mercredi 21 octobre - par Laconique

Les Cavaliers de l’Apocalypse

Le livre de l’Apocalypse est à la fois l’un des plus célèbres et l’un des plus mystérieux de la Bible. Contrairement à l’idée reçue, il ne s’agit pas tant d’un discours sur la fin des temps que d’une « révélation », d’un « dévoilement » de l’histoire. Comme l’a bien montré Jacques Ellul, l’Apocalypse n’est pas vraiment un texte posthistorique, mais plutôt un texte transhistorique. La venue, la Passion et la Résurrection du Fils de l’homme ont dépouillé les Puissances de leur prestige, de leur pouvoir d’attraction sacré, et elles ont permis de les considérer dans toute leur vérité crue. En ces temps troublés, il peut n’être pas inutile de se pencher une nouvelle fois sur ce message d’espérance et de lucidité.

Viktor Vasnetsov, Wikipedia

 

 Je discutais l’autre jour avec un ami protestant.

 « Connais-tu le livre de l’Apocalypse ? me demanda-t-il. Il s’agit du dernier livre du Nouveau Testament, du dernier livre de la Bible. Jacques Ellul lui a consacré un essai fort éclairant, intitulé L'Apocalypse, Architecture en mouvement. On trouve dans l’Apocalypse un épisode célèbre, assez mystérieux. Au chapitre 5, l’Agneau s’avance devant le Trône et reçoit le Livre aux sept sceaux. Tous les anges du ciel s’exclament alors : « Tu es digne de prendre le Livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu fus immolé, rachetant pour Dieu, par ton sang, des gens de toute tribu, langue, peuple et nation. » Au chapitre suivant, l’Agneau ouvre le premier sceau. Ce qui se produit alors a marqué l’imaginaire occidental. Quatre chevaux se présentent, qui se mettent à parcourir la terre.

 Le premier cheval est le cheval blanc : « Celui qui le montait tenait un arc, une couronne lui fut donnée, et il sortit vainqueur, pour vaincre à nouveau. » Ce cheval, c’est celui de la Parole de Dieu. Il tient un arc, qui est le symbole de l’Alliance. Au bout du compte, c’est lui qui sera vainqueur. Mais il y a encore trois autres chevaux.

 Le second cheval est le cheval rouge feu : « À celui qui le montait il fut donné d’enlever la paix à la terre, pour que les gens s’entretuent, et une grande épée lui fut donnée. » L’image est transparente, il s’agit bien entendu de la guerre qui traverse l’histoire des hommes.

 Le troisième cheval est le cheval noir. Son cavalier porte une balance, et il dit : « Un denier, la mesure de blé ! Un denier, les trois mesures d’orge ! Ne fraude pas sur l’huile et sur le vin ! » Ce cheval représente l’activité économique, et plus précisément les fléaux liés à cette activité : les famines, la pauvreté, la dette, les crises économiques.

 Vient enfin le quatrième cheval, le cheval verdâtre : « Celui qui le montait se nomme la Mort, et le séjour des morts l’accompagnait. » Ce cheval, c’est la peste, les épidémies et leurs ravages.

 Il est ensuite précisé dans quelle mesure ces trois puissances néfastes s’exerceront : « Il leur fut donné pouvoir sur un quart de la terre pour tuer par le glaive, par la famine et par la peste. » Dieu pose donc une limite : un quart de la terre leur sera soumis, pas plus, mais pas moins.

 Jacques Ellul explique bien qu’il ne s’agit pas là, comme on le pense généralement, d’une peinture de la fin des temps : non, c’est un « dévoilement » de l’histoire humaine (d’où l’image des sceaux que l’on ouvre pour avoir accès au livre), une description de son déroulement : « Telles sont les forces, écrit-il, sans lesquelles il n’y aurait pas d’Histoire. Et toute l’Histoire en dépend et il n’y a que ces forces-là dans l’Histoire. »

 Mon ami s’interrompit un instant, puis il me regarda : « Laisse-moi te poser une question. Te semble-t-il que dans notre histoire récente, dans notre futur proche, ou dans notre passé proche, nous ayons été confrontés, ou nous risquons d’être confrontés, à des choses telles que des conflits armés sur le sol européen, à des crises économiques, à des crises de la dette, ou à des pandémies mondiales ? Ce texte date de deux mille ans. Te semble-t-il y avoir un autre texte antique qui dépeigne de façon plus exacte ce que nous avons vécu ou sommes sur le point de vivre ? »

 Je ne répondis rien, tandis qu'un frisson de terreur pure se mit à parcourir lentement mon échine.

