vendredi 22 octobre 2010 - par
Le travailler plus ne nous sortira pas du déclin
S’en sortir ne peut pas l’être sur la base des maux qui nous accablent, même si les communicants utilisent les mots pour bercer d’illusions les joueurs économiques au jour le jour. Si la politique est l’art de s’organiser pour satisfaire nos désirs, elle est aussi l’art d’envisager l’avenir, par cette capacité de projection vers un futur incertain que la science nous permet de saisir avec quelques données déterministes.
Nous savons pour autant, du moins quelques uns que les aléas de la vie sont le produit d’ensembles d’actions qui se sont construites bien en amont de la réalisation de l’événement qui se produira. Parfois avec un certain nombre de réussites sans cesse remise en question, et le plus souvent avec un résultat différent de celui espéré, tant dans le progrès que dans la régression.
C’est ainsi qu’aujourd’hui nous subissons le produit d’événements passés sur lesquels nous n’avons plus d’action, car ils n’existent plus que leurs effets. Ce sentiment nous le percevons quand ayant fait une erreur nous voudrions pouvoir remonter le temps pour la corriger.
S’il en était autrement nous serions dans le déterminisme, et il n’existerait de ce fait plus d’espérance pour qui que ce soit, et notre monde serait fini.
Pourtant c’est ce que nous réclamons à nos politiciens.
Qu’ils nous garantissent nos lendemains au travers de programmes électoralistes qui échouent régulièrement, incapables que nous sommes à saisir dans nos milliers de comportements, ceux sources de leurs pertes.
Nous vivons dans de constant paradoxe qui exige d’avoir conscience de nos actes et d’en ignorer, associé aux autres, leurs réels portés dans le futur.
C’est ce que j’appelle le déterminisme aléatoire entretenu par le langage fondateur, qu’il soit verbal ou mathématique.
En physique l’aléatoire repoussé à l’infinitésimale partie, confère à la science sa fiabilité, car notre existence s’achèvera avant d’avoir pu mesurer son impact et ses conséquences observables. Mais nous avons pu retirer de cet infiniment petit des produits miniaturisés et des appareils d’observation qui repousse toujours plus loin ce que nous pensions acquis.
Or nous recherchons en politique et en économie la fiabilité de prévisions qui reposeraient sur la confiance du verbe et la certitude des mathématiques. C’est ainsi que nous construisons notre futur sur la base de fausses certitudes, en pensant que la vie humaine se détermine comme la construction d’un gratte ciel.
Ce n’est pourtant pas inexact, notre existence est aussi une construction qui peut se traduire mathématiquement, mais nous ne pouvons et ne pourrons jamais atteindre l’alpha et l’oméga de nôtre existence car ce sont nos cerveaux qui en sont les créateurs. C’est lui qui se convainc de la certitude de vérités qu’il exprime, au point d’en faire des blocages sociaux (le mythe), qui, s’ils fondent la permanence de nos sociétés, font aussi l’objet de luttes de domination.
C’est ainsi que toutes évolutions ne surviennent qu’en se préparant la construction de crises qui s’élaborent au travers de la conscience de nos actes dans l’ignorance de leurs portées réelles.
Nous sommes donc aujourd’hui dans la poursuite de la construction de notre déclin, donc nous avons pu entendre l’actuel gouvernement et son président en refuser la réalité, et s’accrocher aux vielles recettes économiques, comme bien d’autres politiciens.
En fait par le verbe communicant appuyé de la science mathématicienne, nous verrouillions notre réflexion dans une pensé unique de fausses certitudes démontrables, auxquelles ne peuvent renoncer ceux qui en retirent leur pouvoir de domination.
Cela, même s’ils ne sont que des dominants bêtas soumis à nos « dominants systémiques » faits de conventions sociales et de théories phagocytaires de l’individu qui organisent nos milliards d’actions. Ne penser surtout pas que le culte de l’individu que nous avons développé le soit été dans son intérêt.
