mercredi 25 septembre 2013 - par MUSAVULI

Le terrorisme islamiste et le péril international de l’effondrement des Etats (Somalie, Afghanistan, Mali,…)

Faut-il laisser les Etats s’effondrer ? Sinon, comment prévenir l’effondrement d’un Etat ou le restaurer lorsqu’il se met à sombrer sur le plan des institutions officielles ? Ce sont là, entre autres, les questions de fond qu’on devrait se poser après le carnage de Nairobi résultant d’une spectaculaire attaque menée par un commando d’islamistes somaliens.

Les Shebab somaliens ont donc frappé au cœur d’une importante ville africaine, Nairobi, capitale du Kenya. Un acte brutal et sanglant par lequel ils viennent de répandre sur le pays, et même sur le reste de l’Afrique, une angoisse avec laquelle il va falloir désormais vivre. Plus rien ne sera comme avant. Il ne sera plus possible de visiter certaines villes du Continent Noir sans être tenaillé par l’obsession d’un attentat à la bombe ou d’une fusillade spectaculaire, en plein jour et à tout moment. L’occasion de se demander comment on en est arrivé là.

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Les rescapés du carnage

Les islamistes viennent de quelque part

Il y a un peu plus de deux décennies, le monde assistait dans une certaine indifférence à « la mort d’un Etat », la Somalie. Le pays est devenue, depuis, ce qu’on appelle un « État défaillant » (Failed State). La Somalie était à l’époque dirigée par le dictateur Mohamed Siyaad Barre. Elle devint la proie d’une guerre civile atroce et des rivalités entre factions et seigneurs de guerre. Un dictateur impopulaire et des seigneurs de guerre sans aucun autre agenda politique que la mise à sac du pays et les trafics en tous genres (drogue, armes,…). La communauté internationale manqua d’interlocuteur fiable dans le pays et on franchit rapidement le point de non-retour.

L’opération « Restore Hope  » menée par l’armée américaine se termina dans un « inutile » bain de sang. Ce fut un terrible fiasco et les Américains décidèrent de quitter le pays. Peut-être devraient-ils tenir bon malgré les pertes et rester un peu plus longtemps… On ne saura jamais ce qu’il y avait de mieux à faire. La communauté internationale en resta au stade des questionnements pendant que le pays tombait en ruine jour après jour. La Somalie devint désespérément un non-Etat. Mais le pire était à venir.

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Echec de l’Opération Restore Hope

On avait laissé tomber, on en paie le prix

Mais si le « monde » se résigna à laisser tomber, on ne mesura pas suffisamment les conséquences de l’effondrement de ce qu’on appelle « un Etat ». Puisque la nature a horreur du vide, la disparition d’une autorité politique, l’Etat, qui est l’interlocuteur de référence dans les relations internationales, est compensée par l’irruption d’autres formes d’autorité. Les prises d’otage spectaculaires aux larges des côtes somaliennes et l’activisme des pirates auraient dû alerter le monde sur l’urgence à consacrer de gros moyens à la restauration de l’Etat somalien.

Au fil du temps, une forme d’autorité morale et politique se répandit sur le pays : les islamistes. Reste qu’une des difficultés avec les islamistes est que, contrairement aux mouvements politiques classiques, ils attachent assez peu d’intérêt au « cadre national ». Ils sont engagés dans une lutte internationale contre l’Occident. Les Etats qui se délitent deviennent des viviers dans lesquels ils prospèrent. La Somalie devient au fil du temps le « réceptacle » des combattants djihadistes arrivant des plusieurs pays musulmans, et maintenant, même des Etats-Unis et de l’Europe.

L’occasion de rappeler qu’un autre Etat, l’Afghanistan, s’était effondré sous le regard assez complice[1] de l’Occident qui y prit part à la propagation de l’anarchie. Le pays devint, lui aussi, le lieu de rendez-vous d’extrémistes islamistes dont un certain Oussama Ben Laden, avec les conséquences qu’on connaît. Et ça se paie au prix fort. Depuis 2001, les tentatives de la coalition internationale visant à rétablir les fondements et un fonctionnement minimal d’un Etat sont extrêmement laborieuses. On en est même au doute face à un certain enlisement[2], voire un échec. Mais il semble qu’on n’a pas le choix… Il faut continuer à se « cramponner » parce que si on lâche, les talibans déferlent sur Kaboul. Le même péril dans le cas de la Somalie.

