samedi 18 février 2012 - par Papybom

Les chaines de l’amour déchainent la haine

L'ex-directeur de prison Florent Gonçalves a été condamné, mercredi 15 février, à Versailles à deux ans de prison dont un an ferme pour avoir entretenu une liaison interdite avec une jeune détenue, Emma Arbabzadeh, l'appât du "gang des barbares".

Agé de 42 ans et révoqué de l'administration pénitentiaire en juin, Florent Gonçalves s'est également vu infliger une amende de 10 000 euros et une interdiction définitive d'exercer toute fonction publique.

Florent Gonçalves "se sent blessé, incompris, il n'est pas guéri de son problème d'amour.

Bien évidemment, il sait qu'il a fauté mais il a des difficultés à expliquer sa faute car elle est enrobée d'amour", a immédiatement commenté Me Pascal Garbarini. Il a ajouté que son client ne souhaitait pas "prendre une décision à chaud" quant à un éventuel appel.

Révoqué par l'Administration pénitentiaire en juin 2011, Florent Gonçalves est actuellement sans emploi. La relation des deux condamnés avait débuté en décembre 2009. Au cours de l'instruction, ils ont reconnu deux relations sexuelles au sein de l'établissement pénitentiaire. L'ancien directeur de prison a dit avoir agi par amour, estimant ne pas avoir été manipulé et réfutant avoir accordé un traitement de faveur à la jeune femme. 

Je ne cherche pas d’excuses à Florent Gonçalves. Une "délinquante en col blanc" quinquagénaire passée par Versailles se souvient d'un homme "discret, humain et cultivé". Dans toutes les corporations, des règles sont établit. Donc ce jeune directeur devait être conscient qu’il franchissait la ligne rouge (Pas la ligne verte). 

Ce qui me choque et me chagrine, c’est l’interdiction définitive d'exercer toute fonction publique !

Nous avons des hommes (et des femmes) qui n’ont comme seul métier que la politique. En cas d’erreurs dans les règles élastiques de cette profession, les sanctions sont sans aucune comparaison avec celle d’un directeur, qui n’est qu’un homme, responsable d’une prison pour femme.

Il n’a pas abusé de sa fonction pour violenter cette femme. Il c’est juste laissé embobiner par une spécialiste de la séduction. 

Je pense à Monsieur Guérini, à Madame Andrieux et également à Monsieur Alain Juppé.

Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et à une peine de dix ans d’inéligibilité. Le tribunal juge notamment que :

« Alain Juppé dans la quête de moyens humains lui apparaissant nécessaires pour l’action du RPR a délibérément fait le choix d’une certaine efficacité en recourant à des arrangements illégaux […] Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain. […] »

L’appel interjeté par Alain Juppé, immédiatement après sa condamnation, a pour effet de suspendre l’application de cette décision jusqu’à l’arrêt de la cour d'appel. Le 1er décembre 2004, celle-ci réduit la condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.

La cour d'appel formule quant à elle que :

« Il est regrettable qu’au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés.

Parlerons-nous de Jean-Paul Huchon condamné avec sursis mais pas inéligible… 

Parlerons-nous des un an de prison avec sursis a été réclamé jeudi pour « abus de biens sociaux » contre un ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, jugé à Nanterre dans une affaire de détournement de fonds issus du 1 % logement. Thierry Gaubert est par ailleurs un des protagonistes du volet financier de l'affaire Karachi, un dossier instruit à Paris dans lequel il a été mis en examen en septembre 2011 pour « recel d'abus de biens sociaux » et pour « subornation de témoins ».

Faut-il, un jour, rendre inéligibles à vie les élus condamnés pour corruption afin d’appliquer la même justice aux hommes ? Interdiction définitive d'exercer toute fonction publique comme Florent Gonçalves. Chiche…

Illustration : http://www.20minutes.fr/article/880215/florent-goncalves-je-retire-affection



21 réactions


  • amiaplacidus amiaplacidus 18 février 2012 09:04

    "Faut-il, un jour, rendre inéligibles à vie les élus condamnés pour corruption afin d’appliquer la même justice aux hommes ? Interdiction définitive d’exercer toute fonction publique comme Florent Gonçalves. Chiche…"

    OUI !


