jeudi 25 septembre 2025 - par politzer

Le vampire aura-t-il notre peau ?

 

Le Vampire Capitaliste : Comment les Guerres Alimentent l'Impérialisme Américain pour Contrer la Baisse Tendancielle du Taux de Profit.

15 septembre 2025

Dans les ombres de l'économie mondiale, le capitalisme américain est souvent comparé à un vampire mort-vivant, assoiffé de sang neuf pour survivre. Cette métaphore, inspirée des critiques marxistes, illustre comment les crises inhérentes au système – notamment la baisse tendancielle du taux de profit – poussent les États-Unis à chercher des "victimes" à dépecer, comme la Chine, à travers des guerres ou des conflits par procuration.

 Mais les faucons de Washington, soucieux de préserver leurs privilèges impérialistes, préfèrent déléguer le sale boulot à des proxies, tout en évitant l'apocalypse nucléaire.

Une exception notable : la théorie de la première frappe gagnante, qui explique l'avancée vers les frontières russes en Ukraine.

 Cet article explore ces dynamiques, en reliant théorie économique et réalités géopolitiques actuelles.

La Baisse Tendancielle du Taux de Profit : Le Mal Profond du Capitalisme

Au cœur de cette analyse se trouve la théorie marxiste de la baisse tendancielle du taux de profit, exposée par Karl Marx dans le troisième volume du Capital.

 Le taux de profit, défini comme le rapport entre la plus-value (profits issus du travail) et le capital investi total, tend à diminuer dans les économies capitalistes matures.

Pourquoi ?

 La concurrence force les capitalistes à investir massivement dans des technologies et des machines (capital constant), augmentant la "composition organique du capital" au détriment du travail vivant (capital variable), source ultime de profits.

Des données empiriques confirment cette tendance. Aux États-Unis, le taux de profit des entreprises a chuté de plus de 20 % dans les années 1950 à moins de 7 % à la fin des années 2010. Des études à long terme sur 14 pays montrent une trajectoire descendante depuis le XIXe siècle.

Sans contre-tendances (à l'exception d'importation de travailleurs à bas coût)– comme l'ouverture de nouveaux marchés ou la dévaluation de capital excédentaire – cela mène à des crises de suraccumulation, où l'offre excède la demande, provoquant stagnation et récessions.

Pour "revigorer" ce vampire, le capitalisme a historiquement recours à la destruction créatrice. Les guerres jouent un rôle clé :

elles annihilent le capital surplus (usines, infrastructures), stimulent la demande militaire et ouvrent des opportunités de reconstruction.

La Grande Dépression des années 1930, par exemple, a été "résolue" par la Seconde Guerre mondiale, suivie d'un boom postwar via le Plan Marshall.

De même, la crise des années 1970 a été atténuée par le keynésianisme militaire de la Guerre froide.

La Chine comme Victime Préférée :

Dépecer pour Survivre

Dans le contexte actuel, les États-Unis voient en la Chine la "victime" idéale pour injecter du sang neuf.

Avec sa croissance fulgurante soutenue par un capitalisme d'État, Pékin défie l'hégémonie américaine dans des secteurs clés comme les semi-conducteurs, l'IA et les énergies renouvelables.

 Les accusations d'"unfair practices" – subventions causant une surcapacité industrielle – masquent une réalité plus profonde :

 la surproduction mondiale exacerbe la baisse des profits aux États-Unis.

En 2025, les stratégies de containment américaines – tarifs douaniers, interdictions technologiques et alliances comme AUKUS – visent à freiner l'ascension chinoise. Une guerre, même indirecte, pourrait détruire la capacité productive de la Chine, forcer l'ouverture de ses marchés et rediriger les chaînes d'approvisionnement vers les alliés américains. Cela rappellerait comment les États-Unis ont profité de l'affaiblissement européen après 1945.

Pourtant, l'interdépendance économique (des billions en commerce) et les risques nucléaires rendent un conflit direct improbable.

Au lieu de cela, les faucons optent pour des pressions hybrides, nourrissant le vampire sans le tuer.

Les Proxies et le Complexe Militaro-Industriel : Un Vampire Accro au Sang.

Les élites impérialistes américaines refusent de perdre leurs privilèges – accès aux ressources, contrôle des routes commerciales et influence sur les institutions globales.

Pour éviter une guerre nucléaire suicidaire, elles délèguent à des proxies : des alliés ou États tampons qui font le "job" sale. L'Ukraine en est l'exemple parfait depuis 2022. Les États-Unis ont injecté plus de 100 milliards en aide militaire, boostant les ventes d'armes pour des géants comme Lockheed Martin, tout en affaiblissant la Russie sans engagement direct.

Ce mécanisme alimente le complexe militaro-industriel (MIC), décrit par Eisenhower en 1961 comme une menace pour la démocratie. Véritable vampire accro au sang, le MIC prospère sur les conflits perpétuels : budgets militaires annuels dépassant 800 milliards en 2025, lobbyisme intensif et profits records (actions de défense en hausse de 20-30 % depuis l'invasion ukrainienne).

Les proxies comme Taïwan (contre la Chine) ou Israël (contre l'Iran) maintiennent cette "paix armée", contrecarrant la baisse des profits sans escalade totale.