Difficile, mais a-t-on d’autres choix ?

En Somalie, les Africains tentent de restaurer l’Etat depuis 2007 et se retrouvent empêtrés dans une guerre asymétrique particulièrement meurtrière (3.000 soldats de la paix tués en six ans). L’Union africaine a, en effet, déployé une mission forte de 17.709 agents (personnel civil et militaire). Si la communauté internationale soutient la mission, les pays qui disposent des contingents sur place prennent des risques pour leurs populations et font l’objet d’attaques des Shebab comme en Ouganda (74 morts[3] en 2010) et maintenant au Kenya (62 morts[4]).

Les islamistes qui croyaient remplacer l’Etat défaillant, avec leurs agendas (application de la sharia) considèrent cette force internationale comme une force d’occupation sur les « terres de l’islam ». Car en laissant la Somalie dans un état de déliquescence avancée, la communauté internationale avait permis aux islamistes de se persuader que ce pays était indéniablement devenu « le leur » et que c’est à eux qu’il revenait d’y appliquer « leurs lois ».

Il sera difficile de lutter contre cette mentalité, les Shebab étant très influents dans l’arrière-pays somalien après avoir été violemment chassés des grandes villes comme Mogadiscio et Kismayo qu’ils contrôlaient pourtant et où ils commençaient à appliquer leur politique inspirée de la sharia (lapidations de femmes,…).

Faut-il pour autant « tout faire » pour sauver les pays défaillants, menacés par l’irruption de l’islam radical ? Il semble qu’on n’a pas le choix…

C’est sûrement la question que l’Etat français s’est posée face à l’avancée des combattants d’Ansar Dine qui menaçaient de s’emparer de Bamako l’an dernier. Là aussi, on assistait à l’effondrement d’un Etat après un hasardeux coup d’Etat quelques mois plus tôt. Les djihadistes en avaient profité pour s’emparer du Nord du pays, par ailleurs fragilisé par les conséquences de la chute du colonel Kadhafi (déversement d’armes et de combattants dans le Sahel).

Le Mali, oui, mais après ?

Mais si on peut, après coup, saluer l’action de la France qui a permis de restaurer l’Etat malien et même de permettre aux Maliens d’élire un nouveau président, il devient opportun d’aborder la question dans une approche de fond et une perspective de long terme. La « communauté internationale », les grandes puissances en particulier, doit-elle se pencher sérieusement sur la question des interventions destinées à rétablir les Etats défaillants ou à prévenir leurs effondrements ? Quelle est la capacité des « grandes puissances » à s’acquitter de cette lourde tâche dans la durée ?

Car la liste des Etats défaillants risque de s’allonger au fil du temps. En Afrique, deux pays au moins sont à surveiller de près : la Centrafrique et la République démocratique du Congo. Au Congo, on éprouve des sueurs froides en apprenant que les Shebab[5] opèrent désormais dans les rangs des maquisards qui dévastent les régions de l’Est. Le pays est un mastodonte mais demeure extrêmement fragile sur le plan de la sécurité. Depuis plus d’une décennie, près de 20 mille casques bleus de l’ONU y font quasiment office d’armée nationale et d’Etat le gouvernement de Kinshasa demeurant « terriblement » incapable de restaurer le pouvoir étatique sur l’ensemble du territoire national.

En Centrafrique, la coalition de la Séléka qui s’était emparée du pouvoir en mars 2013 échappe désormais à tout contrôle. Même le Président Michel Djotodia, porté au pouvoir par la même coalition en mars dernier, s’en méfie désormais au point d’avoir décidé de sa dissolution.

Pendant ce temps, l’armée française stationnée dans le pays, se retrouve malgré elle, en charge de la sécurité d’un peuple qui n’a plus d’Etat. La population terrorisée vient se mettre à l’abri à l’aéroport sous contrôle des soldats français. La Centrafrique fait pourtant partie des vastes régions d’Afrique où opèrent les djihadistes. La disparition des institutions officielles au profit des bandes armées pourrait, comme au Mali, en Afghanistan et en Somalie, ouvrir le boulevard aux combattants islamistes réputés pour être plus disciplinés et mieux organisés que les armées officielles.

