mercredi 15 juillet - par Franck ABED

Le triomphe du collectif espagnol sur les individualités françaises

 

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 Napoléon a proclamé cette célèbre sentence :

« Il n’y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l’esprit. À la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit ».

Hier, la technique a surclassé la dimension athlétique. J’irais même plus loin en écrivant que l’intelligence de jeu, l’organisation collective et la maîtrise tactique ont pris clairement le dessus sur la force brute, la vitesse et les exploits individuels.

Une fois encore, nous avons tous constaté que Kylian Mbappé éprouve davantage de difficultés lorsque l’adversaire présente un collectif parfaitement structuré, capable de réduire les espaces et de contrôler le rythme du match. Son départ du PSG s’inscrivait notamment dans un contexte où Luis Enrique souhaitait construire une équipe reposant davantage sur le collectif que sur une individualité très dominante. L’Asturien se doutait fortement que Mbappé s’inscrirait difficilement dans un projet de jeu où il n’apparaîtrait pas comme le numéro 1.

Au Real Madrid, Mbappé a continué d’afficher des statistiques impressionnantes en championnat, mais les grandes confrontations européennes ont été plus contrastées. Les deux campagnes de Ligue des champions du Real avec Mbappé dans l’effectif se sont soldées par des sorties de route prématurées. Cette réalité rappelle qu’à ce niveau, le talent individuel ne suffit pas toujours à compenser les faiblesses collectives.

Le projet consistant à faire de Mbappé l’homme providentiel n’a jamais véritablement abouti, ni en équipe de France ni au PSG. Cela ne signifie pas qu’il n’ait pas été décisif ou très important… Bien au contraire, il a souvent porté ses équipes dans les moments difficiles, et c’est bien ce constat qui pose, en réalité, problème. Dans le football moderne, une équipe construite principalement autour d’un seul joueur n’a jamais permis de conquérir une nouvelle Coupe du monde ni une Ligue des champions. Les suiveurs ont tendance à oublier que, par exemple, le milieu de terrain du grand Barcelone était composé de trois joueurs exceptionnels, dont deux (Iniesta et Xavi) auraient mérité le Ballon d’or…

Depuis le début de la compétition, beaucoup ont cru assister à une réinvention de Mbappé. Il semblait davantage impliqué dans le jeu collectif tout en conservant son efficacité devant le but. Toutefois, il faut aussi reconnaître que les adversaires rencontrés jusque-là étaient d’un niveau très inférieur à celui de l’Espagne. Face à des sélections médiocres comme le Maroc ou faibles comme la Suède ou l’Irak, les imperfections collectives françaises étaient moins visibles, et les individualités de l’équipe de France pouvaient, seules ou presque, faire la différence.

Je pense que l’une des principales erreurs de Didier Deschamps a consisté à ne pas avoir pleinement construit son équipe autour de son Ballon d’or, en le faisant évoluer à son poste de prédilection. Je ne me souviens pas d’une grande sélection ayant choisi de faire un tel choix. Certes, Kylian Mbappé avait déjà beaucoup apporté en équipe de France, mais il sortait de deux saisons en demi-teinte en club, malgré des statistiques toujours élevées. À l’inverse, Dembélé présentait toutes les garanties possibles (un comportement irréprochable, deux Ligues des champions remportées consécutivement, une grande confiance et une dynamique sportive exceptionnelle, etc).

Dans ce contexte, il était légitime de se demander si l’équipe n’aurait pas davantage gagné à être organisée autour du joueur qui venait d’être sacré Ballon d’or, plutôt que de continuer à privilégier un schéma pensé avant tout pour Mbappé, schéma qui n’avait, jusqu’alors, apporté aucun titre majeur (LDC ou CDM)…

Or, les grandes sélections qui marquent leur époque disposent généralement d’une hiérarchie tactique claire et d’un réel collectif. Deschamps n’a finalement pas réussi à construire un collectif suffisamment fort pour épauler le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. Cette faiblesse stratégique explique, en grande partie, les difficultés rencontrées par les Bleus face aux meilleures nations.

Hier, l’Espagne a rappelé une vérité aussi vieille que le football lui-même, à savoir que les grandes individualités font gagner des matches, mais que seuls les grands collectifs remportent les compétitions. Et, pour reprendre la formule de l’Empereur, « l’esprit a fini par triompher du sabre »…

 



16 réactions


  • mmbbb 15 juillet 14:09

    Faut il écrire un article sur ce match et en citant une sentence de Napoléon pour se glorifier , Je n ai que regardé le résume ce matin et hier j avais le pressentiment de cette défaite , Et je m en réjouis , Je ne peux que faire un parallèle avec la dernière coupe du monde France Argentine – je n avais regarde que le résume , Le même constat , une défense lacunaire et un manque de réactivité , Les Argentins comme les Espagnols ont su imposer leur tempo et les joueurs francais ont toujours eu un temps de retard , Un décalage dans le temps de réaction Et les Argentins et les Espagnols ont eu cette dynamique , cet engouement du jeu et aussi l enthousiasme de défendre leur maillot , Et la seule défense de Deschamps , c est l arbitrage ! Si le premier but est contestable le second ne l est pas et cela n aurait pas change le cours de ce match , Puisque vous vous targuer de citer Napoléon , le moins que l on puisse dire est que les Grognards avaient le feu sacre au combat , Ce qui n est pas le cas des footeux francais « fonctionnarisés « , Si l on peut en retirer une morale , ces « footeux » ont démontré l etat d esprit de cette France ! Arrogants méprisants suffisants et peu enclin à défendre nos couleurs , Puisque vous appréciez l histoire , Deschamps l entraineur , c est notre Gamelin , allusion au film de Gaulle en salle , la France devait gagner !!! Nous impressionnons le monde ! Et Deschamps n a pas trop bossé la stratégie , c est le moins que l on puisse dire ! Vous êtes magnanime , Une digression , il y a des feux , les pompiers vont au « combat » et ils ne font pas étalage de leurs etat d ames , Macron ne pourra pas se servir de cette victoire , c est le point positif !


