Les chaines de l’amour déchainent la haine
L'ex-directeur de prison Florent Gonçalves a été condamné, mercredi 15 février, à Versailles à deux ans de prison dont un an ferme pour avoir entretenu une liaison interdite avec une jeune détenue, Emma Arbabzadeh, l'appât du "gang des barbares".
Agé de 42 ans et révoqué de l'administration pénitentiaire en juin, Florent Gonçalves s'est également vu infliger une amende de 10 000 euros et une interdiction définitive d'exercer toute fonction publique.
Florent Gonçalves "se sent blessé, incompris, il n'est pas guéri de son problème d'amour.
Bien évidemment, il sait qu'il a fauté mais il a des difficultés à expliquer sa faute car elle est enrobée d'amour", a immédiatement commenté Me Pascal Garbarini. Il a ajouté que son client ne souhaitait pas "prendre une décision à chaud" quant à un éventuel appel.
Révoqué par l'Administration pénitentiaire en juin 2011, Florent Gonçalves est actuellement sans emploi. La relation des deux condamnés avait débuté en décembre 2009. Au cours de l'instruction, ils ont reconnu deux relations sexuelles au sein de l'établissement pénitentiaire. L'ancien directeur de prison a dit avoir agi par amour, estimant ne pas avoir été manipulé et réfutant avoir accordé un traitement de faveur à la jeune femme.
Je ne cherche pas d’excuses à Florent Gonçalves. Une "délinquante en col blanc" quinquagénaire passée par Versailles se souvient d'un homme "discret, humain et cultivé". Dans toutes les corporations, des règles sont établit. Donc ce jeune directeur devait être conscient qu’il franchissait la ligne rouge (Pas la ligne verte).
Ce qui me choque et me chagrine, c’est l’interdiction définitive d'exercer toute fonction publique !
Nous avons des hommes (et des femmes) qui n’ont comme seul métier que la politique. En cas d’erreurs dans les règles élastiques de cette profession, les sanctions sont sans aucune comparaison avec celle d’un directeur, qui n’est qu’un homme, responsable d’une prison pour femme.
Il n’a pas abusé de sa fonction pour violenter cette femme. Il c’est juste laissé embobiner par une spécialiste de la séduction.
Je pense à Monsieur Guérini, à Madame Andrieux et également à Monsieur Alain Juppé.
Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et à une peine de dix ans d’inéligibilité. Le tribunal juge notamment que :
« Alain Juppé dans la quête de moyens humains lui apparaissant nécessaires pour l’action du RPR a délibérément fait le choix d’une certaine efficacité en recourant à des arrangements illégaux […] Que la nature des faits commis est insupportable au corps social comme contraire à la volonté générale exprimée par la loi ; qu’agissant ainsi, Alain Juppé a, alors qu’il était investi d’un mandat électif public, trompé la confiance du peuple souverain. […] »
L’appel interjeté par Alain Juppé, immédiatement après sa condamnation, a pour effet de suspendre l’application de cette décision jusqu’à l’arrêt de la cour d'appel. Le 1er décembre 2004, celle-ci réduit la condamnation à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.
La cour d'appel formule quant à elle que :
« Il est regrettable qu’au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés.
Parlerons-nous de Jean-Paul Huchon condamné avec sursis mais pas inéligible…
Parlerons-nous des un an de prison avec sursis a été réclamé jeudi pour « abus de biens sociaux » contre un ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, jugé à Nanterre dans une affaire de détournement de fonds issus du 1 % logement. Thierry Gaubert est par ailleurs un des protagonistes du volet financier de l'affaire Karachi, un dossier instruit à Paris dans lequel il a été mis en examen en septembre 2011 pour « recel d'abus de biens sociaux » et pour « subornation de témoins ».
Faut-il, un jour, rendre inéligibles à vie les élus condamnés pour corruption afin d’appliquer la même justice aux hommes ? Interdiction définitive d'exercer toute fonction publique comme Florent Gonçalves. Chiche…
Illustration : http://www.20minutes.fr/article/880215/florent-goncalves-je-retire-affection