Mais comment faire dans la durée avec de moins en moins de moyens ?

Se poseront toutefois des questions liées aux moyens. Les grandes puissances seront-elles en mesure de sauver les Etats menacés de déliquescence ? Mais comment pourront-elles durablement le faire puisque elles-mêmes (en tout cas les pays occidentaux) sont l’objet du recul des institutions étatiques. Au nom de la lutte contre les déficits et des politiques néolibérales on y prône d’élections en élections la privatisation de nombreux secteurs longtemps relevant du cadre des services publics, comme les secteurs de la sécurité et même de la défense.

Comment les Etats confrontés à la diète, surendettés et disposant de moins en moins de moyens vont-ils, dans la durée, gérer le risque international de l’effondrement d’autres Etats ?

Boniface MUSAVULI



[1] Les Etats-Unis avaient soutenu les combattants islamistes durant la lutte contre la présence de l’armée soviétique en Afghanistan. Des islamistes qui vont par la suite se retourner contre les Etats-Unis et héberger Oussama Ben Laden, le leader d’Al-Qaïda.

 



22 réactions


  • morice morice 25 septembre 2013 11:07

    Se poseront toutefois des questions liées aux moyens. Les grandes puissances seront-elles en mesure de sauver les Etats menacés de déliquescence ? 


    ah, on va reparler de l’intervention de la France au Mali, si sévèrement critiquée ici.... comme quoi....

  • morice morice 25 septembre 2013 11:17

    La question peut se poser autrement :


    qui, depuis des années, alors qu’il pourrait aider ces pays (il le fait même avec USAID) se contente de fournir en sous main des armes à des groupes terroristes pour les affaiblir et justifier après une intervention ou une aide militaire (USAID passant son temps à espionner pour la CIA) ?

    regardez ces dernières années : à chaque fois ç’est le même scénario.

    Gilles Kepel, dans son livre magistral « Jihad », expliquait qu’AVANT le 11 septembre, les monarchies arabes avaient compris qu’elles devaient lâcher du lest démocratique. Elles s’apprêtaient à le faire, contraintes par l’évolution normale des populations et le besoin de démocratie.

    Juste après, elles sont revenues au contraire : à des pratiques Moyen-Ageuses héritées d’un islamisme dévoyé en secte salafiste.

    Qui ont été les bénéficiaires du 11 septembre 2001  ? Les USA, qui ont pu regonfler le torse, et ces monarchies dépassées qui ont gagné une bonne trentaine d’années en asservissement de leurs populations....

    vous avez là les deux gagnants d’un système qui consiste à revenir en arrière, politiquement et socialement, alors que l’évolution naturelle des choses amenait la démocratie, par répartition de davantage de connaissances.

    en somme le 11 septembre a été salutaire pour deux sortes d’états. Et catastrophique pour tous les autres.

    • MUSAVULI MUSAVULI 25 septembre 2013 17:23

      Des pratiques difficiles à cautionner dans la durée. S’il ne s’agit que de justifier l’augmentation des budgets militaires, pour des raisons évidentes (enrichissement des lobbies militaires), ça passe. Mais si tout cela aboutit à plonger le « monde entier » dans l’angoisse des fusillades et des attentats à la bombe, à tout moment et dans n’importe quelle ville de la planète, alors tout le monde doit s’inquiéter, y compris les apprentis sorciers. L’exécution barbare de l’ambassadeur américain à Benghazi devrait faire réfléchir les apprentis sorciers qui « s’amusent » à mettre le feu partout.


    • philouie 25 septembre 2013 23:23

      en somme le 11 septembre a été salutaire pour deux sortes d’états.

      deux états surtout. les USA et l’Arabie Saoudite.

      Les deux pays qui ont fournis le gros des contingents du 11 septembre, soit en victimes, soit en assassins.