  • Francis JL1 18 février 2012 09:12

    On pourrait poser la question autrement : ces condamnations sont-elles inscrites au casier judiciaire ?

    Le peuple étant l’employeur de ses élus devrait avoir accès aux casiers judiciaires des prétendants : il nous faut exiger la publication des casiers judiciaires de tous les candidats aux élections quelles qu’elles soient.


  • Papybom Papybom 18 février 2012 11:51

    Bonjour,

    Les vieux radotent, c’est bien connu  !

    Je me souviens d’une époque ou pour entrer aux P.T.T, il fallait un casier judiciaire vierge et d’avoir effectué son service national. Autres temps, autres mœurs.

    Petite anecdote en passant  :

    J’ai connus un jeune homme, fier d’avoir roulé « ces cons de médecins militaires ». Par simulation, il fut classé P4 (inapte mentalement au service) et donc réformé. Petit problème, souhaitant devenir facteur, sa candidature fut refusée pour ce même motif au vu de son dossier.

    Nos dirigeants vantent le système Allemand. Pourquoi n’appliquent-ils pas cet exemple  : Le président allemand Christian Wulff, menacé de perdre son immunité après des accusations de prévarication, a annoncé vendredi sa démission.

    Cordialement.


    • Francis JL1 18 février 2012 11:57

      Bonjour Papybom,

      oui, j’ai connu les mêmes. On n’exige plus l’extrait du casier judiciaire pour entrer dans la fonction publique ? Hum ...

      Bon, le président allemand, à quoi il sert sinon à faire joli ? si même ça il peut pas, alors ça se comprend qu’on le jette sans pitié. Mais chez nous, comme le président fait bien le job au service des crapules, ce serait injuste qu’il se fasse jeter pour immoralité par ces mêmes crapules, non ?

       smiley


  • marie 18 février 2012 12:19

    Florent Gonçalves a une interdiction d’exercer toute fonction publique...Il n’est pas capable de travailler dans le secteur privé ?! 

    Et puis, on oublie une chose - sa « Juliette » est impliquée dans le meurtre atroce et lui, « Roméo », il n’est pas si innocent car la proverbe dit « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es »

    • Papybom Papybom 18 février 2012 13:54

      Bonjour Marie,

      Je ne pense pas que Florent Gonçalves soit en peine pour retrouver du travail dans le secteur privé. Mais la n’est pas la question. Ce qui motive mon courroux, c’est la différence de traitement de la justice.

      Lui, n’est pas jugé pour complicité de meurtre. S’il a troussé une jeune femme consentante et ayant recherché cette action, il n’a détroussé personne. L’Interdiction définitive d’exercer toute fonction publique devrait être le jugement pour de nombreux politiques.

      Cordialement.


    • marie 18 février 2012 14:51

      Papy,

      Votre légèreté me choque. Vous n’êtes pas conscient de la gravité des faits !
      « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es » ou encore « Qui se ressemble s’assemble ».
      Si cet ex-dirlo se permet « d’aimer » comme il le prétend une prostituée impliquée dans le meurtre, lui, il n’est pas loin de ce milieu. Ou encore il tente de se justifier en parlant de son grand « amour » tandis qu’il s’agit d’une histoire des fesses. Mais si il avait reconnu cela, il aurait encouru une sanction encore plus lourde - donc, il ment. Il a échangé sa propre femme et surtout sa fille contre les services sexuels d’une prostituée complice des barbares ! Ainsi, il est fautif et il mérite bien sa peine. Je vous envoie à la lecture du Décret n°2010-1711 portant Code de déontologie du service public pénitentiaire. Il ne l’a pas respecté, il a bien mérité cette interdiction définitive.


  • Loatse Loatse 18 février 2012 15:05

    Bonjour

    Pour qu’une condamnation soit aussi sévère il doit y avoir d’autres éléments à charge que nous ignorons...
    les questions que l’on peut se poser : le prévenu était il coutumier de ce genre de choses ? procurait il (comme je l’ai lu au début de l’affaire dans quelques médias), à des détenues des objets prohibés en milieu pénitentiaire en échange de faveurs sexuelles ??? (téléphones portables entre autres...)