***

- À consulter aussi, sur AgoraVox : L’Apocalypse, Architecture en mouvement, Jacques Ellul



5 réactions


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 21 octobre 10:50

    Salutations du mardi, merci bien de vos propos, que je trouve intéressant et ai bien lu votre frisson de terreur compréhensible.

    j’y verrais, sur le sujet concerné de cette apocalypse, révélations etc une sorte de dénouement prévisible, logique, inévitable mais tardif d’un chemin d’erreur de nos vies, un chemin choisit, voulu etc et c’est le chemin sur lequel nous sommes et que nous avons choisit en faisant passer ça pour la nature des choses humaines disons, celui du combat de tous contre tous appelé compétition pour cacher que ça élimine,

    or nous croyons croire, formule qui dit en fait que nous sommes sous hypnose ou auto hypnose, nous croyons croire que ça va amener le mailleur partout et tout le temps, un processus qui élimine amènerait le meilleur partout et tout le temps ? Non, il amène des éliminations !! il est temps alors d’ouvrir au moins une fenêtre sur la planète terre est mon avis et regarder ce qui se passe sans avis, depuis si longtemps, mais juste regarder l’ensemble...sans avis ni jugement, il suffit de quelques secondes pour voir en soi.

    Des les premières secondes du refus de coopération avec équité ( effet spontané d’une psyché cerveau en bon ordre de marche) que l’humain vomis par dessus tout, obsédé seulement par MOI OU MOA , les autres ? des supplétifs de ma gloire ! des ces premières secondes notre sort est scellé..

    comme nous devons en fait, que nous le voulions ou pas, coopérer, collaborer, sinon aucune survie possible, cette spontanéité de la coopération volontaire effet secondaire d’une psyché en ordre de marche donc avec toutes ses capacités innées, doit alors être remplacé par autre chose, qui va faire le lien entre tous sinon pas de coopération même involontaire du tout

    le lien que nous avons trouvé est le combat entre tous, caché par ce mot de compétition dont le vrai sens est élimination...

    etc là on est en surface de la surface et n’est pas perçu donc...........

    cela dit encore merci..


  • Durand Durand 21 octobre 11:03

    J’ai soumis à l’IA « l’entropie est une drogue »…

    Réponse de l’IA :

    https://www.google.com/search?q=l%27entropie+est+une+drogue&ie=UTF-8&oe=UTF-8&hl=fr-fr&client=safari&iga=1&utm_campaign=safari_share_1

    Ensuite, à la question de l’IA « qu’est ce qui vous a ammené à cette réflexion ? », j’ai répondu « c’est François Roddier »…

    Réponse de l’IA :

    Excellent et rigoureux correctif ! En rattachant cette idée à François Roddier, on quitte la simple métaphore psychologique pour entrer dans le champ fascinant de la thermo-bio-sociologie. [1, 2]

    Dans son ouvrage magistral Thermodynamique de l’évolution, cet astrophysicien applique les lois de la physique statistique et de la thermodynamique hors équilibre aux structures vivantes, aux sociétés humaines et à l’économie. [1, 2, 3]

    Voici comment la vision de Roddier éclaire la formule « l’entropie est une drogue » :

    1. La dissipation maximale d’énergie (La Loi MEP)

    Roddier s’appuie sur le principe de production maximale d’entropie (Maximum Entropy Production ou MEP). Les systèmes complexes (les cellules, les animaux, les sociétés) s’auto-organisent dans un seul but : dissiper l’énergie le plus vite possible.