    • COLLIN 26 septembre 2013 00:14

      "En somme le 11 septembre a été salutaire pour deux sortes d’états.

      deux états surtout. les USA et l’Arabie Saoudite.« 


      En fait,il en existe un troisième qui a réalisé à travers 9/11,la plus grosse  »prise de bénéfices« ,à travers la poursuite d’une colonisation d’un autre âge,mais il est assez dangereux de le citer...  smiley

      Nous le nommerons  »X"....  smiley


    • doctorix, complotiste doctorix 26 septembre 2013 11:31

      Je ne comprends pas pourquoi Morice se fait moinsser sur ce sujet.

       Mais je comprends trop bien pouquoi le sujet lui même est plebiscité à plus de 80%:la propagande interventionniste a joué à fond. Beaucoup n’ont pas compris qu’ils sont l’objet d’une manipulation. Cette manipulation touche à la fois les assassins et leurs spectateurs (spectacle remarquablement organisé, avec trois jours de direct, des détails sanguinolants et croustillants, alors que la décence et l’intelligence auraient voulu qu’aucun relais médiatique ne vienne donner la moindre publicité à ce désastre : c’est l’assurance que ça recommencera).
      C’est nous qui fabriquons ces islamistes, et de deux façons.
      En provoquant la haine des pays que nous tentons de recoloniser à la papa.
      En fournissant des armes et desmercenaires (et l’article renouvelle le mythe Ben Laden, alors que c’est un agent de la CIA). C’est la CIA, le cancer du monde, qui arme tous ces mouvements, selon le bon vieux principe « ordo ab chao ».
      Mais du chaos ne naîtra jamais que le chaos.
      Morice est parfaitement justifié à dire que tous ces pays étaient en voie de démocratisation naturelle. C’était vrai en Irak, en Libye et en Syrie : c’est précisément ce que l’ordre mondial ne veut pas : il veut diviser pour regner. Et aucun mensonge n’est assez gros pour y parvenir.

    • philouie 26 septembre 2013 13:01

      je plussoie Collin et Doctorix

      cherchez l’odeur du pétrole et vous trouverez des terroristes.


  • superyeti superyeti 25 septembre 2013 12:10

    Les gouvernements successifs français sont au parfum sur le bien-fondé de cette doctrine de na pas laisser des pays s’enfoncer dans l’obscurantisme et l’extrémisme religieux en laissant les états et leurs institutions politiques s’effondrées.
     
    Alors il faudra m’expliquer pourquoi la France de Sarko en Libye et maintenant celle d’Hollande en Syrie auront fait pour l’arrivée des islamistes radicaux aux pouvoir, les pressions des USA et d’Israël pour que la France s’engage dans ces conflits sont inadmissibles , mais ce qu’il est encore moins c’est le manque de courage de nos différents gouvernements envers les diktats de ces va-t’en-guerre que sont les USA et Israël, quel sont les moyens de pression pour que nos dirigeants ferment leurs gueules et baissent leurs pantalons.

    Oui la France arme et aide les islamistes en Syrie, elle ne s’en est jamais caché, mais il faut qu’elle sache que le retour de baton risque de faire mal.
    Oui la France sait trés bien que ce sont les islamistes qui balancent les gaz sur le peuple syrien.
    Oui la France est au courant des atrocités et des actes de barbarie commis par les radicaux religieux.
    Oui la France reste muette.


    • doctorix, complotiste doctorix 26 septembre 2013 11:36

      Le gouvernement français comprend une dizaine de « young leaders », dont le président Hollande,

      Ce sont des sortes de traîtres à la France et de valets de Washington.
      Pas de quoi s’étonner de leurs décisions, donc.
      Ils ne sont pas là pour commander, mais pour obéir.

    • philouie 26 septembre 2013 13:03


      Le gouvernement français comprend une dizaine de « young leaders », dont le président Hollande,

      Si c’est vrai la proportion est énorme.

      qaund on dit que Hollande est un laquais de l’oncle Sam, c’est là que ça se passe.


  • Buddha 25 septembre 2013 12:21

    la solution est simple et a portée de toutes les bourses, il faut arrêter la société marchande de profit, la compétition toujours truquée ,et oui c’est le but, la finance qui régule le plus possible dans la poche de peu etc etc...........il y a une seul possibilité pas deux, une société volontairement solidaire, à tous les niveaux......