La seule raison était de l’isoler pour le soustraire au pouvoir qu’il retirait de sa condition de classe. L’individu n’a une place réelle que dans le cabinet d’un psychiatre car ce dernier ne pourra jamais recevoir la société.
Pour ceux qui ne restent pas accolé à la sous-culture ambiante, les progrès de la science, et ce qu’il a été possible d’élaborer depuis le début du vingtième siècle, n’est que la partie émergé de l’iceberg des possibilités qui se construisent, malgré les méfaits constatés de sa mise en œuvre industrielle, souvent du à l’ignorance et beaucoup à la cupidité.
C’est un paradoxe qu’au moment où la science et la technologie ouvrent les portes sur un futur plein d’espérance, nos blocages sociaux et nos théories économiques organisent la destruction (la pollution et la guerre).
Il n’est pas aisé de changer de paradigme quand au quotidien nous sommes nourris de drames de faits divers et que la politique se résume à du « sécuritarisme » et à la chasse aux boucs émissaires pour distraire les citoyens de l’essentiel.
Aujourd’hui la disponibilité des matières premières et la technologie ne pourra pas donner du travail à tous les hommes. Aussi changer de valeur créatrice de richesse semble inévitable, et dans le même temps nos conventions et théories socio économiques nous en empêchent.
Il adviendra donc ce que nous avons l’habitude de savoir se produire, sans que ceux qui le vivent ne s’en rendre compte, soit un cycle guerrier ou la disparition d’une civilisation.
Pourtant nous ne manquons pas d’hommes intelligents et instruits, et les banalités que j’écris sont connues d’eux, mais les médias leur sont fermés.
L’actuel conflit autour des retraites en est l’indéniable démonstration.
Dans une société qui détruit des emplois, soit par économies budgétaires, soit par la robotique, soit par les délocalisations, soit par le ralentissement de la consommation, et dont la population augmente, la redéfinition des sources de financement de la solidarité nationale intergénérationnelle se pose indéniablement.
Pourtant et devant cette situation la solution miraculeuse est une équation mathématique d’équilibrage des comptes retraites par un allongement de l’âge de la retraite pour rester dans le dogme économique qui guide l’action de ce gouvernement depuis le début : « il ne faut pas taxer la richesse car c’est elle qui créait la croissance ». Nous savons que c’est faux, il n’y en a jamais eu autant de riches dans le monde et nous régressons.
D’autre part l’histoire sociale des peuples démontre le contraire, car dans certains états où ils y a des riches, les pauvres le restent.
Dans le même temps la force du conditionnement social construit sur la valeur travail fait accepter comme inévitable que vivant plus longtemps il faille travailler plus tardivement.
Imbécillité n’a jamais été aussi grande, un tel consensus réducteur, et à la fois symptomatique d’une grande ignorance des conditions antérieures des relations du travail basé sur la servitude contrainte puis sur celle volontaire, et sur la négation d’autres possibilités existentielles qui se construisent par la disparition des matières premières qui organisent une partie du travail d’aujourd’hui. Il faut comprendre par là que si le travail était une condition irrémédiablement déterministe, elle serait inscrite dans nos gènes et nous ne pourrions pas y remédier.
Nous travaillons parce que la nature n’offre pas à tous spontanément ce dont nous avons fait nos besoins par empilement de Savoir et Savoir Faire au fils des siècles dans un environnement hostile au chasseur de grenouilles et au cueilleur que nous étions, mais favorable à l’innovation par apprentissage.
En fait le blocage cérébral (le dogme) et social (l’égoïsme) conduit à aliéner les populations à une activité de travail essentielle pour s’assurer un confort existentiel inégal pour beaucoup, mais qui face à l’évolution technologique dans les pays occidentaux va à l’encontre des conséquences de nos actions dans ce domaine.
Tout fait la démonstration que nous n’avons pas besoin du travail de tout le monde et il devient absurde de travailler plus longtemps en durée et en âge.