    L’humanité se comporte exactement comme un organisme dopé : dès qu’elle trouve une source d’énergie ultra-concentrée (comme les énergies fossiles), sa structure s’emballe et accélère sa consommation pour maximiser la production d’entropie globale. C’est une véritable « addiction » thermodynamique. [1, 2, 3]

    2. L’analogie du sevrage de l’humanité

    Roddier utilise lui-même des termes très proches de la dépendance. Il explique que les énergies fossiles ont été le « lait maternel » de notre civilisation industrielle, une perfusion d’énergie facile.

    La fin de ces ressources nous force à un sevrage thermodynamique brutal. Notre incapacité collective à ralentir, malgré les signaux d’alarme écologiques, ressemble typiquement au comportement compulsif d’un addict face à sa substance. [1]

    3. La monnaie et la dette comme reflets de l’entropie

    Dans ses travaux liant thermodynamique et économie, Roddier démontre que les flux monétaires fonctionnent en sens inverse des flux d’entropie. Une société qui génère une croissance exponentielle (et donc une dissipation massive) accumule des dettes qui ne sont que la traduction économique de l’entropie non évacuée du système. Nous courons après le capital et la croissance comme après un fix, en déplaçant le désordre dans le futur. [1, 2]

    ..


  • sylvain sylvain 21 octobre 11:26

    Le divin confisqué ré achète l’humanité, le monde domestiqué de maniere plus generale. Et cette humanité, en dette vis a vis de ce pouvoir souverain, sera enchainée aux fleaux