    Moi j ’dis ça ,mais comme je vois des gens qui ne pensent que a avoir plus que les autres, donc pour faire ça le vol légalisé est la seule solution.......attendons le pire qui sera la comme d habitude mais à une échelle apocalyptique ,mot aussi pris dans le sens de révélation pour nos cerveau anémiés...et là on causera dans le poste...pas avant....voir jamais, on a peut être dépassé le stade on on s’en remettra..car pour moi, le cerveau humain de plus en plus malades rétrécit.....Alzheimer global à venir ? possible, très possible...la névrose devint totale...dingue on se croirait dans le seigneur des anneaux...avant la chute des tours...mais chut !!!!


  • jackirby 25 septembre 2013 13:39

    Les islamistes seront défaits par les peuples qu’ils cherchent à terroriser. L’islamisme a vécu une période faste, et s’est cassé le nez sur la réalité des opinions arabes et de la force des opinions publiques occidentales. Le Qatar et l’Arabie-saoudite devraient y réfléchir à deux fois si leur dessein est de continuer à soutenir ces crapules, la même chose pour Hollande, Cameron & Obama.
    le message vaut pour les banlieues françaises et leurs djihadistes qui vont revenir la queue entre les jambes de Syrie. 


    • MUSAVULI MUSAVULI 25 septembre 2013 17:10

      Jackirby,

      « Revenir la queue entre les jambes », oui, mais avec des cerveaux de dingues. Des Mohammed Merah. Juste ce qu’il faut pour mettre la pagaille en plein coeur de Naïrobi ou de Toulouse. On continue à jouer avec le feu en laissant s’effondrer des Etats (Libye, Syrie, Irak, Somalie,...) et en permettant aux islamistes de rêver qu’ils peuvent incarner une solution d’alternance politique comme une autre.

    • asterix asterix 25 septembre 2013 20:13

      Bonjour Musavuli, à Morice également.

      Je pense que le dilemne que tu soulèves : faut-il où non faire la guerre à l’islamisme qui pratique la guerre sans merci et s’incruste dans les états faibles est valable bien au-delà de l’Afrique.
      Ce dilemne se pose également en société occidentale. Des états faibles aussi. Sans solution devant le terrorisme aveugle.
      Comment l’éradiquer ?
      Bien malin qui pourrait répondre...


  • le moine du côté obscur 25 septembre 2013 19:06

    D’abord je me méfie des infos officielles notamment sur ce qui s’est passé ou se passe au Kenya. Ensuite quand les dirigeants occidentaux arrêteront de jouer aux apprentis sorciers peut-être aura-t-on un espoir notamment en Afrique. Leur manie d’intervenir dans les pays plutôt stables sous des prétextes fallacieux ne fait qu’augmenter le chaos. Bien sûr ils espèrent tirer les marrons du feu, sauf que d’après la théorie du chaos les choses peuvent vite devenir incontrôlables. A force de briser des équilibres précaires notamment en Libye on en vient à créer de futures menaces. Mais spéculer les élites adorent ça, surtout que dans leurs esprits dégénérés elles se croient à l’abri du retour de bâton. Les premières victimes sont les petites gens, malheureusement. Ces élites espèrent se débarrasser de tous obstacles à leur « pouvoir absolu ». Pas étonnant qu’elles aident à détruire des états forts. Quant à croire à des fadaises comme la démocratie, les droits de l’homme, la liberté et autres lubies bobo, il faut être naïfs ! Enfin on verra comment toute cette merde va tourner. 


    • MUSAVULI MUSAVULI 25 septembre 2013 23:30

      Je pense qu’il y a de quoi être préoccupé pour longtemps, très très longtemps. Les Etats occidentaux disposent de moins en moins de moyens (dettes publiques abyssales, politiques néo-libérales, difficultés de lever davantage d’impôts,...) Pendant ce temps, les Etats dans de nombreuses régions du monde tombent en déliquescence, et il faut bien intervenir pour rétablir de fragiles équilibres. Le comble, c’est que l’Occident s’invite dans le rôle d’agents destructeurs (Libye, Irak, Syrie...) ouvrant un boulevard royal aux excités de tous bords. On marche sur la tête et on marche résolument sur la tête.

