lundi 17 août - par politzer

Les Chinois arrivent !

JPEG

 

 “Les Chinois arrivent !”

On nous l’a seriné pendant des mois : les Russes arrivent. Ils seraient déjà en train de remonter le boulevard Saint‑Michel, comme si Paris était Stalingrad et le Café de Flore un objectif stratégique de l’armée rouge.

Les éditorialistes, ces troubadours de la panique, ont passé leurs soirées à dessiner des cosaques imaginaires sur des cartes qu’ils ne savent même pas lire. On a vu des “experts” expliquer, très sérieusement, que Moscou rêvait de planter son drapeau sur un bar-tabac parisien où le café coûte plus cher qu’un gueuleton à Novossibirsk.

Pendant ce temps, la réalité — cette vieille dame qui n’a jamais regardé BFM — continuait son chemin, imperturbable, indifférente aux fantasmes géopolitiques de nos prophètes de malheur.

Parce que les Russes n’arrivent pas. Ils n’ont jamais eu l’intention de s’emparer du boul’ Mich. Ils ont des frontières à tenir, une Ukraine passée aux mains de américains pressés d installer des bases de missiles, une industrie à faire tourner, et probablement mieux à faire que de conquérir un PMU parisien où le prix du paquet de cigarettes ferait hurler un ours de Sibérie.

Non. Ceux qui “arrivent”, ceux qui transforment Paris, ceux qui rachètent les murs, les fonds, les réseaux, ce sont les investisseurs du XXIᵉ siècle.

Et parmi eux, oui, beaucoup viennent de Chine. Pas pour “envahir”. Pour investir. Pour structurer. Pour rentabiliser ce que d’autres ne savent plus tenir.

 le réel, pas la fiction

  • Les données de la CCI Paris Île‑de‑France montrent que les commerces de proximité sont massivement repris par des groupes disposant de capitaux transnationaux.

  • Les études de l’INSEE indiquent que les commerces à faible marge (bars-tabac, supérettes, restauration rapide) sont repris par des structures familiales capables de tenir 12 à 14 heures par jour. Dans la region parisienne, La moitié d entre eux sont déjà tenus par des entrepreneurs chinois .

  • Les rapports de la Banque de France confirment que les flux d’investissement asiatiques dans l’immobilier commercial parisien ont doublé en dix ans.

Bref : ce n’est pas une invasion, c’est une mutation du capital.

Les journalistes criaient : “Les Russes arrivent !” Mais la seule cavalerie qui a vraiment traversé la Seine, c’est celle des flux de capitaux asiatiques, des réseaux logistiques, des groupes capables de transformer un commerce moribond en machine économique rentable.

Pendant que les prophètes de plateau télé dessinaient des cosaques imaginaires, le monde réel, lui, avançait : la Chine investit, la Chine structure, la Chine transforme.

Pas par les chars. Par les bilans comptables. Pas par la conquête territoriale. Par la conquête des marchés. Pas par la propagande. Par la planification économique.

Les Russes n’arrivent pas. Les Chinois n’envahissent pas. Le capital circule. Les commerces changent de mains. Paris change de visage.

Et ce n’est pas une menace. C’est un symptôme : celui d’un monde où l’Occident n’est plus le seul centre de gravité économique, où les flux d’investissement se déplacent, où les modèles mixtes (État stratège + marché dynamique) produisent des entrepreneurs capables de s’implanter partout.

Alors oui, on peut rire. On peut se moquer sur les plateaux hystérisés de LCI. On peut écrire : “Les Russes arrivent !” pour mieux montrer que les journalistes se trompent de continent et que les vraies transformations ne passent jamais par les plateaux télé.

Le boulevard Saint‑Michel ne tombera pas sous les sabots des cosaques. Il tombera — comme toutes les rues du monde — sous la logique implacable du capital globalisé.

Et ce n’est pas une invasion. C’est une évolution. Une transition. Un changement d’époque.

 



3 réactions


  • sylvain sylvain 17 août 19:21

    L’autre grand remplacement .


  • xana 17 août 20:06

    Et on devrait en avoir peur ?

    Moi j’ai séjourné en Chine. A « Canton » comme on disait autrefois. Pour mon travail. Et sauf pour traverser les rues je ne me souviens pas d’y avoir eu peur.

    Comme quand j’avais séjourné à Moscou, du temps de Brejnev. C’était tellement dépaysant, mais pas du tout effrayant.

    Mais je suis le seul de ma famille à y être allé. Chez nous ca ne se fait pas d’aller chez des « politiquement incorrects ». Donc continuez d’avoir peur des Russes ou des Chinois. Et sans doute maintenant des Iraniens.

    Les médias font leur boulot, en vous inculquant la peur. Ils sont payés pour cela. Ca vous évite de faire connaissance avec « l’Enneni »...


  • Octave Lebel Octave Lebel 17 août 20:20

    A quoi cela sert que le Quatar se décarcasse, on n’en parle même pas sur Agoravox smiley


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/