L'Exception de la Première Frappe Gagnante : Le Risque Nucléaire en Ukraine.

Une exception troublante à cette prudence : la théorie de la première frappe gagnante.

 Cette doctrine postule qu'une attaque préemptive pourrait neutraliser l'arsenal nucléaire adverse, permettant une victoire sans riposte. Les États-Unis investissent dans des antimissiles (Aegis en Europe de l'Est), armes hypersoniques et renseignements pour éroder la parité russe.

L'avancée de l'OTAN vers les frontières russes – via l'élargissement à la Finlande et la Suède, et les aspirations ukrainiennes – s'inscrit dans cette logique. Positionner des bases près de Moscou réduit le temps de réaction russe, rendant une première frappe plus "gagnante".

 Poutine perçoit cela comme une menace existentielle, justifiant l'invasion de 2022. En 2025, avec des livraisons d'armes avancées à Kyiv (F-16, ATACMS), les tensions persistent, testant les limites de la dissuasion nucléaire.

Bien que l'OTAN insiste sur son caractère défensif, cette stratégie offensive nourrit les craintes d'escalade. Elle illustre comment les faucons, pour préserver l'impérialisme, flirtent avec l'apocalypse, tout en évitant un conflit direct.

Conclusion : Vers une Alternative au Vampire ?

Le capitalisme américain, tel un vampire, dépend de guerres et de proxies pour contrer sa crise structurelle. Mais cette approche n'est pas durable : elle aggrave les inégalités, épuise les alliés et accélère le déclin relatif face à des rivaux comme la Chine, qui mise sur l'innovation pacifique.

Des alternatives existent – planification socialiste, régulation internationale ou investissements sociaux – pour briser ce cycle sanguinaire.

En fin de compte, nourrir le vampire ne fait que prolonger son agonie. Il est temps de l'exposer à la lumière.

 



6 réactions


  • Rinbeau Rinbeau 26 septembre 2025 02:03

    La théorie de la première frappe est un fantasme car elle nécessite un taux de réussite de 100% (jamais réalisé dans les guerres connues) .. Sans communication directe avec leur centre de commandement, les sous-marins nucléaires sont programmés pour frapper.. Or ne doutons pas que les sous-marins Russes sont positionnés le long des cotes US.. Et vice-versa..

     smiley


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 26 septembre 2025 08:21

    Nous sommes ce vampire....ne pas le voir fait que ça va bien sur continuer sous une forme ou une autre.


  • Jason Jason 26 septembre 2025 11:08

    Le vampire aura-t-il notre peau ?

    Eh non, le parasite ménage toujours son hôte. Et je crois qu’il va redoubler d’ingéniosité pour que ça continue.





  • Rinbeau Rinbeau 26 septembre 2025 17:28

    J’ai toujours été surpris que Karl Marx n’aborde pas le sujet de la création monétaire.. Les dynasties bancaires privées ont accaparé le pouvoir de la création monétaire de manière à générer un endettement des ménages et des Etats occidentaux le plus légalement du monde.. Qu’il font respecter par le droit financier pour les ménages et par la force pour les Etats récalcitrants.. Ils ont vampirisé l’Empire Britannique.. Puis les USA.. ( tout en maintenant ce dernier monopolistique pour la monnaie (le dollar), et l’Armée).. Cet avènement du système banquier a surpassé en nuisance le capitalisme traditionnel et modifié son fonctionnement..

    Les guerres.. Je pense.. sont les conséquences d’une autre idéologie de la part des élites occidentales.. Autre que le profit ( puisque ces dynasties bancaires et les multinationales qu’elles financent se créent tout l’argent qui leur est nécessaire ).

    Et cette idéologie.. C’est celle de Malthus.. Et ça n’est pas nouveau..

    Les guerres.. Les crises financières (captation du patrimoine physique contre de l’argent virtuel ).. Les Famines.. Les politiques de contraception ( préservatifs, pilules, avortements) au niveau mondial.. sont l’œuvre de ces élites Malthusiennes visant à la dépopulation mondiale.. C’est une guerre générale contre les peuples..

    Pourquoi ne bénéficions pas tous de l’argent magique.. Parce qu’il faut un monde laborieux pour faire tourner la boutique..

    https://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/proudhon-pierre-joseph-les-malthusiens.html


    • Jean Keim Jean Keim 27 septembre 2025 07:42

      @Rinbeau

      Mon dieu que vous êtes sophistiqué, beaucoup de gens ne connaissent pas Marx ni Mallthus... et pourtant ils font la guerre, alors où se trouvent la source sinon dans leur esprit, et plus exactement dans leur mode de penser.


  • Jean Keim Jean Keim 27 septembre 2025 07:36

    Quand allons-nous devenir simple en esprit ? La guerre – il n’y en a qu’une depuis le premier meurtre il y a maintenant un bail, c’est toujours la même mais sous des horizons et des idéologies différents – est une entreprise économique qui rapporte gros à ceux qui l’entretiennent, le profit est aussi bien psychologique que matériel.

    Et pourtant si cette évidence venait à l’esprit du plus grand nombre, les hostilités cesseraient rapidement faute de participants à tous les niveaux de la société.


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