      Au sujet de la méfiance que vous soulevez par rapport aux informations officielles, ça met la puce à l’oreille. On a très peu évoqué le rôle d’Israël. On a signalé la présence d’un commando des forces spéciales israéliennes aux côtés des soldats kenyans. Sûrement parce que le bâtiment attaqué à Nairobi appartenait aux Israéliens. Selon un spécialiste du terrorisme, une opération comme celle du 21 septembre dernier a dû nécessiter des mois de préparation. Les attentats de 1998 à Dares-Salaam et Nairobi avaient nécessité deux ans au moins de préparation). Autrement dit, des individus, dont des ressortissants américains et britanniques ont réussi à préparer une opération d’une telle ampleur (durant des mois) et ont pu pénétrer assez facilement dans un bâtiment propriété des Israéliens... Je crois qu’il va falloir creuser un peu plus...


    • le moine du côté obscur 25 septembre 2013 23:54

      J’avais dit il y a une dizaine d’années à peu près à un européen (parce que moi je suis africain « noir ») que l’Europe dans le futur allait ressembler au « tiers monde ». Il ne me croyait pas ! Mais quand il voit la déchéance des pays occidentaux (les Etats-Unis en tête), il m’a demandé si j’avais des dons médiumniques ! Le fait est que des pouvoirs « privés » cherchent à faire des profits indécents et à avoir un pouvoir illimité. Dans leur folie ils sont en train de tout détruire dans ce monde. Pour moi le chaos dans ce monde a la même source, l’avidité insensée de quelques-uns. Des personnes rusées et qui tel Icare rêvent d’atteindre le soleil. Ces personnes ont perdu tout sens de la mesure. Ce sont ces personnes et leurs laquais qui dirigent les « grands pays ». Il semble que l’ordre international actuel pourtant à leur avantage ne leur conviennent plus et elles veulent le bouger apparemment au grand dam des russes notamment qui trouvent l’ordre mondial actuel à leur avantage. Les personnes dont je parle ont transformé l’occident notamment en ploutocratie où seuls les candidats pouvant mobiliser certains réseaux ont des chances d’être élus. Ne soyons pas surpris que les candidats des deux gros partis aux USA doivent monter patte blanche à l’AIPAC par exemple. Ne soyons pas surpris que la clique à Bush ait mis en pratique le rapport « reconstruire les défenses de l’Amérique » du Think Tank PNAC. La question que je me pose est jusqu’où ces groupes privés iront pour atteindre leur but ! Combien de morts provoqueront-ils et combien de destruction encore ! Ces personnes sont aussi insensibles que Madeleine Albright pas émue par la mort de centaines de milliers d’enfants irakiens dans le but de dégommer le dictateur Saddam Hussein. 

      Alors pour ma part les troubles au Kenya correspondent probablement au besoin de ces groupes privés de faire bouger des pions dans la zone. Puisque l’on sait que ces personnes sont peu émues par la mort de millions d’êtres humains comme en RDC, on ne peut que craindre le pire. Ecoutez Attali dire qu’on aura un gouvernement mondial avant ou après « la guerre » (http://www.youtube.com/watch?v=UcujH7mf5XM). Mais de quelle guerre parle-t-il ? Nous savons qu’il faut un Nouvel Ordre Mondial, plus juste mais que de tels psychopathes parlent de Nouvel Ordre Mondial fait craindre le pire. Notre salut est de repérer clairement et sans aucun doute possible notre ennemi à tous et mettre en place une stratégie pour le contrer. Mais avec certains arabo-musulmans qui ne trouvent rien de mieux que s’entre-tuer ou de traquer les « infidèles ». Mais avec pas mal d’africains noirs qui raisonnent encore au stade tribal, les choses sont mal barrées. Car tant qu’il y aura des idiots utiles pour faire la guerre et manipulables à souhait, il ne faut pas se faire d’illusions. Car les personnes rusées dont je parlais par les crises et autres sales coups ont créé le terreau fertile pour avoir des enfants soldats, jeunes désœuvrés et consort qui feront leurs sales guerres. 

  • philouie 25 septembre 2013 23:25

    Pourquoi vous dites « on laisse sombrer des Etats » alors que manifestement « on » les faits sombrer.


    • COLLIN 26 septembre 2013 01:15

      Exactement,« on » les fait sombrer...

      C’est l’application de la stratégie du « chaos ».