Pour autant, si chacun voulais satisfaire ses désirs de possession il y aurait plus de travail que de main d’œuvre disponible. C’est donc la rareté des matières premières qui gère ce paradoxe et qui faits appel plus à nos vices que nos vertus.
Mais nous ne pouvons ignorer que l’évolution des populations mondiales se fait sur la base de la disponibilité du Savoir et du Savoir faire qui a aboutie à une surabondance de biens nutritionnels, et une rareté plus grande des biens d’extractions minières et forestières.
Par ces faits nous nous retrouvons face à un paradoxe de plus, la réduction de biens nutritionnels pour maintenir un pouvoir d’achat à ceux qui les produisent ou spéculent dessus, et une raréfaction des autres qui va exiger d’explorer le Savoir pour déboucher sur un Savoir Faire innovant.
Il y a là la place d’une autre forme d’emploi pour compenser le déclin annoncé de l’activité économique traditionnelle. Ce serait faire offense à notre gouvernement de penser que dans leur cabinet il n’y a pas d’hommes conscients de cette évolution déterminé par nos actions passées. Or toutes les initiatives prises en ce sens, ne le sont que si elles concourent au maintient des théories économiques en vigueurs basé sur la croissance initié par la richesse comme si notre terre n’était pas un espace limité, à tel point que nous envisageons d’explorer d’autres planètes.
C’est ainsi que réformes après réformes tous les gouvernements qui se succéderont poursuivrons le déclin en s’en défendant pour l’ajuster sur la base du niveau social des pays émergeants.
Nous posons depuis une trentaine d’année les conditions d’une auto destruction qui nous dirige vers une nouvelle forme de fascisation pour permettre aux élites qui nous dirigent de ne pas disparaitre, dans le déclin programmé de l’Europe et plus tardivement à l’échéance de 250 ans (épuisement des ressources minières)de la civilisation occidentale, qui entraine dans ce gouffre la communauté mondiale en leur ayant fait adopté la loi du marché pour obtenir des biens dont nous savons que tous n’en bénéficieront pas, d’autant plus que l’avènement de 9 milliards d’individus viendra compliquer cette distribution de la rareté.
C’est pour cela que la recherche d’une existence nouvelle requiert d’autres réflexions que la sous culture que nous développons qui s’apparente à ce que faisaient les communistes qui sont allés jusqu’à exiger que leurs scientifiques fassent coller leurs découvertes avec l’idéologie communiste. Je n’ai plus en mémoire le nom du physicien qui c’est déconsidéré aux yeux de ces collègues mondiaux en se prêtant à ces exigences, mais en l’espèce nous faisons la même chose en exigeant que toutes choses collent avec le dogme libéral et la pensé unique, à tel point que le débat d’idées est devenue obsolète.
La science nous explique que la vie nait de la diversité et nous nous organisons la pensé unique destructrice, et en ce domaine nous ne sommes pas les seuls, c’est pour cela que nous nous retrouvons avec une opposition et une guerre larvée avec la pensé fondamentaliste coranique depuis la disparition de la pensé communiste, et qu’il est fou d’imaginer un gouvernement mondial humain.
Nous comprenons bien qu’impulser une nouvelle politique suppose de disposer des moyens de sa mise en œuvre, or la mondialisation permet aux capitaux nécessaires à cela d’échapper aux réglementations contraignantes des états, d’où l’appel à cette gouvernance mondiale illusoire.
Les états démocratiques sont en fait sans réel pouvoir car depuis longtemps ils se sont aliéner aux banques en devenant leur client, aliéné au point, comme nous l’avons vue durant la crise de les financer. Pire car par ce moyen c’est le pouvoir des citoyens qui a été transféré à quelques oligarchies financières et qui c’est vue devenir un débiteur étranglé par sa dette, au moment où il a le plus besoin de financement pour enrayer un déclin inexorable.