    • Papybom Papybom 18 février 2012 15:23

      Bonjour Loatse,

       

      Désolé mais je ne suis pas dans le secret des Dieux, ni des dossiers.

      Vous pouvez, comme moi, prendre connaissance de l’article en lien. Je note cet avis  :

      «  En trois ans, ce directeur atypique fait installer « gratuitement et pour tout le monde » la TNT, des frigos, des fours à micro-ondes et des douches en cellule. Dans un rapport, fin 2008, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) - autorité administrative indépendante - loue sa « gestion de proximité » comme l’ambiance « sereine » de l’établissement.  »

      Cordialement.


    • marie 18 février 2012 15:31

      Désolée, Papy, votre lien n’est pas crédible. « Emma Arbabzadeh est toujours incarcérée » - tandis qu’elle était en liberté depuis des mois, « Lui vit... sur ses économies en attendant la libération conditionnelle d’Emma Arbabzadeh » - il touche 1700 euros/mois, ce pauvre malheureux. Je pense que pour le reste, c’est la même chose.


    • Loatse Loatse 18 février 2012 16:43

      Bonjour papyboom

      il n’existe aucune loi qui interdit à un directeur de prison de « tomber amoureux de l’une de ses détenues », par contre là ou le bât blesse, c’est que cette histoire l’a amené à enfreindre le réglement, à instaurer des privilèges et à conforter cette môme dans l’idée que l’on peut obtenir tout ce que l’on veut des hommes avec son corps...

      je pense que cela compromet sa réinsertion.. j’y vois une faute morale qui équivaut à celle d’un psy qui abuserait de son statut pour répondre aux désirs de ses patientes fragilisées...

      le jugement rendu est proportionnel aux responsabilités qui ont été confiées à cet homme et du préjudice commis..


    • Papybom Papybom 18 février 2012 17:12

      Loatse,

      De grâce,‭ ‬relisez-moi.‭ ‬Je n’avais nullement envie de refaire ce procès.‭ ‬La chose est jugée.‭ ‬Ce qui me choque,‭ ‬c’est :‭ « ‬ une‭ ‬interdiction définitive d’exercer toute fonction publique ‭ »‬.

      Mon petit message est simple.‭ ‬Pour toutes les erreurs des professionnels de la politique,‭ ‬même sanction :‭ « ‬ une‭ ‬interdiction définitive d’exercer toute‭ ‬fonction politique ‭ »‬.

      Cordialement.‭


    • Loatse Loatse 18 février 2012 17:47

      Papyboom

      ceci était ma réponse aux chaines de « l’amour »..... en bref, je ne vois pas d’amour dans tout ceci juste une attirance sexuelle, l’amour étant exigeant, il aurait fallut pour que cette attirance mérite le qualificatif d’amour (donc passer l’intérêt de l’autre avant le sien) qu’elle ne soit pas suivie d’effets...

      je ne refais pas le procès là... en ce qui concerne mon avis sur la sentence, je vais reprendre vos propres termes :

       « Faut-il, un jour, rendre inéligibles à vie les élus condamnés pour corruption afin d’appliquer la même justice aux hommes ? »

      ma réponse est OUI... dans les deux cas, il y a ce que l’on nomme dans le privé faute grave, justifiant de par l’inaptitude de la personne à se plier aux régles en vigueur, et dans ce cas particulier, en jetant le discrédit sur la fonction de représentant (même à niveau moindre) de l’état, son exclusion de la fonction publique...

      cordialement,
      loatse


  • marie 18 février 2012 15:24

    Il existe un article dont les faits n’ont jamais été contestés par Florent Gonçalves :

    A la limite on peut interroger des personnes concernées (il y a des e-mails sur ce site) :
    Et ici on trouve une histoire d’Olivier Pinson, également condamné dans cette affaire (à voir « 26 avril ») :

  • Massaliote 18 février 2012 16:33

    J’aurais trouvé anormal qu’il puisse continuer à sévir dans la fonction publique. Un directeur qui exerce le droit de cuissage, « Emma » n’aurait pas été la première détenue à bénéficier de ses faveurs, doit être viré.