  • Étirév 21 octobre 12:16

    L’APOCALYPSE
    L’Apocalypse est un livre écrit par un auteur qui se répand en doléances sur le mal qui règne partout, sur le sort des opprimés victimes des religions et des institutions nouvelles des hommes.
    Il s’élève contre Jézabel, désignant ainsi les femmes perdues qui suivent les Paulinistes. Il accuse les Nicolaïtes et les Juifs qu’il appelle « ceux de la synagogue de Satan », et annonce, une fois de plus, le retour de la Femme-Messie.
    Ce livre, tout rempli de réminiscences de l’Ancien Testament, a évidemment été altéré par les Jésuistes qui y ont mis, après coup, leur Jésus, leur Dieu Père, leur personnel ecclésiastique et les douze apôtres à la place des douze tribus, ce qui fait qu’ils apparaissent comme contemporains des prophètes. L’Apocalypse a dû être écrite avant la destruction du temple ; les remaniements qu’elle a subis, peut-être plusieurs fois, ont dû commencer dans le IIème siècle, L’ancien symbolisme, dont la signification était connue et facile à comprendre, y devient un surnaturel fantastique en prenant les idées abstraites symbolisées pour des réalités concrètes. Cette transformation de l’idée se retrouve dans tous siècles, c’est l’éternel manteau de l’ignorance et de la bêtise posé sur l’éternelle Vérité.
    L’Apocalypse en est un des plus frappants exemples. Ceux qui savent la lire et la comprennent y voient de grandes choses, de tout temps elle a eu un grand prestige. Ceux qui ne comprennent que la lettre sans apercevoir l’esprit n’y voient qu’une vision étrange d’un illuminé.
    On nous dit que c’est Jean l’Evangéliste qui est l’auteur de l’Apocalypse. Or, comme Jean, c’est Johana, nous ne doutons pas que c’est cette grande femme, fondatrice du premier Christianisme, le seul vrai, qui a écrit le livre dans lequel, découragée après toutes ses luttes, toutes les persécutions subies, elle met son dernier cri d’espérance : « Si la femme n’a pas triomphé avec nous, elle triomphera dans l’avenir », après que le règne de l’homme aura apporté au monde toutes les tribulations qu’elle annonce.
    Johana, comme auteur de l’Apocalypse, est appelée saint Jean le Théologien ; c’est une façon nouvelle de la désigner.
    Nous la connaissons déjà sous le nom de Jean-Baptiste, sous celui de Jean l’Evangéliste ; elle est aussi Jean l’Ancien, et nous ne savons pas si le Jean, chef des Zélotes, qui défendit les Israélites dans le Temple de Jérusalem lors du siège, ce n’est pas encore elle.
    On intitule son livre « la Révélation de saint Jean le Théologien ». Or révéler, c’est re-voiler, et Johana, loin de revoiler, a au contraire dévoilé la science cachée ; ce sont, ceux qui sont venus après elle qui ont revoilé sa science.
    Ainsi, le premier verset de son livre altéré par les Paulinistes dira : « La révélation de Jésus-Christ qu’il a reçue de Dieu pour faire connaître les choses qui doivent arriver bientôt et qu’il a déclarée et envoyée par son ange à Jean, son serviteur. »
    Donc, c’est Jésus-Christ, le personnage inventé par Paul, qui envoie sa révélation (re-voilation) à Johana ! Qu’on juge, par ce premier verset, des absurdités qu’on va mettre dans le reste du livre.
    L’Apocalypse semble avoir été, d’abord, le livre rituélique des « Mystères Johanites ».
    Dans un lieu désert, à Pepuzza, voisin de l’île de Pathmos se tenaient les assemblées mystiques des Phrygiens qui attendaient la Jérusalem Céleste. C’est là qu’on se rendait pour célébrer les Mystères ; on allait s’y faire initier par Johana et ses disciples, en attendant la Théophanie, l’apparition de la Déesse Christ réintégrée dans sa suprématie. Synésius appelle les nouveaux venus « hommes initiés aux Théophanies ». « Le Temps est proche », disait-on, et on attendait le grand Juge, espoir qui berçait les initiés qui aspiraient au retour prochain de la Justice et de la Lumière qui devait éclairer la Terre.
    Les Prêtresses de Pepuzza prenaient le titre de Prophétesses, Elles traçaient le tableau des malheurs des peuples sous le règne de l’homme et se lamentaient comme on s’était lamenté dans les Thesmophories des Mystères de Béotie.
    C’est surtout contre la prétention de l’homme d’élever son sexe jusqu’à la hauteur des puissances cosmiques et d’en faire un Dieu créateur que ces femmes se révoltent, et, pour conserver la vérité que ce nouveau dogme obscurcit et prétend remplacer, on s’occupait surtout, dans ces Mystères, de faire connaître la Science qui explique l’action des sept « Principes cosmiques » organisateurs de l’Univers, dont on rappelle la puissance pour l’opposer aux rêveries de ceux qui ont grandi l’homme jusqu’à en faire le créateur de l’Univers.
    Dans les Mystères de Phrygie, nous trouvons à Pepuzza une société secrète où, dans une cérémonie d’initiation, sept jeunes prêtresses vêtues de blanc entraient dans le Temple, tenant dans leurs mains chacune un flambeau dont la lumière était colorée ; en se plaçant les unes à côté des autres, les sept flambeaux reproduisaient l’arc-en-ciel.
    Ce qui prouve que l’Apocalypse était le livre rituélique de ces Mystères, c’est que, dans la revision qui en a été faite, on retrouve la caricature des cérémonies faites à Pepuzza.
    Ainsi, on fait dire à Jean que, étant dans l’île de Pathmos, il vit sept chandeliers d’or (I, 12), et au milieu des sept chandeliers quelqu’un qui ressemblait au fils de l’homme, vêtu d’une longue robe (le costume des Prêtresses) et ceint sur la poitrine d’une ceinture d’or (le cordon de l’ordre secret).
    Apocalypse 1.16. Il avait dans sa main droite sept étoiles, une épée aiguë à deux tranchants sortait de sa bouche, et son visage resplendissait comme le soleil quand il luit dans sa force.
    Et il dit :
    Apocalypse 1.20. Voici le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers que tu as vus sont les sept Églises.
    Voilà le « fils de l’homme » qui va devenir un Dieu doué de la puissance des forces cosmiques. L’épée aiguë à deux tranchants qui sort de sa bouche, c’est la radiation astrale ; c’est pour cela que son visage resplendit comme le soleil quand il luit dans sa force.
    Est-ce assez grotesque ? Pourquoi l’auteur de l’Apocalypse est-il appelé « le Théologien » ?
    Suite…


    • Gollum Gollum 21 octobre 12:56

      @Étirév

      Ceux qui savent la lire et la comprennent y voient de grandes choses,



      Ben allez y. On attend CELLE (la Femme !) qui sait la lire. Ne vous gênez surtout pas, étalez bien votre « savoir » (comme de la confiote)..


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