Les attentats terroristes indiquent le désespoir des capitalistes
Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, l’attentat de janvier 2015 au bureau de Charlie Hebdo, et ceux du 13 novembre 2015 à Paris marquent-ils un tournant important indiquant l’ouverture d’une nouvelle période historique dans la lutte de classes opposant le prolétariat mondial au capital international ?

Non assurément ! Ces évènements résultent de la lutte de classe qui se déroule au sein même de la bourgeoisie, entre ses différentes factions nationales entre pays capitalistes avancés et les segments nationalistes des pays capitalistes « émergents », avec comme enjeux les sources de matières premières, et surtout, la plus-value que ces ressources permettront de réaliser. La classe prolétarienne n’a eu aucun rôle à jouer dans ces évènements terroristes, pas plus qu’elle n’a eu un rôle à jouer lors des vagues d’attentats « rouges » des années quatre-vingt par des sectes terroristes gauchistes petites-bourgeoises. Ceux d’aujourd’hui sont le pendant de ceux d’hier et nous mène à la même galère réformiste –orientation politique de la petite bourgeoisie paupérisée et désespérée.

Le réformisme de Mai-68
Les compromis ouvriers signés à Grenelle suite aux troubles de Mai-68 en France et en Europe ; la défaite des États-Unis au Vietnam en 1975 ; la succession de défaites d’abord russe en Afghanistan, puis américaine en Afghanistan, en Irak, et en Syrie ; la liquidation des révoltes populaires arabes, en Égypte notamment, et enfin la crise économique systémique de 2008, sont, du point de vue de la lutte des classes antagonistes, infiniment plus significatifs.
Dans chacun de ces affrontements, les sections nationales du prolétariat international, même quand elles ont accepté des compromis syndicaux, ou des compromis électoraux bourgeois, ont démontré qu’elles pouvaient combattre leur bourgeoisie et ne pas combattre pour leur bourgeoisie nationaliste chauvine. Au Vietnam, ce sont des paysans qui ont affronté les troupes américaines formées de prolétaires embrigadés contre leur gré et démoralisés, résistantes à leur encadrement en « schlagant » leurs officiers (1). Il en fut de même des salariés enrégimentés dans l’armée soviétique qui se sont enfuis d’Afghanistan avant d’être massacrés par des paysans et des artisans du siècle passé. Tout le contraire de ce qui s’était produit au cours de la période coloniale du siècle précédent. Aujourd’hui, les États-Unis sont obligés de sous-traiter leurs guerres mortifères à des mercenaires « djihadistes » patentés devant les piètres performances de leurs soldats suréquipés, et surtout découragés, refusant de se sacrifier pour spolier la plus-value des salariés de ces pays étrangers. Et voici que les pays capitalistes émergents envoient leurs troupes de chocs djihadistes jusque dans les capitales occidentales pour porter des coups à leurs concurrents monopolistes sur les vieux continents. Ces actes de « martyrs » désespérés sont vite récupérés par les politiciens occidentaux véreux espérant ainsi rallier leur prolétariat national sous leur étendard nationaliste chauvin jusqu’à les mener à une nouvelle guerre impérialiste totale.

La pessimiste résistance prolétarienne
Tout ceci indique que la classe capitaliste ne peut entreprendre une troisième guerre mondiale dans les présentes conditions économiques, politiques, idéologiques, diplomatiques et militaires alarmantes. La résistance prolétarienne à une nouvelle grande guerre prochaine est certaine. C’est la raison pour laquelle la tactique des sections locales de la bourgeoisie internationale en Ukraine, en Syrie, en Égypte, en Tunisie, en Libye, en France, en Italie, en Grèce, en Espagne, au Portugal, au Canada, en Russie, en Chine et aux États-Unis consiste à exciter la vindicte populaire, contre les immigrants ; contre la menace terroriste patentée ; contre la concurrence des prolétaires des pays étrangers ; bref, à tenter de stimuler le chauvinisme national et à mobiliser les salariés derrière l’État des riches et en faveur de la démocratie bourgeoise éventée – éculée – répudiée par de plus en plus d’ouvriers dans le monde entier. La mission de la gauche prolétarienne est de renforcer ce mépris et d’accréditer ce rejet de l’État capitaliste et de ses institutions d’austérité et certainement pas de les encenser.
La résistance est souvent passive, mais elle effraie tout de même la bourgeoisie
Certains camarades observent que « C’est à grand-peine qu’individuellement les salariés se considèrent comme « ouvriers » et s’ils ne brandissent pas le drapeau rouge, ils tendent à résister aux impératifs des sacrifices derrière l’État capitaliste. Vont-ils plutôt vers une adhésion large derrière des thèmes idéologiques bourgeois (la lutte contre le terrorisme et la défense de la démocratie par exemple), vers une participation active dans des organisations politiques bourgeoises (particulièrement de gauche ou syndicale), vers un enrôlement derrière l’État et la nation ? Et tendent-ils à abandonner la défense de leurs intérêts de classe ? Ou bien vont-ils plutôt vers une défense de leurs intérêts immédiats de classe, vers une indifférence à l’égard des grandes campagnes idéologiques, vers une désaffection des politiques et syndicats bourgeois, un détachement et une méfiance envers l’État ? » (2) Et les camarades de conclure que les deux tendances existent, mais que la seconde tendance est dominante et qu’elle détermine le cours des évènements sociaux et politiques contemporains.
Pourquoi ? Parce que l’action sociale des hommes est déterminée par leur situation matérielle – économique – et il en va de même pour leurs idées. Et quelles sont les conditions matérielles de survie et de reproduction élargie des travailleurs dans la société impérialiste moderne ? Elles sont catastrophiques et elles se compliquent chaque jour davantage, conséquence de la crise systémique qui s’approfondit. La classe capitaliste sait qu’à l’avenir il n’en sera pas autrement et la classe prolétarienne le comprend aussi. Il n’y a que la go-gauche bourgeoise pour laisser croire que l’arrêt des mesures d’austérité, le quémandage de réformes et la défense des soi-disant « acquis » sont autorisés.
Si l’on excepte les luttes de résistance sur le front économique pour la défense des conditions de vie et de travail, la résistance de la classe prolétarienne internationale aux politiques réactionnaires, guerrières et terroristes des oligarques du capital international est pour le moment passive et inconsciente, mais la plus grande crainte de la bourgeoisie est à l’effet de stimuler cette conscience de classe pour qu’elle devienne active, politiquement engagée en faveur du renversement de l’État et du mode de production qui le sous-tend. C’est là un signe qu’une nouvelle période historique est ouverte depuis que la période de la Révolution bolchévique d’octobre 1917 s’est fermée.
La nouvelle période des révolutions sociales
Assurément, l’insurrection sera populaire et spontanée, mais la révolution sera prolétarienne et organisée, car pour nous la révolution est un processus qui, dès ses premières phases insurrectionnelles populaires nous demande d’aller de l’avant, car le prolétariat en tant que classe dirigeante ne peut être rassemblé, aguerrie, organisé de manière à conquérir le pouvoir d’État que dans le combat pour le pouvoir lui-même (3).
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« Schlaguer » signifiait lancer une grenade dans un mess d’officiers ou dans la tente de l’adjudant.
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Révolution ou guerre No 4. Septembre 2015. Réponses aux commentaires du camarade MG. Page 16. Revue du Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC). http://igcl.org/IMG/pdf/fr_rg04.pdf
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Robert Bibeau(2014). Manifeste du Parti ouvrier. Publibook. Paris. 183 pages. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520


