Les défroqués et la bernique pontifiante
Le Landerneau politique procède à un vaste déstockage d’ex élus devenus obsolètes et de fins de série usés par les joutes politiques que s’arrachent les radios et télés dans un navrant mercato médiatique afin d’offrir à ces défroqués de toutes obédiences la possibilité de continuer à utiliser le seul outil de travail dont ils savent se servir avec une certaine maîtrise : la parole.
Ce recyclage de rogatons pour peu qu’ils aient acquis une certaine notoriété audiovisuelle dans leur vie antérieure est dans l’air du temps d’une écologie circulaire et ne peut que ravir notre Ministre-Shampouineur garanti sans parabènes Nicolas Hulot dont la fondation aurait bénéficié si l’on en croit le Canard Enchaîné d’une généreuse et désintéressée subvention annuelle de 200.000 euros de 2012 à 2017 de Veolia, société experte en la matière.
Si la confusion des genres et les liaisons dangereuses entretenues entre le monde politique et médiatique n’est pas une nouveauté en soi, l’ampleur du mouvement causé par le grand nettoyage du printemps macronien est inédit.
Ces nouveaux guignols de l’info au nombre d’une dizaine emboîtent le pas aux pionniers du genre Roselyne Bachelot, Jean Louis Debré ou encore Cohn-Bendit, on cite également les noms d’autres laissés-pour-compte en déshérence comme Eduardo Rihan Cypel, Aurélie Filippetti, Julien Dray sans oublier Raffarin et ses célèbres raffarinades et le colérique Guaino qui ont jeté l’éponge.
Celle qui illustre le mieux ce mélange incestueux entre le monde politique et médiatique c’est la députée mélenchoniste Raquel Garrido qui deviendra chroniqueuse le dimanche chez Ardisson et sera soumise, c’est un comble pour une insoumise autoproclamée, au diktat de l’audimat sur une chaine dont le patron est Vincent Bolloré.
Ce même Bolloré, oligarque honni, auquel Alexis Corbière, l’heureux époux de Raquel intimait l’ordre sur son blog en Octobre 2013 de dégager sous prétexte que Paris n’était pas à vendre. Si l’insoumission est une vertu familiale indéniable chez ces mutins de panurge, selon l’expression de Philippe Muray, elle est aussi à géométrie variable.
Et, comme s’il fallait faire encore un peu de place aux politiciens en mal de reconversion voilà que l’ex Mitterrandolâtre Bruno Roger Petit, le plus zélé des cire-pompes médiatiques macroniens devient tout à fait naturellement la voix de son maître Emmanuel.
Seules notables exceptions à la règle, Fillon, qui n’a jamais partagé avec François Hollande, la détestation du monde de la finance a décidé de le rejoindre. Pour ce dernier, commentateur émérite de son quinquennat inutile et consommateur compulsif de journalistes, la voie semblait toute tracée pour une réinsertion journalistique.
Hélas, malgré le tsunami macronien qui l’a submergé tout comme ses rares fidèles, il ne semble pas pour l'instant prêt à quitter le monde politique auquel il parait aussi solidement fixé qu’une patelle à son rocher au risque de devenir cette bernique pontifiante donnant, du haut de sa ventripotente suffisance, des leçons à son félon successeur.


