. Il est organique. Pour les uns il est un père, pour les autres un fils ou un frère. Pour tous, il est la meilleure version d’eux-mêmes.

      A l’inverse de la plupart des leaders libanais qui, coupés de leurs gens et de la réalité, s’imaginent être des demi-dieux et vivent dans une Olympe faite de palais et de dollars.

      Leur relation avec leurs partisans et sympathisants est souvent celle du prince envers son vassal, méprisante et intéressée. Quand ils ne parlent pas pour ne rien dire, ils mentent aux bonnes âmes qui les suivent, et profitent de leur popularité pour satisfaire leurs ambitions personnelles.

      Hassan Nasrallah est à la tête de la plus puissante et plus structurée formation politique libanaise et d’une branche armée d’une envergure régionale. C’est un chef autant politique, militaire que religieux. Sa popularité au sein et en dehors de sa communauté est immense. Son influence est sans précédent dans l’histoire du Liban.

      Quel autre leader libanais tient en haleine les dirigeants, généraux et médias de plusieurs nations, amies et ennemies, à chacune de ses adresses publiques ?

      Il aurait très facilement pu profiter de ce pouvoir considérable pour s’enrichir, pour propulser sa famille au rang d’aristocrates et vivre comme un négus. Qui aurait pu l’arrêter ?

      Mais l’homme vit chichement, presque clandestinement, et n’a que faire des honneurs pompeux des officines du pouvoir et des salons mondains. Son fils aîné ne lui succédera pas, il est mort au combat comme un simple soldat.

      Les hommes qui se battent sous son commandement, les autres qui restent à la maison, qui les attendent et trop souvent les pleurent, savent que le Sayyed se bat, attend et pleure avec eux.

      Ma culture et philosophie politique, laïque, anticléricale, antimilitariste et libertaire, très attachée à la souveraineté sans concession du Liban et au rejet de toute interférence extérieure dans les affaires libanaises, fait de moi un adversaire du Hezbollah et de son affiliation à la Wilayat el Faqih iranienne.

      Mais je ne peux, en toute honnêteté, ne pas reconnaître la grande valeur de l’homme et ne pas respecter son engagement et le lien profondément humain qu’il a réussi à tisser avec les siens.

      Quant aux jeunes combattants qui se sont sacrifiés pour débarrasser le Liban du fléau takfiriste, je ne peux qu’exprimer ma profonde gratitude et partager l’émotion contenue de Hassan Nasrallah.

      http://claudeelkhal.blogspot.fr/2017/07/lemotion-contenue-de-hassan-nasrallah.html#more

       


    • njama njama 13 octobre 21:20

      @Olivier Perriet

      Vous l’aurez compris (j’espère), il y a qqch qui force le respect dans le Hezbollah ...


    • njama njama 13 octobre 21:24

      @Olivier Perriet

      « Sa popularité au sein et en dehors de sa communauté est immense. Son influence est sans précédent dans l’histoire du Liban. »

      un libanais qui se dit pourtant adversaire du Hezbollah


  • BA 12 octobre 17:55

    La Commission européenne ne reconnaît pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    Mercredi 11 octobre 2017 :

    Cet après-midi, les masques sont tombés.

    La Commission européenne vient de prendre position : elle est pour le maintien de l’unité de l’Espagne. Elle est contre l’indépendance de la Catalogne.

    En clair : la Commission européenne ne reconnaît pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

    La Commission européenne est anti-sociale, anti-populaire, anti-démocratique.

    Mais ça, on le savait déjà.

    Quant à nous, notre mission est claire :

    • détruire la Commission européenne

    • détruire l’Union européenne.

    Lisez cet article :

    Catalogne : la Commission européenne appelle au « plein respect de l’ordre constitutionnel espagnol ».

    La Commission européenne a répété avec force mercredi qu’elle attendait un "plein respect de l’ordre constitutionnel espagnol« au lendemain d’une  »déclaration d’indépendance" de la Catalogne par le président séparatiste Carles Puigdemont, qui l’a aussitôt suspendue.

    "La Commission suit de près la situation en Espagne et réitère son appel antérieur pour un plein respect de l’ordre constitutionnel espagnol", a déclaré le vice-président de l’exécutif européen, Valdis Dombrovskis, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles.

    "Nous faisons confiance aux institutions espagnoles, au Premier ministre Mariano Rajoy avec lequel le président Jean-Claude Juncker est constamment en contact, et à toutes les forces politiques qui oeuvrent à une solution", a ajouté M. Dombrovskis, tout en précisant immédiatement que cette « solution » doit être trouvée « dans le cadre de la Constitution espagnole ».

    "Nous soutenons les efforts pour surmonter les divisions et la fragmentation afin d’assurer l’unité et le respect de la Consitution espagnole", a insisté le Finlandais.

    https://www.romandie.com/news/ZOOM-Catalogne-la-Commission-europeenne-appelle-au-plein-respect-de-l-ordre-constitutionnel-espagnol/851718.rom


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 21:49

      @BA

      Quant à nous, notre mission est claire : détruire la Commission européenne, détruire l’Union européenne.

      Et, sans indiscrétion, vous allez faire quoi pour arriver à ce brillant résultat ?

      Mettre des bombes à Bruxelles ??

      Le PARDEM et toujours aussi brumeux. Il soutient les grèves et les manifs, comme si c’était utile de s’attaquer aux effets, et jamais aux causes.

      Et il soutient les indépendantistes Catalans, sans comprendre que c’est la marche vers le fédéralisme européen. Vous avez la mêmes analyses que Mélenchon.
      Pourquoi n’allez-vous pas grossir les rangs de la France Insoumise ??


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 octobre 06:09

      @BA
      La Catalogne, comme l’ Italie du nord, sont des régions riches.
      Les plus riches de leur pays.

      La principale plainte des Séparatistes catalans, c’est qu’ils payent pour le reste de l’ Espagne. Comme la Ligue du Nord en Italie, qui pleurniche d’avoir à payer pour « ces fainéants » du sud de l’ Italie.


      Personne ne fait le parallèle, dommage, il est intéressant.
      Les Séparatistes catalans se disent très, très à Gauche.
      La Ligue du nord, elle, est très, très à Droite de la Droite.

      Voilà donc que toute la Gauche française bien pensante, qui nous bassine à longueur d’année sur l’indispensable partage des richesses, tout d’un coup, au nom « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », trouve vachement génial que les plus riches refusent de partager...

      Quand la Gauche qui se veut radicale, se met à penser comme l’extrême- droite, ça craint.


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 22:11

    J’allais oublier de remercier l’auteur pour son excellent article.


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