      Qui peut encore sérieusement croire à la fable du « terrorisme » telle qu’elle nous est relatée par les médias mainstream... ?

      Qui peut croire que des bédouins en tongues pourraient organiser un tel carnage... ?

      On sait depuis déjà un petit moment,que le « terrorisme » n’est en fait qu’un « terrorisme d’état ».

      « Al-Qaïda » est la création à l’origine des services secrets Saoudiens et de la CIA pour chasser l’armée Rouge d’Afghanistan,des documents déclassifiés et même des déclarations officielles l’ont confirmé,notamment l’hystérique Clinton (http://www.youtube.com/watch?v=Dqn0bm4E9yw) et bien d’autres encore...

      Voir à ce propos,pour ceux qui comprennent l’Etats-Unien couramment,le film suivant :http://www.youtube.com/watch?v=h8Lam9V_9tE

      Ces « sheebab » ou « Aqmi »,« Al Nosra »,ou autres « Boko Aram »,ne sont en fait que l’affichage public de sociétés de mercenaires sanguinaires et complètement fêlés,aux ordres d’un petit groupe de monstres aveuglés par une idéologie meurtrière,idéologie d’ailleurs rendue publique et disponible à qui se donne la peine de lire les documents disponibles et sans équivoque,comme le PNAC (http://www.newamericancentury.org/) ou bien « the-grand-chessboard » (« le grand échiquier » ) http://endthelie.com/books-and-reading-material/zbigniew-brzezinski-the-grand-chessboard/..

      D’ailleurs,comment expliquer que sur les 11 « terroristes » arrêtés par la police Kenyanne,seuls trois soient d’origine Somali... ???

      Il n’y a plus de « terrorisme »,seulement des actions sous « fausse bannière » (false flags).

      Et l’Islam,qu’on soit d’accord ou pas,qu’on l’apprécie ou pas,n’a rien à voir là dedans,sauf dans le fait qu’il est instrumentalisé à dessein ,afin de se saisir de toutes les ressources naturelles de la planète,et surtout d’empêcher Chinois et Russes de s’en emparer.....


    • cathy30 cathy30 26 septembre 2013 08:07

      Collin

      Ne savez vous pas que l’islam n’a pas de frontière ? Arretez de vous faire des films.


  • ung do 26 septembre 2013 01:13

    @Musaveli . Chacun voit midi à sa porte . Les Shebabs d’après certains sont des résistants qui perpètrent des attentats terroristes contre des envahisseurs étrangers , comme les résistants français ou algériens . A la question d’un de ses tortionnaires français ( comme Bigeard ) « pourquoi de si lâches attentats contre des civils , venez nous affronter en terrain ouvert  » , un résistant algérien a répondu : « je veux bien venir en terrain ouvert mais vous rangez vos avions , vos canons , vos mitrailleuses » .
    La guérilla est une forme de lutte du faible contre le fort . Par la « traitrise » , elle inflige au plus fort des dégats disproportionnés : avec une dizaine de terroristes , les shebabs ont dévasté un énorme centre commercial , détruit l ’industrie touristique (on va y réfléchir à deux fois avant de venir au Kenya ) , créé pour eux un immense retentissement médiatique et une immense humiliation pour le gouvernement kenyan qui va devoir sortir des sous pour essayer de protéger de centaines de « cibles molles » sans pouvoir tout couvrir et attendant en tremblant l ’initiative des guérilleros .


    • MUSAVULI MUSAVULI 26 septembre 2013 09:28

      Ung Do, Il y a plusieurs courants chez les Shebab. Globalement, on parle d’un courant nationaliste qui ne supporte pas la présence de troupes étrangères en Somalie (Kenyans, Ougandais, Burundais, Ethiopiens,...) et un courant capté par la logique djihadiste (international). Un peu comme les talibans en Afghanistan. Qu’on les aime ou qu’on les exècre, ils étaient pour leur écrasante majorité des « nationaux » afghans. Ils se battaient pour quelque chose de national. Puis Al-Qaïda est venu se greffer dessus. Mon article est une série de questionnement. Que doit faire la communauté internationale lorsque des « nationaux » d’un pays se battent au point de perdre la raison et de devenir le terreau d’une menace internationale ?


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