  • Annie 18 février 2012 20:13

    Combien se souviennent aujourd’hui de l’affaire Gabrièle Russier. Les temps ont changé, elle ne se serait pas suicidée aujourd’hui. Mais à l’époque il était inconcevable qu’une femme enseignante puisse tomber amoureuse d’un élève. Il n’a jamais été question dans son cas d’un droit de cuissage, bien que certains ne se gêneront pas pour le déchiffrer ainsi, mais plutôt de lignes à ne pas franchir. Il faut bien tirer un trait à quelque part, mais on n’est pas obligé de crucifier les gens parce qu’ils ont failli ou de les mettre en prison. Autant je pense que Florent Gonzalves doit être radié de la fonction publique, et pour ma part à vie ne me dérangerait pas, autant je serai la première à demander aux politiciens de donner l’exemple. Je ne souhaite aucun mal à cet homme. Il a fait une erreur de jugement et dans l’éducation comme dans la fonction hospitalière, pénitenciaire ou politique etc., ces erreurs sont plus graves.


    • Massaliote 19 février 2012 15:08

      J’ai parlé de droit de cuissage parce que vous ne tenez pas compte de la sujétion d’une détenue vis à vis d’un directeur de prison. Ce dernier est investi de l’autorité. Les rapports ne sont pas égaux.

      Et c’est précisément parce que le directeur représente cette autorité qu’il se doit d’être exemplaire. A qui fera t’ on croire que cet homme avait la naïveté de penser que sa liaison était justifiable ? Lorsque je le vois se plaindre sur les plateaux-télé, l’ oeil larmoyant et le cheveu gras, invoquant « une histoire d’amour », je suis ecoeurée.


  • Loatse Loatse 18 février 2012 20:21

    Annie,

    une faute commise dans l’enseignement et une faute commise dans le milieu carcéral ne portent pas aux mêmes conséquences...


    • Annie 18 février 2012 20:33

      Il s’agit dans les deux cas d’un service public. Mais je ne comprends pas votre commentaire, en cela que je ne comprends pas si les erreurs dans l’éducation sont supposées être plus ou moins graves que dans le milieu pénitentiaire. 


  • GAREGAMELLE GAREGAMELLE 19 février 2012 15:49

    c dsk la victime nafissatou diallo la manipulatrice

     

    c est une gamine adolescente la manipulatrice et c est le directeur de prison la victime

     

    dans la presse tous à l’unisson contre la sorcière, Eve

     

    un gaillard de 40 ans qui renvoit un surveillant pour des saucisses volées c est une victime ?

     

    non c est pas la premiere prisonniere à se faire abuser, je l’ai déjà lu

     

    mais d ordinaire il aurait été couvert mais là la france entiere et israel veut la peau de cette gamine, les medias comme des chiens


  • agnes 19 février 2012 20:57

    Cher Papybom,
    je pense que vous n’avez pas du tout compris le fond du problème.
    Monsieur Gonçalves n’a pas été condamné pour avoir aimé une détenue et entretenu une
    liaison avec elle.
    Il a été condamné pour avoir, en sa qualité de directeur de la maison d’arrêt de Versailles, enfreint plusieurs règles de sécurité d’un établissement pénitentiaire à savoir : avoir fourni
    une puce de téléphone portable à une détenue (détenue qui était de plus liée à une affaire
    très médiatique ) et entretenu des relations avec des personnes de la famille de celle-ci.....etc
    Il est donc tout à fait normal que ce Monsieur ait été révoqué de l’administration pénitentiaire et
    qu’il ne puisse plus exercer dans la fonction publique.
    C’est ce qui se passe pour tout personnel de l’administration pénitentiaire qui est reconnu
    coupable de « trafic » quel qu’il soit avec les détenus....
    Il aurait pu vivre son « amour » avec cette détenue tout simplement en démissionnant. Mais il ne l’a pas fait et a choisi d’enfreindre les règles liées à son administration et à sa fonction, et c’est bien ça qui lui est reproché.....


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