  • zoreol zoreol 15 juillet 15:38

    Merci, excellente analyse de la situation. Je ne suis pas fan de foot, mais rien qu’en regardant ce matche pendant un petit quart d’heure, j’ai bien noté le jeu d’équipe des espagnols. Leurs passes réfléchies étaient donc très efficaces.


  • Moi j’avais parié sur la défaite de la France./

    Deschamps la compétition de trop.

    Mbappé aussi nul que nul.

    Deschamps n’était pas l’entraîneur du PSG, Back 2 Back.

    Le PSG n’a jamais été l’équipe de France.

    Kroupi à Tottenham

    Enrique plus capable que Deschamps.


    • Il y a un principe absolu, enseigné dans toutes disciplines de sport collectif..../

      L’ARBITRE FAIT PARTI DU JEU ...

      Deschamps a été en dessous de tout .. Deschamps la compétition de trop..

      Je ne vois pas le rapport avec Napoléon , si ce n’est de l’abus de langage. Digne des hypocrites enseignants du secondaire...


  • Buzzcocks 15 juillet 17:13

    J’aime bien le sport, quand vous gagnez, vous êtes le roi du monde, mais à la moindre défaite, tout le monde vous tombe sur la gueule pour dire que vous êtes la dernière des chèvres. Le mois dernier, c’était Wemby, le mec était le plus fort du monde, mais arrivé en final NBA où son équipe perd, sur les forums, c’est devenu le type le plus arrogant du monde, pas très doué, pas collectif, et j’en passe.

    Il y a 10 ans, on disait que le foot se joue à 11, et à la fin se sont les allemands qui gagnent... maintenant, plus personne ne flippe de les croiser. Il y a 20 ans, c’étaient les italiens, les vraies terreurs avec leur catenaccio, maintenant ils ne qualifient même plus.

    Et dans 10 ans, on dira que les espagnols, à faire de la passe à 10, ils tricotent.


  • sylvain sylvain 15 juillet 18:23

    Napoleon fait bien parti de ces connards pompeux qui parce qu’ils ont du pouvoir croient ils ont de l’esprit.

    Dans le genre je prefere hitler, il etait moins pedant


  • Mustik E-Z 2027 16 juillet 08:42

    Je ne regarde que le foot féminin c’est plus élégant, moins brutal...

    c’est du sport sans le fric et le cinéma de l’empilement des grosses embrassades


  • Rinbeau Rinbeau 16 juillet 11:59

    Je ne suis jamais le football professionnel car Il faut surtout être très con pour croire à l’intégrité dans le football professionnel.. Dès les niveaux « national » Français.. Les matches sont truqués (c’est du vécu)..Alors pour la coupe du monde imaginez.. La FIFA smiley Institution sportive la plus corrompue du monde.. Tout ça n’est qu’une question de pognon ! Traverser l’Atlantique.. Dépenser une fortune chez les Ricains bouffeurs de boudin qui ne connaissent rien au football.. Qui confondent ballons et bombes.. Avec les ignares qui vont faire le déplacement.. Sur qu’on a pas le cul sorti des ronces.. smiley


  • grangeoisi grangeoisi 16 juillet 16:05

    Bonjour.

    Vous avez raison, la valeur d’une équipe se mesure à la qualité du collectif. mais ce collectif doit avoir des joueurs bien formés.

    Constatons qu’un joueur français fait de très mauvais amorti (à son époque Henry ne savait amortir qu’en courant vers l’avant), on a intérêt en tant qu’adversaire à n’être jamais loin la récupération du ballon est fort propable.

    Un joueur français le plus souvent n’intègre pas les positions actuelles ou futures de ses partenaires d’où le tapotage de la balle quand il l’a pour avoir le temps de situer les positions, et ce qui en découle perte de temps. de rythme. et des partenaires déçus dans leur anticipation.

    Force est de constater que les centrages sont médiocres. semblant plus être faits au petit bonheur la chance par contre sont un régal pour la défense adverse.

    Enfin un stage en Allemagne s’impose pour la qualité de frappe plutôt que les « pets mouillés » de bon nombre de tirs français.

    Commençons par former les ...formateurs.


  • Battu définitivement 6—4 par les Britanniques...

    La baffe monumentale, les anglais se sont bêtement venger de la défaite d’Arsenal.

    Le foot reste un spectacle de petit compétiteur d’école primaire !

    Comme le dit souvent Ugo Mola à Toulouse ;- ON joue notre jeu, c’est tout !


  • Francis Francis 19 juillet 10:02


    « Il n’y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l’esprit. À la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit ».


    Non, il y en a davantage : l’esprit est toujours perdant devant le vice campé sur la bêtise.p


  • exocet exocet 19 juillet 10:38

    « Il n’y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l’esprit. À la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit ». . Dans le cerveau de militaire de Napoléon, l’esprit voulait certainement dire la pensée stratégique, et le sabre le nombre de soldats. Je crois qu’il ne faut pas prendre cette citation comme ayant une portée universelle. C’est Napoléon, grand boucher devant l’histoire, pas Confucius...


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